LIVRE I. Il
baigné des larmes du bonheur! que j'expire alors; j'expirerai mère; j'aurai aisez^cu^U Cérès ! si tu entends mes vœux, si tu m'arcordes un fils , je jure sur cet autel de te le consacrer, de lui apprendre à bénir ton nom aussitôt que sa langue pouri'a le prononcer , de le faire élever dans ce temple , où il te servira toute sa vie , où tu daigneras être sa mère quand Pompilia ne sera plus.
Mes pleur^, coulaient en entendant cette prière. Je tombai à genoux auprès de Pompilia; et, joignant mes vœux aux siens , je suppliai la déesse de nous exaucer tous deux. Hélas ! qxie ce bienfait fut pajé cher I
Peu de temps après , Pompilia vint m 'annoncer qu'elle était enceinte. Qui pourrait exprimer les transports de sa joie ? Ils approchaient du délire^ Huit lunes devaient encore se renouveler avant l'heureux instant qu'elle attendait , et tout était déjà prêt pour parer l'enfant qu'elle devait avoir. Jalouse et glorieuse du titre de mère , elle eût voulu q\^c tout ce qui devait servir à son lils lût l'ouvrage de ses seules mains : elle défendait à ses esclaves de partager avec elle le bonheur de travailler pour son fils. L'espérance de le nourrir doublait sa joie de le voir naître ; et la tendre Pompilia , ivre d'amour maternel ,
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venait plus souvent au temple pour remerciôt la#lée§àe qu'elle n'y était venue pour en obtenir l'objet de ses vœux.
Elle touchait enGn à ce neuvième mois, désiré depuis si long-temps , lorsque ce Romulus , dont le nom ne vous est pas inconnu , fit répandre dans la Sabinie aue , pour consacrer sa ville de Rome , qui à peine était achevée, il voulait célébrer des jeux en l'honneur du dieu Cousus. Vous sajez , mon fils , combien ce dieu est en vénération parmi nous. Votre pieuse mère n'aurait pas laissé échapper une occasion d'honorer les immortels : elle voulut aller à ces jeux : le trop complaisant Pcunpilius l'y conduisit.v^
La plupart de nos SaDins suivirent Pompilius. Is os femmes , nos filles , coururent à Rome en habits de fête. Hé^as I nos braves citoyens étaient loin de soupçonner le piège : ils n'avaient point d'armes. Ils entrent sans défiance dans le cirque , où Romulus présidait sur un magnifique tribunal. Leurs épouses , leurs filles , prennent place à côte d'eux, impatientes de voir le sacrifice , elles cherchent des yeux les victimes ; c'étaient elles qui en devaient servir.
A un signal de leur roi , les Romains tirent leurs épées et ferment toutes^ les issjwes. Les