‹ Numa PompiliusChapitre 85 sur 131 · LIVRE VIII. ai · texte numérisé non relu

LIVRE VIII. ai

Tolonius , s'engagent dans les forets des Arbences , et gagnent endn l'Apennin.

Les deux héros , qui ne vivaient que ae leur chasse, s'égarèrent en poursuivant les hôtes des forets. Ils franchirent les rochers les plus escarpés , s'enfoncèrent dans les lieux les plus sauvages, et découvrirent enfin un vallon riant , environné de monts inaccessibles , d'où découlaient plusieurs sources qui allaient arroser le vallon. Des tilleuls , des aunes , des hêtres, nés sur le bord de ces ruisseaux, étaient mêlés avec des oliviers , des ormes couronnés de pampres, et d'autres arbres charges de fruits. Un épais gazon , parsemé de mille fleurs , formait partout un tapis émaillé. Tout respirait la paix, l'abondance : l'air était pur, les ruisseaux limpides ; l'on n'entendait d'autre bruit que le murmure des ondes et le chant de mille oiseaux, qui, voltigeant dans les feuillages, semblaient célébrer à l'cuvi le bonheur dont ils jouissaient.

Les deux amis , charmés à cette vue , se hâtent de descendre dans le vallon. Ils marchent , ils admirent ; ils jouissent du plaisir le plus pur que les dieux nous aient accordé , du spectacle de la belle nature : ils suivent le cours du principal rnisseau, sans rencontrer de traces d'homme. Ils arrivent à un endroit

ai4 ^UMA POMPILIUS.

où le ruisseau se divise en deux. Aprèi s'i iti promis de se rejoindre dans ce niême lieu , ils se séparent pour suivre chacun une des branches du ruisseau.

Léo marcha long-temps; mais il ne trouva que des arbres , des fleurs et des fruits.

Numa , plus heureux , aperçut un troupeau qui paissait sans chiens et sans berger auprès d'un petit bois de lauriers. Il pénètre à pas lents dans ce bois , regarde , examine , et découvre , sous un berceau de jasmin sauvage, une jeune lUie vêtue de blanc, assise sur un banc de gazon. Elle semblait profondément occupée d'un livre qu'elle tenait sur ses genoux. Ses cheveux blonds , qui retombaient sur son front et sur ses épaules , étaient soulevés doucement par le zéphyr, et laissaient voir son visage ; jamais il n'en fut de plus beau. Mais cette beauté , que la nature lui avait donnée , empruntait son principal éclat de la candeur , de la franchise , qui se peignaient dans ses traits. Ce visage doux et serein semblait respirer le calme du bonheur , la paix de la vertu : il avait quelque chose de céleste qui éloignait toute idée de volupté , et remplissait l'âme d'un sentiment plus pur , plus délicieux : il n'inspirait point de désirs; il faisait naître

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