‹ Numa PompiliusChapitre 124 sur 131 · LIVRE XIL ^Jy · texte numérisé non relu

LIVRE XIL ^Jy

qu'elle arrête d'espace en espace , en les mena rant de sa flèche.

Le cœur de Léo devine que c'est Camille , avant que ses yeux l'aient reconnue. Il couvt , il l'appelle, il la joint. Il remet dans ses mains le bouclier sacré; il s'élance sur les Rutules , les atteint à la fois de sa hache et de sa massue, revole à sa bien-aimée , la rassure, l'environne , l'entraîne vers les murs de Rome , et retourne encore immoler ceux qui l'approchent de trop près. Ainsi le sanglier, poursuivi praline troupe de chiens courageux , fuit , et revient sans cesse blesser celui qui dépasse la meute- Mais les Rutules intimidés appellent leurs compagnons. Le camp se réveille , on s'arme , on accourt de toutes parts. Une troupe d'Hirpins s'avance pour envelopper Léo, tandis qu'un escadron volsque va lui couper le chemin de Rome. Léo s'arrête ; toujours auprès de Camille qui le couvre malgré lui du bouclier d'or, toujours faisant face à la fois et aux Rutules et aux Hiipins, il change tout à coup de route, prend un détour, gagne le Tibre. Les ennemis , croyant sa perte assurée, jettent des cris de joie. Ils resserrent le demi-cercle qn'ilsforment autour de lui, ils se rapprochent peu k peu , ils vont enfin presser les fugitifs

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entre leurs lances et le fleure, quand Léo, parvenu sur le bord , fait voler d'un bras vigoureux , jusque sur la rive opposée , sa massue et la hache d'Aulon ; il prend Camille dans ses bras , Jette un coup-d'œil fier à ses ennemis immobiles, s'élance au milieu des ondes, et, malgré leur rapidité , malgré les flèches des Yolsques , il aborde , reprend ses armes , et continue son chemin vers Rome.

A peine est-il*"hors de danger , que ce héros si terrible n'est plus que l'amant le plua tendre. Pardonne, ô ma chère Camille! Pardonne, s'écvie-t-il , si j'ai pu te cacher un secret : ton amour m'en a bien puni. J'exposais sans ton aveu des jours qui ne sont qu'à toi ; tu m'as fait trembler pour les tiens : mon crime est assez expié. Ingrat, lui répond Camille , tu as pu penser que j'attendrais ton retour! tu as pu croire que ma tendresse se contenterait de vaines larmes ! Des soldats moins cruels que toi m'ont indiqué la trace de tes pas, m'ont œavert la même porte par où tu t'étais échappé; et, seule, dans les ténèbres, en présence du camp ennemi , je n'ai senti d'autre crainte que celle de ne pas te retrouver.

Tels sdnt les reproches que se font ces tendres amans : les dangers qu'ils ont courus

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