‹ Numa PompiliusChapitre 94 sur 131 · VUE IX. a3r · texte numérisé non relu

VUE IX. a3r

Ainsi parie Camille : Léo la série dans ses Lras , tandis que le pieux Numa éiève un autel de gazon , et court choisir le bélier que Camille avait voué à Vénus. Il le porte sur l'autel : tous trois, à genoux, achèvent le sacriiice. Ensuite ils retournent à la cabane , et , dès le lendemain de ce beau jour, les deux amans ^ couronnés de fleurs , vont au tombeau de Mjrtale. Numa les guide : Numa , qui , dès son enfance , apprit les fonctions de sacrificateur , immole aux mânes deux brebis noixes et quatre agneaux à sa protectrice Cérès. Il l'invoque y il lui demande de bénir du haut du ciel l'hymen de Camille et de Léo; il joint leurs mains ^ il les unit au nom de Gérés et de Myrtale ; ensuite il consume en leur honneur les victimes entières , et s'en retourne avec les deux époux , en chantant l'hymne d'hjméaée. O douce et simple cérémonie , si peu semblable aux brujans et tristes mariages des princes I touchante union qui n'a de témoins que les dieux , de garant que la vertu, de pontife que l'amitié. Le bonheur des deux époux rappelait à Wuma le beau vallon ; il ne parlait que d'Anaîs , il ne songeait qu'à cette bergère, et se livrait sans inquiétude à un sentiment qu'il ne croyait pas de l'amoui-. Ce qu'il sentait pour Anaîs était si aillèrent de ce qu'il avait senti pour

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Hersilie, cette première passion l'avait rendu si malheureux , que Numa , tremblant encore au seul nom de l'amour , affectait d'appeler amitié le penchant irrésistible qui l'entraînait vers Anaïs.

Après quelq^ues jours donnés à l'ivresse des nouveaux époux, xSuma propose le voyage du beau vallon. Léo sourit ; Numa , qui rougissait , se hâte de lui rappeler qu'il le promit lui-même au vieillard. Le héros marse j consent avec joie ; Camille ne peut le quitter. Tous trois armés se mettent en marche , et charment par leuï entretien l'ennui d'une pénible route.

L'impatient Numa précède toujours leâ époux : plus il approche , plus il se hâte ; et dès qu'il aperçoit la cabane, il précipite ses pas.

Un dieu sans doute le conduisait. A peine arrivé dans le vallon , il entend des cris , il vole ; il aperçoit le vieillard entre les mains de plusieurs brigands qui le traînent sur la poussière , et tiennent le fer levé sur lui. Plus loin , sa fille Anaîs , qu'on enlève malgré ses pleurs , se débat aumilieu d'une autre troupe. Que fera Numa ? Anaîs et son père sont dans un danger égal : qui sauvera-t-il le premier? à qui courrat-il ? Au plus faible. Il s'élance vers les scélérats qui pressent le plus le vieillard : il en immole trois, il attaque les autres, il les pousse avec

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