‹ Numa PompiliusChapitre 106 sur 131 · LIVRE X. a · texte numérisé non relu

LIVRE X. a

îlomulus seul a disparu. Ses gardes, ses courtisans, le cherchent en vain. Les Célères, seuls attachés à un maître qui leur donnait l'impunité , les Célères menacent déjà les patriciens , qu'ils accusent d'avoir immolé leur roi^ Le peuple se prépare à défendre les uobles , le sang est prt-t à couler , quand Proculus, que vous vojez, un des Romains les plus vénérables par son rang, par sa vieillesse, surtout par son austère vertu, Proculus s'avance; et, à l'aide d'un mensonge adroit, il calme tous les esprits : Romains, dit-il, cessez de chercher Romuius. J'ai vu, j'ai vu de mes jeux son père Mars descendre sur la terre, et l'enlever dans un char sanglant. Proculus', m'a dit notre loi , ma gloire est à son comble; j'ai vaincu, j'ai triomphé. J'ai bâti une ville qui doit être la maîtresse du monde; tous mes devoirs sont remplis; le dieu des combats m'associe à ses honneurs immortels. Annonce-le aux Romains ; dis-leur que Mars et Romuius guideront toujours leurs armées , et qu'ils m'invoquent désormais sous le nom Je Quirinus.

Ainsi parle Proculus j et le tumulte s'apaise. Les Célères n'osent révoquer en doute un récit qui fait un dieu du "oi qu'ils aimaient : le peuple, content d'avoir perdu son

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tyran , aime mieux le placer dans le ciel qae de rechercher et de punir ceux qui en ont délivré la terre.

Mais il fallait élire un successeur à Komulus. Hersilie prétendit vainement à la couronne. Les Sabins , irrités contre elle , déclarèrent qu'ils allaient retourner à Cures , si la fille de Romulus montait sur le trône : les Romains eux-mêmes regardaient comme une honte d'être gouvernés par une femme. Rejetée par les deux partis , Hersilie sortit de Rome , en menaçant d'j ramener bientôt la guerre ; et le peuple s'assembla de nouveau pour se choisir un souverain.

Ce malheureux peuple fut encore sur le point de s'égorger. Les Romains voulaient un Romain ; les Sabins demandaient un Sabin. Après la mort deTatius, disaient ces derniers, nous avons laissé régner tranquillement votv'.- Romulus : il est temps qu'un de nos citoyens nous gouverne. Nous ne sommes pas des peuples vaincus, nous sommes vos amis, vos fi'ères ; mais jamais nous ne fumes vos esclaves. Notre nation est au moins l'égale de la vôtre en noblesse, en courage, en vertu : nous rejetons d'avance tout ce qui peut porter la moindre atteinte aux droits de cette égalité.

Ainsi parlaient les Sabins; déjà Ion cou-

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