‹ Numa PompiliusChapitre 75 sur 131 · LIVRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE VII

lui enverriez dans les enfers ? Ah I vous qui l'avez connu, jugez si son ombre en serait consolée. Sabins , Sabins , partout ailleurs la gloire serait de vaincre ; ici elle' est d'être vaincus. Métius , prends un rameau d'olivier, et va trouver le Roi de Rome ; dis-lui que tu viens lui répondre de la soumission des Sal.)ins ; dis-lui qu'ils sont prêts à livrer des otages , à le reconnaître pour seul souverain , pourvu qu'il jure de leur pardonner. S'il exigeait une victime , elle est prête , ce sera moi. Seul , je me charge du crime de tous ; seul , je m'excepte de l'amnistie» Va , cours , ne perds pas un moment, signe la paix; promets ma tète , s'il le faut : il est doux de périr pour lo salut de son peuple.

Ainsi parleîSuma. Métius veut lui répondre : mais le héros refuse de l'entendre ; il le pousse vers les murs de Rome. Métîus marche , se fait ouvrir les portes. Bientôt il vient annoncer li paix et le pardon , pourvu que Numa sorte à l'instant même des États de llomulus.

A ces paroles les Sabins , jetant des cris , veulent reprendre les armes. Mais Numa les apaise , les conjure , leur ordonne de se soumettre , leur représente les maux affreux dont lui seul serait la cause : il les menace de s'immoler à leurs yeux s'ils u'acceptent pas celle

iSo NUMA POMPILIUS.

paix; et s'éloignant aussitôt avec Métias qu'il embrasse : Mon digne ami , lui dit-il , sèche tes pleurs ; cet exil , qui sauve ma nation , est nécessaire à mon repos. Aurais -je pu revoir Romulus? aurais -je pu soutenir la présence de cette cruelle Hersilie , dont la foreur est sans doute complice du dernier crime dont nous frémissons? Ahl Métius, mon cœur est guéri d'une fatale passion qui empoisonnait ma vie : mais combien de temps ma blessure doit-elle saigner encore! Ami, le plus grand des malheurs , le plus sensible des maux, c'est d'être forcé de rougir du sentiment qui nous fut le plus cher. Pardonne-moi les pleurs que je répands , ce sont les derniers que je donne à l'amour, tous les autres seront au repentir. Je te charge , mon cher Métius , de recueillir les ceidres de notre roi et de sa malheureuse fille : elles doivent reposer ensemble sur la tombe de ma mère , à côté de celles de Tullus. Promets-moi de les porter toi-même , et de ne confier à personne ce soin que Numa t'envie. Adieu , mon respectable ami : que les immortels prolongent ta vieillesse! Songe que tu restes seul à nos Sabins : leur bon roi n'est plus , Tatia vient d'expirer , Numa va vivre loin d'eux ; Métius doit les consoler de leur» pertes. Je te les recommande , mon respec-

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