‹ Numa PompiliusChapitre 63 sur 131 · LIVRE VI. i · texte numérisé non relu

LIVRE VI. i

premier don fut l'âge d'or; et quand l'Oljmpe assemblé donna la victoire à Minerve, ce fut pour avoir produit l'olivier. Un seul de ces dieux, Saturne, a régné dans l'Italie : souviens-toi comme il régna ; imite-le , et ne calomnie plus les immortels , en disant qu'ils ordonnent le carnage.

Tu prétends que les Romains ne peuvent subsister que par la guerre. Montre-moi donc une seule nation qui subsiste par cet affreux mojen ; et dis-moi par où sont péris les peuples qui ont disparu de la face du monde. Est-ce par la guerre que la malheureuse Thèbes a conservé sa grandeur ? Elle vainquit cependant les sept rois de l'Argolide , et sa victoire causa sa ruine. Est-ce par la guerre que tes ancêtresi les Trojens ont maintenu leur puiss^.nce en Asie ? La guerre est la maladie des États : ceux qui en souffrent le plus souvent finissent par succomber. Roi , mon collègue , je t'en conjure au nom de ce peuple qui a tant prodigué son sang pour toi , laisse à ce sang le temps de revenir dans ses veines épuisées. Personne ne nous attaque , tes conquêtes sont assez grandes; occupons-nous de rendre" lieuleux les peuples que ton bras a soumis. Hélas I malgré ma vigilance, je ne puis sujffire à punir toutes les injustices, à soulager tous les infor-

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timéâ : aide-moi dans ce noble emploi. Parcourons ensen;ible nos Etats , déjà si grands par ta vaillance : et quand nous aurons séché tous les pleurs , enrichi tous les indigens, quand enfin il n'y aura plus de malheureux dans notre empire , alors je te laisserai partir pour en reculer les frontières.

Il dit : Romulus frémissait, tout le peuple poussait des cris , l'armée même était émue Romulus se prépare à répondi-e; mais l'on peut juger à son air que ce n'est pas pour accorder la paix. Tout à coup le peuple se presse, arrive en foule près de lui , et ne le laisse pas commencer son discours. Femmes, vieillards, enfans , tous sont à genoux , tous lui tendent les bras en criant : La paix ! la paix ! Fils des dieux, donne-nous la paix ! Nous demandons grâce ; prends nos biens si tu v«ux , mais accorde-nous la paix.

O mes enfans I leur dit Tatius baigné de pleurs et hors de lui-même , vous l'aurez ; je vous la promets. Je l'ai demandée à Romulus au nom de la tendresse et de l'amitié , je l'exige à présent comme son collègue, comme son égal en pouvoir, en dignité. S il me la refuse, Romains, j'irai, j'irai à votre tête me placer à la porte de Rome : là, nous l'atten-

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