‹ Numa PompiliusChapitre 121 sur 131 · LIVRE XII. 3ii · texte numérisé non relu

LIVRE XII. 3ii

vous romprez un traité solennel^ vous manquerez à la reconnaissance , à l'honneur ; mais vous ferez peut-être une guerre utile. Peutêtre aussi vous sera-t-il plus utile encore de demeurer généreux, de secourir Kuma. Ce monarque , sauvé par vous , vous rendra le pays des Auronces , vous donnera le droit de citoyens romains , vous regardera comme des frères. Celui que vous trouvâtes juste et bon quand vous étiez ses ennemis , que sera-t-il pour des libérateurs ? Marses , dans cette occasion , comme presque toujours , le parti de l'honneur se trouve le plus avantageux. Choisissez cependant : joignez-vous à une foule de barbares conduits par la fdle de votre plus cruel ennemi , déjà noircie de plusieurs crimes , et qui plonge le poignard dans le sein de sa patrie : ou bien volez au secours du plus juste , du meilleur des rois , d'un héros qui fut mon vainqueur, et qui défendit vos droits dans le traité de paix qui vous lie encore.

A peine ai-je dit ces paroles, que toute l'as» semblée s'est écriée : Marchons au secours de Kuma, et que Léo nous commande.

Non, non, leur ai-je dit, peuple sensible, mais inconstant , qui m'aimez et qui m'avez banni , je ne puis être votre chef. Cet honneur doit regarder un Marse : depuis que Numa est

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roi de Home , je suis devenu Romain. Mais quand la protection des dieux me fit rompre ce peuplier auquel vous aviez attaché le commandement, l'arbre fut ébranlé par quatre concurrens qui valaient mieus que moi sans doute. Deux d'entre eux, Liger et Penthée, ont succombé dans les combats; Aulon commande les Hirpins ; le vieux Sophanor n'est plus : mais il vous reste le vaillant Astor , l'aimable, disciple d'Apollon. Astor s'est signalé dès son enfance. Sa jeunesse seule vous fait balancer : mais sa gloire a devancé son âge , sa jeunesse est un mérite de plus. Marscs , que le brave Astor devienne votre général : Apollon , dont il est l'ami, guidera lui-même votre armée. Pour moi , mon impatience ne me permet pas d'attendre le départ de vos guerriers ; je cours à Piome annoncer à Numa que les Marses sont toujours les plus généreux des peuples.

Mille cris m'ont interrompu. Le jeune Astor s'est élancé dans mes bras : je l'ai présenté aux Marses; jai soutenu le bouclier sur lequel on l'a proclamé. Certain que ce général allait voler à ta défense , j'ai précipité mes pas pour arriver avant lui , pour disputer aux Sabins mêmes le plaisir de s'exposer pour toi..

A ces mots , "xuina se jette de nouveau dans

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