‹ Numa PompiliusChapitre 24 sur 131 · LIVRE III. 6i · texte numérisé non relu

LIVRE III. 6i

qui glace id'effroi ceux qui l'entendent , et redouble l'ardeur du jeune héros. Numa les contemple, les touche; il se plaît à les faire retentir : il en est bientôt couvert : sa beauté natuielie en reçoit un nouvel éclat. Son cœur palpite sous l'airain , ses y=eux brillent du feu du courage : tel un jeune coursier qui , du milieu clés prairies, entend pour la première fois la trompette , lève sa tète orgueilleuse , ouvre ses naseaux fumans , dresse sa crinière ondoyante , et i-épond par des hennissemens aux sons belliqueux qui frappent son oreille.

La nuit , trop lente au gre' de Nt jnr , vient enfin lépandre ses voiles; et le «otrineil ne j eut fermer les yeux du jeune amant. Il s'agite , roule cent projets divers , prépare ce qu'il doit dire à Hersilie, brûle d'être auprès d'elle; et, imaginant d'avance les occasions qui vont s'offrir à son courage, il invente les exploits qu'il fera.

Le jour était loin encore , qu'il se rend en armes au palais de Tatius. Le bon roi sourit de son impatience ; il se lève , couvre sa chevelure blanche d'un casque qu'il trouve pesant: il revêt cette cuirasse quittée depuis tant d'années ; et , ne voulant pas dire à sa fille un adieu iTop douloureux, il sort en silence de sou,

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palais , s'appuie sur l'impatient ^ uma et marche vers le champ de Mars.

Romulus, Hersilie et l'armée y étaient déjà. Tatius présente à son collègue le jeune guerrier qu'il veut accompagner.' Hersilie rougit en le regardant. Numa, qui a préparé ce qu'il doit dire à Romulus', l'oublie, et reste muet dès qu'il aperçoit Hersilie.

Le roi de Rome applaudit au zèle qu'il fait paraître. Dès qu'il est instruit de sa naissance, il le conduit aux légions sabines qui formaient l'aile gauche de son année : Sabins , leur dit-il , voici un héros de plus qui veut combattre sous vos enseignes. Ce jeune guerrier a des droits à votre amour; il est du "sang de vos princes : c'est le fils de Pompilius.

Au nom de Pompilius , un cri s'élance dans les ciirs; tous les Sabins quittent leurs rangs et courent au jeune Numa. Métius , Yalérius , Yolcens , Murrex , tous vieux guerriers couverts de rides et de blessures, serrent dans leurs bras le fils de leur ancien général : Je dois tout à votre père , disait l'un : il m'a sauvé la vie , disait l'autre : il fut notre bienfaiteur , s'écriaient-ils tous à la fois. Ah 1 venez, venez dans nos rangs , fils du plus juste et du plus brave des hommes ; venez combattre sous nos boucliers : nos bras , nos cœurs , sont à vous.

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