‹ Numa PompiliusChapitre 72 sur 131 · LIVRE VIL l'ji · texte numérisé non relu

LIVRE VIL l'ji

vers les accens de douleur le nom de Numa se distingue : Qu'il vienne ce vertueux Numa! s'écï-iaient-ils ; qu'il paraisse, notre héros, notre ami , le seul qui reste de nos princes , l'unique espoir d'un peuple désolé! Venez , Numa , venez nous instruire des dernières volontés de notre bon roi : vous nous verrez mourir pour les suivre.

Ces paroles , ces cris , la présence de Métius fondanten larmes, le sang de Tatius dont la tunique de Numa est encore teinte, et qui semble demander vengeance , tout rend à lui-même le hf'ros au moment où le héros allait s'oublier. Hersilie, s'écrie-t-il, Hersilie, je vous adore : vous m'êtes cent fois plus chère que la vie ; mais mon devoir m'est plus cher que vous. Les dieux qui Ont les yeux sur moi , ce peuple à qui je dois l'exemple, mon cœur que je ne puis tromper, tout m'impose la loi terrible d'accomplir le serment que j'ai fait. J'en ai pris à témoins les mânes de ma mère ; quelque douloureux qu'il soit, le sacrifice se consommera. Je sens que j'en mourrai ; mais

Non, barbare! non, tu n'en mourras pas , interrompit Hersilie avec l'accent de la fureur: je détournerai sur une autx-e la colère de mon père; je lui marquerai la victime qu'il doit frapper : toi , tu vivras ; tu vivras pour souffrir

une plus longue punition de ton crime, pour me donner le temps et les moyens d'assouvir ma juste vengeance. Perfide , tu n'oses rompre un serment que t'arracha Tatius I comptes-tu pour rien ceux que tu m'as faits ? te les avais-je demandés , ingrat , qui , sous l'apparence de la vertu, caches l'ambitieux projet de te faire roi des Sahins, et d'arracher un trône à mon père? Tremble du sort qui te menace; tremble des maux que tu te prépares. Ne te flatte pasde leur échapper : le seul nom de Romulus t'environnera partout d'ennemis. Errant, persécuté , banni , tu traîneras ton infortune et ta fausse vertu chez tous les peuples de l'Italie , qui te rejetteront de leur sein. En proie aux remords dévorans pour avoir causé la mort de ton épouse , pour avoir abandonné ton amante, tu pleureras àtouslesinstanslecrime de ton inconstance. Tu regretteras Hersilie,ttl tendras vers elle des mains suppliantes : Hersilie n'en'Sera que plus animée à te pei'sécuter. Tant qu il me restera un souffle de vie , je te poursuivrai la flamme à la main ; et si ton abandon me donne la mort, mon ombre ira se joindre aux cruelles furies, pour ajouter à l'horreur de ton supplice.

En disant ces mots , elle quitte Numa, qui, honteux de ses empcrtemens , n'ose lever le»-

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