LIVRE IX. i2g
que je dois suivre. Reine des dieux et des hommes , si tu exauces mes vœux je te promets , oui , je te jure de t'élever un autel à la place même où je reverrai Léo , et le plus beau de ses béliers te sera oflfert en sacrifice.
Comme j'achevais ces mots, deux colombes traversant les airs viennent se poser devant moi. J'accepte cet heureux présage^ j'observe les oiseaux de Vénus , et je les suis avec confiance. Les deux colombes , sans se quitter , tantôt rasent la terre d'un vol rapide , tantôt s'arrêtent sur le gazoa, en j cherchant leur nourriture ; mais elles ne s'éloignent jamais assez pour que mon œil les perde un instant. Enfin , aprèsneuf jours démarche, je découvre de loin ta chaumière , je vois les colombes se poser sur le toit. Là elles semblent se plaindre , elles roucoulent tristement; et, prenant aussitôt leur vol , elles disparaissent à mes yeux.
Juge, Léo, jaigc de ma joie : je rendais grâces à Vénus , je rendais grâces aux colombes , je remerciais tous les dieux. Hélas I j 'arrive à ta cabane , et mes jeux te cherchent , ma voix t'appelle en vain. Je parcours avec inquiétude les environs de ta chaumière ; je ne vois partout que solitude. Bientôt je découvre un tombeau ; l'inscription m'apprend que Myrtale y repose. Ah! mon ami , je fus près de succomber
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a3o NUMA POMPILIUS.
à ce dernier coup. C'en est feût, m'écriai-je en fondant en larmes; il court sans doutesurmes pas , il va me chercher dans Salente , où il apprendra mon naufrage : sa douleur lui coûtera la vie.
Je le croyais : je me le répéfais tous les jours ; et tous les jours je parcourais la montagne avec l'espoir de te retrouver. S'il vit encore , me disais-je , il reviendra , j'en suis sûre ; il reviendra au tombeau de sa mère , au premier asile de nos amours. Qu'il soit devenu roi , qu'il soit esclave , dès qu'il pourra être libre , c'est ici qu'il tournera ses pas. Je connais Léo c'est aux lieux chers à sa piété que l'on doit sûrement l'attendre.
Dans cette espérance , je m'établis dans ta cabane, je rassemblai ton troupeau, je pris soin de tout ce qui t'avait appartenu. Ces soins M doux charmaient mes ennuis : j'aimais tant à n'avoir de richesses que les tiennes 1 j'aimais tant à penser qu'à ton retour je te rendrais compte de ton bien I Tous les jours je menais tes brebis au pâturage , tous les jours je parais de fleurs le tombeau de ta mère: j'invoquais sou ombre chérie, et lui demandais de te conduire vers moi. Mes voeux sont exaucés, je te iftvois, Léo; tout ce que j'ai souffert n'est