LIVRE II
peine contenir : le roi , d'une main, l'entiaîne à l'autel , le fait tomber sur les genoux, arrache quelques poils de son large front, l'immole , et les prêtres achèvent le sacrifice.
Quand la victime est consumée, Romulus sort du temple; et, s'adressant à ses soldats : Romains, leur dit- il, qu'est-ce qu'une victoire tant qu'il reste des ennemis ? Les Antemnates sont défaits; mais les Yolsques , mais les Herniques , et ces brav^es Marses , seuls dignes de vous combattre, n'ont pas encore reçu le joug. Tenez-vous prêts à marcher contre eux. Nous triomphons aujourd'hui, demain nous irons mériter un triomphe- Demain je vous mène contre les Marses, au Secours des Campaniens, mes allies. Romains, je vous donne ce jour tout entier pour embrasser vos femmes et vos enfans : mais , dès que la brillante Aurore paraîtra sur son char vermeil, sojez en armes au Ghamp-de-Mars; votre roi s'v rendra le premier, et nous irons apprendre à l'Italie que des vainriueurs n'ont jamais besoin de repos.
Toute l'armée répond par des cris de joie. Les légions portent leurs aigles dans le palais de Romulus ; une garde choisie veille sur ce dépôt sacre, tandis que les soldais, rendus à
leurs familles , reçoivent les embrassemens de leurs mères , de leurs épouses , et que la tendresse et l'amour se félicitent d'an-acher un jour à la gloire.
DU SECOSU LIVRB