LIVRE III
légions romaines au vi-ux Hostilius, dont le fils fut depuis roi de Rome. A côté de ce guerrier marche le brave Horace , dont les trois enfans soumirent, cinquante ans après, la ville d'Albe par leur victoire sur les Curiaces. Massicus , Abas , Servius , le jeune Misène , qui descendait du fameux trompette d'Énée, et le vaillant Talassius , sont au premier rang. Chacun d'eux s'est déjà signalé par plus d'un exploit ; chacun porte la dépouille de quelque fameux ennemi. Ces braves Romains forment toujours l'avant-garde dans les marches, l'aile droite dans les combats.
La seconde colonne est composée des légions latines. Là se trouvent les Laurentins, les Fidénates, ceux de Tellène, d'Aricie , de l'antique Politore, de l'agréable Lavinie. Tous ces peuples, soumis par Romulus, combattent à présent pour lui ; ils sont glorieux d'une défaite qui leur a valu le nom de Romains. Leurs vaillans chefs sont Azilas, Grimante, Féraltin, Ladon , fils de la nymphe Pérenna; et le beau I^iphée, né dans la fertile CauenVe ; et Cjnire , prêtre d'Apollon , qui porte sur son casque le laurier sacré avec les bandelettes de son Di^u. Cette troupe , toute d'infanterie , occupe le centre dç Tarmée dans le» marches et dans les batailles.
Ce sont les braves Sabins qui marchent à la troisième colonae. Cette arrière garde terrible forme toujours l'aile gauche de Romulus. Le vieux Métius en a cédé le commandement au jeune Numa. Ce vénérable guerrier est redevenu soldat à la fin de sa cairière ; mais son âge , mais sa gloire , ses cheveux blancs , ses cicatrices , lui attirent toujours ce respect indépendant des dignités. Métius est dans le rang , et Métius commande toujours. Auprès de lui' se distinguent le sage Catille , le redoutable Coras , et Tanais , et Talos , le vaillant Gallus, petit-fils du fleuve Abaris; l'aimable Astur-, élevé sur les bords de la fontaine Blandusie, et que toute l'armée croyait l'amant de cette naïade ; et le féroce Ufens , à qui une barbe épaisse , peinte de diverses couleurs , cachait la moitié du visage. Tous ces guerriers suivent Numa.
Couvert de ses armes éclatantes , ivre d'amour et de joie , Numa s'avance à leur tête sur un coursier plus blanc que la neige dont Tatius lui a fait présent. L'impatient animal bondit sous son jeune maître , frappe du pied l'air et la terre;, et blanchissant de son écume le frein qui retient son ardeur, il s'indigne d'entendre hennir les chevaux de l'avant-garde.
A «es côtés , sur un char magnifique , s'avance