‹ Numa PompiliusChapitre 117 sur 131 · LIVRE XI. 3of · texte numérisé non relu

LIVRE XI. 3of

ce mélange ne vous est pas importun clans les batailles, il m'est utile dans mon conseil. Ici je compte m 'occuper bien plus du peuple que des nobles: j'ai donc besoin que les principaux du peuple puissent y défendre ses droits. J'ai besoin que ces sages conseillers , qui n'auront pas vécu à ma cour, me parlent avec la franchise , avec la rudesse même dont un sénateur courtisan n'a pas l'usage ; je veux, si mon oi-gueil ou mes flatteurs me trompent sur le bonheur de mes sujets , que ces plébéiens me disent : Roi de Rome , ne les ci'ois pas , nous connaissons des malheureux.

Aidé par ce conseil , que préside le vieux Métius, Numa prend d'abord des mesures pour éteindre cette haine des Romains et des Sabins, capable seule de détruire le bonheur public. Pour fondre ensemble les deux nations , il divise par tribus tous les habitans de Rome. Dès ce moment, chacune de ces classes , également composée de Romains et de Sabins , quitte l'esprit de parti pour ne connaître que l'amour de la patrie. Le sage Numa , qui oppose ainsi l'intérêt commun à l'orgueil national , voit bientôt les factions s'éteindre , et les deux peuples n'en faire qu'un seul.

Alors il élève un temple à la Concorde , un autre à la Bonne-Foi , à la Clémence , à la Jus- VanxM. 26

3o2 NUMA POMPILIUS.

tice : il fait honorer le dieu Terme , comme le s^Ti bole des propriétés : il dresse un autel à la bienveillance universelle, cette première des vertus, cette source de toutes les autres.

Dévoré de l'amour de son peuple, toujours levé dès l'aurore, pour découvrir la source d'un mal , eu méditer un établissement utile , il travaillait seul juscju'à l'heure de son conseil. Là, il soumettait aux lumières de ses amis les vues que son esprit , et surtout son cœur , lui avaient fournies : il les discutait en simple sénateur. Mais quand sa conviction intime n'était pas ébranlée par les raisons d'un avis contraire , il les décidait en monarque.

Sans se piquer de posséder le talent d'administrateur, il avait une maxime qui rarement régarait : c'était de se mettre à la place de tous ceux dont il s'occupait. S'il faisait une loi qui intéressât les laboureurs, il se supposait laboureur : Que demanderais-je à mon roi, se disait-il ? d'assurer ma propriété, de protéger mon travail , de me défendre contre l'ennemi et contre le citojen puissant. Pour jouir de ces avantages, il est juste que je donne une partie de la moisson que mes sueurs ont fait naître ; mais il faut qu'il m'en reste assez pour nourrir ma femme , mes en-

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