LIVRE I
lu entendras nos petits enfans bénir le nom cle Numa.
Apres avoir dit ces paroles , le vieillard v.ï présider au partage que les Rhéates font entre eux des troupeaux donnés par Numa, tandis que ce jeune héros , se dérobant à leur rccon-, naissance, emporte le bouclier d'or, et rentre tout pensif dans le camp.
11 songeait à Ilersilie : son cœur , plein d'es- ] érance et de joie, se livrait tout entier à l'amour. Il tourne ses pas malgré lui vers la tente de la princesse. Arrivé à la porte , il n'ose en franchir le seuil; il s'arrête, soupire, et tremMe d'aller plus loin. Ce guerrier, qui porte à son bras un bouclier qui le rend invincible , ce héros , qui pénétrerait sans crainte dans le camp des ennemis, n'ose entr'ouvrir le voile de pourpre qui ferme le pavillon de celle qu'il aime.
Enfin il soulève ce voile , et ses jeux timides < herchent la princesse : elle n'était pas dans sa tente. Numa en devient plus hardi : il s'avance d'un pas plus ferme j pénètre dans cet asile , et partout il trouve Hersilie. Voilà ses armes , voici ses javelots, son arc, et sa Ijre d'or, et ses vêtemens , et la peau de lion qui lui sert de lit. Numa demeure immobile; il n'ose toucher à tout ce qu'il voit, il ne peut en détourner
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qS >UMA PO-MPILIUS.
les yeux. Une douce langueur s'empare de ses sens; il n'a plus la force de se soutenir, il s'assied en tremblant sur le siège où Hersilie s'est assise , il respire l'air qu'elle a respiré : cet air l'enivi-e , sa raison s'égare , sa poitrine est oppressée, des larmes brûlantes inondent son visage.
Tout à coup mille cris font retentir le camp ; les .trompettes sonnent ; on entend un bruit efFrojable dans le quartier de Romuius. Hersilie, Hersilie elle-même, l'air troublé, les cheveux épars , arrive en criant : Aux armes 1 Elle saisit ^précipitamment son casque , ses javelots, et, sans bouclier, sans cuirasse, elle veut retourner au combat. Ah! princesse, lui dit Numa en l'arrêtant, je cours faire arn^er les Sabins ; mais du moins prenez ce bouclier, bienfait d'une puissante déesse ; c'est en vous couvrant qu'il défendra ma vie. Il dit : sans attendre de réponse , il lui laisse le bouclier céleste , et court chercher ses braves soldats.
C'était Léo qui causait cette alarme. Dès que Léo s'était vu si près des Romains, il avaiî conçu le projet de les attamier le premier. Sage Sophanor , avait-il dit à son collègue , sois su ; que Romuius nous attaquera demain; il esî de notre gloire de le prévenir. Dès que l'étoile