‹ Numa PompiliusChapitre 69 sur 131 · LIVRE VII. i · texte numérisé non relu

LIVRE VII. i

Numa un regard plein de fureur : Jeune homme, lui dit-il, j'étais instruit de la mort de mon collègue ; mes ordres sont déjà donnés pour arrêter et punir les coupables. Quel que fut ton amour pour Tatius , tu peux t'en rapporter à un roi du soin de venger l'assassinat d'un roi. Mais si je sais punir le crime, je ne sais pas moins réprimer les ambitieux. Numa , . je te défends d'épouser la fille du roi des Sabins ; ses droits au trône de son père pourraient m'êtreun jour redoutables : je lui destine un autre époux que toi. Quant à l'aflfi'ont de refuser ma fille , il pourrait offenser tout afUtre que le fils de Mars ; mais je veux bien conaidérer ton âge , l'immense distance qui nous sépare , et me souvenir surtout que tu fus utile à mon armée.

Api-ès avoir prononcé ces mots avec un accent qu'il s'efforçait de rendre tranquille , Romulus sort sans attendre la réponse de IN^uma. Ce malheureux amant veut parler à Hersilie ; mais la fière amazone le regarde d'un œil dédaigneux, passe auprès de lui sans répondre, et va rejoindre son père, suivie de tous les guerriers.

Cette fierté , ce mépris d'Hersilie , percèrent le cœur de Numa, mais lui rendirent plus facile un sacrifice si douloureux. Indigné

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contre Romulus , en courroux contre sa fille , résolu d'exposer ses jours pour rester fidèle à son roi , Numa , plus ferme et plus tranquille , retourne précipitamment au palais de Tatia.^

Fille du meilleur des monarques , lui dit-il en l'abordant , pardonnez si , au milieu de votre deuil et de vos larmes , je viens vous parler d'hyménée. Votre père , en mourant , vous a confiée à ma foi. Sa grande âme a été consolée par le serment que je lui ai fait de devenir votre époux ; et Romulus me le défend; Romulus n'en a pas le droit. Nés Sabins vous et moi , nous dépendions du roi des Sal>ins : lui obéir pendant sa vie était notre premier devoir ; lui obéir après sa mort est un devoir bien plus sacré. Je ne veux point vous cacber que jadorais Hersilie; mais, depuis la mort de Tatius , l'exil , le supplice , avec vous, me paraissent préférables au trône avec la fille de son assassin.Si ce sentiment vous suffit , préparez-vous à braver avec moi les menaces de Romulus ; préparez-vous à voir la flamme du bûcher de votre père vous servir de flambeau d'hymen.

Il dit : Tatia l'écoute avec une tendre admiration. Tatia , qui depuis si long-temps nourrissait pour le héros une passion seciète

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