‹ Numa PompiliusChapitre 123 sur 131 · LIVRE XII. 3i · texte numérisé non relu

LIVRE XII. 3i

dércr ton éclat. Tu ne favoriseras point un dessein coupable : ce n'est pas un amant téméraire qui veut surprendre l'objet de ses feux ; ce n'est pas même un guerrier conduit par l'amour de la gloire. Non , chaste déesse , un sentiment plus noble m'anime ; c'est la sainte et pure amitié. Je vais reprendre le bien d'un ami ; je vais réparer la faute que lui fit commettre l'Amour ; l'Amour , ce dieu cruel , dont tu fais gloire d'être l'ennemie. O déesse! ma cause est la tienne; c'est celle de la vertu.

Sa prière est à peine achevée , que la lune , s'enveloppant de nuages, cache son disque d'argent. Encouragé par ce présage , le héros marche vers le camp. Il parvient aux premières gardes, qui, à sa taille, à sa massue, le prennent pour un Hirpiû. Léo sait leur langue; il passe sans obstacle. Il pénètre au milieu &a camp , où les soldats , accablés par le sommeil , par le vin , dorment étendus pêlemêle auprès de leurs armes et de leurs chars. Il était facile d'en égorger un grand nombre; mais ils ne se défendaient pas : ce carnage était impossible à Léo.

Léo n éprouve ni fureur ni crainte : il reconnaîl Aulon étendu sur la terre, la tête appuyée sur son bouclier ; sa hache énorme était

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auprès de lui. Un songe funeste l'agitait; sa lansrue balbutiait les noms de Léo et Numa, quil accompagnait d'imprécations. Par un mouvement involontaire , le héros lève sa massue; mais , la baissant aussitôt, il se contente d'emporter la hache du féroce Aulon.

Enfin il distingue la tente d'Hersilie , si mal gardée par ses défenseurs : il y pénètre d'un pas assuré. La fille de Romulus était livrée au plus profond sommeil. Plus occupé du bouclier que de contempler la princesse , Léo cherche des jeux ce trésor que l'obscurité lui dérobe. Tout à coup la lune sort de derrière les nuages ; ses trcmblans i ayons vont se réfléchir au milieu du bouclier d'or. Léo s'en saisit aussitôt. Chargé de cette précieuse dépouille et de la hache d'Aulon , il reprend le même chemin qu'il a parcouru , traverse une seconde fois le camp , et franchit les dernières gardes sans rien trouver aui l'arrête.

Déjà il est en sûreté ; déjà , plein de joie , il vend grâces à Phœbé , à la îfuit , à tous les dieux , lorsque des cris et un bruit d'armes se font entendre derrière lui. Le crépuscule du jour commençait à poindre. Léo , surpris , écoute, regarde : il voit une femme armée d'un arc , fajant devant une troupe de Rutuleâ.

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