‹ Numa PompiliusChapitre 101 sur 131 · LIVRE X · texte numérisé non relu

LIVRE X

vers toi par un attrait irrésistible; ce cœur te reconnut d'abord. Que j'aimie à te contempler î que tu es beau 1 que tu es gi-and ! Viens donc me sevrer contre ton sein; viens donc m'appc:- 1er ton père : tu me dois toutes les caresses que tu m'aurais faites depuis ton enfance.

Léo répondait par ses pleurs : Camille écoutait en silence. Léo la prend par la main, et la présente à Zoroastre : Mon père , lui dit-il , voici mon amie , voici la souveraine de mon âme. Nous avons été long-temps séparés : nous sommes enfin devenus époux. Mais , quelque violent que soit notre amour, si nous avions pu prévoir que je reverrais mon père , ah ! soyez sûr que nous aurions attendu ce moment pour que votre main nous unît. Daignez nous pardonner notre bonheur , et l'augmenter en le confirmant.

Il dit : Camille tombe à genoux; son cœur palpite . ses jeux sont baissés , sa tête est penchée sur son sein, la rougeur couvre son front ; à peine ose-t-elle jeter un regard timide sur Zoroastre. Elle attend avec inquiétude qu'il l'appelle sa fille. Elle n'a jamais autant désiré de paraître belle ^ même aux yeux de son cher Léo; et son silence semble dire au vieillard : Mes traits sont peu de chose , mais mon cœur est digne de vous.

aSo WUMA POMPILIUS.

Ma fille , lui dit alors Zoroastre en la relevant

aussitôt, ma félicité surpasse mes peines : je n'avais perdu qu'un enfant , cet heureux jour m'en fait trouvei- deux.

En prononçant ces paroles , il embi-asse la belle Camille. Cette tendre scène se termine parle récit des aventures de Léo ; le vif intérêt qu'il inspire à Zoroastre et à sa fille ajoute encore au sentiment que la nature a mis dans leurs cœurs.

Numa partage la joie commune. Depuis qu'Anaîs est sœur de Léo, Anaïs lui semble plus belle : chaque jour il lui découvre de nouvelles vertus , sans cesse il parle d'elle à son ami; ce nom d*ami , qui lui était si cher , ne lui semble plus assez doux.

Bientôt ÎS'uma convalescent va respirer l'air du matin , et choisit toujours les liexix où Anais conduit son troupeau; il devient berger pour être avec elle. Tandis que Camille et son époux vont à la chasse pour Zoroastre, Numa raconte à leur sœur l'histoire de sa vie. Il écoute avec délices les réflexions , les conseils îl'Anaïs ; il s'étonne de trouyer tant de raison, tant de sagesse dans un âge si tendre, et chaque jour il acquiert près d'elle plus de prudence ou plus de vertu. Quelquefois assemblant des loseaux qu'il joint avec de la

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