‹ Numa PompiliusChapitre 90 sur 131 · LIVRE IX. yo.Z · texte numérisé non relu

LIVRE IX. yo.Z

planta des fleurs pour venir les lui offrir : tout lui retrace une époque de tendresse ou de bonheur. Ses jeux mouillés ne peuvent se lasser de revoir ce qu'ils ont vu tant de fois. L'air qu'il respire l'oppresse , le sentiment qu'il éprouve l'accable, son cœur est serré , et cependant sa tristesse a pour lui un channe secret.

Dès qu'il est auprès de la porte, il tombe à genoux, embrasse la terre; ensuite, élevant ses mains , il adresse ces paroles aux divinités champêtres : Je vous salue , njmphes , naïades , qui protégeâtes mon enfance , et que je revois avec tant de joie , je vous salue I Daignez vous contenter dans ce moment des vœux tendres que je vous adresse : bientôt vous aurez part aux libations de lait que je ferai sur le tombeau do ma mère.

Après ces mots , il se relève , et entre dans •sa cabane. Quelle est sa surprise en la retrouvant telle qu'il l'a laissée ! Tout est en ordre , tout est à sa place : Léo revoit ses anciens javelots , ses instrumens de jardinage , et la première flûte sur laquelle il chanta Camille. Il la revoit cette flûte , il la baise avec attendrissement ; mais il quitte tout pour courir à la tombe de M jrtale , et il la trouve parée de fleurs nouvelles ; plusieurs autres qui sont flétries attestent qu'une main pieuse les renouvelle

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chaque jour. Léo se met à genoux, il arrose de SCS larmes le gazon vert et touffu qui a crû STir son tombeau ; il bénit la main inconnue qui prend soin de la décorer. Numa garde le silence, prie auprès de son ami, et partage tous ses sentimens.

Bientôt Léo , lui tendant la main , prononce le nom de Camille, en rentr3xnant vers ce rocher, vers cette cascade si chère à son souvenir. Il court , il arrive : le premier objet qu'il ■voit, c'est Camille sur le rocher.

A cette yue,^Léo jette un cri, et se précipite ver.s Camille. Celle-ci tourne la tète : tous deux, avant de se joindre, ont perdu l'usage de leurs sens.

Numa les secourt, Numa les rend à la vie. A peine ont-ils ouvert les yeux , qu'ils se cherchent et se retrouvent. Est-ce bien vous , disait Léo , vous que j'ai si long-temps pleurée ? Dieux immortels , si c'est un songe , faites-moi mourir au réveil.

Camille , la tendre Camille le presse dans ses bras et le rassure : Oui , c'est moi ; c est ton amante Hdèle que rien ne peut plus l'arracher. Je suis avec toi pour toujours, avec le maître de mon cœur, avec celui qui ma sauvé la vie , pour qui seul je l'ai conservée.

En disant ces mots elle l'embrasse , elle lui

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