‹ Numa PompiliusChapitre 42 sur 131 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

du soir aura paru, je sortirai du camp avec trois raille hommes : je passerai le fleuve à la nage , j'irai porter la flamme et la mort jusque dans la tente de Roraulusj et si le succès couronne mon entreprise, j'en me'dite une plus importante.

Soplianor l'embrasse. Il court avec lui choisir trois mille Marses ; il les ai-me de courtes épées, de casques sans panache, de boucliers noircis; il leur fait valoir l'honneur de marcher avec Léo. Aussitôt que les ténèbres couivrent la terre , Léo sort avec eux , remonte le fleuve , le traverse , remet en ordre ses soldats, les encourage, les excite, fait passer dans leurs cœurs toute l'audace du sien ; et ces braves guerriers , sénés les uns contre les autres , gardant le plus profond silence , certains de vaincre sous leur chef , marchent d'un pas léger et rapide vers le quartier de Romulus.

Ils arrivent aux gardes avancées : ils les égorgent avant qu'elles aient pu résister : celles qu'ils trouvent ensuite ont le même sort. Sans être découverts , sans être arrêtés , ils parviennent jusqu'aux tentes du roi de Rome; c'est alors que , jetant de grands cris, renversant tout ce qu'ils rencontrent, ils portent le carnage et l'effroi jusqu'au pavillon royal.

Romulus, seul ^ans sa tente, méditait on ce moment l'attaque du lendemain. Au piemiii bruit , il se lève , écoute , et frémit de colère en distinguant les cris des vainqueurs. Furieux d'être surpris par des barbares , il remet précipitamment son casque , prend son bouclier, saisit deux javelots , et court se jeter au milieu du carnage. Il vole, il frappe, il appelle. Sa voix tonnante retentit aux deux bouts du camp. Ses guerriers accourent en foule : Horace , Misène , Brutus , Abas , arrivent en armes : ils trouvent leur vaillant roi résistant seul aux ennemis. Déjà ^a main foudro jante a fait mordre la poussière au courageux Ophelte, au brave Aulastor, à Sopharis , à Corinée. Peuthée , le malheureux Penthée , vient d'acheter de sa vie l'honneur d'avoir atteint Romulus. Son javelot a percé la cuirasse du roi ; celui de Romulus a percé le cœur de Penthée. Les Marses étonnés sentent leur ardeur s'affaiblir: ils n'attaquent plus, ils se défendent; poussés de toutes parts, ils cherchent, ils demandent Léo.

Léo , qui avait pénétré dans le fojer de Romulus, Léo reparait à l'instant. D'une main il tient sa massue , de l'autre un faisceau embrasé. A cette vue les Romains s'arrêtent , les Marses jettent des cris de joie. Le fier Léo vole

HV^E IV. loi

à leur tête; il lance des brandons allumés à travers les tentes romaines ; le feu se communique avec fureur; la toile s'embrase, le bois pétille. Léo , pour qui lincendie est trop lent, l'augmente à coups de massue. Il s'élance à travers les flammes; il immole Abas, Massicus , Tibur ; Talassius tombe sous ses coups. Le brave Misène l'arrête un moment ; mais Léo foule aux pieds le corps de Misène. Léo porte la mort et le feu ; Léo se fiaie un chemin de flamme. Ainsi la I ave brûlante descend du sommet de l'Etna, roule à gros bouillons dans la campagne , emporte , consume , détruit les pierres , les arbres, les rochers, couvre de flots embrasés tout ce qu'elle trouve sur son passage. A ce spectacle , Komulus agite ses dards , jette son immense bouclier sur ses épaules^^^ marche à travers le carnige pour s'opposer à Léo. Il le joint, il veut lui parle*; la fureur lui ôte la voix. Il le mesure avec des yeux étincelans; il cherche la place où il doit le frapper, et, balançant le plus fort de ses javelots , il rassemble toute sa force , et le lance contre Léo. La peau du lion de Némée en eût peut-être été percée ; peut-être ce coup terrible terminait pour jamais les exploits du jeune héros : mais le javelot de Romulus rencontre la pesante massue dont Léo frappait iss 5o-

loa NUMA POMPILIUS.

mains ; il pénètre à travers les nœuds et les

pointes de fer dont elle est armée, s'attache à

cette massue , et l'arr.'îclie des mains de son

maître.

Léo, désarmé, s'arrête; et, regardant autour de lui , il aperçoit une pierre énorme que l'on n'avait pu enlever du camp, et qui servait de borne aux laboureurs. Léo la saisit, l'arrache, léKve sur sa t^tc et la lance à son ennemi.

Romulus , atteint , tombe sous la pierre. Ses guerriers accourent et le dégagent. Mais le roi de Rome ne peut plus se soutenir : brisé par le <oup terrible, vomissant un sang épais et noir, la tète penchée, les bras pendansvers la terre, sans force, sans mouvement, presque sans vie , il est rapporté dans sa tenle an moment où Hersilie et Numa viennent le secourir à la tcte des Sabins.

FIS DU quatrii:me livre.

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