‹ Numa PompiliusChapitre 47 sur 131 · LIVRE V. itfi · texte numérisé non relu

LIVRE V. itfi

m'assiègent, avant huit jours, nous manquons de vivres , et nous périssons sans cômbattic. Braves amis, que devons-nous faire? faut-il aller attaquer ces deux armées réunies , et éviter par la mort une capitulation honteuse ? faut-il essayer une retraite qui doit encore avoir ses dangers ?

Romulus se tait. Métius se lève ; il propose d'envojer à Rome demander du secours à Tatius , et d'attendre , derrière les retranchemens , que ce collègue de Romulus soit venu le dégager. Brutus veut au contraire que l'on sorte du camp , qu'on aille présenter la Laîaille aux ennemis,' et que l'on fasse tout de'pendre de l'arbitre seul des combats. Hersilie s'oppose à ce projet : Tant que mon père ne peut combattre , dit-elle , gardez-vous d'es- })érer de vaincre : la victoire dépend du bras de Romulus ; ce bras ne peut encore nous la donner. Suivons l'avis de Métius ; restons dans notre camp , envoyons à Rome chercher de nouveaux guerriers. Mais , pour effrayer l'ennemi , pour l'empteher de rien entreprendre, Numa et moi nous partirons au milieu de la nuit , nous pénétrerons dans le camp des Samnites ; et tandis que , fatigués de leur marche, enivrés de leurs succès, ils se livrent r.ti repos , nous remplirons leurs tentes de

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caraage. Voilà mon avis : que mon père l'approuve , à l'instant même nous partons.

JN'unia l'écoute avec transport : son œil enflammé suit tous les mouvemens d'Hersilie ; son cœur palpite de joie de se voir choisi par elle : cette nuit, où ils doivent combattre ensemble , lui paraît la plus belle époque de sa vie. Mais Romulus fait évanouir son espoir en s'opposant au dessein de sa fille. Tous les autres capitaines proposent des moyens , ou impossibles , ou plus dangereux que le mal même. On les discute , le conseil se prolonge ; et jusqu'alors on n'a fait qu'exposer tous les maux sans trouver un seul remède.

Tout à coup le jeune Numa se sent* inspiré par Minerve : il demande la permission de parler. Romulus la lui accorde , en jetant sur lui des jeux de complaisance. Grand roi , lui dit le héi'os , je crois qu'il est un moyen , je ne dis pas de sauver l'armée , mais de t'assurer la victoire. Les montagnes des Trébaniens sont derrière nou« ; ces montagnes inaccessibles ont des gorges où cent mille hommes peuvent tire aisément défaits par quelques troupes maîtresses des hauteurs. Qu'on me laisse partir cette nuit même avec la moitié des Sabins ; demain , avant la fin du jour , je serai maître ies montagnes. Vous , grand roi , pour la pre-

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