‹ Numa PompiliusChapitre 108 sur 131 · LIVRE X. a · texte numérisé non relu

LIVRE X. a

Tu dis qu'un héi'os guerrier convient mieux aux Romains qu'un roi pacifique. Mais plus ce peuple est belliqueux , plus il a besoin d'un sage monaïque qui modère , contienne sa fougue , et adoucisse par la justice cette humeur guerrière qui deviendrait férocité. Ce monarque ne peut être que toi , IVuma : ton respect pour les dieux , ton amour pour la paix , t'imposent le devoir de gouverner le peuple à qui ces vertus sont les plus nécessaires.

Tu crois ne plus rien devoir à ta nation , parce que tu combattis pour elle ? Eh I qu'astu l'ait de plus que le dernier de ses soldats ? J'en appelle à ton propre cœur : était-ce pour Home , ou pour Hersilie que tu exposais tes jours? Quand tu aurais versé ton sang pour ton peuple , tant qu'il t'en reste une seule (goutte, cette goutte lui appartient : ou n'est jamais quitte envers la patrie; elle lest toujours avec nous.

Je n'ai plus qu'un mot à te dire : Si le désir de mener une vie obscure auprès d'Anaîs, si ma religion, injustement persécutée, sont la cause de ton refus , dès ce moment je renonce à toi. Je me reprocherais toute ma vie d'avois été un obstacle à la félicité de deux peuples , de les avoir privés du plus beau présent que le

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ciel puisse faire à la terre , d'un bon roi. Cette idée empoisonnerait mes jours , et altérerait peut-être l'amour tendre que tu m'as inspiré, Numa , c'est t'en dire assez , je connais mes devoirs et les tiens ; si tu refuses d'être utile aux hommes , c'est moi que j'en punirai.

Tel fut le discours d'Anaïs ; Zoroastre ef Léo se joignirent à elle : Camille seule resta du parti de Numa. Métius et les ambassadeurs romains se jetèrent à ses genoux , en alléguant , en répétant tout ce qui pouvait persuader son esprit ou émouvoir son cœur sensible ; ce fut en vain.

Numa , semblable au rocher contre lequel viennent se briser les vagues , Numa demeure inébranlable. Il oppose avec douceur une volonté constante aux prières , aux raisons ; et finissant par embrasser le vieux Métius : Mon père, lui dit-il, si tu m'aimes, ne parle plus d'un trône que je crains plus que le tombeau. Je veux- mourir dans ce vallon , je veux vivre dans cette cabane. Je suis né libre , je jouii-ai du droit naturel qu'a tout homme de choisir l'asile où il peut couler le plus doucement ses jours. J'espère que ce n'est point offenser les immortels ; mais , si tel était mon malheur , je préférerais encore d'avoir à les £échîr, à le» désarmer pendant le reste de msi vie, plutôt

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