‹ Numa PompiliusChapitre 35 sur 131 · LIVRE IT · texte numérisé non relu

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chaîne , tandis que de l'autre il la saisit audessus de sa tête; il rassemble toute sa vigueur, et donne une secousse épouvantable. Toutes les branches de l'arbre en sont émues ; elles se choquent entre elles comme battues par un grand vent : mais Liger, épuisé de l'effort , ne peut pas le redoubler. Les branches , en se balançant, reprennent doucement leur place : le brave Liger se retire plus lentement qu'il n'était venu.

Aulon se lève : tous les veux se tournent vers lui. Il quitte son bouclier, dépouille sa cuirasse, et se plaît à montrer ses larges épaules, ses bras nerveux : il les élève sur sa tête , en les roidissant ; il fait deux fois le tour de larbre , en souriant d'un air farouche ; puis tout à coup il s'élance , saisit la chaîne aussi haut que ses deux mains peuvent l'atteindre, et retombe de tout son poids et de toute sa vigueur. Le peuplier cède , sa tète se courbe ; déjà l'armée applaudit; mais aussitôt l'arbre reprend son ressort : il se relève avec plus de force qu'il n'avait été plié , et enlève le tei-riblc Aulon , qui reste suspendu à la chaîne , balançant avec elle au gré du peuplier. Forcé d'abandonner l'entreprise, il s'élance à terrç en écumant de rage , reprend précipitamment ses armes , et va les revêtir derrière son char..

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Léo reste seul. Il s'avance; et adressant ses vœux à Hercule : Fils de Jupiter, lui dit-il, souviens-toi de l'hospitalité que tp donna l'aïeul de ma chère Camille : regarde-moi du haut de l'Olvmpe : ce coup-d'cdil me remplira de force. Vainqueur ou vaincu , je te voue un sacrifice.

A peine a-t-il achevé sa prière, qu'il sent couler dans tous ses membres une nouvelle vigueur. Il passe un de ses pieds dans le dernier anneau de la chaîne , la saisit avec ses deux mains à la hauteur de son front; x'éunissant ainsi toutes ses forces , il fait courber la tête du peuplier plus lentement , mais plus près de la terre qu'elle n'avait courbé sous la main d'Aulon. A peine est-il sûr de cet avantage , qu'il redouble son effort , invoque de , nouveaii Hercule; et, s'abandonnant à son impulsion , il fait crier l'arbre , le rompt , tombe à terre avec la chaîne , et la tête immense du peuplier vient l'ensevelir sous ses branches.

Le peuple et l'armée poussent de grands cris : le sénat déclare Léo vainqueur. Léo se relève, franchit d'un saut léger cet amas de branches brisées; et s'adi-essant aux soldats : Compagnons, leur dit-il, je suis votre général. Vous avez juré d'obéir à la force; mais

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