‹ Numa PompiliusChapitre 5 sur 131 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

ferment dans leurs murs. Tatius les a*siége ; Lientôt, par un heureux liasartl, il se rend maître de la citadelle. Romulus , forcé de combattre ou ti abandonner sa ville, vient présenter la bataille au pied de ce Capitole qui doit, dit-on, régner sur l'univers. Tatius l'accepte; et nos Sabins, brûlant de se baigner dans le sang de ces perlic'es, chargent les troupes romaines avec toute la force que la fureur peut ajouter au courage. Les ennemis sont rompus : mais Romulus les rallie , Romulus résiste seul aux Sabins. il invoque à grands cris Jupiter Stator; et ce nom sacré et son exemple arrêtent ses giierriers mis en fuite. Les Romains chargent à leur tour; la honte enflamme leur courage ; les lances se croisent , les boucliers se heurtent , l'horreur et le carnage augmentent, les combattans pressés ne jieuvent avancer un pas au'en marchant suf un ennemi.

La victoire , long-temps incertaine , penche enfin du côté de la justice. Notre vaillant roi Tatius et son intrépide général Métius percent une seconde fois le centre de l'armée romaine. La terre est jonchée de morts , les Sabins vont être vainqueurs; c'en est fait, dans un mo- Romulus quand i'évé-

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nement le plus imprévu vient nous arracher la victoire.

Les Sabines , ces mêmes femmes que les Romains avaient enlevées pendant les jeux consuels ; les Sabines , les cheveux épars , les yeux noyés de larmes , les bras tendus , poussant des cris lamentables , se précipitent au milieu des combattans. Les épées , les javelots teints de sang , le tumulte , le carnage , rien ne les effraie : Arrêtez, s'écrient-elles : arrêtez! cessez une guerre plus impie que la guerre civile. Vous combattez pour nous , et chacun de vos coups nous rend veuves ou orphelines. Si vous nous aimez, vous qui nous donnâtes la vie, n'immolez pas nos époux; et vous , qui nous avez juré une tendresse éternelle , épargnez ceux qui donnèrent le jour à vos épouses. Songez que nous portons dans notre sein les gages de votre réunion. Romains , vos femmes sont Sabines ; Sabins , vos petitsfils seront Romains. Cessez donc de vous égorger, vous qui n'êtes plus deux peuples , vous qui ne formez plus qu'une seule famille ; ou, si la soif du sang vous dévore, commencez par rompre , par détruire tous les liens qui doivent vous réunir : immolez vos filles et vos femmes; et, sur leurs corps expirans, achevez de vous éiTori^er.

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