‹ Numa PompiliusChapitre 95 sur 131 · LIVRE IX · texte numérisé non relu

LIVRE IX

fureur, il s'écrie pour attirer ceux qui ravissent Anaïs. Ces brigands viennent à ses cris ; ils se réunissent tous contre Numa. C'est alors que Numa respire : le danger ne menace que lui seul , le danger n'a rien qui l'effraie. Auaïs est près de son père , Numa les couvre tous deux de son corps ; seul il fait tête à tous les brigands : leur sans ruisselle sous ses coups , mais le sien

rougit sa cuirasse. Cinq ennemis ont mordu la poussière; mais ceux qui restent vont accabler le héros. Numa, le brave Numa chancelle; il est près de succomber, quand la massue de Léo tombe comme le tonnerre au milieu do rcs scélérats. Camille , qui les reconnaît pour les soldats salentins échappés de son naufrage, Camille perce de ses flèches tous ceux qu'elle peut atteindre. Le père d'Anaîs lui-même s'est relevé; il a saisi l'épée d'un ennemi, et s'en sert pour défendre ses défenseurs. Bientôt tous les brigands sont immolés. Anaïs embrasse son père ; Numa et Léo sont baignés des larmes d.\ la reconnaissance.

Numa est blessé. La fatigue d'un lon.o: combat , le sang qu'il a perdu , le passage subit de la crainte de perdre Anaïs au plaisir de l'avoir sauvée, tout a épuisé ce qui lui reste de forces. On l'emporte dans la cabane , on s'empresse autour de lui. Le vieiliar;! et Lco

visitent ses blessures , posent un pi'emier appareil. La sensible Anaïs s'approche , serre doucement la main de Numa : Vous ayez sauvé mes jours , lui dit-elle , et vous avez sauvé mon père avant moi : c'est vous devoir deux fois la vie. Ces paroles sont un baume divin pour le héros ; il n'a pas la force d'j répondre; mais ses jeux satisfaits se tournent vei's Anaîs, et lui expriment tendrement tout ce cjue sa langue ne peYit dire.

Les blessures de Numa étaient profondes , sans êtr« dangereuses; il ne fallait que du temps pour les guérir. Anaïs et son père , Camille et son époux, entouraient sans cesse son lit. La tendre amitié qui avait déjà commencé entre le vieillard et le héros marse prenait tous les jours de nouvelles forces. Léo était impatient de connaître celui qxii lui était déjà si cher; jNuma brûlait aussi d'apprendre l'histoire du père d'Anaïs. Un jour qu'ils étaient tous rassemblés près du malade, les deux amis joignirent leurs prières pour obtenir ce récit : le vieillard , après avoir levé les jeux au ciel j, le commença dans ces termes :

Je suis né dans la Bactriane , le sang qui coule dans mes veines est celui des anciens rois de la Perse ; et mon nom , fameux en Asie,

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