‹ Numa PompiliusChapitre 118 sur 131 · LIVRE XL 3o · texte numérisé non relu

LIVRE XL 3o

fanS, et pour ensemencer de nouveau ma terre. Quand Numa s'était dit ces paroles , il commençait son édit. Les laboureurs en étaieut contens.

Si son conseil lui proposait la guerre , il se faisait rendre un compte exact des dépenses qu'elle coûterait, des avantages qu'elle pourrait produire. Ensuite il calculait tout ce qu'il pouvait faire avec ce même argent; les canaux ouverts , les marais desséchés , les landes mises en culture : il comparait ces biens certains avec celui d'une victoire toujours douteuse , et faisait rougir par cette simple comparaison ceux qui avaient pu balancer. Numa, sans leur reprocher leur erreur, se contentait d'ajouter : Je ne vous parle, pas du sang humain ; il est d'un prix trop au-», dessus de l'or.

Après avoir emplojé la plus grande partie du jour à régler ces grands objets, et à rendre la justice , le roi partageait son frugal repas, avec les plus sages , les plus anciens des sénateurs. Ensuite il allait porter secrètement des. secours à quelque infortuné. Ces dons n'étaient jamais pris sur le trésor public ; le généreux Numa en était avare , même pour soulager les malheureux : Ce sont mes plaisirs, disait-il, l'État ne doit pas les payer. Mais il em-

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plojait aux bonnes actions l'argent destiné à l'entretien des gardes qu'il n'avait point, aux dépenses de sa table qu'il avait réglée , de ses habits qu'il ne renouvelait pas souvent.

Ainsi les occupations de l'homme sensible le délassaient des fonctions de roi; et, tous les soirs , quitte envers lui-même, il allait rendre compte à Égérie de tout ce qu'il avait fait ; il allait chercher dans sa conversation des lumières pour le lendemain.

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