LIVRE IL
Ludesse. Elle a l'oigucil de Jtinou comme elle en a la beauté ; et , en ac(juciant le courage et la force de notre sexe , elle semble avoir perdu de la douceur, de la bonté qui sont le partage du sien.
A présent que tu connais Piomulus et Hersilie, tu seras le maître de te fixer auprès d'eux ou auprès de nous , dans leur camp ou dans mon palais. Je veux être ton ami, ton père , si tu me permets ce doux nom ; mais tu seras toujours ton maître : pourvu que tu m'aimes et que tu sois heureux, Tatius sera content.
iNuma renouvelle au bon roi l'assurance de sa tendresse. Son choix est'fait , son parti pris irrévocablement : il ne veut jamais quitter l'ami de son père, le roi de sa nation; celui que Tullus lui a donné pour modèle. Il lui répète cent fois que rien ne le fera changer , qu'il verra d'un œil d'iudifféi-ence et les appas d'Hersilie et la gloire de Romulus : il le jure par tous les dieux. La modeste Tatia entend avec joie ces sermens.
Après quelques jours donnés à la tendresse de Tatius , Numa, qui n'a pas oublié le songe qu'il a fait , apprend que le temple de Minerve est au milieu d'un bois sacré , appelé le bois d'Égérie. Surpris de cette conformité avec ce qu'il a vu pendant son sommeil , il court à «
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bois , peu (listant de Rome; son cœur palpite en marchant sous les yoûtes sombres de verdure. Un silence religieux y règne , le zéphyr agite h peine ces hêtres touffus , ces antiques peupliers qui élèvent leurs têtes dans les nues ; et l'on n'entend que le murmure lointain de leurs rameaux pressés mollement l'un contre l'autre.
Numa s'avance vers le temple où il doit porter ses vœux. Son esprit inquiet lui rappelle la njmphe : il n'ose espérer de la retrouver ; cependant ses yeux la cherchent, quand, sous un berceau de verdure semblable à celui qu'il a vu en songe, Numa découvre une guerrière couchée sur le gazon et profondément endormie. Sa tête désarmée avait pour appui son bouclier ; son casque était auprès d'elle, de longues boucles de cheveux noirs retombaient sur sa cuirasse , et rendaient plus éblouissante »a beauté majestueuse. Deux javelots reposaient sous sa main ; une riche épée pendait à son côté ; sa robe , retroussée jusqu'au genou, laissait voir son cothurne de poui'pre attaché avec une agiafe d'or. Ainsi la sœur d'Apollon , après avoir vidé son carquois dans la forêt d'Érimanthe, vient se reposer sur le sommet du Ménale ; les nymphes , les dryades veillent autour d'elle; le zéphyr