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l'abonclance, la gaieté qui repaient dans leurs campagnes , avec le spectacle qui frappait ses yeux. Il se rappelait tout ce que Tullus lui avait dit de la guerre; il adressait des vœux aux immortels, pour qu'ils fissent naître des rois pacifiques , quand tout à coup l'aspect de Jlomc vient frapper et étonner ses regards. Ce mont Palatin, l'ancien asUe des pattes et des troupeaux , maintenant bordé de murailles , hérissé de tours menaçantes , ces fossés larges et profonds qui en défendent l'approche, ces remparts inaccessibles , et ce fameux Capitole qui domine toute la ville, sur le haut duquel on distingue le temple de Jupiter , tout en impose à Numa : il regarde, admire et s'avance. Les portes sont occupées par une foule de jeunes guerriers couverts d'aimes étincelantes , appujés sur leurs lances , la tête haute , et rejetant en arrière le panache qui ombrage leurs casques. Ils semblent déjà savoir qu'ils doivent soumettre le monde ; et leur air belliqueux glace d'effroi ceux mêmes qu'ils ne menacent pas. Numa pénètre dans la ville : partout il voit l'image de la guerre ; partout il entend le bruit des armes. Ici c'est une garde qu'on relève; là de jeunes soldats qu'on exerce : plus loin, l'on accoutume des coursiers au son aigu de la trompette. Les métaux coulent dans les
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fournaises ; les boucliers , les cuirasses résonnent sur l'enclume ; l'airain gémit sous les marteaux. Il sejnble que tous les feux de l'Etna soient allumés dans Rome, et cjue les Cyclopes j travaillent à forger des chaînes pour l'univers.
Numa , peu accoutumé à ce bruit , éprouve une surprise mêlée d'effroi. Il est impatient de voir Tatius ; il demande son palais : on le lui indique ; il était dans le quartier de la ville le moins brujant. Le bon Tatius éloignait de lui les soldats : il voulait être aimé, et non gardé ; en tout temps on pouvait arriver jusqu'à lui ; et l'on trouvait à sa porte plus de pauvres que de courtisans.
Numa est admis devant le bon roi ; il prononce le nom de Tullus, et présente le billet de la malheureuse Pompilia. A peine Tatius l'a-t-il lu , que , jetant un cri de joie , il se précipite au cou du jeune homme. O jour heureux pour moi , s'écrie-t-il , que ne dois-je pas au pontife qui me rend le fils de mon plus tendre ami I Oui , je reconnais bien les traits du brave Pompilius ; voilà ses jeux , voilà son air doux et caressant. Tu m'aimeras comme il m'aimait : je l'espère, j'en suis certain. Ma vieillesse est réjouie de ta vue; je me plaignais