‹ Numa PompiliusChapitre 8 sur 131 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

laisser baiser avec respect l'urne qui contient les cendres de ma mère. Suis-moi , lui i-épond le grand-prctre ; dès ce moment je veux t'y conduire.

Alors ils marchent vers le temple. Derrière l'autel de la déesse était une porte d'airain dont ïdllus seul avait la clef; il l'ouvre; il descend quelques degrés : Numa le suit en soupirant. Ils arrivent dans un souterrain éclairé par une seule lampe. Là, sur un tombeau de maibre noir d'une sculpture simple et sans inscription , on voyait une urne d'argent couverte d'un voile funèbre. A côté de l'urne étaient un billet , une épée et des cheveux blonds. Numa s'était mis à genoux en entrant dans le souterrain. Tullus soulève doucement l'urne ; et la présentant au jeune homme : Mon fils , lui dit-il à voix basse , baisez ces restes sacrés ; touchez cette urne qui renferme les cendres de la meilleure des mères et du plus tendre des époux. Ils ont les jeux sur vous dans cet instant; ils vous contemplent des Champs Eljsées , et préfèrent à tous les plaisirs immortels qui les environnent le spectacle de la piété de leur fils.

Numa tenait dans ses bras l'urne qu'il baignait de ses larmes. Il l'approchait de son cœur, et il lui semblait que ces cendres si

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chères se ranimaient. Ohl qu'il eut de peine à les rendre au pontife 1 et comme ses mains suivaient l'urne quand l'urne s'éloigna de lui:

TuUus la remet sous le voile. Alors prenant l'épée , le billet et les clieveux : Yoici , dit-il à Numa, le glaive qui défendit votre mère et la patrie , qui jamais ne fut tiré par la colère, et n'immola fiue les ennemis de l'Etat. Je vous le remets , mon fils : faites-en le même usage. Que la puissante Cérès, à qui je l'avais consacré, fasse tomber sous ce fer tous ceux qui menaceront vos jours ! Ce billet fut tracé par votre mère à l'instant de son trépas : il est adressé au roi Tatius , et vous sera nécessaire pour occîjpcr à sa cour le rang dû à voire naissance. Ces cheveux blonds, ai-je besoin de vous dire que ce sont ceux de votre mère ! Elle vint les offrir à Cérès le jour où eil*' obtint un fils. Numa, portez-les toujours ave .: vous : les cœjirs sensibles ont besoin de caê gages d'amour et de piété.

Après ces paroles , ils sortent du souterrain. iSuma retourne à la maison du grandprêtre, où il preparetoutpoursondepart.il quitte la robe de lin , prend la toge , et parait plus beau sous ce vêtement. Le pontife le regarde et soupire : ce nouvel habit scraulc Irù

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