‹ Numa PompiliusChapitre 50 sur 131 · LIVRE y · texte numérisé non relu

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amitié les unit à ce bon peuple : les soldats et les habitans se mêlent , s'embrassent , donnent et reçoivent tout ce que l'hospitalité , tout ce que l'amitié peut offrir. Les maisons , les chaumières se remplissent des gueiTÎers de Numa ; les femmes , les époux , les enfans , sont empressés de les servir, de leur porter ce qu'ils possèdent. Sabins , Rhéates , ce n'est plus qu'un peuple , ce n'est plus qu'une même famille. Tous aiment et respectent Numa : ce seul sentiment les a rendus frères.

Après avoir accordé quelques heures à ce spectacle si doux , le héros donne le signal pour rappeler ses guerriers ; et tous les habitans viennent se rendre au son des trompettes. Chacun s'est armé de ce qu'il a pu trouver : l'un porte une épée que la rouille ronge depuis long-temps ; l'autre , un bouclier couvert de poussière ; celui-ci un soc de charrue dont il a fait un javelot ; la plupart ont des massues qu'ils viennent d'arracher aux arbres. Nous voulons combattre pour vous , disent-ils au jeune Numa; nous voulons être de votre armée : si le cœur suffit pour faire un soldat , vous n'en commanderez jamais de plus braves.

En parlant ainsi , ils se rangent d'euxmêmes , en s'efforçant d'imiter les Sabins. Ils se serrent les uns contre les autres dans des

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rangs mal alignés ; et cette phalange bruyante demande à marcher la première au poste le plus périlleux.

INuma, le sensible Numa, veut en vain réprimer leur 7.èle; en vain il refuse d'exposer des hommes qui n'ont de motif pour combattre que l'amour qu'il leur a inspiré : cet amour est plus fort que l'autorité de Numa; malgré ses prières , le fils de Pompilius est forcé de voir doubler son armée. Alors il leur explique ses projets ; il leur confie qu'il veut se rendre maître des hauteurs et des postei d'où il pourra écraser l'ennemi.

Les Rhéates aussitôt guident eux-mêmes les Sabins dans les défilés , dans les passages les plus dangereux : ils leur marquent les places qu'ils doivent occuper, s'y établissent avec eux, coupent des arbres, roulent des rochers pour en accabler les Marses ; et , mêlés avec les soldats de leur bienfaiteur, décidés à partager tous leurs périls , ils attendent impatiemment l'arrivée des Romains..

Romulus arriva bientôt. Par une retraite savante il était sorti de son camp, attirant et repoussant toujours les Marses et lesSamnites. Plus il approchait des montagnes , plus l'habile Romulus affectait de désordre dans sa tcarcHe. Son arrière-garde fuyait par son ordre,

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