PRÉFACE
La collection dont nous donnons la description est le fruit d’un long séjour en Orient. Ministre de Belgique à Constantinople, M. le baron Behr, amateur distingué et érudit, qui a publié en partie les résultats de ses savantes études dans une Histoire des temps héroïques de la Grèce , consacra les loisirs que lui laissaient ses fonctions diplomatiques à la recherche des médailles. Un séjour prolongé sur les terres classiques, de nombreuses excursions en Asie-Mineure, lui permirent de rassembler un des plus riches cabinets qui aient été formés depuis un certain nombre d’années.
Obligé, par suite des déplacements multipliés que lui imposait sa carrière publique, à se défaire de sa collection, M. le baron Behr a bien voulu s’adresser à moi pour en rédiger le Catalogue, en m’exprimant le désir qu’il pût y rester une trace durable de la réunion des monuments que ses voyages l’avaient mis à même de rassembler. C’est ce que nous avons tâché de faire autant qu’il était en notre pouvoir.
Le désir exprimé par M. le baron Behr nous permettait de ne pas nous contenter d’une simple description ; nous avons ajouté, à l’occasion des monnaies qui nous ont paru les plus intéressantes et qui soulevaient quelques questions controversées, des commentaires que nous avons tâché de rendre aussi brefs que possible, pour ne pas outrepasser les bornes que nous imposait la nature même de l’ouvrage. Nous espérons que ces commentaires pourront se lire avec un certain intérêt, et qu’on y trouvera quelques idées neuves. Plusieurs séries ont été pour nous l’objet d’un travail spécial ; nous signalerons entre autres les monnaies à légendes phéniciennes, pamphyliennes et sinaïtiques, et surtout la série monétaire de l’île de Cypre, où nous avons, à la suite de M. le duc de Luynes, tenté le déchiffrement de l’écriture bizarre, égyptio-phénicienne, qui jusqu’à la domination ptolémaïque régna dans cette île.
Mais ce qui nous paraît le plus nouveau dans notre Catalogue, ce sur quoi nous voudrions attirer l’attention et appeler le jugement des