‹ Numa PompiliusChapitre 12 sur 131 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

est au-dessus tle mon pouvoii-. Jujjiter, Jupîtt'i- lui-mcme ne peut prolonger d'un instant les jours d'un simple ^morteL Les cruelles Par<pies ne lui sont point soumises :. elles ont tranché le fil de Persée , d'Hercule , des enfans les plus chéris du maitrc des dieux , quand le destin , plus fort que mon père , a voulu qu'ils cessassent de vivre. Forme des vœux pour toi-même : en demandant ton bonheur,' c'est demander celui de ïullus.

Eh bien , favorable déesse , rende?-moi digne de lui ; faites gexmer dans mon cœur les leçons de ce vénérable vieillard ; donnez-moi la sagesse : TuUus dit que c'est le bonheur.

J'avais prévu ta demande, répond Cérès , 8t j'ai prié ma sœur Minerve de te combler de ses dons. Ne t'attends pas cependant à devenir son favori , comme le fut le iils d'Uljsse. Non , mon cher Numa, aucun mortel ne doit se flatter d'approcher du divin Télémaque. C'est le chef-d'œuvre de Minerve : elle-même n'oserait tenter d'égaler son propre ouvrage. Mais heureux encore celui qui marchera de loin sur ses traces! heureux le jeune héros sur qui la déesse laissera tomber quelques regards , et qui occupera le second rang, quoique si éloigné de son modèle! •

A ces mots, Nnma se croit transporté dan»

34 KLM A POMPILIUS.

le temple de Minerve. Il veut pénétrer jusqu'à la déesse; mais un nuage d'or lui ferme le sanctuaire et lui dérobe la vue de la diviaité. C'est en vain qu'il fait des efforts pour percer ce nuage ; c'est en vain qu'il implore les secours de Cérès : Cérès rejette ses prières , et lui fait signe d'écouter. Alors Minerve parle du milieu de la nue. xSuma tombe à genoux le visage prosterné sur la terre ; il croit entendre la Sagesse qui l'instruit de tous ses devoirs ; il éprouve à la fois un saint respect et la douce persuasion. Mais quand il relève les jeux pour l'endre grâce à la déesse, le temple, le nuage ont disparu. Numa se trouve au milieu d'un bois; il ne voit plus qu'un berceau de verdure, sous lequel une jeune nymphe vêtue de blanc, assise sur le gazon , lisait attentivement, La paix , la candeur reposaient sur son visage; la modestie, la douceur, la majesté l'environnaient : telle on représenterait Astrée méditant le bonheur des humains. Numa , qui se sent attiré vers cette nymphe par un charme irrésistible , demande à Cérès quel est cet objet si beau : Cérès lui nomme Egérie, et tout disparaît à ce nom.

La surprise, l'émotion que ressentit Numa le réveillèrent. Encore tout agité du songe mystérieux , il a peine à retrouver ses sens : il

Page 1