LIVRE SECOND
NUMA, parti pour Piome, s'arrête et s'endort daus un bois ; il a un songe mystérieux ; continue sa route. Description de la campagne de Rome et de celte ville guerrière. Accueil que fait Talius à Numa. Caracîèr:- de ce bon roi , de sa Gl!c Tati.t , de Tiomulus et d'Hersilie , fille de Romuîus. Nunia rencontre Hersilie ; il s'enflamme pour elle. Premiers effets de sa passion. Retour et trioniphe de Romulus.
l^S tTMA s'éloiijnait à regret du lieu qui l'avait vu naître ; mille pensées douloureuses l'agitaient. J'abandonne mon père, disait-il, clans l'âge où il avait besoin de ma tendresse : je renonce à des devoirs , à des loisirs doux à mon cœur ; je quitte les compagnons , les amis de mon enfance, pour aliev habiter un pavs où personne ne m'aimera. Ah ! je sens bien que je n'v pourrai vivre; je languirai comme un jeune olivier transplanté dans un terrain qui ne lui convient pas : le soleil et la rosée lui sont inutiles, ses feuilles flétries tombent le long de ses branches, ses racines ne prennent plus de noujT'ture; il a commencé de mourir en quittant la terre qu'il aimait.
i2 NU3IA POMPILIUS.
Le jeune voyageur, accablé de ces idée», n'avait encore fait que deux milles, lorsqu'il entra dans un bois dont la fraicheur invitait au repos. Attiré par le murmure d'un ruisseau qui serpentait sous l'ombrage, il arrête ses coursiers , les abandonne à deux esclaves , et , remontant jusqu'à la source du ruisseau , il arrive à une fontaine consacrée à Pan. Il fléchit un genou devant la statue de ce dieu , lui demande la permission de se désaltérer dans sa fontaine : après avoir rafraîchi ses lèvres brûlantes , il s'assied sur le gazon, et s'endort au bord de l'eau.
Pendant son sommeil, il eut un souîre. 11 lui sembla voir un char attelé de deux dragons , qlii volait vers lui du haut de la nue. Dans ce char était la déesse Gérés, couronnée d'épis, portant une gerbe et une faucille. Elle vient se placer sur la tête de Numa; et le regardant avec des jeux pleins de bonté :
Fils de Pompilia , lui dit-elle , j'aimai ta mère, et je veille sur toi. Quel que soit le vœu que tu vas foi-mer, j'ai résolu de l'accomplir : parle , dis-moi ce que tu désires le plus ; lu l'obtiendras à l'instant même. Ah! s'écria Numa sans hésiter , que Tullus soit rajeuni , qu'il recommence une nouvelle vie , et que jamais..... Ta demande, interrompt la déesse.