‹ Numa PompiliusChapitre 98 sur 131 · LIVRE IX · texte numérisé non relu

LIVRE IX

donnait quelque gloire; et le peuple, épuisé d'impôts, victime des grands, des ministres, des juges, des esclaves mêmes du roi, le peuple opprimé , foulé aux pieds , tendait au ciel des mains suppliantes.

La faiblesse et la cruauté se réunissent presque toujours. Sardanapale , du sein de »es horribles voluptés , ordonna une persécution contre les mages. Il venait de faire une guerre honteuse ; croyant ses dieux irrites , il jugea qu'il était plus facile de venger leur cause par des meurtres que de les apaiser par des vertus. Il commanda d'exterminer jusqu'au dernier de mes disciples, promit dix talens d'or à celui qui me livrerait vivant, et me condamna d'avance à des tourmens inconnus jusqu'alors.

Aussitôt le fer et le feu désolent les haliitations des mages; leurs maisons sont la proie des flammes; leur sang inoade leurs asiles. Les barbares soldats de Sardanapale , qui avaient si lâchement combattu ses ennemis , se montrent remplis de zèle pour persécuter leurs concitoyens. Le glaive à la main, ils poursuivent le peu de mages qui échappent; ils égorgent tous ceux qu'ils atteignent, massacrent la mère et la lillc après les avoir outragées , et croient toutes les horreurs permises,

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a4a KUMA POMPILIUS.

parce qu'ils les commettent au nom de leurs

dieux.

Je fuyais avec mon épouse. Cent fois je fus «ur le point d'aller me présenter au tyran , pour faire cesseï' la persécution ; mais le cruel Sardanapale avait condamné tous les mages ; mon trépas n'eût sauvé personne : d'ailleurs Oxane portait dans son sein un gage de notre chaste amour; le nom de père me faisait aimer la vie. Consolé par mon épouse , soutenu par son courage , errans de désert en désert , sans amis , sans secours , manquant souvent de nourriture , nous pai-ccurùmes la Perse , la Sogdiane, laBactriane, toujoui-s au moment de tomber dans les mains de nos persécuteurs , toujours rejetés ou trahis par ceux à qui nous demandions asile. Mais au milieu de nos périls , malgré les maux qui nous accablaient, l'idée de souffrir pour la vérité adoucissait toutes nos peines. A chaque douleur nouvelle , nous voyions une récompense future; l'espérance nous donnait des forces , et l'amour des consolations.

Nous pénétrâmes enfin dans les déserts de l'Arabie. Nous entrâmes dans une caverne profonde , au milieu de laquelle était un tombeau. La pierre en était renversée ; l'intérieur du cercueil était vide. Une lame d'or frappa

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