‹ Numa PompiliusChapitre 51 sur 131 · LIVRE V. ia · texte numérisé non relu

LIVRE V. ia

et l'entrée des Romains dans les montagne» ressemblait à une déroute. Sophanor, Léo lui-même , sui'tout le chef des Samnites , s'j trompèrent. Cette armée d'alliés , composée de guerriers plus braves qu'habiles , s'engagea dans les défilés, croyant poursuivre des fugitifs.

Komulus , instruit par les envoyés de Numa , guida lui-même les ennemis dans les gorges les plus dangereuses. Alors il cessa de fuir; alors, à la têteid'une colonne terrible , il attend les Marses de pied ferme , et les appelle au combat. Léo , le brave Léo , s'élance sur les Romains ; les Samnites et les Marses se disputent à qui chargera les premiers , quand une grêle de rochers et de troncs d'arbres tombe du haut des montagnes , et vient écraser leurs bataillons. Les chefs, les soldats effrajés s'arrêtent, lèvent les jeux, et voient toutes les hauteurs garnies de lances. Cette vue les glace d'eflfroi , ils n'osent faire un pas contre Romulus; ils ne peuvent retourner en arrière , le prudent Numa leur a coupé le chemin. Enfermés de toutes parts dans un champ de bataille étroit, embarrassés de leur nombre , écrasés sous les rochers que les Rhéates et les Sabins K)ulent sans cesse des montar gnes^ les alliés, vaincus sans pouvoir corn»-

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battre , jettent leurs armes et demandent à

capituler.

Qui pourrait peindre la fureur de Léo ? Telle une tigiesse d'Hyrcanie tombée dans un piège qu'on a tendu près de son repaire , et qui se voit enlever ses petits sans qu'elle puisse les défendre , rugit , s'agite , brise dans ses dents les pierres qu'elle peut saisir , les broie avec fureur , et dévore de ses jeux brùlans l'ennemi qu'elle ne peut atteindre : de même Léo sent redoubler sa rage en entendant les cris de son armée vaincue. Non , non , leur dit-il d'une voix terrible , tant que Léo vous commandera , n'espérez pas qu'il consente à une lâcheté. Marses et Samnites , avant de demander la vie à genoux , ajez le courage de me voir mourir. Il dit, et s-'élançant à travers les armes , à travers les rocs , malgré les pierres , malgié les troncs d'arbres qui roulent de la montagne , il entreprend seul de gravir jusqu'au sommet.

Les Rbéates et les Sabins se réunissent aussitôt dans l'endroit où il menace d'atteindre; là ils rassemblent un amas de rocbers pour les précipiter sur lui. ?lais ^^uma court vers eux, ets'j oppose; il fait cesser ce déluge qui allait accabler Léo : Amis, s'écrie-t-il , respectez son auoace : j'ai opposé l'avantage du

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