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était allé surprendre Préneste, tandis qu'Hersilie , avec l'autre moitié, marchait contre le roi des Herniques. Le refias qu'avait fait ce prince de laisser passer les Romains quand ils allaient attaquer les Marses , avait semblé un outrage à l'implacable Romulus : il avait prescrit à sa fille d'en prendre une affreuse vengeance. La cruelle princesse ne lui avait que trop obéi.
Numa, qui croit voir des dangers dans l'expédition d'Hersilie, brûle d'être auprès de son amante; il marche le jour et la nuit pour la rejoindre plus tôt. Quelle est sa surprise , quelle est sa douleur , en mettant le pied sur les terres des! Berniques ! Hersilie a marqué son passage par la ruine et la désolation. Ses faibles ennemis ont fiii devant elle; Hersilie les a poursuivis le fer et la flamme à la main. Les épis couchés sur la terre ont été broyés par les pieds des chevaux; les arbres sont coupés à hauteur d'homme , leurs branches dispersées attestent par quelques fruits leur ancienne fertilité : les villages réduits en cendres fument encore de l'incendie. Le glaive a immolé tous les habitans qu'on a pu atteindre : le cadavre du laboureur est auprès de sa charrue brisée ; la mère dépouillée et meurtrie tient son enfant mort sur son sein; l'époux et l'épouse égoi'gés sont
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étendus l'un auprès de l'autre ; leurs bras san. glans et roidis sont restés entrelacés; de longs ruisseaux de sang vont se perdre dans des monceaux de cendres ; et des vautours affamés , sejils êtres vivans dans ces demeures désolées, se disputent à grands cris les affreux présens d'Hersilie.
O dieux immortels ! s'écrie Numa : et voilà celle dont je serais l'époux 1 et voilà la pompe de mon hyménée I Hersilie ! est-il possible que vous ajez commis ces horreurs? Romulus les avait prescrites; mais était-ce à sa fille de s'en charger? Ahl quel que soit le respect que l'on doive à son père , à son monarque , on en doit davantage à soi-même, à l'humanité; et quand un roi ordonne le crime , on meurt plutôt que d'obéir. Et moi , qui venais la défendre ; moi qui volais pour la secourir , je ne marche que sur ses victimes ! je foule une terre humide du sang qu'elle a répandu I Exécrable droit de la guerre , voilà donc ce que tu permets ! voilà ce qu'ont produit mes exploits et les suites de cette gloire pour laquelle j 'ai tout quitté ! Oui , j'ai oublié Tullus, j'ai abandonné Tatius, pour devenir le compagnon des tigres qui ont versé tant de sang ; j'ai égalé leur fureur dans les combats, et je me suis cru un héros I O Tullus î pardonne-moi cette affreuse emeur; je la re-