SYME INSU LA CARI.E
Tête de Bacchus barbue et couronnée de lierre , à gauche.
Rf. 2Y. Diota entre deux ceps de vigne; le tout dans un carré creux.
Ar. 3. Poids : gr. 4,07. Drachme, (pl. xi, n" 4.)
Cette jolie médaille a été trouvée à Boudroun, l’ancienne Halicarnasse, avec des monnaies de Cos, de Milet et de Samos. L’on sait que l’ile de Symé est située entre Rhodes et Cnide, et par conséquent à peu de distance de Cos et d’Hali-
carnasse. La capitale de l'ile portait le même nom qu’elle; elle est mentionnée par plusieurs auteurs de l’antiquité, notamment par Hérodote (i, 174) , Pline (v. 31) et Etienne de Byzance (*n voce).
La belle fabrique asiatique de cette médaille ne permet pas de l’attribuer à Syros, seule localité à laquelle conviennent les initiales 2T. La fabrique des îles cyclades, de Naxos et de Céos, par exemple, dont les médailles portent aussi un diota, s’éloigne beaucoup de celle des villes de la Carie et des îles adjacentes.
MINOA AMORGI.
IOïAIA MAM£A . C£BA. Tête de Marnée.
Rf. €ni .T. <t>AA . CPriNOY . MINOHTON . APX. Apollon debout vêtu d’une tunique talairc très large, et tenant une lyre. Æ. 8 1/2. (Musée britannique.)
Parmi les villes appelées Minoa, que cite Etienne de Byzance, il y en a deux où notre médaille a pu être frappée, l’une située dans l’ile d’Amorgos, l’autre dans l’ile de Siphnos. La seconde n’est connue que par ce passage ; mais les ruines de la première existent encore dans l’ile d’Amorgos et portent le nom de Catapola. On y a trouvé bon nombre d’inscriptions , et entre autres un décret du peuple de Minoa ( Backh , n° 2264, p.). Il y avait trois villes dans l’ile d’Amorgos, Arcésiné, Ægialé et Minoa; elles sont mentionnées toutes trois par Etienne, mais on ne connaît d’inscriptions que des deux dernières, et de médailles que de la seconde. (Mion., sup., Iles, n° 3 à 6). Les médailles impériales des îles ne portent en général point de noms de magistrat ; cependant dans l’ile do Cos , voisine d’Amorgos, l’on trouve des magistrats inscrits sur les médailles de la famille de Sept.
Sévère. Le type d'Apollon Cilharède, représenté sur notre médaille, convient très bien à Minoa , près de laquelle l'on voit encore les ruines d’un temple d'Apollon. Dans sa note sur l’inscription déjà citée, Bœckh soulève une difficulté sur l’orthographe du nom Minoa , qui est écrit Mtvwa dans tous les passages d'Etienne où il se rencontre ; tandis que dans l’inscription l’on trouve la forme Meivotîtüv. Le savant éditeur du Corpus a cru devoir changer l’o en w; ce changement lui aurait paru moins nécessaire s’il avait connu notre médaille.
J’ai trouvé la pièce que je publie, classée comme « incertaine de Phrygie » au Musée britannique , probablement à cause de sa fabrique, qui effectivement a beaucoup de rapport avec celles des monnaies de cette province, sans pourtant avoir un caractère assez marqué pour empêcher l’attribution que je propose. Du reste on ne trouve dans les auteurs aucune mention d’une Minoa en Phrygie ou dans les provinces voisines. Les seules villes qui ont quelque rapport de nom sont Mivùx, placée par Etienne sur les frontières de Phrygie et de Lydie, et une ville citée dans les Notices ecclésiastiques parmi les évêchés de la Lycie ; dans ces listes le dernier évêque lycien est celui mzXoxtüv, MiXsîtüv, ou MtiXoïtwv.
ARISTARCHUS REX COLCHIDIS.
Tète radiée d’Aristarque à droite. Rf. [APjlSTAPXOï. BASlAEfDi . K.OAXIAI02 (sic) ; à l'exergue, les traces de deux lettres. Femme assise, coiffée d’une tiare conique et la main droite appuyée sur un objet douteux, peut-être une massue. AR. 4 . Drachme. ( Catalogue de la collection Borrell , n° 126.)
Cette médaille intéressante, dont j’avais pris note à Smyr-
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ne, il y a deux ans, a été vendue récemment avec la collection Borrell , dont elle faisait partie. Sa conservation laisse malheureusement beaucoup à désirer. L’auteur du catalogue fait remarquer que l’état de la pièce ne permet pas de lire le titre que prenait Aristarque. Il est vrai que la légende est endommagée ; cependant il en reste des vestiges suffisants pour que l’on puisse lire sans hésitation le mot BaffiJ.sw;. Appien [Bell. Uithrid., 114) est le seul auteur qui fasse mention de ce roi ; cet historien rapporte qu’après la défaite et la mort de Mithridate, Pompée l’établit comme dynaste des Colchiens. C’est à ce seul fait que se borne notre connaissance d’Aristarquc ; et ce nouveau monument numismatique vient confirmer d’une manière intéressante le passage d’ Appien.
J’ai réuni dans cet article, qui sera le dernier de la série, un certain nombre de médailles qui, pour différentes raisons, n’avaient pu trouver place dans les articles précédents, et dont je n’ai pas voulu différer la publication à cause de l’intérêt qu’elles présentent. Il me reste maintenant à signaler à l’indulgence des lecteurs de la Revue quelques erreurs qui se sont glissées dans mon travail, erreurs qu’une étude plus approfondie des monuments et des textes m’ont amené à reconnaître.
P. 13. J’ai rapporté, d'après M. Borrell, que Pline est le seul auteur qui mentionne Appia. Ceci n’est pas exact. Il est question de cette ville une fois dans Polybe et plusieurs fois dans les Lettres de Cicéron.
P. 15. — Au lieu de Sévère Alexandre lisez Gordien.
C’est probablement Bruzus qui est désignée par Ploléméc (v. 2, 25) sous le nom de ApoüÇov.
La médaille n° 2 de Cadi a été mal lue ; elle appartient à Synnada et se trouve décrite dans Mionnet. La légende doit se lire . . .NAAGO. .
P. <7. — La médaille n° 3 a été décrite à tort par Mionnet, d’après Gusseme, à Cius de Bilhynie.
P. 23. — L’initiale du nom doit toujours être
un Z.
P. 25. — Sur le n” 2 de Laodicée le monogramme est composé des lettres K.PO au lieu de APXO.
P. 3i. — Après le mot TEKTOSArftN, ajoutez « ou TPOKMflN. »
P. 58. — L’attribution des médailles portant la légende A2TY, à Astyra de Rhodes, a été proposée par Borrell ; mais elle ne me paraît pas reposer sur des données suffisantes. Je me réserve d’examiner plus tard si cet endroit a pu avoir une numismatique differente de celle du reste de l’ile.
P. 80. — Le type des trois croissants, disposés en triquetra, n’est pas particulier à la Troade. Il se retrouve sur des petites pièces d’argent d’Athènes et de Mégare.
Voilà les principales erreurs matérielles dont je me suis aperçu dans le cours de mon travail. Je terminerai en appelant toute l’attention des numismatistes sur les séries impériales grecques dont on s’occupe peu depuis quelques années. Cette classe de médailles, quoique peu importante sous le rapport de l’art, a un grand intérêt archéologique. C'est sous les empereurs romains, et surtout sous les Antonins et leurs premiers successeurs, que le monde grec a joui du plus de tranquillité. Les esprits se tournaient vers les recherches historiques et mythologiques , et trouvaient dans les souvenirs du passé un dédommagement de la décadence politique et littéraire où la race grecque était peu à peu tombée. Aussi
Jes médailles de celte époque abondent-elles en représentations mythologiques, en indications géographiques, en souvenirs historiques. Sous ce rapport elles méritent toute l’attention des numismatistes et donnent la clé de bien des énigmes que les textes seuls ne suffisent pas à dévoiler.
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