‹ Numa PompiliusChapitre 29 sur 131 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

Hemiques. Le roi do Capoue , à la tète Je trente mille hommes , y était campé depuis trois jours. A peine aperçoit-il lavant-garde romaine, qu'il fait sortir toute son armée, la met en bataille , et , au son de mille iustrur mens , attend l'arrivée de ses allies.

Le roi de Rome fait sonner ses trompettes , et vient ranger ses guerriers vis-à-vis des CailL» paniens. Alors il s'avance vers le roi de Capoue : les deux monarques s'embrassent , se jurent une éternelle amitié. Mais l'impatient Roniulus qui brûle déjà» de connaître les soldats qui combattront avec lui, Romulus va parcourir leurs rangs.

A peine a-t-il fait quelques pas , que ses oreilles sont blessés du bruit que partout il entend : les Campaniens osent sourire en sa présence , osent pailer sous les armes , et affecter une indiscipline qui excite le courroux de Rom.ulus. Il les regarde d'un œil sévère , écoute en pitié une foule de généraux qui font parade de leur vain savoir, ne daigne pas leur répondre , s'arrête en fronçant le sourcil, lorsqu'il aperçoit de vieux soldats commandés par dé jeunes capitaines , lorsqu'il voit l'or et.l'argent briller sur toutes les cuirasses. Il saisit un riche bouclier dont le poids semblait fatiguer un jeune guerrier campanien : le roi de

f]tL NUMA POMPILIUS.

Rome le tient de l'extrémité de ses doigts , et lit , en rougissant de colère , une devise amoureuse. Il arrache les lances de quelques soldats , les brise en les serrant dans sa main , et demande avec un souris ironique à quoi peuvent servir de telles aimes.

Parvenu jusqu'au camp deâ Campaniens , il y pénètre. Quelle est son indignation en entrant sous des tentes magnifiques où brûlent les plus doux parfums , oii se trouvent des bains et des lits , où l'on a rassemblé toutes les inventions , tous les raffinemens de la mollesse des villes I II V oit ici des jeuK publics où les chefs campaniens vont s'arracher leur or, perdre leur fortune, leur repos, souvent l'honneur : là, des lieux plus infâmes encore, où une troupe de courtisanes, presque aussi nombreuse que l'armée, tient école ouverte de vices, attire, retient les jeunes guerriers dans des liens flétrissans, endort leur courage, éteint leur vigueur, et les livre à l'ennemi , sans force , sans vertu , sans gloire ; partout enfin l'indigne mollesse, la pernicieuse oisiveté et la débauche.

Le roi de Rome sort précipitamment de ce camp. Il prend le roi de Campanie par la main ; sans lui dire un seul mot, il le conduit dans les rangs de l'armée romaine. Un silence profond j règne : l'atteiuion, le respect sont imprimés

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