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qui, dans un carré parfait, entoure et ferme tout mon camp : vous ne laisserez qu'une entrc-e au milieu de chaque côté. Vous emploierez à ce travail mes légions latines : ce sont celles qui ont le moins souffert dans l'attaque de cette nuit. Allez : que tout soit prct avant la fin du jour ; vous vieiidrcz ensuite prendre mes nouveaux ordics.
Il dit : Métius et Numa ont obéi. Le pru- 'dent Romulus fait enfoncer les pieux dans le fossé , à peu de distance les uns des autres ; il les lie fortement ensemble pour qu'on ne puisse les arracher , les recouvre ensuite de terre ; et mettant leurs pointes aiguës de niveau avec le terrain, il s'environne ainsi d'une forêt de dards. Métius et Numa achèvent cet ouvrage en trois jours ; ils placent aux quatre portes huit redoutes pleines de soldats; et les Romains, aussi tranquilles dans ce camp que s'ils étaient au milieu de leur ville, admirent comment le génie d'un seul peut sauver ou perdre des milliers d'hommes.
Sophanor, tranquille sur l'autre rive, avait vu les travaux de Romulus sans les troubler. Lg roi de Rome, inquiet de cette inaction, ne pouvait comprendre le motif qui empêchait les Marses d'agir. Que fait donc ce terrible Léo ? disait-il. Ah! sans doute il doit être coa-
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tent d'avoir blesse Romulus; mais Romulus n'est pas vaincu : la çuerie est à peine commencée. Pourquoi ce vaillant gueiTier , si propre aux exploits nocturnes , ne tente-t-il pas devenir une seconde fois brûler mon camp ? O Jupiter î ô Mars I mon père I encore quelques jours de douleur, et ce bras aura recouvré sa force ; ce bras ne se cachera plus derrière des retranchemens.
Ainsi parlait Romulus , quand il voit paraître un soldat campanien couvert de sang et de poussière. Il arrivait, tout haletant, de la ville d'Auxence , où le roi de Campanie avait été se renfermer. Quelle nouvelle m'apportestu ? s'écrie le roi de Rome : les Samnites ont-ils franchi l'Apennin ? Mon allié est-il assiégé dans sa ville ? Votre allié est au pouvoir des ennemis, répond le soldat. Léo , le terrible Léo a para sous les murs d'Auxence , au moment où nous le croyions occupé de vous combattre. Il a pris la ville et le roi , s'est emparé de ses trésors , de ses troupes, de ses magasins. Non content de ce succès , il a couru surprendre l'armée qui arrêtait les Samnites à la descente de l'Apennin : il a dispersé cette armée , et a ouvert le passage à ces redoutables ennemis.
Romulus , à ces paroles , laisse tomber sa tête sur sa poitrine, ne répond point, et de-
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meure immobile. Mais bientôt il est rendu à lui-même par un bruit éclatant de trompettes et de clairons qui i-etentissent au-delà du fleuve. C'était Léo , c'était l'invincible Léo , conduisant au camp de Sophanor le roi de Capoue prisonnier , quatre mille captifs , un immense butin , et la superbe armée des Samnites. On les voit s'avancer dans la plaine , au bruit de mille fanfares. Le roi de Campanie , éclatant d'or, est monté sur un superbe coui-sier. Léo , couvert de sa peau de lion , marche h pied à côté de lui ; ses braves Marses l'environnent ; et vingt mille Samnites, revêtus d'un acier brillant , ferment sa marche triomphale.
Bientôt leurs tentes se dressent auprès de celles de Sophanor : les deux armées sont réunies. Dès que la nuit a étendu ses voiles, mille feux allumés sur le bord du fleuve tiennent les Romains dans l'alarme, et leur foat craindre d'être attaqués.
Ces braves Romains , à qui la vue de l'ennemi faisait toujours pousser des cris de joie , observent un silence morne à l'aspect de ce camp terrible. Les soldats se regardent d'un aireffrajé; les chefs n'osent se communiquer leurs craintes ; tout le monde tourne les jeux vers Romulus. On double les gardes , on se
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tient prêt au combat : malgré la force des rccranchemens , malgré la valeur et le nombrt; des troupes , l'inquiétude est peinte sur tons les visages.
Romulus lui-même est ému : mais il affecté m visage tranquille. Appuvé sur une longUL .1 véline, marchant doucement à cause de sa ilessure , il visite ses quartiers , encourage se •oldats ; et , quoique son cœur soit plein de Tistesse , il remercie hautement les dieux de je qu'ils lui livrent ensemble tous ses ennemis^
Cependant , par un ordre secret , le conseil est assemblé. Métius, Valérius, le sage Catilie, le prudent Brutus , plusieurs autres capitaines expérimentés , ont pris place auprès du monarque. La belle Hersilie j est appelée par sa naissance , le jeune Numa par ses exploits. Des licteurs veillent à la porte du pavillon royal , et en éloignent les indiscrets. Romulus quitte alors cette gaieté feinte qu'il avait montrée aux soldats ; et regardant ces braves chefs avec des jeux pleins d'inquiétude : Compagnons , leur dit-il , vos avis m'ont toujours été utiles/; ils me sont aujourd'hui nécessaires. Nos ennemis , vainqueurs de mes lâches alliés , sont trois fois plus nombreux que nous. Je peux leur résister sans doute à l'abri de mes retranchemens ; mais s'ils passent le fleuve , et quiU