LIVRE IL 5r
tcmnates , ramenait à Rome son armée ; il avait tué de sa main le roi Acron , son ennemi. Le peuple romain lui préparait un triomphe i|ui devait servir de modèle à ceux que l'on accorda depuis aux vainqueurs de l'univers.
Le roi Tatius , à la tète de tous les citoyens vêtus de blanc , vient au-devant de son collègue. Le feu brûle déjà sur l'autel de Jupiter Férétrien ; les pontifes , les aruspices attendent le triomphateur avec des palmes dans les mains. Le chemin qui mène au Capitole est partout jonché de fleurs : les portes des maisons sont ornées de couronnes : les femmes romaines , en habits de fête , portant leurs enfans dans leurs bras , les pressent contrj leurs visages, excitent leur joie par de tendres caresses, et leur répètent cent fois qu'ils vont revoir leurs pères vainqueurs.
Bientôt on découvre de loin les brillantes aigles; on entend déjà les trompettes : mille acclamations leur répondent. L'armée s'avance; et l'on distingue le grand Romulus debout sur un char maguifique. Quatre coursiers blancs comme la neige sont attelés de front à ce char : à leur air fier, à leur hennissement, on dirait qu'ils s'enorgueillissent des exploits de leur maître. Revêtu de la r
§2 NUMA fOMPILIUS.
triomphale , ceint d'une couronne de laurier, Roinulus porte dans ses bras un chêne qu'il a taillé , et auquel sont appendues les annes du loi Acron : ce poids énorme ne fatigue pas le triomphateur. Devant lui marche la famille du roi vaincu , vêtue de deuil , portant des fers , baissant les jeux nojés de larmes. Une foule d'esclaves , courbés sous le poids du butin , entoure le char du vainqueur; ses braves légions le suivent en poussant des cris de joie, et les échos d'alentour répètent en longs accens la gloire de Romulus.
Il s'avance; il monte au Capitole au travers d'un peuple enivré de ses succès. Arrivé au temple de Jupiter , il s'élance de son char sans avoir quitté le chêne : la terre gémit de son poids ; les armes d'Acron se choquent et retentissent au loin. Romulus marche à l'autel; il dépose son trophée devant la statue du dieu. O Jupiter, s"écrie-t-il, reçois les premières dépouilles opimes que les Romains te consacrent ! fais que ce beau jour soit à jamais marqué dans les fastes de mon peuple , qu'il se renouvelle souvent , et que mes descendans, à mon exemple , appendent à ces voûtes sacrées les dépouilles de l'univers!
Après ces paroles , il saisit un taureau furieux , que vingt sacrilicatturs pouvaient k