LIVRE XII. 3i
le sein de son frère; il ne peut plus s'en arracher. Mais la belle Camille ôte son casque, et s'approche du roi de Rome, en se plaignant d'être méconnue. Numa s'écrie , saisit sa main , la couvre de baisers et de lai-mes : ses yeux , pleins d'une douce joie , errent à la fois sur Camille , sur Léo , quand celui-ci , faisant avancer un jeune guerrier venu avec eux, le conduit aux pieds de Kuma , à qui cet étranger présente son épée.
Le roi , surpris , l'envisage : ses traits ne lui sont pas inconnus ; mais il ne peut se rappeler où il a vu ce jeune homme. Tu as donc oublié , lui dit Léo , le fils du roi de Campanie , qui abandonna le commandement de l'armée de son père pour devenir centurion dans celle de Romulus , et qui depuis fut livré aux Marses comme otage de la paix. Le roi de Campanie a mal observé le traité; les Marses t'envoient son fils : c'est un prisonnier que je t'amène.
C'est un ami , s'écria Numa en tendant la main au prince de Capoue, et un ami qui me sera cher, quoique son pèro se soit joint aux autres rois qui m'assiègent dans ma capitale.,
Alors Léo demande des Hétails sur cette armée d'alliés ; il brille d'être au lendemain
Rama." 2J
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pour faire quelque action d éclat. MaisNuma soupire et baisse les jeux , en lui rappelant qu'Hersilie est maîtresse du bouclier sacré qui assure la victoire à son possesseur. Tant que ce bouclier sera dans ses mains , INuma ne veut point tenter le sort des batailles. Léo luimême approuve sa prudence , et termine cet entretien qui faisait rougir son ami. Le roi conduit Camille et son époux dans le plus bel appartement du palais ; il remet Capis à ses officiers; et, plein de joie, il va se livrer au sommeil.
Dans ce moment, l'amitié vient inspirer à Léo le projet le plus hardi ; mais il le cache à Camille ; il craint qu'elle ue veuille en partager les périls. Aussitôt qu'elle est endormie , Léo se lève d'auprès d'elle , reprend en silence sa peau de lion , s'arme de sa massue , et marche d'xin pas léger vers une des portes de Rome : elle s'ouvre deviint lui. Seul dans la campagne , il regarde , il découvre le camp des ennemis et les feux déjà presque éteints de leurs gardes avancées. Il examine par quel côté il pourra le moins être aperçu; mais la liine, de son char brillant, répand une trop grande lumière. Léo tombe à genoux devant l'astre des nuits :
O PhœbéI dit-il, je t'invoque j daigne mo-