N. 4. Télé dladéméc d'AIejtanir^. ^. AAEIANAPOY
Lîoa marchant,''^ 27* JR, 2, Méiiieg type» et même légende J^ 26, Mn 2» Même lêle, diadémée et perlant W coriw d'Ammon.
Ijb. Même légende et même type.'^'^ Aussi avec un bacrâne
pour signe. "^^
29. JR. 2, Même tête, couverte de la peau de lion* ^. Même légende et même type.*^^ .
30. M. 2. Même tête, avec la corne d^Ammon. l^r, AAEZAN-r- AP)f. Petit génie ailé monté sur un lion.^
3t. MA. Méine tête, casquée. Q-. BASIAEOI AAEHANAPOY.
Massue et carquois avec l'arc. ^^
Depuis le temps d'Eckhel leis n<«« 26-^30, à cause do la fabrique, de la forme des lettres, des types et du poids, ont été reconnus comme appartenant à une période bien postérieure à celle des monnaies d'Alexandre même.^ Ces pièces ont été frappées en commémoration d'Alexandre sous les empereurs romains, peut-être au même temps qu« les grandes pièces de bronze citées sous no32, puisque le même lion et les mêmes lettres du nom d'Alexandre s'y retrouvent S04ivent. Il doit en être de même de la^ pièce de bronze n» 31 qui pour la fa-
** Cadalvcnc Rec. p. 107, cfr Num. des rois gp. pi. XXIII, 17; Num. Cbroo. IIC p. 144.
'6 Mionn. ï p. 554 no 574.
"^^ Mionn. 1 p. 553 n» 573; Visconti Iconogr. gr. pi. XXXIX, 5; Num. des rois gr. pi. XVII, 4.
'8 Mïonn. S. IIÏ p. 223 no 403.
^0 Mionn. I p. 554 no 432; Visconti Iconogr. gr. pi. XXXIX, 3; Num. des rois gr.T)I.XVI, 13..
^ Mionn. I p. 554 no 575; Visconti Iconogr. gr. pi. XXXIX, 4.
8^ Dans le cabinet imp. de Vienne.
83 Eckhel Doclr. n. v. 11 p. 108, cfr Num. des rois gr. p. 29 et 31.
brique plate se * rattache aux précédentes et offre une tête d'Alexandre qui ressemble à plusieurs des suivantes.^ 32. iE. 8-4. AAEIANAPOY. Tête d'Alexandre couverte de la peau de lion, ou portant la corne d'Ammon, ou diadéniée, ou casquée, quelquefois aussi avec le paludamentum. ^VkOINON MAKEAONDN. Beaucoup de types différents. Avec des lettres variées dans le nom d'Alexandre, ainsi que des variations et des additions dans la légende au ^.^ ' Ces monnaies, à cause de leurs légendes, leurs types, leur style artistique et leur grandeur, sont à juste titre regardées comme frappées dans, la période des empereurs Romains, la plupart probablement sous Caracalla.^
Les monnaies traitées dans ce paragraphe ne seront mentionnées dans la suite qu'en passant; leurs signes ne se trouvent ^as sur les tables gravées.
Les imitations barbares des monnaies d'Alexandre n'entrent pas dans le^ plan de cet ouvrage.
S't j[}uelques-uncs des monnaies de bronze au type ordinaire d'Alexandre sont peut-être de cette période; ainsi dans Wilde Sel. numism. tab. 111 on en trouve deux sur lesquelles OY k la un du nom d'Alexandre sont contractés dans la forme postérieure, comme cela se voit souvent sur les monnaies sous n<» 32, l'une ayant le nom précédé de BA. Cfr Eckhcl Doctr. n. v. II p. 107. — La grande pièce d'argent citée par Eckhel (Doctr. n. v. p. 106} parmi celles d'Alexandre le Grand du cabinet de Vienne est d'un coin moderne, cfr Num. des rois gr. p. 32, col 1 en haut.
8* Mionn. I p. 554-562, S. 111 p. 223-31.
w V. Eckbel Doctr. n. v. lï p. 110-112.
ou souvent abrégée de celte manière. Un monofframine seul ou une seule lettre peut aussi être regardée comme signe principal d'une ville, car, comme on le sait, souvent sur les monnaies grecques une telle marque occupe Pun côté entier au lieu du type ordinaire.^ Quelquefois il se trouve sur la même pièce plusieurs monogrammes et letti-cs qui semblent indiquer des villes; par le $ suivant on verra que ceci doit être expliqué d'un monnayage fait en commun par plusieurs villes.
Aux deux exceptions citées près les noms écrits en entier sur les monnaies d'Alexandre sont ceux de personnes; ils se trouvent sur celles d'une période postérieure des villes de l'Asie Mineure occidentale et des villes pontiques dans le nord de la Thrace. Les lettres et les monogrammes doivent aussi pour la .plupart être regardés comme des abréviations de ces noms, de même que ceux qui se trouvent sur les monnaies autonomes. .Le§ 14 traitera des personnes désignées par ces noms et sigles et du rapport mutuel entre ces personnes où plusieurs sont Indiquées sur la même pièce. Sur la question, qunnd les initiales et les monogrammes doivent être regardés comme noms de villes, et quand comme noms de personnes, le § 20 offrira quelques observations.
Une lettre ou deux Ictlfes jointes doivent être quelquefois regardées comme lettres numérales, puisque sur des pièces appartenant selon la fabrique ou le signe au même atelier monétaire on trouve une suite de lettres qui forme une série de nombres, dans laquelle se rencontre aussi le stigma. Ce n'est que sur des télradrachmes frappés dans TAsie après le temps d'Alexandre qu'on peut affirmer avec certitude que de telles lettres indiquent des chiffres numéraux; elles sont ordi-
s p. c. sur des monnaies de Phocide^ de Zacynthc, de Paie en Céphalénie, d'Arcadte, de Maniinée, d'Aijifos, do Piilius, de Sicyon etc. La lettre JT était lUosigne sur les boucliers des Sicyonicns dans la i^ucrre. Xcnoph. Hist. IV p. 523 A (1625 fol.)
nairement placées devant la figure, rarement sous le trône, commaau n» 1144 suiv., ou à Texergue, comme aux n»» 1388-89. On trouve aussi des séries de signes numéraux puniques sur les monnaies frappées dans les villes de Phénicie, et sur les télradrachmos et sur les stalères. On ne peut guère douter que tous ces chiffres n'expriment des iiombres d'années, surtout comme sur quelques monnaies le mot punique désignant année est ajouté, et que dans la période après Alexandre ou voit souvent des années de différentes ères sur des monnaies de rois et de villes d'Asie.
Si quelquefois sur les monnaies frappées dans les grandes villes les lettres indiquent différents ateliers monétaires, ou sont des lettres d'émission désignant divers monnayages, voilà ce dont nous ne déciderons point.
Quelquefois des lettres ou monogrammes se trouvent au droit de la monnaie. Ceux-ci, étant placés à côté de la tête Cv. nos 109,214, 1271, 1277, 1366-67), doivent être regardés do la même manière que ceux au Ijb., parce que sur d^autres monnaies du même atelier ces mêmes signes se trouvent au ^. Sur Jes lettres placées sur la tête même, voy.Sl4fin*
Petits types.
Les petits types ou symboles, appelés accessoires, qui se trouvent sur les monnaies d'Alexandre doivent en général être regardés comme types des villes où les monnaies étaient frappées, car ils sont généralement les mêmes qui forment les types principaux des monnaies autonomes. Cependant de tels petits type& se rencontrent aussi sur les monnaies autonomes, où très souvent ils sont à regarder comme emblèmes Ccachets) de magistrats ou d'autres personnes employées au monnayage. II faut donc montrer que c'est de la manière susdite qu'on doit expliquer ceux sur les monnaies d'Alexandre.
Plusieurs de ces signes se trouvent ensemble avec les premiéres syllabes on les initiales da nom, ou avec le monogframme indiquant le nom de la ville pour laquelle le signe est le type monétaire ordinaire. C'est ainsi qu'on voit KOAO ajouté à la cithare, type de Colophon, EPY à la massue avec le carquois pour désigner Erythrée, IIPI au trident et au méandre pour Priéne, E<DE à l'abeille pour Ephése, THJ au canthare pour Téos, MYPI à une amphore pour Myrine, MY au trident uni à la bipenne pour Mylase, AP à la palme pour Aradus, PO à la fleur de bdiaustlon pour Rhodes. D'autres de ces signes, quoique n'étant accompagnés d'aucune indication de nom, sont des emblèmes connus de villes dans les pays auxquels la fabrique des monnaies est propre, de sorte quil n'y a aucun doute qu ils n'indiquent CCS villes, p. e. les deux chevaux à mi- corps réunis, symbole particulier à Périnthe, Arion sur le dauphin, représenté sur les monnaies de Méthymne, le vase à une anse de Cyme, lo sanglier ailé de Clazoméne, le sphinx avec l'amphoro, distinctifs pour Chios, le Méandre, signe d'une ville sur ce fleuve etc. Il faut encore observer que les mêmes petits types se rencontrent en grand nombre sur les monnaies des rois précédents et suivants de Macédoine, de sorte que quelques-uns se retrouvent sous la plupart de ces rois comme on le verra par la table, et tellement qu'ils se répèlent à côté des lettres et monogrammes variants qui peuvent être regardés comme signes de personnes; presque tous les petits types qu'on voit sur les monnaies des autres rois se retrouvent sur cellrs d'Alexandre. Ceci s'explique naturellement si Ton adopte qu'ils désignent des villes du royaume européo-macédonien, dans lesquelles on a battu monnaie pendant toute la période. Si on les explique comme signes de personnes, les magistrats ou fonctionnaires de monnaies, qui sous les autres rois se faisaient ainsi désigner sur les monnaies, auraient eu presque tous les mêmes emblèmes pour cachets, et les mêmes que ceux sous Alexandre le Grand; mais une telle supposition serait absurde. Il est d'ailleurs dans
la nature de la chose que de tels signes sur les monnaies des rois, frappées, comme toutes les circonstances le prouvent, dans différentes villes, doivent être expliqués autrement que sur des monnaies frappées dans la même ville. Sur les monnaies de la ligue achéenne tous les types accessoires désignent aussi des villes où la monnaie de la ligue fut frappée, et même sur les autonomes propres aux villes il y a souvent lieu de croire que ces signes indiquent d'autres villes, voyez ci-dessous p. 41-42 notes 12-13. i
Quelques-uns de ces signes indiquent pourtant plutôt des pays ou des provinces que des villes, comme ils forment les types demonnaies qui -portent les noms de plusieurs rois ou de peuples de provinces entières ou de diverses villes y situées; il y a donc toute raison de les regarder comme emblèmes nationaux. Tels sont le casque et le bouclier macédoniens, la bi« penne de Jupiter Carien, la palme, symbole de Phénicie, etc.
II existe enfin de petits types qui doivent être regardés comme emblèmes de S él eu eus Nicator^ et qui indiquent, que les monnaies ont été frappées sous sa domination. Peut-être
' De l'autre côté od ne saurait alléguer aucune raison qu^un tel signe soit celui d'une personne. Sur les monnaies de villes grecques où l'on voit un sym* bole accessoire ensemble avec un nom de magistrat, le premier offre quelquefois une allusion au dernier et peut être regardé comme emblème ou cachet de la personne désignée par le nom, p. e. sur des monnaies d'argent d^Athènes (v. Arneth Wiener Jahrb. LXXXIt, 1838 Anzeigebl.), de ïarente (v. Fiorello Alcune moncte rare di città greche 1843) et de Naples (v. Raoul-Rochette Lettre sur les graveurs des monn. gr. p<33), ce qui se trouve analogue au rapport qui sur les monnaies de familles romaines et sur les pierres gravées a souvent lieu entre la représentation et le nom. Mais sur les monnaies d'Alexandre on ne saurait indiquer un tel rapport entre le* petit type et le nom; le premier est ordinairement constant, tandis que les noms, ou les lettres et monogrammes qui les expriment, varient. Nous n'avons trouvé qu'un seul exemple; au no 1527 la grappe peut former une allusion au nom Silénos, probablement exprimé par 21AH\ mais comme la grappe se répète sur une suite de monnaies qui ont d^autres monogrammes variants, cette conformité doit être regardée comme accidentelle.
2 ¥• no 1485 suiv.
Irouve-t-oti aussi le symbole de Lysimnqite sur les monnaie« d'Alexandre. ^
Ces signes sont le phis souvent placés devant la figure, mais quelquefois aussi sous le trône de Jupiter, à Texergue ou derrière la figure, sur quelques statéres même au droit (voyez no«8 et 299). Cette diflféronce do la place ne peut cependant en motiver une explication difTérentc; la preuve en est qu'ac* compagnes du même signe de personne ils se trouvent tantôt à l'une place, tantôt à l'autre, voyez nos 9- 10, 91-93, 129-30, 159-62, 165-68 etc.
Souvent on trouve deux petits types ou symboles sur la même monnaie. L*un de ces types peut quelquefois être re^ gardé comme supplément de l'autre, de manière qu'ils sont joints pour indiquer ensemble la ville où était l'atelier monétaire. Il en est ainsi de quelques signes qu'on trouve réunis sur les monnaies frappées dans une période postérieure dans PAsie Mineure, v. p. e. no. 933, 935, 969-971, 982, 1030, 1069-72, 1153. Mais le plus souvent plusieurs types placés sur In même monnaie ne peuvent se rapporter à la même ville, et il faut donc les regarder comme signes de diflférentes villes qui ont frappé monnaie en alliance.
Il est connu que dans différents pays et à différentes époques des villes grecques ont battu monnaie en commun.^ Avant la période dont nous parlons en ce lieu il en était ainsi de diverses villes dans les pays rassemblés plus tard sous la domination macédonienne. Il existe ainsi une monnaie d'argent ayant au droit le nom d'Abdère avec un griffon, et au ^. le nom d*Amphipolis avec un poisson^, et d'au-
3 V. no 348 suiv.
^ Une liste de telles villes a été donnée par Eckbel dans Doctr. u. v. IV p. 333*335 et par Mionnet Suppl. IX p. 177-180. Dans le suivant on trouvera un supplément à cette liste.
* Cat. do la coll. de Welzl de Wellcnheini n» 1964, cfr Cadolvene Recueil du m^d. gr. pi. î, 3.
Ires au même droit qui d'après les types au ^., par analogie avec la pièce citée, doivent être regardées comme frappées par Abdère conjointement avec Dicée, avec Cardie^ et avec Samotliraca"^, puis une pièce d'argent qui indique un monnayage entrepris par cette île en commun avec Maronéc^. On nombre de villes de Chalcidique qui, au temps que Philippe 11 conquit cette péninsule, formaient une ligue puissante à laquelle présidait Olynlhe, frappèrent monnaie en commun; on le voit par les nombreuses monnaies d'argent au nom des Chalcidiens^, dont il y a une ayant au droit le nom d'Olynthe à coté de la tête d'Apollon, au Q*. le nom des Chalcidiens et la cilbare^^. Une monnaie d*or aux types de Crénides, mais au nom des Thasiens ^^, montre que Thasos frappait monnaie dans cette ville (plus lard appelée Philippes) ou conjointement avec elle. II y a lieu de supposer que les villes de la Chersonése de Thrace , frappaient monnaie en commun *2, et qu'en général les types
^ La première ayant une (éle de bœuf, la seconde un lion debout au Qr., toutes deux publiées par Sestini l^ctt. VII p. 10.
^ Avec la tétc de bélier au I):., Cadalvene Rec. pi. I, 2.
8 iMionn.ï p. 388 no 153.
^ Ces monnaies qui auparavant ont été à tort classées à Chalcis en Eubée^ sont aujourd'hui généralement rapportées à Chalcis en Alacédoine; mais il n'existait point de ville macédonienne de ce nom (cfr Gôlting. Gel. Anz. 1833 nos 127-128, Leake N'umism. hell. 3me partie p. 33). La monnaie publiée par Cadalvene et Mlllingen (v. la note suiv.), ayant le nom d'Olynthe au droit, prouve qu'elles appartiennent à la ligue chalcidique composée de 32 villes. Sur cette ligue voy. surtout Bœhnecke Forsch. auf dem Gebiete der att. Redner p. 153 suiv.
10 V. Cadalvene 1. c. pi. 1, 28; Millingen Sylloge pi. I, 21.
»» Eckhel Doctr. n. v. II p. 53; Mionn.'S. Il pi. VIII, 5. Sur la liaison de Thasos avec Crénides, cfr Diodore XVI, 3.
^^ 11 est probable qu'un didrachme ayant au droit la tête de Alinervc et XKP, nu 1^. Un lion , la tétc retournée et l'une jambe de devant levée (publié p. Dumersan dans cat. du cab. Allier pl. IV, 3-5, Mionn. S. II p. 524 no 13), et de même les trioboles sans nom qui se rencontrent fréquemment, ayant au droit la partie antéiieure du même lion, nu 1^. un champ divisé en quatre parties avec différents signes, ont été émis dans la Chersonése de Thrace, en sorte que les petits types qui se voient au I^. désignent des villes de la péninsule et de la côte voisine de Thrace qui ont frappé ces monnaies en-
accessoires sur les autonomes des villes situées sur les côtes septentrionales de la mer Egée soient à regarder comme signes d'autres villes, avec lesquelles ou pour lesquelles les monnaies sont frappées par la ville à laquelle appartiennent le nom et le type principal. ^^ En Thessalie Phéres frBppait monnaie conjointement avec Atrax, Argissa, les Athamanes et Castanea, ce qu'on peut conclure des pièces d'argent qui portent les ini-
semble. Ces petites pièces d'argent, auparavant attribuées aux Léontins en Sicile, ont été plus tard classées à Cardie (d'après Sestini Lett. nuro. I p. 219, lit p. 178) et enfin à une ville, Cherronésos sur la Chcrsonèse de Tbrace, Mais une ville de ce nom n'est citée que par des auteurs de beaucoup postérieurs (Steph. Byz., Suidas et le Schol. d^Aristophane) et est inconnue dans l'histoire; il est donc peu vraisemblable que ces nombreuses pièces d'argent de différentes périodes et offrant beaucoup de signes divers y aient été frappées. Les petits types au I^. de ces monnaies correspondent aux types principaux sur les monnaies des villes de la Chersonèse et de la Thrace voisine , ou se trouvent comme signes sur des monnaies de Philippe II, d'Alexandre le Grand et de Lysimaque qui par d^autres raisons doivent être rapportées à ces contrées. Les villes de la Chersonèse de Thrace, qui xorr' i^o^riv fut appelée ^ Xi{}c6yvicoç ÇjàiX. Xê^^oytiaoç') , doivent suivant les rapport historiques avoir été liées entre elles et avec d'autres villes de la Thrace méridionale. On voit par le discours de Démosthène De Corona p. 256t57, que Sestos, Eléos, Madytos et Alopeconésos avaient un sénat commun. U est en analogie avec les monnaies ci-dessus citées des villes de la péninsule chalcidique de supposer,^ que ces monnaies ont été frappées par les villes de la péninsule thrace. Les monnaies de bronze ayant au ^. le nom de Cherronésos et un grain, symbole de cette presqu^lle fertile en blé, peuvent s'expliquer de la même manière. Cfr Leake Numism. hell. lit partie p. 3'^.
^3 Lorsqu'on examine les symboles accessoires des monnaies d'Acanthe, d'Amphipolis, de Trsiium de Philippes, de Thasos, d^Abdère, de Maronée, d'iEnos et de Cypsela, en trouvera qu^jls sont communs à un plus ou moins grand nombre de ces villes, surtout à celles qui étaient le plus rapprochées entre elles, et que la plupart se retrouvent sur les monnaies de Philippe II, d'Alexandre le Grand et de Lysimaque lesquelles par diverses raisons il faut regarder comme frappées dans les mêmes pays; une grande partie de ces symboles sont aussi les types monétaires des villes y appartenantes. Sur une des pièces d^argent de Philippes on trouve HPA ensemble avec une massue (Blionn. 1 p. 486 no 274 ; S. III pi. VIII, 5); ces lettres peuvent désigner le nom d^Héraclée Sintique, v. plus bas §22 no 134 suiv. Sur la monnaie frappée a Crénides au nom des Thasiens, citée plus haut (v. note 11), le petit symbole y ajouté, une amphore, est précisément le type des Thasiens.
tiàles du nom de Phères ensemble avec celles d'un des autres noms.^^ Aussi des villes phocidiennes, béoliennes et eubéennes battaient monnaie en alliance, comme on le voit par les monnaies qui portent les types communs ou noms communs de ces peuples. Egalement en Asie, et, dans la période précédente et dans la suivante, des monnaies autonomes furent frappées par diverses villes alliées, comme par Calcédon et Byzance^^, par Clazoméne et Samos^^, par Ephése et Lacdicée^"^, par des villes lyciennes^^9 probablement aussi par des villes cilicicnnes^^ et phéniciennes^.
L'analogie qu'offrent les monnaies impériales grecques fait conclure que non seulement les monnaies autonomes, mais encore les royales ont été frappées par plusieurs villes conjointement. Sous Philippe II, sous Alexandre le Grand et dans la période qui succédait, les villes se trouvaient presque dans le même rapport aux rois que plus tard aux empereurs de Rome; les monnaies du royaume macédonien, portant le' type de la ville ou les initiales de son nom, ou tous deux ensemble, ajoutés aux types et au nom du roi, peuvent ainsi être comparées aux monnaies de l'empire romain qui ont d'un côté le type et le nom de la ville, de l'autre la tête et le nom de Tempereur. Mais il est connu que la plupart des monnaies nommées numt concordiœ sont de l'époque impériale. Les monnaies dites des colonies corinthiennes^^ et leS' cistophores de l'Asie
^^ V. Duchalai.s dans Revue numism. franc. 1853 p. 255 suiv. Si AT sur la première pièce signifie Tanagra en Béotie, comme on a supposé autrefois, ceci servirait d'exemple que des villes de Thessalie et de Béotie ont aussi frappé monnaie, en commun.
« Mionn. I p. 377 no3 85-86 et 92. i« V. Numism. Chron. VU, p. 76.
17 Mionn. suppi. Vil p. 583 no 437.
1^ V. Koner dans Beitr. zur ait. Mûnzkunde von Pinder u. FriedlSnder 6. I H. 1 p. 109.
1' V. H. de Luynes Numism. des Satrapies pi. XI.
^® V. Judas Etude dem. de la langue phcnic. p. 109 suiv. pi. II, 2-3.
^^ Au nombre de celles-ci sont des pièces qui au f^. sous le Pégase ont le signe de Corinthe, le Coppa, au droit derrière la tête de Minerve le type de
Minouro^ confirment, qu'en mettant deux signes accessoires sur la même monnaie on a voulu désigner un monnayage entrepris par deux villes.^
' Lorsqu'on examine les petits types réunis sur les monnaies d'Alexandre, on trouvera quelquefois des paires désignant précisément les mêmes villes qui, d'après ce qui précède, doivent être regardées coiiim.e ayant battu des monnaies autonomes en commun. Nous avons cité des exemples de monnaies frappées par Abdére avec Amphipolis et avec Samothrace; sur la pièce d'Alexandre no 75 on voit les signes d'Abdère et d'Amphipolis, sur les no* 291-92 ceux d'Abdère et de Samothrace joints ensemble. Sur une autonome d'Amphipolis un trépied est ajouté comme symbole accessoire au flambeau de course, sur une autre de Philippes un flambeau de course comme symbole accessoire au trépied; sur la pièce n» 43 de Philippe II et sur le n« 59 d'Alexandre on trouve le flambeau de course et le trépied ensemble. Le no 1023 porte le symbole d*Ephèse avec celui de Laodicée, de même que la monnaie autonome citée ^ porte les noms des deux villes. Il faut encore remarquer que les petits types qui se trouvent réunis sur les monnaies d'Alexandre désignent pour la plupart, comme on le
Sicyon, la Chimère ou une colombe dans une couronne de laurier; d'autres, ayant le monogramme d'Anactorium au Qr. , ont au droit 2i dans une couronne de laurier, qui est aussi le type monétaire deSicyon; d'autres, ayant le sifrne de Corinthc ou de Thyrreuni au I):., ont au droit le sanglier, signe d'une ville ètolienne etc.
^' On trouve p. e. sur quelques cistophores les initiales d'Ëphèse avec un lierracs de Priape, symbole de Lampsaque, ou un bâton d'Esculape, symbole de Cos; sur d^autres le monogramme de Traites avec Tamphore caractéristique pour Myrhine, qui indique aussi cette ville sur les monnaies d'Alexandre, ou un bison sur un méandre, type d'Antioche située près du Méandre etc. Cfr Dumersan dans Numism. Chron. IX p. 3 suiv.
^^ M. F. Lenormant croit aussi que plusieurs signes réunis sur les monnaies des Lagides indiquent une alliance monétaire entre plusieurs villes v. Revue numism. franç^ 1854 p. 37-38.
-f Note 17, d'un temps postérieur; il en est de même du tétradrachme d^ Alexandre.
verra par la suite, des villes de la partie de Grèce soumise À la domination macédonienne; mais il a été montré plus haut qiie dans cette . partie précisément les cités libres avaient Trappe monnaie en commun, et dans la suite il sera développé que probablement elles ont continué en frappant d^es pièces d^or et d'argent à Tempreinte du roi de Macédoine. Enfin, on trouvera que^deux signes de villes se trouvant ensemble sur la même pièce désignent ordinairement, pourvu qu*on puisse les déterminer, des villes de la même contrée ou de provinces voisines, QU qui, étant plus éloignées l'une de Taulrc, se trouvaient en liaison par les grandes routes commerciales ou en rapport de commerce comme villes maritimes. 11 est vrai que quelquefois on trouve des signes réunis qui semblent indiquer des villes pour lesquelles il est difficile d'expliquer les motifs d'une alliance monétaire. Mais il existe aussi des monnaies du temps des empereurs qui d'après les légendes ont été frappées par des villes très éloignées Tune de rautre'^^ et entre lesquelles aucune liaison ne nous est d'ailleurs connue.
Quant au but d'un tel monnayage commun, il faut en juger difi'éremment d'après les différentes époques où il à été entrepris. Quand les villes libres frappaient monnaie en commun, c'était une conséquence naturelle d'alliances faites pour lu défense mutuelle, de liaisons commerciales, d'un culte commun ou d'une bonne intelligence en général ^, et le but en était probablement de donner un cours plus répandu à la monnaie et d'économiser sur les frais du pionnayage. Les monnaies d'Alexandre frappées par diverses cités ensemble à l'époque où ces pièces avaient cessé d'être la monnaie du gouvernement,
-* P. e. par Périnthe conjointement avec Epliëse et Smyrne, par Athènes avec Smyrne et Tarante, par Sparte avec Smyrne, Sagalassus et Selge en Pisidie (cfr Eckhel Doctr. n. v. 111 p. 22), par Milet avec Amisus, ville de Pont, par Alexandrie en Egypte avec Ephèse et Samoa. Y. Eckhel et Mionnet 1. c note 4,
2« Cfr Eckhel Doctr. n. v. IV p. 338-339.
c. à d. après Tan 306 par les villes de Thrace et d'Asie, doivent être regardées comme émises dans le même but que les autonomes avec lesquelles on peut les paralléliscr; une autre -ville prenant part au monnayage, les frais devenaient moins considérables^, et le type ajouté ouvrait à la monnaie un'e libre circulation dans Pautre ville et par-là un champ plus étendu. Mais pour ce qui regarde rémission en commun des pièces d'Alexandre par des villes soumises à Tépoque où cette monnaie était celle du gouvernement royal, le but ne pouvait être celui de procurer un meilleur cours à la monnaie déjà suffisamment autorisée; le monnayage commun semble donc avoir été continué seulement pour faire des économies de frais, ou pour conserver une ancienne coutume ou un ancien droit. '^
Autres signes.
Une couronne se trouve sur les monnaies d'Alexandre, non seulement isolée, auquel cas il faut la ranger au nombre des autres petits types de villes, mais aussi renfermant une lettre ou un monogramme qui peuvent désigner des personnes;
^ Dans rantiquité ces frais ont dû être beaucoup plus grands que dans le temps moderne, soit à défaut de connaissances techniques, soit par suite de la qualité même des monnaies dont le relief fort, qui faisait que le même coin ne pouvait sufGre à un ^lonnpya^re considérable, rendait nécessaire nn plus grand nombre de coins. 11 est connu que ce n'est que rarement qu'on trouve plusieurs monnaies grecques frappées au même coin.
^^ Eckhel supposa que sous la -domination romaine c'était surtout la participation au culte attaché à quelque temple célèbre ou aux fêtes et jeurqui en étaient inséparables, qui fut cause du monnayage en commun, surtout entre des villes éloignées, et que le but en était de subvenir aux frais occasionnés par ces solennités religieuses (Doctr. n. v. IV p. 339: causa, finis); c'est à une cause et à un but pareils qu'il attribue le fait que les pièces d'Alexandre le Grand furent battues dans PAsie Mineure (Doctr. n. v. Il p. 104). Mais rien dans les monnaies de Philippe ou d^Alexandrc ne parle en faveur d^une telle conjecture.
il s*é|ève aloi^s la question, quelle signification il faut attribuer à la couronne, et quel est le rapport qui a lieu entre elle et le signe qu'elle renferme. Il est connu qu'une couronne se voit comme type ou comme partie du type principal sur un grand nombre de monnaies autonomes de la période macédonienne, tellement qu'elle entouré le type de la ville, son nom, son monogramme ou l'initiale de son nom, quelquefois aussi le nom, le monogramme ou Tinitiale d'un magistrat; il faut la considérer tantôt comme un attribut de la divinité de la ville (quelquefois en même tomps avec allusion aux jeux sacres), tantôt comme une couronne civique, nommément la couronne d'or que les villes autonomes décernaient en signe d'honneur à d'autres villes ou à des personnes ^ Sur les monnaies d'Alexandre, lorsque la couronne entoure le petit type de ville, ce qui se rencontre rarement (voy. no« 64-65, 950 et 1298), il faut la regarder comme un supplément peu essentiel au type, ainsi que souvent sur les monnaies autonomes. Lors- ' qu'une lettre ou un monogramme qui semble indiquer une personne est placé dans la couronne, celle-ci peut être considérée comme un prix d'honneur accordé au personnage désigné. De cette manière on peut expliquer la couronne sur les n»» 88, 103, 276, 348-49, 709suiv., 769, 883, 1480 etc.; les mêmes initiales qui sont entourées de la couronne sur les n<» 88 et 103 se trouvent sans elle sur les no» 89-90 et 110 (cfr Philippe II no« 56-57). On voit cependant sur les monnaies de bronze connues de Sicyon et de Phocide, que la couronne de laurier d*Apollon, au lieu de Tcmblème ou Tinitiale de la ville ou du peuple qu'elle entoure ordinairement, renferme quelquefois une ou plusieurs lettres ou un monogramme désignant un magistrat, ce qui prouve que la couronne peut être regardée comme symbole
^ Sur cette signification de la couronne sur les monnaies grecques, v, Baoul- Rochrlte Sur la numismatique Tarcnline, dans Mém. de numism. et d^antiqu. p. 240-246.
(fone ville iors même qu'elle renrerme lo nom d*iin ipcrgi^trai; on peul la considérer ainsi sur le n» 553 suiv. (cfr Philippe II n«227 suHr»), Les initiales placées dans la couronne ne sem>ble^t pas sor les monnaies d*Alexandre exprimer le npm de la ville dont la couronne est la symbole.
Un cercle qui sur un assez grand nombre de pièces renferme Ip signe semble le plus souvent n*en élrc que le cadre.. Il en est ainsi non seulement où il entoure le petit, type do ville, comme aux m* 143, 153, 346 et 949, mais aussi où il renferme les initiales ou le monogramme d'an magistrat p. e. aux n^ 247-48 ^ et au n» 773 \ Quelquefois le cercle qui entoure un monogramme repose sur un trait horizontal comme sur une base, V. n» 1589 suiv."*; d^autres fois ce cadre ressemble à un pordon dont les bouts sont visibles au bas, p. e. au n» 1495. Cependant un cercle renfermant une lettre peut aussi être la lettre O, comme au no 403 suiv. d'Odessa; quelquefois on ne saurait décider si O doit être regardé comme un simple cadre ou comme la lettre.
On trouve assez souvent sur les monnaies d'Alexandre de petits globules ou des points, soit placés seuls, p.e. sur Iq no 1282, soit ajoutés au symbole de la ville, v. po» 277, 548-49 cl 730, ou aux initiales de In ville, v. no 1339 suiv., ou aux initiales et aux monogrammes de personnes, de sorte qu'ils sont tantôt placés a côlc des lettres, v. nos 838 et 1169, tantôt dans les lettres mêmes, v. n»» 515, 542 suiv., 667 suiv. et 709 suiv. De tels globules ne se rencontrent pas rarement sur les monnaies grecques^ et ne peuvent en indiquer la valeur con^me leur
9 Cfr no 249, où Ti se trouvç sans lo cercle avec le même signe de ville»
3 Cfr no 772 avec les mêmes deux monogrammes. ME sur le no 774, réuni au même monogramme qui est placé, sous le siège, se rencontre sur les monnaies de bronze au nom d^Alexandre décrites § 5 no 6 et se trouve sur celles-ci tantôt dans un cercle^ tantôt sans cercle.
^ Sur les nos précédents le même monogramme se trouve dans un simple cercle.
^ Ainsi déjà sur 1rs anciennes pièces d^argent d^MgtB frappées probablement par les rois de Macédoine, qui ont pour type une chèvre agenouillée.
nombre varié ne se trouve pas en rapport au poids de 1» pièce. • Sur les moiuiaics de- Philippe II et des rois suivants de Macédoine ils sont ajoutés aux symboles et aux lettres d'une manière semblable. Il faut donc les prendre pour des signes regardant l'i
ni.
Temps. Lieo. Autorité.
La fabrication des monnaies d^Alexandre le Grand a été
continuée après sa mort.
" A la mort d'Alexandre les généraux à Babylone revêtirent son demi-frére infirme Philippe Arrhidée de la dignité royale, et Roxane, épouse d*AIcxandre, ayant quelques mois après mis au monde un fils, celui-ci Tut aussi proclamé roi sous le nom d'Alexandre. On ne saurait décider si le gouvernement Tut administré au nom des deux rois ou au nom de Philippe seul; cependant il est probable qu'Alexandre ait été regardé comme co-régent de Philippe ^ et dès la mort de celui-ci en 317 jus-
^ Le jeune Alexandre, après le second partajrc des provinces à Triparadisc en 321 , Tut rois ainsi que Philippe sous la surveillance d'Antipater, régent de Tempire, qui le conduisit en Macédoine et qui à sa mort confia sa défense à Polysperchon qu'il avait élu pour lui succéder dans l'adminislration. Olympias, chargée de son éducation, fut bien obligée de céder' pour peu de temps au pnrti de Philippe; mais lorsque, soutenue par Polysperchon et par le roi d^Epire, elle était entrée en Macédoine à la tête d'une armée en 317, l'armée de Philippe se déclara en Tavcur du fils du grand conquérant comme roi légitime. Dans la chronographie de Syncellus il est dit par Dexippns, qu^après la mort d^Alexandre Philippe Arrhidée régnait sur les Macédoniens conjointement avec Alexandre, fils de Roxane C^ft^idaloç , . , , ^(j^i Maxé(foy(t)y,.,.aév*Aké^dyd(i(p ix^Po^dyij;'), et qu'ils partageaient la domination entre eux (. . . . diaiçovuTn^ rr^y '^ytjuoyiny Maxiddyaty.. . .)• ^* script, hist. Byz. éd. Niebuhr I p. 503 (p. 264). Cfr M. Lenormant dans Numism. des rois gr. p. 34.
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311 il
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Comme
il ï
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taux
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de Pliilippe CArrhirfce),
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tout lieu de croire
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en eût été donné par Antigonus.^ Les monnaies que nous possédons en grand nombre de Cassandre, de Lysimaque, d'Antigonus, de Démétrius Poliorcète, de Séleucus et de Ptolémée, ne peuvent être rapportées à crt interrègne par la raison qu'elles ont presque toutes le titre de roi ajouté aux noms^; on ne peut cependant douter que les Diadoches n'aient battu monnaie pendant ces années, puisque la paie des grandes armées pendant les guerres continuelles rendait nécessaire un monnayage sans interruption. La grande monarchie macédonienne pouvant être regardée comme existant et les Diddoches n*élant en réalité que les gouverneurs des différentes parties de l'empire jusqu'à In nomination d'un nouveau roi, il est vraisemblable que la monnaie de la monarchie fût frappée au nom de son grand fondateur ou, ce qui était la même chose, que Von continua de frapper la même monnaie, celle qui avait été battue pendant les dernières années sous le jeune Alexandre ay^int été identique avec celle d'Alexandre le Grand.
Les suites de nombres d'années qui se trouvent sur les monnaies d'Alexandre C^. § 6) se montent sur celles de TAsie Mineure à 33, sur celles de Phénicie à 76. Elles prouvent ainsi que ces monnaies furent battues en Asie non seulement au-delà du règne de 13 ans d'Alexandre, mais même après que ses successeurs eussent pris le titre de roi.
Les noms et signes ajoutés nous mènent aussi bien plus
^ Par Ptolémée probablement pas avant 305; v. Droysen Gesch. der Nachfolger Alexanders p. 461 note, Pinder Beitr. zur ait. MÛnzkunde Vol. I partie 1 p. 196, 199 et 20.1.
^ Il existe seulement trois pièce» de bronze de Cassandre (récemment publiées par M. Leoke Kumism. hellen. p. 4), deux tétradrachmes de Démétrius (Kun à Paris, publié par Cousinéry Voy. I pi. IV, Tautre dans la collection de M. de Prokesch) et un statcre de Ptolémée (frappé à Cyrène, v. Revue nom, Tranç. 1844 p. 325 et Pinder 1. c. p. 215-16 tab. VIII, 5) sans titre de roi. Par un l statère de Ptolémée (Pinder 1. c. tab. VIII, 6 p. 211), sur le(|uel le titre de roi n^est pas ajouté quoique la tête porte le diadème royal, on voit ccpen* dant que ces pièces peuvent avoir été frappées ^après 306, le titre do roi ayant été omis comme souvent sur les monnaies d'Alexandre.
nvant dans le temps après le règne d'Alexflndrc. Il se trouva ainsi des noms de villes qui n'avsieni pas èlè sujettes à Alexandre, telles qu'Odessa et Méscmbrie, et des types qu'il faut expliquer comme ceux' de villes qui ne ruri'nl Tondées que sous les successeurs p. e. de Lysinrachie, d'Alexandrie Troade, et d'autres.^ On rencontre l'emblème de Séleucus et probablement
et des monnaies de Philclére sous ses successeors dans le royaume de Pergame.
Des numismalisles d'une époque plus reculée regardaient les chiffres sur les monnaies d^Alexandre' comme indiquant les années de son régne, et lui attribuaient par cette raison un régne plus long que les anciens auteurs. ^'*^ Pellerin présumait que les chiffres désignaient les années d'une ère qui commençait par le régne d'Alexandre, et que par conséquent les monnaies dont les chiffres montaient au-delà de 13 étaient frappées après sa mort.^^ Eckhel ne voulut pas reconfiailre les chiffres comme années d'une ère, en Taisant observer que sur d'autres monnaies grecques se trouvent aussi des chiffres qu'on ne saurait regarder comme indiquant des années, et des lettres jointes d'une signiGcalion inexplicable; il n'admettait pas que des monnaies d'Alexandre fussent frappées après sa mort. Les raisons alléguées par cet illustre savant^^ se trouvent réfutées dans ce qui précède et dans ce qui suivra. Dans le dernier temps les numismalisles s'accordent à supposer qu'une partie des monnaies d'Alexandre ait été frappée après .son régne. ^^
Par quelle autorité les monnaies d'Alexandre ont-elles été frappées pendant son règne et jusqu'en 306 ?
De ce qui a été exposé plus haut (§ 6-7) relativement aux signes .sur les monnaies d'Alexandre il s'ensuit que ces monnaies ne sont pas sorties d'un ou de plusieurs ateliers prin-
^^ Par cette raison Harduin conclut qu'Alexandre avait régné 30 ans, et Panel
qu'il en avait régné au moins 34.
W Rois p. 18 suiv., Wél. I p. 117-18. " Doctr. n, vet. Il p. 104-5. 1^ Cadalvène Rec. p. 110 et p. 260. Cousinéry Voy. en Macéd.I p. 452 suiv.
Millingen Ancient coins p. 45. Birch Num. Chron. III p. 145. Lenormant
Nuro. des rois gr. p. 28 et p. 32 ad pi XVII, 19. Pinder Beitr. zur filt. MOnzk.
Vol. I partie 1 p. 199, 220 et aill. Newton Num. Chron. XVI p. 37. Lcake
Numism. hellen. p. 4.'
cipailx, mais qu'elles ont été frappées dans beaucoup de villes de pays divers. La conslitulion politique des villes et leurs rapports au roi de Macédoine étaient très différents. Il se présente donc tes questions, si les monnaies d*AIexandre ont été frappées dans les villes d'une constitution quelconque, même dans les autonomes, et si elles ont été émises par le gouvernement royal seul ou aussi par la magistrature communale. La recherche suivante sur les villes et pays auxquels les monnaies doivent être attribuées dépend en quelque sorte de la réponse à ces questions. Comme, d'après le § précédent, les monnaies d'Alexandre doivent être regardées comme celles du gouvernement macédonien pendant l'époque depuis sa mort jusqu'en 306 aussi bien que de son vivant, ces deux périodes peuvent être considérées ensemble.
On ne saurait douter que maintes villes n'aient été directement soumises au gouvernement macédonien, de sorte que l'administration en ait été entre les mains des magistrats institués par le gouvernement. Dans ce nombre il faut ranger des villes non seulement dans la partie de la Macédoine qui avait formé l'ancien royaume, mais encore dans les pays que Philippe II avait soumis par la force des armes, puisque ce roi, d'après les relations des anciens auteurs, traitait en maître absolu ces pays et y fondait lui-même des villes.^ Il faut y ajouter les villes perses et autres villes barbares de l'Asie qui auparavant avaient été gouvernées avec un despotisme oriental et furent occupées par Alexandre, ainsi que les nouvelles villes qui en grand nombre furent fondées surtout dans la partie orientale de l'Asie et en Egypte. Dans toutes ces villes le monnayage aura donc été administré par le magistrat macédonfen. D'autres villes sous la domination macédonienne, quoique payant tribut et forcées de fournir un contingent de guerre, conservaient probablement la forme de leur ancienne constitution démocratique et avaient l'administration de leurs pro-
^ V. Append. § 3.
près affaires si même peut-être le magistrat supérieur était nommé par le roi. C'est dans cette position que se trouvaient, à ce qu'il semble, une grande pitrlie des villes dans la Grèce, même dans la Macédoine. Dans l'ancien royaume macédonien le roi n'était pas absolu; la noblesse et le peuple avaient leurs droits à eux^; on voit par les monnaies macédoniennes d'une période plus reculée qu'il y avait des cités et des communes qui battaient monnaie elles-mêmes.^ Aussi dans les pays que Philippe réunit i la Macédoine il se trouvait partout des peuples et des villes qui avaient eu une constitution- indépendante et battu monnaie à leur propre empreinte. Plusieurs de ces villes ne furent pas privées de leur autonomie, quelques-unes furent même spécialement favorisées de Philippe^, et il y a tout lieu de croire que sous Alexandre aucun changement essentiel n'a été opéré dans le rapport des villes au gouvernement macédonien. Il est donc probable que non seulement dans la partie de la Macédoine qui formait rancien royaume, mats encore dans
^ Cfr Flathe Geschichte Macédoniens I p. 43-44.
^ 11 existe plusieurs monnaies de ^ancienne Macédoine qui portent le nom du peuple, p. e. celles des Orescii et des Lctjei, et d^autres encore qui, quoique sans nom, semblent néanmoins frappées par les villes et non parles rois, cfr §18. ^
^ Amphipolis étant tombé entre les mains de Philippe, ce ne furent, selon Diodore (XVI, 8), que ses ennemis et les traîtres qu'il bannit, mais il traita la ville avec clémence. Crénides, qui fut nommé diaprés Philippe, semble en même temps avoir obtenu des privilèges spéciaux, v. note 6. Cardia' ayant été d^abord libre allié de Philippe ne fut sans doute pas entièrement privée de son autonomie Phères' conserva pendant quelque temps sa constitution libre, v. append. § 3. Quoique Philippe dominât absolument la Thessalie et changeât la constitution du pays (v. append; § 3), l'histoire des temps suivants prouve néanmoins que les Thessiiliens n'avaient pas perdu toute autonomie, car il est rapporté qu^à son avènement au trône Alexandre leur conGrma les droits et privilèges que Philippe leur avait accordés, et plus tard ils sont nommés alliés des Macédoniens comme d'autres peuples indépendants, cfr le § suiv, note 2. En général, dans les villes sous les rois suivants de Macédoine (et encore dans la période romaine) on trouve souvent et un sénat et une assemblée du peuple (*t] nôhç^ 6 à'rj/noç, t6 xo&vov) qui prenaient des résolutions. Cfr Hoffmann Griechenland und die Gr. im Altcrth.I p. 131-132.
les pays de Grèce sur lesquels s'étendait la domination macé» donienne, plusieurs communes et-villes aient continué à Trapper monnaie dans leurs propres ateliers et par leurs propres magistrats. Cependant cette monnaie n'aura pas été en général la monnaie autonome d'autrefois, mais celle dujoi de Macédoine,^ surtout pour ce qui regarde les monnaies d'or et d'argent; on peut le conclure de ce que des monnaies autonomes d'or ne se trouvent presque point des villes de Macédoine, de Thrace et de Thessalie'\ tandis qu'il y a en grand nombre des statéres de Philippe et d'Alexandre avec des signes y appartenants, et que les monnaies d'argent que nous possédons de peuples et de villes de ces pays sont presque toutes, vu la qualité de l'empreinte, antérieures à l'époque de Philippe et d'Alexandre.*»
Lorsqu'on examine lés monnaies d'Alexandre on trouvera aussi que les signes engagent à supposer que quelques-
^ On ne connaît qu'une seule monnaie d'or d^iEnus qui semble antérieure à Philippe (v. Num. Ciiron. III p. 106J, une des Thasieus (v. p. 41 note 11) et une de Philippes (v. la note suivante).
^ Celles de Philippes en font exception, comme il existe des monnaies d*or et d'arorcnt offrant le type particulier à cette ville et le nom qui lui avait été donné par Philippe. Le monnayage de telles pièces doit être regardé comme une faveur spéciale accordée â cette ville et n'a peut-^tre eu lieu que pour un certain temps comme il y a aussi des monnaies de Philippe avec le signe de cette ville. 11 est pourtant vraisemblable que les villes qui avaient battu monnaie à une époque antérieure, du moins plusieurs d'elle/;, aient conservé le droit de frapper leurs propres monnaies de bronze, puisqu'il existe des autonomes en bronze qui semblent dater de l'époque de Philippe II et de la suivante, non seulement de .^lacédoine (p. e. d'Acanthe, d'Amphipolis, d'Aphytis, de Trfelium) mais encore de Thrace et de Tbessalic. Les villes ont peutêtre frappé la monnaie de bronze royale en même temps que leur propre monnaie; il faut même convenir que quelques-unes ont pu avorr une permission spéciale de frapper de la monnaie d^argent autonome en même temps que la royale. Un tel double monnayage eut lieu, comme on sait, dans les villes de Syrie et de Phénicie sous les Sélcucides et dans maintes villes grecques sous les empereurs romains. Peut-être que la monnaie du gouvernement était destinée aux impôts qui devaient se payer en cette espèce, tandis que la monnaie autonome, quelquefois d'après un antre système monétaire, servait à la circulation intérieure et aux besoins du commerce, la permission de la battre étant sans doute regardée comme un ancien droit et comme signe d'une certainç autonomie,
unes en aient élé frappées par le gouvernement royal, d'autres par la magistrature communale. Le même signe de personne se trouve souvent sur différentes monnaies joint à différents signes de villes, surtout à des signes qui doivent s^expliquer de villes voisines, et sur des pièces de la même' fabrique. La supposition la plus simple, c'est qu'un tel signe indique un fonctionnaire qui a dirigé le monnayage de plusieurs villes ou d'une province entière; ce personnage ne peut guère avoir été un magistrat élu par la population d'une seule ville, comme on ne saurait sMmaginer que sous le règne d'Alexandre un tel magistrat ait pu étendre sa fonction sur plusieurs villes ou sur un district entier; il faut donc le considérer comme étant institué par le roi. Puis, il y a beaucoup de monnaies d'Alexandre qui offrent de petits types de villes dont on ne connaît aucune monnaie autonome; celles-ci de même semblent plutôt devoir être attribuées au gouvernement royal qu'à la magistrature communale. Car comme on peut en général supposer que ces villes «n'aient pas battu monnaie avant ce temps, que par conséquent elles n'aient point eu d'ateliers dont on pût se servir, ni un ancien usage dont on pût désirer la conservation (cfr page 46), il n'est pas vraisemi)lable que sous les rois de Macédoine elles aient commencé à frapper la monnaie du gouvernement. "^ Les monnaies au contraire sur lesquelles se trouvent plusieurs signes de villes doivent plutôt être rapportées aux magistrats communaux. On s'explique plus facilement la raison pour laquelle plus d'un signe de ville a été employé lorsque de telles monnaies sont considérées comme frappées à frais communs par plusieurs villes qui ont eu la permission de battre monnaie, ou par l'une ville pour Tusage de l'autre, que lorsqu'on les regarde comme émises du gouvernement royal. D'après ce qui vient d'être allégué, les monnaies qui offrent un signe de per-
"7 Mais quand sur une telle monnaie il se trouve encore le signe d^une ville, c'est probablement celle-ci qui l^à fait battre, v. les observations suivantes.
sonne qui sur d'autres pièces est joint à d'autres signes de villes, et celles qui portent des types de villes inconnus, doivent plutôt être attribuées au gouvernement royal, celles au contraire qui ont plusieurs signes de villes reunis plutôt à la magistrature communale.^ Le signe de ville en indiquant Tehdroit où Patelier monétaire était établi devait en même temps devenir un signe^ de la dépendance de la ville ou du peuple comme as^ sujetis au roi. macédonien dont la monnaie portait l'empreinte*
Outre les villes mentionnées il y avait dans les pays soa^ mis. à la domination d'Alexandre d'autres dont la constitution démocratique n^avait pas été restreinte par le roi de Macédoine, et qu^on peui nommer villes libres ou autonomes^, quoi^» qu'elles reconnussent l'hégémonie ou la suprématie macédoniennOé De ce nombre étaieni beaucmjp de cités de l'Hellade et du Pé** loponnése ainsi que les cités grecques de 'l'Asie Mineure, dur-
s On doit ainsi supposer que quelquefois dans la même ville la monnaie ait été frappée et par le gouvernement royal et par le magistrat communal. Rien ne s'oppose à cette supposition ; dans les villes dépendantes le gouvernement royal se sera sans doute servi des ateliers monétaires y établis et des officiers publics qui y étaient employés. On en voit un exemple dans les tétradrachmes frappés à Sicyon , probablement par les chefs macédoniens après la mort d'Alexandre; sur ces pièces on trouve les initiales des mêmes noms qui se rencontrent sur les autonomes de Sicyon (v. § 29 n» 864 suiv.}. La même chose se faisait plus tard. Les monnaies d'argent de Philippe V offrent en grande partie les mêmes trois monogrammes reunis qu'on trouve sur les drachmes qui au droit ont le bouclier macédonien avec une massue, au Qr* le casque macédonien, et qui d'après la ]ègeï\de MAKMJONSIN do\\eni être regardées comme frappées par les magistrats communaux dans les villes dont les signes y ont ajoutés (cfr p. 26 note 32). De même il existe de plusieurs villes grecques sous les empereurs romains, outre les monnaies impériales, aussi des autonomes dç la même fabrique et avec les mêmes noms de magistrats.
' Quelques-unes des villes autonomes étaient pourtant sans doute tributaires ou fournissaient un contingent de guerre. La signification du mot avtono^ mie (indépendance politique) est peu certaine et ne se prend pas dans la même acception par les auteurs anciens. Ainsi on lit chez Thucydide (V, 18) que par la paix de Nicias plusieurs villes furent déclarées ^aviovofÂoty quoiqu'on même temps elles devinssent tributaires (^ànoMovuç roy ff6()oy') à Athènes.
tout avant la mort d'Alexandre. On ne peut supposer que ces cités, qui battaient de la monnaie offrant leurs propres types et noms, aient frappé des monnaies d'Alexandre dans celte époque. A la vérité plusieurs des numismatistes ont voulu faire valoir l'opinion que des villes libres ont frappé des monnaies ù'Alexandre de son vivant, par flatterie, pour lui faire hommage, ou pour lui témoigner de la reconnaissance pour leur délivrance du joug des Perses. ^^ Mais lorsqu'on considère à. quel point les villes grecques appréciaient leur autonomie, et que la fabrication de nK)nnaies autonomes en était précisément le signe extérieur, il n'est pas probable qu'elles aient volontairement rendu un tel hommage par un acte qui devait être regardé comme un signe de sujétion. Il n'y a point d'exemple que par une telle raison des villes grecques libres aient frappé la monnaie d'un roi pendant qu'il vivait ou ^ue son gouvernement subsistait encore, et il n*y a pas de monnaies d'Alexandre qu'on soit obligé d'at« tribuer à des villes libres dans la période dont il s'agit dans ce paragraphes^
Il se peut bien que des monnaies aient été assez souvent frappées par des fonctionnaires macédoniens dans des villes autonomes, p. e. dans les villes de l'Asie Mineure où résidaient des gouverneur^ macédoniens ou dans lesquelles se trouvaient des détachements de l'armée macédonienne^'-; mais il n'est pas probable que sur de telles monnaies on ail placé aucun signe
^^ V. Eckhel Num. vet. anced. I p. 80 et 83, Doclr. n. v. Il p. 104 sur Tarse et les villes ioniennes; Cousinéry Voy. en Macéd. I p. 234 suiv. sur les villes de TAsie mineure occidentale; Borrell Num. Chron. III p. 147 sur Sicyon; Ducbalais Revue num. fr. 1851 p. 97 sur les Cyrénaîques; et ailleurs. Eckhel supposa encore une raison particulière, v. S 13.
'1 Dans le § 12 il sera démontré que les monnaies d^AIexandre des villes de l'Asie Mineure occidentale ont été frappées dans une période postérieure, et le S 13 traitera des motifs du monnayage de ces pièces.
'- Alexandre établit des gouvernements (satrapies) dans la petite Pbry^ie, dans la grande Pbrygie, en Lydie, Pamphylie et Cilicie, Des corps de Parmée macédonienne étaient stationnés à Sardes, dans les lies de Chios et de Rhodes, en Carie, à Sidé, à Soli et ailleurs.
de ville lequel, selon ce qui vient d*élre observé, semble avoir renfermé l'idée de soumission au gouvernement macédonien.
EnGn, dans les longues guerres, surtout en Asie, on s'est sans doute quelquefois trouvé dans la nécessité de battre monnaie dans les camps à Tusagc des troupes. Sur ces monnaies, qui étaient également émises par des chefs macédoniens, on ne pouvait non plus placer aucun signe de ville.
Pour ce qui regarde les monnaies d'Alexandre jusqu'en 306, ou pendant qu'elles étaient monnaies du gouvernement, on peut donc supposer d'après les observations précédenttes: 1) qu'elles aient été frappées par le magistrat royal a) dans les villes directement gouvernées par celui-ci, b) quand elles sont sans signe de ville, aussi dans les villes libres et dans les camps; 2} qu'elles aient été également frappées par le magistrat communal des villes assujetties qui avaient conservé la forme d'une constitution démocratique; 3) mais qu'elles n'aient pas été frappées par le magistrat des villes libres
Dans quels pays et quelles villes les monnaies d'Alexandre ont-elles été frappées pendant son règne et jusqu'en 306?
Cette recherche qui embrasse la période pendant laquelle la monnaie d'Alexandre était celle du gouvernement ne regarde que les monnaies, qu'on doit considérer comme frappées dans des villes et des provinces gouvernées par des chefs macédo!-> niens, ou dont Tautonomie était restreinte par ceux-ci, mais non les monnaies qui peut-être ont été frappées par des fonctionnaires macédoniens dans les villes libres et les camps. ^ En ce lieu nous n'anticiperons point sur le classement des monnaies,
^ Sur de telles monnaies v. le S précéd. et le § 21.
dont les résultats ne seront pas communiqués ici; nous n*en donnerons que la base historique nécessaire et ce qui peut servir de guide au classement. Nous tâcherons d'indiquer non seulement dans quels pays et quelles villes les monnaies d'Alexandre n*ont pu avoir été frappées parce que la domination de ce conquérant et de ses généraux ne les embrassait pas dans Tépo* que en question, mais encore dans lesquels des villes ot pays dépendants on peut avec quelque probabilité supposer qu*elles aient élé Trappées. Pour ce but nous nous servirons en partie des relations historiques en y recherchant autant que possible, quels sont les pays et les villes qui étaient dans une telle dépendance d'Alexandre que ses monnaies peuvent y avoir été frappées; en partie nous aurons recours aux monnaies mêmes d'Alexandre en considérant celles dont les ateliers monétaires sont sûrs, et en profilant des résultats qu^améne l'examen de ces monnaies en général et leur comparaison avec d'autres.
Pays d'Europe. Dans Pappendice § 3 il sera démontré que, quoique Thégémonie de Philippe II à la fin de son régne fût reconnue par la plupart des étals de la Grèce, il n'y eut qu'une partie des provinces et des villes tellement assujetties que ses monnaies puissent y avoir été frappées. Celles-ci furent, outre la Macédoine telle que les limites en avaient été étendues par Philippe: la Thrace méridionale (à l'exception de Hyzanco et de Périnlhe), la Thessalie avec les iles adjacentes, Ambracie, Elatée, Amphisse, Thèbes etEubée. Sous Alexandre il ne semble s'élre opéré aucun changement considérable dans la dépendance de la Grèce qui pût exercer aucune influence essentielle sur le monnayage du gouvernement macédonien. Lorsque la Grèce se fut levée après la mort de Philippe, mais eut été forcée de reconnaître de nouveau la suprématie macédonienne, il fut décidé à rassemblée de Corinlhe que pour tous les rapports essentiels l'ancien état de choses serait conservé. Il fut bien arrêté en même temps que les états grecs, qui formaient la ligue à la tête de laquelle se trouvait
lo roi de Macédoine, seraient libres et souverains, mais cette résolution ne semble avoir amené auqjun changement dans la condition politique des étals qui avaient déjà en partie perdu leur autonomie. Ainsi la Thessalie continuait à payer tribut a Alexandre et semble, quoique douée de libertés et de droits reconnus ) avoir formé un royaume à part sous le sceptre dd ce souverain.^ La garnison macédonienne ne fut pas retirée de Thébes. De l'autre côté Ambracie qui avait chassé les troupes macédoniennes recouvra son ancienne constitution démocratique.^ Lorsqu'aprés une insurrection réitérée dans la seconde année du régne d^Alexandrc les états grecs furent obliges de se soumettre, les rapports politiques semblent encore être restés à peu prés les mêmes. La ville de Thébes fut détruite parce que les Thébains avaient massacré la .garnison macédonienne, mais le fort de Cadmée fut conservé et occupé comme auparavant Athènes obtint sa grâce sans condition. Même. lorsque pour la troisième fois, en 330, les états grecs alliés à Sparte eurent essayé de secouer le joug et qu'ils eussent été subjugués par Antipater, Alexandre leur accoHia leur pardon.^ La flotte perse ayant en 331 quitté les parages de Grèce, les Cyclades, après que les petits tyrans qui y avaient été soutenus par les Perses eurent été chassés ou tués, furent obligées de reconnaître Thégémonie macédonienne^; il en fut peutêtre de même de Crète; mais Thistoire ne mentionne point que Tautonomie d'aucune des lies ou des villes ait été restreinte. Les Ulyriens, les Thraces, les Gètes et les autres peuples plus
^ Cfr Scliorn Geschiclile Grieclienlands p. 22 et Droysen Gcsch. Aie'xandcrs des Gr. p. 59, -
3 Le signe qui sur la monnaie ^e Philippe II n» 206 semble indiquer Ambra-cie ne se trouve plus sur celles d'Alexandre. V. append. § 5.
* Un exemple, qui peut montrer la condition politicjue des villes grecques non subjuguées par Philippe II à l'égard du roi de Macédoine, nous est offert dans le fait que Mégare conféra à Alexandre lè droit de citoyen comme une marque d'honneur. Plutarque de monarchia et democratia, chap. 2.
& Droysen Gcsch. Alexandcrs p. 272.
ou moins barbares demeurant près des frontières septentrionales de la Grèce, vaincus par Alexandre, furent seulement obligés, à ce qu*il semble, à fournir un tribut ou un contingent de troupes. Les villes grecques sur la mer Noire ne furent guère soumises; dans Texpédition qu'Alexandre fit contre les Gètes atldelà du Danube, car dans la marche et. en allant et en revenant il traversa Tinlérieur du pays.^ Byzance, que Philippe avait en vain tâché d'occuper, envoya sa flotte à Alexandre pour Vassister dans Texpédition, mais cette ville doit plutôt être regardée comme un libre allié que comme assujettie à Alexandre."^ Ce que nous yenons d'alléguer semble montrer que pendant le règne d'Alexandre les monnaies de ce roi n'ont en général été frappées dans d'autres provinces et villes que celles où se faisait le monnayage de Philippe. L^examen des monnaies mêmes conduit à la même supposition. Comme de l'un côté il y a beaucoup de monnaies d'Alexandre qui doivent être rapportées aux mêmes ateliers monétaires que celles de Philippe, parce qu'elles ofl^rent les mêmes signes de villes et de personnes joints et qu'elles sont d'une fabrique qui doit être regardée comme la première en usage (classe I), ainsi de l'autre côté il ne se trouve parmi les monnaies de cette même fabrique aucune offrant un signe qu'on soit obligé d'expliquer de quelque ville dans les autres parties de la Grèce. Les monnaies portant des signes qui indiquent d'autres provinces sont d'une fabrique (cl. IlIetlV) qui tout aussi bien ou encore mieux convient à l'époque après Alexandre. Dans la période après la mort d'Alexandre jusqu'en 306, pendant laquelle Antipater, Polysperchon, Cassandre et Lysimaquc régnaient sur les pays européens, la fabrication des monnaies d'Alexandre fut sans doute plus répandue. L'insurrection qui bientôt après le décès d'Alexandre amena Ir
^ Droysen 1. c. p. 67-74. De ce qu'a allégué Rathgeber dans Annali delP inst. nrch. di Rotna X p. 292 rien ne peut être déduit relativement à la soumission des villes de Pont au nord de la Tlirnce.
^ Cfr plus bas note 16.
guerre Lamiaquc et se termina par la victoire (PAntipatcr à Crannon, fut cause que la domination macédonienne obtint une plus grande influence sur les villes grecques et que plusieurs constitutions démocratiques furent changées en aristocratiques. Ces dernières, après la mort d'Antrpater en 319, furent à la vérité abolies par Polysperchon qui fit émaner au nom du roi Philippe un décret de liberté qu'il tâchait de faire valoir par la force en Hellade et en Péloponnèse > de même par la paix entre les généraux en 311 les états grecs furent déclarés libres et autonomes, et Antigonus ainsi que Ptolémée envoyèrent des flottes et des armées en Grèce, en apparence pour rétablir la liberté des états grecs. Mais ces démarches n^étaient que simulées et s'il s'opérait çà et là un changement de quelque importance, ce ne fut que pour peu de temps. En Thessalie nous trouvons au commencement de la guerre Lamiaque des garnif/ons macédoniennes dans plusieurs villes^; ce pays n'avait que la forme d^une constitution libre, mais il était en réalité aussi dépendant du roi macédonien que la Macédoine elle-même.^ L'Epire était entre les mains des Macédoniens pendant près de quatre ans.^^ Dans la forteresse de Cadmée la garnison, macédonienne resta même après que Cassandre (316) eût efl^ectué la reconstruction de Thèbes.^^ La Phocide et la Locride septentrionale étaient la plupart du temps au pouvoir des Macédoniens. Dans l'Acarnanie Cassandre établit pendant quelque temps sa place d'armes pour la guerre contre les Etoliens. Chalcis dans llle d'Eul^c^^
^ Droysen Gcscli* der Nachfolgcr Alexanders p. 65.
' Polybe IV, 76, 2. Dans Eiisèbe rArménien I, 39, les rois de Macédoine se trouvent sous le titre de rois de Thessalie. Cfr aussi la description de la condition de Thessalie sous les rois de Macédoine chez Titc-Live XXXI V, 1
'® Les Epirotes s'élant insurgés en 316 contre leur roi Eacide et ayant conclu un traité avec Cassandre, celui-ci leur donna pour chef (stratège) Lycisque, et dirigea de l^Epire la guerre contre les villes illyriennes et les Etoliens; mais en 312 Alcétas, Trère d^Eacide, reconquit le royaume.
^' La garnison macédonienne ne fut retirée et la liberté rétablie que quand Démétrius Poliorcète quitta la Grèce en 288 pour se rendre en Asie.
»« Diodore XIX, 77.
était occupée par Cassandre jusqu'à ce qu'en 312 Hle fût délivrée par les troupes d'Antigonus. Llle d'Egine fut par occasion employée comme place d'armos macédonienne ^^ En Péloponnèse Polysperchon et son fils Alexandre, Cassandre^ Antigônus et Ptolémée se disputèrent le pouvoir après la mort d'Antipater; nommément la partie septentrionale fut pendant long temps occupée par divers chefs macédoniens.^^ Tandis qu*ainsi dans les provinces et les villes que nous venons de nommer la liberté, du moins pour quelque temps, était opprimée et le gouvernement entre les mains des Macédoniens, tellement que la monnaie royale macédonienne peut y avoir été frappée, il y avait d'autres villes où il en était autrement. La ligue béotienne continua et semble avoir conservé son indépendance, tantôt en bonne intelligence avec les Macédoniens, tantôt contre eux. A Athènes après la mort d'Antipater Démétrius Phalérée soutenu par Cassandre régnait à la vérité en tyran, mais la constitution démocratique ne fut p/is renversée, et lorsqu'on 307 Démétrius Poliorcète s'empara de la ville, sa liberté fut solennellement proclamée. Les Eloliens, souvent en guerre avec les Macédoniens, continuèrent à conserver leur indépendance, et les Locriens méridionaux étaient ordinairement leurs alliés. Lacédcmone était gouvernée par ses propres rois. En Thrace, dont la côte méridionale seule avait été dans le pouvoir d'Alexandre, la domination macédonienne fut considérablement étendue par Lysimaque. Les Odryses et d'autres peuples de l'intérieur du pays furent vaincus à plusieurs reprises. Aussi les villes grecques sur la côte ponlique furent obligées de se soumettre déjà pendant le règne de Philippe Arrhidée, et s'étant insurgées plus tard (313) elles furent réduites à l'obéissance.*^ On ne saurait douter que Périnthe , qui n'avait pu être prise par Philippe 11, né fût soumise par Lysimaque au gouvernement
" Cfr § 29 Eginc n» 899. " ** V. § 29 Sicyon.
1» V. § 23 Vlésenibrie n«> 431 suiv.
et
macédonien, à muins qu'on puisse supposer que ce fait ait eu lieu déjà sous Alexandre. La riche et puissante ville de Byzance seule, à ce qu'il semble, conservait toujours son indépendance.^^ Les suppositions auxquelles nous conduit l'histoire se trouvent conGnnées par les monnaies. Parmi les tétradrachmes qui sont de h même fabrique (cl. III et IV) que ceux aux noms de Philippe III et des Diadoches et qui doivent ainsi appartenir à celle période, il se trouve un grand nombre qui d'après les signes peuvent être rapportés aux provinces et villes citées qui, au moins pour quelqua temps, se trouvaient dans la possession des Macédoniens; mais il n'y en a point qu^on doive attribuer à des contrées ou à des villes dont on sait qu'en réalité ou pour la forme elles conservaient leur autonomie.
Dans l'Asie Mineure les pays occidentaux et méridionaux avec plusieurs des iles adjacentes, de même que la Lydie et la Phrygic. furent conquis par Alexandre^ mais sa conquête ne s^étendait pas sur la partie septentrionale. La Paphiagonie n'of- . frit sa soumission qu'à condition que les troupes macédoniennes ne franchissent pas ses frontières^''; ce pays, ainsf que la Bithynie, le Pont et la Cappadoce septentrionale continuèrent à être gouvernés par leurs propres rois. De même les villes grecques sur la mer Noire, ou soumises à leurs propres tyrans ou jouissant d'une constitution, démocratique, restèrent indépendantes d'Alexandre. • Parmi les iles, Samos était une possession athénienne. L'île de Cypre avait ses propres rois, libres alliés d'Alexandre, qui l'assistaient avec leurs vaisseaux contre Tyr. Quant à la partie de l'Asie Mineure qui peut être regardée comme conquise par Alexandre, il n'est pas probable que les villes et les contrées grecques y aient été privées de leur autonomie ou de leur propre gouvernement. Alexandre se pré-
1^ Pendant la guerre que fit Antigonus en 312 à Lysimaqne et à Cassandre, chacun des deux premiers lâcha de gagner Byzance pour ses intérêts; mais cette ville resta neutre. Diodore XIX, 77.
^^ Droysen Gesch. Alexandcrs p. 152^
^nr» enaun« LùKnUur iu joug des Perses. PartosI il s*apja^it f^ir kl d*^'>eratie dans les rilles et ea diassail les oH^ ptrip^^ et Us Ijrans dépesdant des Perses. H est expressé* m^rA r»fp'^*rié de qoelqaes Tilles et prorinces, qu'elles reeos* «ref«^t kftr ancienne constîlulion dcmocralîqoe que les Perses ^iuttki rtAvenée*^, d'aotres qu'elles obtinrent la franchise d*i«« P'Va^. Kéme les villes qoi s*élaicnt rangées dn parti des fert^y o« qui étaient connues pour leur avoir été dévooées, ênff'wt Uvr pardon et la liberté.^ La Carie après avoir été /.ivr^oUe fol cé^icc à Ada, veuve du roi Idriée, comme an rojuiàttre à part, tandis que les villes obtinrent une constitulion iiéruocr»iiqne.^ Le Lycie, dont 1rs villes avaient formé une i ^ne autonome qui s*élait bornée à payer un tribut^ aux Perses^ ayant pris de bon gré le parti d'Alexandre^ ne peut avoir ^'té privée de sa liberté par celui-ci. Les villes grecques de rA*ie Mineure avaient eu le droit de monnayage sous la domination des Perses; on ne peut supposer qu^AIexandre les en ait dépr'AfédéeSy et il y a assez de monnaies autonomes de ces villes qui s^accordent avec le temps d^AIexandrc. Il a été exposé dans le f précédent, quMl n'est pas probable que des villes autonomes en général aient frappé les monnaies d'Alexandre de son vivant. L'examen des monnaies d'Alexandre elles-mêmes nouê fail aussi présumer, que sous son régne elles ^"^ n'aient pas été frappées par les villes de TAsic tlineurc; nommément pas dans les pays occidentaux. Parmi les tétradrachmes mentionnés plus haut, qui d'après la fabrique (classe I) datent probablement du vivant d'Alexandre, il n'y a aucun offrant quelque signe de ville qu'on serait obligé de rapporter à l'Asie Mineure. De l'autre côté, les tétradrachmes qui d'après les types et les initiales de villes qu'ils portent (v. p. 38) sont reconnus comme
1® P. e. Sardes et la Lydie, Ephcse, Soli, iMalIus.
^^ Ainsi ictf villes cariennes et Alalliis. ^ Comme Lampsaqne, Zéleia, Soli.
«» Droysen I. c. p. 134. '^ Droysen I. c p. 136.
^ C. à d. telles qui furent marquées des signes de villes, v. p. 60-61,
frappés dans les Yilles occidentales, se distinguent par une fa« brique (classe V et VI) qui s'éloigne non seulement des tétradrachmes appartenant au régne d'Alexandre ^ mais aussi' des autres monnaies d'argent frappées dans l'Asie Mineure dans la période antérieure à Alexandre et dans celle d'Alexandre même, comme par les rois de Carie^ par les tynins d'Hcraclée Pontique et par plusieurs des mêmes villes^; dans le § suivant il sera démontré qu'ils se rattachent aux monnaies d'une époque postérieure. D'autres tétradrachmes d'Alexandre qui par différentes raisons doivent être rapportés à la Lycie et à la Cilicie, peuvent bien, d'après la fabrique, être du règne d'Alexandre, mais on peut tout aussi bien les attribuer à la période suivante. Après la mort d'Alexandre Antigonus et Euménès se disputèrent d'abord le pouvoir dans l'Asie Mineure, depuis 316 Antigonus en resta seul maître. Dès lors ce n'est plus le respect des chefs macédoniens pour Fa liberté et les droits des peuples qui peut servir de raison pour que les monnaies d'Alexandre n'aient pas été frappées dans les villes grecques en Asie. Antigonus régnait en maître souverain malgré ses décrets réitérés que les villes grecques resteraient autonomes. Il n'y eut que peu de villes qui, comme Rhodes^^ et Cyzique^, pussent maintenir leur liberté par la force. Quanch on examine les monnaies d'Alexandre, on trouvera qu'il y en a un nombre qui à juste raison doivent être rapportées à la Lycie et à la Cilicie, et qui, comme celles de Philippe Arrhidée avec des signes correspondants, peuvent avoir été frappées dans celte période. Mais par plusieurs raisons on ne saurait supposer que des monnaies d'Alexandre aient été frappées par les villes des provinces occidentales avant 306. Les tétradrachmes qu'on peut y rapporter avec certitude (voy. p. 38) sont d'une fabrique bien différente de celle qui était propre aux provinces du midi et portent le cachet
-* P. e. les pièces de Cyziqnc, de Mytilène, d^Ephèse, de Samos, de Cnide^ plusieurs do Ctiios, de Cos et de Rliodes etc.
••5 Voy. S 13 p. 87. -6 Cfr § 30 Cyzique no» 910-11.
d^un temps postérieur; quelques-uns sont émis par des villes fondées après et offrent des lettres introduites plus lard Cvoy. p. 77-78). Si les monnaies d*Alexandre étaient Trappées dans les contrées -occidentales pendant cette période, on devrait s'attendre à trouver les monnaies contemporaines de Philippe III émises dans ces mêmes pays; mais il n^existe point de monnaies de ce roi offrant des signes de villes dans TAsie Mineure occidentale*
La Syrie, la Phénicie et la Palestine furent soumises à la domination d'Alexandre après la bataille d'Issus. Parmi les villes de Phénicie Aradus avec Marathus de même que Sidon, qui se soumirent volontairement, semblent après la con«* quête avoir eu leurs propres rois^; mais le rapport de dépendance où se trouvaient ces rois relativement à Alexandre n'est pas connu. La ville de Tyr, prise après un long siège, perdit entièrement son indépendance et devint la place d^armcs la plus importante des IMacédoniens sur celte côte. On ignore de quelle manière Byblus et Acé, qui n'opposèrent aucune résistance à Alexandre, et les autres villes de Phénicie ont été gouvernées sous la domination macédonienne. De la monnaie autonome n'ayant pas été battue par les villes phéniciennes avant ce temps ^, il est permis de croire que les monnaies d'Alexandre y furétit Frappées après la conquête macédonienne. Il y a des pièces d'Alexandre offrant le nom d'Acé qui d'après les années semblent appartenir à son règne (cfr concernant l'ère le § suiv.). Aussi la fabrique dans plusieurs dos tétradrachmes qui portent les signes d'Aradus et de Damas convient au règne d'Alexandre. Après la mort d'Alexandre ces pays furent d'abord gouvernés par Laomédon et depuis Tan 320 ils se trouvaient alternativement dans In possession de Plolémée, d'Euménès, d'Anligonus et de Démctrius. Les années sur les pièces
^ V. Droysen Gescli. Ajcxanders p. 181-82, 195. Arrien If, 20. ^ Il est connu que les monnaies puniques de ces villes appartiennent à une époque postérieure,
émises par les villes phéniciennes montrent que dans cette période on a frappé des monnaies d^Alexandre dans ces pays.
La conquête d'Alexandre embrassait encore la Babylonie, la Perse, la Hédie et une partie de Tlnde. Ces pays avaient été soumis au despotisme asiatique, en partie sous des satrapes perses, en partie sous des rois soit dépendants des Perses soit indépendants. Sous Alexandre le gouvernement de ces pays fut rendu à des satrapes; des garnisons furent mises dans les villes les plus importantes, un nombre de nouvelles cités furent fondées, et des colonies militaires furent établies. La longue campagne exigeait de grandes sommes pour payer les armées; les monnaies perses ne pouvaient être disponibles en quantité suffisante; dans quelques pays Targent monnayé n'existait point, et le transport de Toccident devait être très difficile. Les trésors énormes amassés par les rois perses et dont on s^était emparé à Babylone, à Susc, à Persépolis et à Pasargade pouvaient fournir assez de métaux précieux au monnayage. II est rapporté que plusieurs fois de grands corps d'armées furent renvoyés avec pleine paie sans compter des dons d'argent.^ II est donc vraisemblable que les monnaies d'Alexandre ont été frappées sous son régne aussi dans les pays orientaux de l'Asie, soit dans les grandes villes conquises, soit dans les nouvelles villes qui furent fondées. Il en était probablement de même dans la période après la mort d'Alexandre où ces pays d'abord se trouvaient sous divers satrapes et depuis l'an 312 pour la plupart étaient réunis sous la domination de Séleucus. ^ Parmi les monnaies d'Alexandre, nommément parmi celles qui sont sans type de
2» Voy. § 19 noies. '
^ Ainsi il y avait certainement cause de battre monnaie pendant la longue expédition que fit Antigonus allié à Séleucus en Perse et en Médic contre Euméncs, dans laquelle il s'empara des immenses trésors d'Ecbatane (parmi lesqiîels 5000 talents en argent non- monnayé) et de Suse (des objets précieux de la valeur de 15000 talents).
ville il y a un nombre qu'on peut rapporter à ces pays Cv. §21 cl 41).
L^Egypte qui avait clé une satrapie perse fut de même après la conquéle d'Alexandre administrée par un gouverneur macédonien. Il est pourtant incertain si Ton y a frappé mon<-> naie pendant le régne d'Alexandre; aucun monnayage n'avait eu lieu avant ce temps en Egypte, et les ateliers monétaires des villes phéniciennes n*élaient pas éloignés. 11 existe des monnaies d'Alexandre offrant des symboles égyptiens, mais elles peuvent aussi bien appartenir au temps suivant (v. § 39 3. Après la mort d'Alexandre Plolémée gouverna l'Egypte en maitro absolu et se soumit Cyréne dont il anéantit la liberté. Il n'est pas certain si Plolémée a fait battre des monnaies d'Alexandre à l'empreinte ordinaire;, mais il faut supposer que les monnaies au nom d'Alexandre qui offrent des changements des types Cv. $5 n»* 21-24) aient été frappées en Egypte par Ptolémée dans Tépoquc depuis la mort d'Alexandre jusqu'en 306. Il existe un stalère d'Alexandre au joigne de Cyréne qui appartient peut-être à cetle même période. ^^
Dans quels pays et villes les monnaies d'Alexandre ontelles été frappées après fan 306, et pendant quelle
époque?
En 306 les Diadoches prirent le titre de roi, et comme depuis ce temps ils frappèrent tous des monnaies à leurs propres noms, on se serait attendu à ce que le monnayage des pièces d'Alexandre eût chssé. Ceci cependant n'eut pas lieu, ainsi qu'il a été observé plus haut (p. 52-53 j. En considérant les monnaies mêmes et en nous appuyant en même temps sur les ren-
81 V. § 39. Peut-être que déjà avant 306 Ptolcipée a Trappe monnaie à Cyréne en son prapre nom, y. p. 52 note Ç. *
seigncmenls quo fournit l'histoire, nous allons montrer dans quels pays et villes rémission des monnaies d'Alexandre se continuait, ainsi que pendant quelle époque elle eut lieu.
La Macédoine et les pays appartenants. Les monnaies de bronze au nom de Cassandre doivent être regardées comme ayant remplacé celles d'Alexandre après Tan 306. Mais comme il n'existe point de pièces d'or ou d'argent de Cassan* dre ni de ses fils^, il est bien possible que les pièces d'Alexandre en ces métaux aient encore été frappées dans les pays macédoniens jusqu'en 294 où Démétrius en devint le souverain. De ce roi il y a un nombre considérable de monnaies de différentes espèces, dont celles d'argent du moins, à en juger par les signes de villes, ont pour la plupart été frappées dans les pays européens; de Lysimaque, qui le chassa de la Macédoine, il existe aussi des monnaies d'or et d'argent â sa propre empreinte dont les signes indiquent ce pays; les rois suivants frappaient également des pièces d'argent particulières. Comme les monnaies d'Alexandre qu'il faut regarder comme émises dans les pays macédoniens ne présentent aucune raison suffisante pour les rapporter aji temps de ces rois, il est probable que le monnayage de ces pièces n'ait continué que jusqu'à Démétrius L^
La Thrace. Il se trouve un nombre considérable de monnaies en divers métaux, au nom et au titre royal de Lysimaque qui offrent des signes de villes de Thrace, et les monnaies d'Alexandre qu'il faut supposer d'avoir été émises des ateliers de la Thrace ne présentent aucun motif pour les rapporter au règne de Lysimaque après 306. Il faut pourtant que les monnaies d'Alexandre aient été plus tard [frappées en Thrace.
1 Sur celles attribuées à Philippe IV, v. Append. § 2.
^ Il se trouve à la vérité sur quelques pièces de Démétrius I et d'Antigonus I ' le même monogramme joint au même type que sur celles d'Alexandre; mais rien n^empéche de croire que les mêmes individus ont présidé au monnayage depuis le règne de Cassandre jusqu'à celui d^Antigonus I^ si du reste ce sont les mêmes personnes qui s^y trouvent désignées. Les pièces da Démétrius I peuvent aussi avoir été monnayées çn Asiç«
ou moins barbares demeurant prés des frontières septentrionales de la Grèce, vaincus par Alexandre, furent seulement obligés, à ce qu'il semble, à fournir un tribut ou un contingent de troupes. Les villes grecques sur la mer Noire ne furent guère souuiisofi; dans IVxpédition qu'Alexandre fit contre les Gèles aitdelà du Danube, car dans la marche et. en allant et en revenant il traversa l'intérieur du pays.^ Byzance, que Philippe avait en vain tâché d'occuper, envoya sa flotte à Alexandre pour l'assister dans l'expédition, mais cette ville doit plutôt être regardée comme un libre allié que comme assujettie à Alexandre.'^ Ce que nous yenons d'alléguer semble montrer que pendant le règne d'Alexandre les monnaies de ce roi n'ont en général été frappées dans d'autres provinces et villes que celles où se faisait le monnayage de Philippe. L^examen des monnaies mêmes conduit à la même supposition. Comme de l'un côté il y a beaucoup de monnaies d'Alexandre qui doivent être rapportées aux mêmes ateliers monétaires que celles de Philippe, parce qu'elles ofl^rent les mêmes signes de villes et de personnes joints et qu'elles sont d'une fabrique qui doit être regardée comme la première en usage (classe I), ainsi de l'autre côté il ne se trouve parmi les monnaies de cette même fabrique aucune ofl^rant un signe qu'on soit obligé d'expliquer de quelque ville dans les autres parties de la Grèce. Les monnaies portant des signes qui indiquent d'autres provinces sont d'une fabrique (cl. fil et IV) qui tout aussi bien ou encore mieux convient à l'époque après Alexandre. Dans la période après la mort d'Alexandre jusqu'en 306, pendant laquelle Antipater, Polysperchon, Cassandre et Lysimaquc régnaient sur les pays européens, la fabrication des monnaies d'Alexandre fut sans doute plus répandue. L'insurrection qui bientôt après le décès d'Alexandre amena 1r
c Droysen I. c. p. 67-74. De ce qu'a allégué Ralhgeber dans Annali delP inst. nrch. di Roma X p. 292 rien ne peut être déduit relativement à la soumission des villes de Font au nord de la Tlirace.
^ Cfr plus bas note 16.
guerre Lamiaquc et se termina par la victoire crAntipatcr à Crannon, fut cause que la domination macédonienne obtint une plus grande influence sur les villes grecques et que plusieurs constitutions démocratiques furent changées en aristocratiques. Ces dernières, après la mort d'Antrpater en 319, furent à la vérité abolies par Polysperchon qui fit émaner au nom du roi Philippe un décret de liberté qu'il tâchait de faire valoir par la force en Hellade et en Péloponnèse ^ de même par la paix entre les généraux en 311 les états grecs furent déclarés libres et autonomes, et Anligonus ainsi que Ptolémée envoyèrent des flottes et des armées en Grèce, en apparence pour rétablir la liberté des étais grecs. Mais ces démarches n^étaient que simulées et s'il s'opérait çà et là un changement de quelque importance, ce ne fut que pour peu de temps. En Thessalie nous trouvons au commencement de la guerre Lamiaque des garnisons macédoniennes dans plusieurs villes^; ce pays n'avait que la forme d^une constitution libre, mais il était en réalité aussi dépendant du roi macédonien que la Macédoine elle-même.^ L'Epire était entre les mains des Macédoniens pendant près de quatre ansJ^ Dans la forteresse de Cadmée la garnison, macédonienne resta même après que Cassandre (316) eût efl^ectué la reconstruction de Thèbes.^^ La Phocide et la Locride septentrionale étaient la plupart du temps au pouvoir des Macédoniens. Dans l'Acarnanie Cassandre établit pendant quelque temps sa place d'armes pour la guerre contre les Etoliens. Chalcis dans Pile d'Eul^c^^
^ Droysen Gesclu der Nachfolgcr Alexanders p. 65.
' Folybe IV, 76, 2. Dans Eiisèbc rArménien I, 39, les rois de Macédoine se trouvent sous le titre de rois de Thessalie. Cfr aussi la description de la condition de Thessalie sous les rois de Macédoine chez Tite-Live XXXI V, 1
'® Les Epirotes s'étant insurgés en 316 contre leur roi Eacide et ayant conclu un traité avec Cassandre, celui-ci leur donna pour chef (stratège) Lycisque, et dirigea de TEpire la guerre contre les villes illyriennes et les Etoliens; mais en 312 Alcétas, Trère d^Eacide, reconquit le royaume.
^1 La garnison macédonienne ne fut retirée et la liberté rétablie que quand Démétrius Poliorcète quitta la Grèce en 288 pour se rendre en Asie.
»« Diodore XIX, 77.
était occupée par Cassandre jusqu'à ce qu'en 312 llle fût dé* livrée par les troupes d'Antigonus. L'ile d'Egine fut par occasion employée comme place d'armes macédonienne ^^ En Péloponnèse Polysperchon et son fils Alexandre, Cassandre^ Antigônus et Ptolémée se disputèrent le pouvoir après la mort d'Antipaler; nommément la partie septentrionale fut pendant long temps occupée par divers chefs macédoniens.^^ Tandis qu'ainsi dans les provinces et les villes que nous venons de nommer la liberté, du moins pour quelque temps, .était opprimée et le gouvernement entre les mains des Macédoniens, tellement que la monnaie royale macédonienne peut y avoir été frappée, il y avait d'autres villes où il en était autrement. La ligue béotienne continua et semble avoir conservé son indépendance, tantôt en bonne intelligence avec les Macédoniens, tantôt contre eux. A Athènes après la mort d'Antipaler Démétrius Phalérée soutenu par Cassandre régnait à la vérité en tyran, mais la constitution démocratique ne fut p/is renversée, et lorsqu'on 307 Démétrius Poliorcète s'empara de la ville, sa liberté fut solennellement proclamée. Les Etoliens, souvent en guerre avec les Macédoniens, continuèrent à conserver leur indépendance, et les Locriens méridionaux étaient ordinairement leurs alliés. Lacédcmone était gouvernée par sa^s propres rois. En Thrace, dont la côte méridionale seule avait été dans le pouvoir d'Alexandre, la domination macédonienne fut considérablement étendue par Lysimoque. Les Odryses et d'autres peuples de l'intérieur du pays furent vaincus à plusieurs reprises. Aussi les villes grecques sur la côte pontique furent obligées de se soumettre déjà pendant le règne de Philippe Arrhidée, et s'étant insurgées plus tard (313) elles furent réduites à l'obéissance.*^ On ne saurait douter que Périnthe , qui n'avait pu être prise par Philippe II, né fût soumise par Lysimaque au gouvernement
w Cfr § 29 Eginc n» 899. ' " Y. § 29 Sicyon.
ift y. § 23 Mésenibrie n» 431 suiv.
et
macédonien, à niuins qu'on puisse supposer que ce fait ait eu lieu déjà sous Alexandre. La riche et puissante ville de Byzance seule, à ce qu'il semble, conservait toujours son indépendance.^^ Les suppositiqns auxquelles nous conduit Thistoire se trouvent confirmées par les monnaies. Parmi les (étradrachmes qui sont de h même fabrique (cl. III et IV) que ceux aux noms de Philippe HI et des Diadoches et qui doivent ainsi appartenir à cette période, il se trouve un grand nombre qui d'après les signes peuvent être rapportés aux provinces et villes citées qui, au moins pour quelque temps, se trouvaient dans la possession des Macédoniens; mais il n'y en a point qu^on doive attribuer à des contrées ou à des villes dont on sait qu'en réalité ou pour la forme elles conservaient leur autonomie.
Dans l'Asie Mineure les pays occidentaux et méridionaux avec plusieurs des îles adjacentes, de même que la Lydie et la Phrygie. furent conquis par Alexandre]; mais sa conquête ne s'étendait pas sur la partie septentrionale. La Paphlagonic n'of- . frit sa soumission qu'à condition que les troupes macédoniennes ne franchissent pas ses frontières^''; ce pays, ainsr que la Bithynie, le Pont et la Cappadoce septentrionale continuèrent à être gouvernés par leurs propres rois. De même les villes grecques sur la mer Noire, ou soumises à leurs propres tyrans ou jouissant d'une constitution, démocratique, restèrent indépendantes d'Alexandre. • Parmi les îles, Samos était une possession athénienne. L'île de €ypre avait ses propres rois, libres alliés d'Alexandre, qui l'assistaient avec leurs vaisseaux contre Tyr. Quant à la partie de l'Asie Mineure qui peut être regardée comme conquise par Alexandre, il n'est pas probable que les villes et les contrées grecques y aient été privées de leur autonomie ou de leur propre gouvernement. Alexandre se pré-
^^ Pendant la guerre que fit Antigonus en 312 à Lysimaqiie et à Cassandre, chacun des deux premiers tâcha de gagner Byzance pour ses intérêts; mais cette ville resta neutre. Diodore XIX, 77.
*' Droysen Gesch. Alexandcrs p. 152^
scnta comme libérateur du joug des Perses. Partout il s'appuyait sur la démocratie dans les villes et en chassait les oligarques et les tyrans dépendant des Perses. Il est expressément rapporté de quelques villes et provinces, qu'elles recouvrèrent leur ancienne constitution démocratique que les Perses avaient renversée ^^, d'autres qu'elles obtinrent la franchise d'impôts ^^. Même les villes qui s^étaient rangées du parti des Perses, ou qui étaient connues pour leur avoir été dévouées, eurent leur pardon et la liberté.^ La Carie après avoir été conquise fut cédée à Ada, veuve du roi Idriée, comme un royaume à part, tandis que les villes obtinrent une constitution démocratique.^^ La Lycic, dont les villes avaient formé une ligue autonome qui s'était bornée à payer un tribut^ aux Perses, ayant pris de bon gré le parti d'Alexandre^ ne peut avoir été privée de sa liberté par celui-ci. Les villes grecques de l'Asie Mineure avaient eu le droit de monnayage sous la domination des Perses; on ne peut supposer qu^Alexandre les en ait dépossédées, et il y a assez de monnaies autonomes de ces villes qui s'accordent avec le temps d'Alexandre. Il a été exposé dans le S précédent, qu'il n'est pas probable que des villes autonomes en général aient frappé les monnaies d'Alexandre de son vivant. L'examen des monnaies d'Alexandre elles-mêmes nous fait aussi présumer, que sous son règne elles ^ n'aient pas été frappées par les villes de l'Asie tlineurc, nommément pas dans les pays occidentaux. Parmi les tétradrachmes mentionnés plus haut, qui d'après la fabrique (classe I) datent probablement du vivant d'Alexandre, il n'y a aucun offrant quelque signe de ville qu'on serait obligé de rapporter à l'Asie Mineure. De l'autre. côté, les tétradrachmes qui d'après les types et les initiales de villes qu'ils portent (v. p. 38) sont reconnus comme
^^ P. e. Sardes et la Lydie, Eplicse, Soli, Mallus.
^9 Ainsi les villes cariennes et Malins. -^ Comme Lampsaqne, Zéleia, Soli.
91 Droysen I. c. p. 134. ^ Droysen 1. c. p. 136.
<3 C. à d. telles qui furent marquées des signes de villes, v. p. 60-61,
frappés dans les villes occidentales, se distinguent par une fa*brique (classe V el VI) qui s'éloigne non seulement des téttadrachmes appartenant au régne d'Alexandre ^ mais aussi' des autres monnaies d'argent frappées dans l'Asie Mineure dans la période antérieure à Alexandre et dans celle d'Alexandre même, comme par les rois de Carie ^ par les tyrans d'Heraclée Pontique et par plusieurs des mêmes villes^; dans le S suivant il sera démontré qu'ils se rattachent aux monnaies d'une époque postérieure. D'autres tétradrachmes d'Alexandre qui par diSerentes raisons doivent être rapportés à la Lycie et à la Cilicie, peuvent bien, d'après la fabrique, être du régne d'Alexandre, mais on peut tout aussi bien les attribuer à la période suivante. Après la mort d'Alexandre Antigonus et Euménés se disputèrent d'abord le pouvoir dans l'Asie Mineure, depuis 316 Antigonus en resta seul maître. Dès lors ce n'est plus le respect des chefs macédoniens pour îa liberté et les droits des peuples qui peut servir de raison pour que les monnaies d'Alexandre n'aient pas été frappées dans les villes grecques en Asie. Antigonus régnait en maître souverain malgré ses décrets réitérés que les villes grecques resteraient autonomes. Il n'y eut que peu de villes qui, comme Rhodes^^ et Cyzique^, pussent maintenir leur liberté par la force. Quand on examine les monnaies d'Alexandre, on trouvera qu'il y en a un nombre qui à juste raison doivent être rapportées à la Lycie et à la Cilicie, et qui, comme celles de Philippe Arrhidée avec des signes correspondants, peuvent avoir été frappées dans cette période. Mais par plusieurs raisons on ne saurait supposer que des monnaies d'Alexandre aient été frappées par les villes des provinces occidentales avant 306. Les tétradrachmes qu'on peut y rapporter avec certitude (voy. p. 38) sont d'une fabrique bien différente de celle qui était propre aux provinces du midi et portent le cachet
'* P. e. les pièces de Cyziquc, de Mytilène, d^Ephèse, de Samos, de Cnide^ plusieurs do Cliios, de Cos et de Rhodes etc.
•5 Voy. S 13 p. 87. -« Cfr § 30 Cyzique no» 910-11.
d^un temps postérieur; quelques-uns sont émis par des villes fondées après et offrent des lettres introduites plus tard Cvoy. p. 77-783. Si les monnaies d'Al^^an^fe étaient frappées dans les contrées «occidentales pendant cette période, on devrait s^attendre à trouver les monnaies contemporaines de Philippe III émises dans ces mêmes pays; mais il n^existe point de monnaies de ce roi offrant des signes de villes dans TAsie Mineure occidentale*
La Syrie, la Phénicie et la Palestine furent soumises à la domination d'Alexandre après la bataille d'Issus. Parmi les villes de Phénicie Aradus avec Harathus de même que Sidon, qui se soumirent volontairement, semblent après la con«» quête avoir eu leurs propres rois^; mais le rapport de dépendance où se trouvaient ces rois relativement à Alexandre n'est pas connu. La ville de Tyr, prise après un long siège, perdit entièrement son indépendance et devint la place d'armes la plus importante des Macédoniens sur celte côte. On ignore de quelle manière Byblus et Acé, qui n'opposèrent aucune résistance à Alexandre, et les autres villes de Phénicie ont été gouvernées sous la domination macédonienne. De la monnaie autonome n^ayant pas été battue par les villes phéniciennes avant ce temps ^, il est permis de croire que les monnaies d'Alexandre y furétit frappées après la conquête macédonienne. Il y a des pièces d'Alexandre offrant le nom d'Acé qui d'après les années semblent appartenir à son régne (cfr concernant l'ère le § suivO. Aussi la fabrique dans plusieurs des tétradrachmes qui portent les signes d'Aradus et de Damas convient au règne d'Alexandre. Après la mort d'Alexandre ces pays furent d'abord gouvernés par Laomédon et depuis Pan 320 ils se trouvaient alternativement dans la possession de Ptolémée, d'Euménès, d'Antigonus et de Démétrius. Les années sur les pièces
^ V. Droysen Gesch. Aîexanders p. 181-82, 195. Arrien IF, 20. ^ Il est connu que les monnaies puniques de ces villes appartiennent à une époque postérieure, -
émises par les villes phéniciennes montrent que dans cette période on a frappé des monnaies d^Alexandre dans ces pays.
La conquête d'Alexandre embrassait encore la Babylonie, la Perse, la Médie et une partie de l'Inde. Ces pays avaient été soumis au despotisme asiatique, en partie sous des satrapes perses, en partie sous des rois soit dépendants des Perses soit indépendants. Sous Alexandre le gouvernement de ces pays fut rendu à des satrapes; des garnisons furent mises dans les villes les plus importantes, un nombre de nouvelles cités furent fondées, et des colonies militaires furent établies. La longue campagne exigeait de grandes sommes pour payer les armées; les monnaies perses ne pouvaient être disponibles en quantité suffisante; dans quelques pays l'argent monnayé n'existait point, et le transport de l'occident devait être très difficile. Les trésors énormes amassés par les rois perses et dont on s^était emparé à Babytone, à Suse, à Persépolis et à Pasargade pouvaient fournir assez de métaux précieux au monnayage. Il est rapporté que plusieurs fois de grands corps d*armées furent renvoyés avec pleine paie sans compter des dons d'argent.^ Il est donc vraisemblable que les monnaies d'Alexandre ont été frappées sous son régne aussi dans les pays orientaux de l'Asie, soit dans les grandes villes conquises, soit dans les nouvelles villes qui furent fondées. Il en était probablement de même dans la période après la mort d'Alexandre où ces pays d'abord se trouvaient sous divers satrapes et depuis l'an 312 pour la plupart étaient réunis sous la domination de Séleucus. ^ Parmi les monnaies d'Alexandre, nommément parmi celles qui sont sans type de
29 Voy. § 19 notes. '
30 Ainsi il y avait certainement cause de battre monnaie pendant la longue expédition que fit Antigonus allié à Séleucus en Perse et en Médie contre Eumènes, dans laquelle il s'empara des immenses trésors d'Ecbatane (parmi lesqilels 5000 talents en argent non- monnayé) et de Suse (des objets précieux de la valeur de 15000 talents).
ville il y a un nombre qu'on peut rapporter à ces pays (v. S 21 cl 41).
L'Egypte qui avait été une satrapie perse fut de même après la conquête d'Alexandre administrée par un gouverneur macédonien. Il est pourtant incertain si l'on y a frappé mon* naic pendant le règne d'Alexandre; aucun monnayage n'avait eu lieu avant ce temps en Egypte, et les ateliers monétaires des villes phéniciennes n'étaient pas éloignés. 11 existe des monnaies d'Alexandre offrant des symboles égyptiens, mais elles peuvent aussi bien appartenir au temps suivant (v. $ 393. Après la mort d'Alexandre Ptolémée gouverna l'Egypte en maître absolu et se soumit Cyrène dont il anéantit la liberté. Il n'est pas certain si Plolémée a fait battre des monnaies d'Alexandre à l'empreinte ordinaire;, mais il faut supposer que les monnaies au nom d'Alexandre qui offrent des changements des types (y. §5 n»* 21-24) aient été frappées en Egypte par Ptolémée dans Tépoquc depuis la mort d'Alexandre jusqu'en 306. Il existe un slatère d'Alexandre au signe de Cyrène qui appartient peut-être à cette même période. ^^
Dans quels pays et villes les monnaies d'Alexandre ontelles été frappées après l'an 306, et pendant quelle
époque?
En 306 les Diadoches prirent le titre de roi, et comme depuis ce temps ils frappèrent tous des monnaies à leurs propres noms, on se serait attendu à ce que le monnayage des pièces d'Alexandre eût c^ssé. Ceci cependant n'eut pas lieu, ainsi qu'il a été observé plus haut (p. 52-53 J. En considérant les monnaies mêmes et en nous appuyant en même tcnnps sur les ren-
^1 V. s 39. Pcut>étrc que déjà avant 306 Ptolcipée a Trappe monnaie à Cyrène en son prapre nom, v. p. 52 note Ç.
seigncmenls que fournit l'histoire, nous allons montrer dans quels pays et villes l'émission des monnaies d'Alexandre se continuait, ainsi que pendant quelle époque elle eut lieu.
La Macédoine et les pays appartenants. Les monnaies de bronze au nom de Cassandre doivent ôlre regardées comme ayant remplacé celles d'Alexandre après Tan 306. Mais comme il n'existe point de pièces d'or ou d'argent de Cassan» dre ni de ses fils^, il est bien possible que les pièces d'Alexandre en ces métaux aient encore été frappées dans les pays macédoniens jusqu'en 294 où Démétrius en devint le souverain. De ce roi II y a un nombre considérable de monnaies de différentes espèces, dont celles d'argent du moins, à en juger par les signes de villes, ont pour la plupart été frappées dans les pays européens; de Lysimaque, qui le chassa de la Macédoine, il existe aussi des monnaies d'or et d'argent à sa propre empreinte dont les signes indiquent ce pays; les rois suivants frappaient également des pièces d'argent particulières. Comme les monnaies d'Alexandre qu'il faut regarder comme émises dans les pays macédoniens ne présentent aucune raison suTfisànte pour les rapporter an temps de ces rois, il est probable que le monnayage de ces pièces n'ait continué que jusqu'à Démétrius L^
La Thrace. Il se trouve un nombre considérable de monnaies en divers métaux, au nom et au titre royal de Lysimaque qui oiTrent des signes de villes de Thrace, et les monnaies d'Alexandre qu'il faut supposer d'avoir été émises des ateliers de la Tbraçe ne présentent aucun motif pour les rapporter au règne de Lysimnque après 306. Il faut pourtant que les monnaies d'Alexandre aient été plus tard [frappées en Thrace.
1 Sur celles attribuées à Philippe IV, v. Append. § 2.
^ Il se trouve à la vérité sur quelques pièces de Démétrius I et d'Antigonus I ' le même monogramme joint au même type que sur celles d'Alexandre; mais rien n^empéche de croire que les mêmes individus ont présidé au monnayage depuis le règne de Cassandre jusqu'à celui d^Antigonus I^ si du reste ce sont les mêmes personnes qui s^y trouvent désignées. Les pièces de Pémétrius I peuvent aussi avoir été monnayées çn Asiç*
Beaucoup de ^étradrachmes que diaprés le nom de ville ou par d'autres bonnes raisons il faut attribuer à Odessa, à Méseinbrie et à d'autres villes maritimes de Thrace se montrent par leur empreinte plate et barbarisante (classe VII) essentiellement dlTférents des autres monnaies d'Alexandre frappées en Thrace. Offrant des légendes correctement écrites ainsi que des monogrammes et des noms grecs, on ne saurait les regarder comme des imitations provenant de peuples barbares voisins. Le caractère demi-barbare de Tcmpreinte ne peut non plus se regarder comme dû à l'influence de ces peuples ou au mélange d'une population grecque et barbare dans les villes septentrionales sous le règne de Lysimaque, ce qu'on trouvera probable en comparant ces monnaies aux télradrachmes grands et plats de Maronée et de Thasos ^ et aux (étradrachmes de Lysimaque frappés à Byzance^. Elles ont la plus grande ressemblance pour la fabrique et l'écriture avec toutes ces pièces et encore elles offrent un assez grand nombre de monogrammes et d'initiales qui se trouvent de même sur celles de Lysimaque^, de sorte qu'il faut les regarder comme ayant été frappées au même temps et sous les mêmes rapports. Mais lorsque ces monnaies de Maronée et de Thasos sont comparées aux monnaies auto-* nomes des mêmes villes qui sont frappées avant la domination macédonienne et peut-être encore sous celle-ci, il se montre une grande distance entre ces deux espèces^ sans aucune transillon. Il y a aussi une différence bien prononcée entre les télradrachmes de Lysimaque au signe de Byzance d'une part, et
3 Au droit tête de Bacchirs, au Qr. Bacchus 4^bout et Hercule debout avec les noms et surnoms de ces dieux; ils sont frappés d'après le système monétaire attique comme ceux d'Alexandre.
^ Avec BT sur le siège de Minerve et le trident à l'exergue.
^ Voy. S 23 sous Odessa et Mésembrie.
^ Pour les types, les légendes, Inexécution artistique, l'épaisseur des pièces et le poids. Il n'est question ici que de ceux de ces tétradrachnies qui ont des légendes grecques justes; il existe aussi un nombre dMmitations entièrement barbares.
la plupart de ses autres létradrachines et des monnaies autonomes de Byzance qui doivent être attribuées à la période d'Alexandre d'autre part; d'ailleurs on ne peut supposer que les monnaies de Lysimaque aient été frappées à Byzance sous son régnée Dans ces villes de la côte méridionale qui du temps de Lysimaque n'avaient ni des habitants ni des voisins barbares, ce changement de l'empreinte grecque pure à la demi-barbare ne peut s'être opéré pendant son règne, mais il doit avoir été la conséquence de la révolution politique qui eut lieu quelques années après sa mort, lorsque les peuples gaulois envahirent les pays de Thrace et fondèrent l'empire de Tyle qui subsista jusqu'en 220. Comme il n'existe point de mon-, naies des princes de cet empire, il esl vraisemblable que les tétradrachmes de Maronée, de Thasos et de Lysimaque' dont nous venons de parler et encore les pareils d'Alexandre appartiennent à cette période. Il y a aussi des statères d'or d'Alexandre ainsi que de Lysimaque qui d'après la fabrique et les signes sont émis des mêmes ateliers et par les mêmes magistrats que les tétradrachmes nommés. Le monnayage en a probablement continué après le renversement de Tétat gaulois, peut-être même jusqu'à la domination romaine. Ce qui parle en faveur do cette supposition, c'est d'abord qu'il n'existe que des monnaies rares de quelques-uns des rois thraces qui régnaient dans ces pays après le renversement de l'état gaulois, et que ces monnaies sont d'une fabrique barbarisante pareille ^9 et puis que pour l'empreinte en général (abs-
"^ Byzance était indépendante de Lysimaque (voy. pag^e67 note 16), et on ne peut ainsi adopter que cette ville ait frappé la monnaie de ce roi pendant son règne (v. p. 60). Les statères de Lysimaque au sif^ne de Byzance sont aussi presque toutes de fabrique barbarisante. L'emploi des lettres cursives ' dans les monogrammes sur ces monnaies est aussi un critère d'un temps postérieur. Le motif par lequel les monnaies de Lysimaque furent frappées après sa mort fut le même qui causa démission de celles d\41exandre et de Philippe II dans une période postérieure^ v. § 13 et Append. S 4.
^ P. e. un tétradrachme d^un roi Mostis^ dont le ^. offre Je même type que
traction faite du travail qui s'éloigne de la pureté do' Tart grec) ils se rattachent à d'autres télradrachmes, tant à Tempreinte d'Alexandre qu'autonomes, qui furent frappés dans des pays et des villes avec lesquelles les cités (hraces se trouvaient en liaison de commerce, et qui se continuèrent jusque dans le 2me siècle (voy. les suivants de l'Asie Mineure).
L'Asie Mineure. 11 existe un grand nonrbre de tétradrachmes d'Alexandre qui d'après les petits types joints aux initiales des noms de villes (v. p. 38) ont été frappés dans l'Asie Mineure occidentale, et qui, selon ce qui a été exposé dang le S précédent, ne peuvent être regardés comme appartenant à la période avant 306. Pour ce qui regarde la question à quel temps ils doivent être rapportés, il faut observer qu'en général pour la fabrique ils différent des tétradrachmes aux types d'Alexandre qui portent les noms de Lysimaque, de Démétrius Poliorcète et de Séleucus et qui appartiennent au commencement de la période après 306. Plusieurs (de la classe Vj ressemblent pour la fabrique à quelques-uns des tétradrachmes do Lysimaque frappés dai^ TAsie Mineure, par conséquent après Tan 301; ils peuvent être contemporains de ces derniers, mais ils ressemblent aussi aux tétradrachmes des Philétères qui leur succédaient et qui furent continués jusqu'au 2mc siècle. Le plus grand nombre diffère sous le rapport de la fabrique (classe Vl) des tétradrachmes de Lysimaque, nommément de ceux qui suivant les mêmes signes ont été frappés dans les mêmes villes^; aussi ont-ils généralement d'autres marques de personnes. ^^
les tétradraclimes de l^ysimaque (v. Viscooti Icon. ^r. H p. 115), et quelques pièces de Cavarus. Cotys HI, dont les monnaies sont mienx exécutées, ne régnait que du temps de Persée.
* Ainsi à Mytilène, à Smyrne, à Héraclée, à Erythres, à Pliocée, à Epbèse, à Magnésie et dans la Carie.
^^ Il faut bien admettre que les tétradrachmes dont il s^agit ressemblent par leur empreinte plate à ceux d'Antigonus |qui datent du temps avant l'an 301 ; mais les tétradrachmes do ce roi font pour la fabrique exception de tous ceux frappés au même temps par les successeurs d'Alexandre. M. Le-
Mais ils offrent une forte ressemblance avec ceux des tétra^ drachmes d*Antiochus Ilqui d'après les mêmes signes ont été frappés dans plusieurs des mêmes villes, à Lampsaque, à Alexandria Troas, à Myrina, à Cymé et à Téos^^ lis se rattachent en général aux tétradrachmes frappés par les rois de Bithynie, de Pont et de Cappadoce depuis le milieu du 3mè jusque bien avant dans le 2me siècle; de même aux tétradrachmes autonomes plats frappés d'après le même système atlique par les villes de l'Asie Mineure occidentale (pour la plupart les mjSmes dont ils offrent les signes)] et qui, d'après tous les critères, en partie sont contemporains de ceux des rois asiatiques cidessus nommés, en partie s'étendent jusqu'au dernier siècle avant Jesus-Christ^^; ensuite aux tétradrachmes émis en Macé-
normant a fait valoir cette ressemblance en disant: On peut croire queTIo^ nie donna le premier exemple de V élargissement des pièces, si Von fait at" tcntion au volume que présentent les tétradrachmes d'Antigonus, Num. des rois ^t. p. 28 col, 2. Pourtant on ne pent ^uère supposer, que les tétradrachmes d'Antigonus aient exercé aucune influence sur le monnayage des tétradrachmes d'Alexandre dans Tlonie. Ils ne furent frappés que pendant le court espace de 4-5 ans, ce qu^on voit par le litse de roi qu'ils portent tous, et en petit nombre, à en juger par leur rareté, et ils ne furent probablement pas émis dans l'Asie Mineure occidentale, mais en Syrie. Ce fut en Syrie que demeurait Antigonus occupé de la construction de sa magnifique résidence d'Antigonia, lorsqu^à la nouvelle de la victoire près de Gypre (306) il prit le titre de roi, et il ne quitta cette province que lorsquMl fit sa malencontreuse campagne en Egypte et qu'ensuite, traversant la Cilicie; il entra en Phrygie où il fut tué dans la bataille d'ipsus (301), Il est à présumer que son pouvoir sur la partie occidentale de l'Asie Mineure dans cette époque ait été nulle ou très restreinte, et les signes sur ses monnaies n'indiquent aucune des villes de cette contrée. Il est vrai que son fils Démétrius, étant accouru de la Grèce en 302 pour lui porter secours, se mit en possession de quelques villes sur la côte occidentale; mais s^il y faisait battre monnaie, ce ne fut guère celle d'Antigonus mais sa propre monnaie, puisqu'après la bataille de Cypre il s'était fait roi indépendant.
^^ V. Mionn. no* 142-147; d'autres qui en diffèrent se trouvent dans le Musée Britann. et à Munich. Deux monogrammes sur ceux-ci d'Alexandria Troas semblent être les mêmes que ceux sur la pièce d^AIexandre n« 924.
1' Savoir ceux de Lampsaque, d'Abydos, d^Alexandria Troas, d'Ilium, de Ténédos, d'iCgie, de Cymé, de Myrina, de Lébédos, de Magnésie, de Smyrne, d'Alabanda, d'Antioche et de Cos, Sous le rapport artistique ils sont en général d^un travail médiocre, souvent même mauvais, comme ceux d'Ilium
doine par les rois suivants, par quelques villes sous ces rois et au commenccmenl de la domination romaine ^^; enfin aux létradrachmes battus par Thasos et Maronée à types autonomes, par Byzance à l'empreinte de Lysimaque et par d'autres villes de Thrace à celle d'Alexandre, dont nous avons montré plus haut rémission postérieure. L'analogie entre tous ces tétradrachmes consiste non seulement dans la manière du monnayage, en ce qu'ils sont plats et larges, mais aussi dans l'exécution artistique qui est en général négligée, médiocre et ne donnant qu'un relief plat, puis dans l'usage de lettres cursives^^, et enfin dans l'emploi de noms entiers de magistrats et de nombres d'années ^^ Quant aux tétradrachmes d'Alexandre de cette fabrique qui offrent des années, MM. Pellcrin et Cousinéry, présumant qu'on eût commencé à frapper des monnaies d'Alexandre dans l'Asie Mineure immédiatement après la conquête, ont supposé qu'il faille calculer l'ère depuis la délivrance du joug des Perses.^
et d'Alexandria sur lesquels aussi les noms des divinités sont ajoutés de la même manière que sur ceux de Maronée et de Thasos citéf p. 74. Sur les . pièces d'Alexandria se trouvent les années 221-235, dont l'ère ne peut avoir commencé antérieurement à la conquête de PAsio Mineure par Alexaodre (v. Eckliel Doclr. n. v. II p. 481). Des noms de magistrats écrits en entier se voient souvent. Quelquefois on rencontre des lettres cursives, comme sur ceux de Lampsaque. Les lettres sont fréquemment grandes, grossières et se terminant en boules, comme sur les monnaies d^AIexandre citées p. 74 d'Odessa et de Mésembrie. On ne saurait donc souscrire à l'opinion de Birch qui dans le Num. Chron. III p. 90 suiv. explique quelquesuns des noms sur les tétradrachmes autonomes de Cymé comme étant ceux de personnages qui vivaient du temps d'Alexandre.
^3 P. e. à Héraclea Sintica, à Amph»xus et dans la Regio I et //.
^^ De telles lettres se voient sur les tétradrachmes d'Alexandre, dont il est question en ce lieu, et isolées, comme sur les no* 1149 et 1258, et placées dans des monogrammes, comme sur les n»* 942, 947, 993 et 1110.
15 Des années se trouvent sûr les pièces des rois asiatiques et d'Alexandria Troas, des noms entièrement écrits sur celles des villes asiatiques. Le nom de Diogène sur un tétradrachme d^ Alexandre au signe de Cymé (n<* 949) se rencontre sur une autonome de Cymé (dans le Musée Britann.).
i« Pellerin Mel. I p. 117-18 et 122. Cousinéry Voy. I p. 237; du passage de Granique ou de la bataille d'Issus ou de quelque autre fait appartenant à V histoire d^Alexandre,
M. Pinder penche à croire que ces pièces sont battues dans des pays soumis au sceptre de Ptolémée Sôler et qu^élles contiennent rére philippique qui commença depuis Pavcncment de Philippe Arrhidée et qui, selon son opinion, se trouve sur les monnaies de Ptolémée.^'' Mais, d'après ce qui précède, la fabrique met un obstacle à ce qu'on en recule l'ère si loin« Une partie de ces tétradrachmes marqués d'années doit être attribuée à Aspcndus (v. no 1196 suivO; en comparant ceux-ci à ceux d'Alexandre des provinces voisines de Lycie et de Cilicie (no» 1270suiv. et 1279suiv.)) il est évident qu'entre eux il se trouve un espace de temps très considérable. Sur un d'eux (d'AIabanda no 1149) on trouve € dans le nombre 15; selon M. Cousinéry cette année serait 319, selon M. Pinder 308; mais les lettres cursives n'ont pas été introduites en Asie à une époque si reculée. Il est probable, diaprés Tusage connu des villes asiatiques, que l'ère à laquelle se rapportent les années tire son origine de l'acquisition d'autonomie ou d'une constitution libre accordée à ces villes ou à cette partie de l'Asie Mineure par quelque souverain. Un tel changement aurait pu être occasionné par la conquête de l'Asie Mineure par Séleucus (283-281 av. J. C), et l'on pourrait donc dater l'ère de cet événement; mai? ce point de départ même semble trop reculé; les monnaies qui offrent l'an 1 sont absolument de la même fabrique que celles marquées de la dernière année 33.' En descendant à une époque postérieur^ on trouve rapporté qu* Antiochus II délivra Milet du tyran Timarque et qu'il rendit la liberté aux Ioniens^; la même liberté a peut-être été accordée
17 Be'iU'&ge zur âU. Mûnzk. B. I H. 1 p. 198-99, cfr p. 210-11 et p. 221. Le savant auteur trouve une confirmation de son opinion en ce que les années vont aussi loin que celles sur les monnaies de Ptolemée, c. à d. jusqu'en 39 CJO); cette année est citée d'après Ëckhel Doctr. n. v. II p. 104; mais ni dans le cabinet de Vienne ni ailleurs nous n'avons trouvé d'année plus élevée que 33 Qjt).
18 D'après un passage dans Josephi Antiquitates XII, 3, 2, indiqué par Droysen, Gescb. des Hellenismus II p. 299.
ÈO
é plusieurs villes des provinces voisines et l*inlroduclion de l'ère peut avoir é(é occasionnée par un tel événement J' On pourrait aussi supposer que Vère eût été introduite en conséquence d'un acte de Ploiémée II qui par sa conquête enleva à Antiochus II toute la partie du sud-ouest de l'Asie Mineure; à ces pays appartiennent les villes dont les monnaies présentent des années^, et comme il n'existe point de monnaies de Ptolémée offrant des signes de TAsie Mineure, il est vraisemblable que ces villes aient été autonomes sous sa domination. Quelque opinion qu'on adopte de ces deux qui viennent d'être proposées, le. commencement de Vère tombe au milieu du 3me siècle, époque à laquelle convient la Tabriquo des tétradrachmes. Le résultat de ce qui vient d'être allégué est donc, que dans l'Asie Mineure occidentale les monnaies d'Alexandre à la vérité peuvent avoir été Trappées dans quelques villes sous la domination de Lysimaque, mais que leur émission n'est devenue générale que sous les Séleucides et nommément sous Antioclius II. On ne saurait dire combien de temps ce monnayage ait duré; peut-être qu^il a cessé lorsque, après la bataille de Magnésie en 189, TAsie Mineure Tut cédée à Rome par Antiochus le Grand.
La Syrie et la Phénicie. Les monnaies d'Alexandre furent frappées dans les villes phéniciennes iprés 306, ce qui se voit, comme il a été déjà observé (p. 52), par leurs années, qui outrepassent le nombre 30. Sur les pièces d'Acé on trouve en chiffres puniques *unc suite d'années depuis 5 jusqu'en 46 qui n'a qu'une interruption considérable depuis 11 jusqu'en 20, sur celles d'Aradus, de même en chiffres puniques, une série depuis 21 jusqu'en 4b qui offre pourtant une grande lacune entre les nombres 25 et 35, et ensuite les années isolées 61 (653 et 76 en
'' 11 faut ainsi croire que dans les villes citées plus liant (p. 77), aux signes desquelles il existe des monnaies d'Antiochus H, les monnaies d* Alexandre auront été frappées après celles-ci comme conséquence de l'autonomie accordée.
^ Ainsi Alabanda, Aspendus, Sillyum, v. S 32 et 33.
lettres grecques. Pour préciser jusqu^à . quelle époque les monnaies d'Alexandre ont été frappées dans ces pays, il faut exa« miner à quelle ère les années doivent être rapportées. Quant à Acé les tétradrachmes émis dans cette ville sont d^une fabrique qui peut convenir et au régne d'Alexandre même et à celui de Séleucus I; ce qui se présente d'abord c'est donc de calculer l'ère depuis Tannée ou la Phénicie fut délivrée du despotisme perse, ou peut<-étre de la bataille d'Issus C333) ou de celle du Granique (334), desquelles le commencement de la domination d'Alexandre sur l'Asie pourrait être daté; par ce qui suit on verra que c'est à la dernière de ces années qu'on doit probablement donner la préférence. Si l'on adoptait une des ères postérieures usitées dans ces pays, ceux des tétradrachmes d'Acé qui portent les années les plus élevées ne s'accorderaient pas pour la fabrique avec les autres de la même époque. Cette ère convient aussi très bien aux monnaies d'Alexandre frappées à Ara dus. Ceux de ces tétradrachmes qui portent des années puniques depuis 21 jusqu'en 45, ce qui correspondrait à 313-289 av. J. C, sont un peu plus plats que la plupart de ceux qui sont sans année et qui ressemblent aux pièces antérieures d'Alexandre de ces pays; ils forment par la fabrique la transition à ceux qui ont les chiffres grecs 61-76; ces derniers, qui tombent ainsi dans les années 273-258 av. J. C. sous les règnes d'Antiochus I et II, sont d'une fabrique analogue à celle des tétradrachmes aux types de ces rois qui furent frappés dans les provinces orientales. ''^^ Il faut ajouter qu'en posant l'an 334 comme point de départ de l'ère d'Alexandre, l'an 76 devient précisément la même année,
^^ II y a des tétradrachmes d'Antiochus I avec le mono^rtimme d'Aradus. Rien ne s'oppose à la supposition que ceux-ci aient été frappés par le gouvernement séleucide au même temps que les monnaies d^Alexandre Turent émises par le magistrat communal de la ville, cfr p. 57 note 6, p. 59 note 8 et plus bas note 26. Il est cependant possible qu'ils appartiennent à l'époque Intermédiaire entre les nombres puniques et les grecques, et qu^ainsi ils sont frappés dans les sept premières années du règne d'Antiochus.
258, où commença l'ère aradicnne qui se trouve sur les nombreuses monnaies autonomes d'Aradus et qui se continuait sous les empereurs romains.^ Comme il est invraisemblable que deux différentes ères aient été employées contemporainemcnt sur des monnaies frappées par le même magistrat d*une ville autonome^, il s'ensuit d'abord que l'an 76 doit être regardé comme la dcr^ niére année qui ait été placée sur les monnaies d'Alexandre d'Aradus, et puis qu'aucune des ères postérieures n'est admissible.^^ Il est donc probable qu'une ère commençant depuis la domination d'Alexandre sur l'Asie ait été employée sur les monnaies d'Alexandre et dans les villes phéniciennes du midi et dans celles du nord* Dans les premières ce monnayage a probablement cessé plus tôt que dans les dernières, puisque sur les pièces d*Acé les années ne se continuent pas aussi avant que sur celles d'Aradus. Depuis Tan 292 la partie méridionale de la Phénicie était au pouvoir de Ptolémée^'^; le nombre le plus élevé sur les monnaies d'Acé (46) tombe dans la fin du règne de Ptolémée 288; il n'y a point de raison de supposer qu'après sa jnort (en 283) on y ait plus frappé des monnaies d'Alexandre.^ A Aradus, soumis depuis 301 avec toute la par-
^ Le commencement de crttc époque tombe entre 494 et 496 urb. c, v. Ëckhel Doctr. n. v. III p. 394; d'après Droysen Gesch. des Hellenisnius II p. 291 plus précisénient l'an 258 av. J. C.
^^ Après Pan 306 \eà monnaies d'Alexandre ne peuvent avoir été frappées que par le magistrat communal, non par le gouvernement royal, cfr p. 84-85.
^^ Pellerin (Méi. 1 p. 215) est aussi, d'opinion que l'ère sur les monnaies d'Alexandre d^Aradus date do la domination d'Alexandre en Asie. Cfr Cousinéry I. c. note 16.
^^ Cfr § 38 la fin, note.
^ Il existe des monnaies de Ptolémée Sotcr qui diaprés le signe UT (aussi joints en monograpimc) ont été frappées à Are qui probablement déjà à la fin du règne de Soter, après avoir été embellie et étendue, obtint le nom de Ptolémaïs. Plusieurs de ces monnaies ont les nombres 30-38 qui semblent appartenir à une ère commune aux villes du midi de la Phénicie, qui a commencé environ 320 av. J. C. (v. Fr. Lenormant Revue numism. fr. 1854 p. 161 suiv.); ainsi elles ont été frappées pendant quelques années ensemble avec les monnaies d^Alexandre au nom d'Acé. Cette supposition n'offre
lie septentrionale de la Phénicie a la domination des Séleucides, on peut supposer, d'après ce qui vient d'être allégué, que l'émission des pièces d'Alexandre ait cessé en 258, 3me- 4ine année du règne d'Ântiochus II. Aussi dans d'autres villes de Phénicie et de Syrie les pièces d'Alexandre ont sans doute été Trappées encore après que ces pays fussent soumis à la domination de Sèleucus; ce qui fait admettre cette supposition c'est que les emblèmes de Sèleucus se trouvent sur un nombre considérable joints aux signes et monogrammes qui se laissent à juste raison expliquer de villes dans ces pays, et que quelquefois ces mêmes signes, 2-4 réunis, se retrouvent sur des tétradrachniBS aux propres noms de Sèleucus et d'Antiochus I.*^^
L'Egypte. Déjà avant 306 Ptolémée, à ce qu'il parait, avait fait un changement aux types d'Alexandre (voy. S ii page 72), et comme roi il fit frapper des monnaies propres à un autre poids que celles d'Alexandre. On ne peut donc supposer que dans cette époque des pièces d'Alexandre aient été frappées en Egypte par le gouvernement, mais un tel monnayage peut avoir été entrepris par quelques-unes des villes do commerce sur la côte d^Afrique, ainsi que sur celle do la Phénicie (cfr le S suivO.
On a cru qu'il se trouvait des années plus élevées sur les monnaies d'Alexandre que celles qui viennent d'être citées. Ainsi sur un statère d'Aradus une légende punique à été expliquée par l'an 100; sur un tétradrachme de la même ville le nombre 76, exprimé en chiffres grecs, a été interprété de Tan 209 ou 270; de même B2 sur un autre tétradrachme de Syrie ou de Phénicie a été regardé comme le nombre 202. Il
point de difficulté. Profitant d'un ancien oit le magistrat de la ville pouvait bien continuer à frapper des monnaies d'Alexandre au nom d^Acé qui ne fut pas aboli , en même temps que le gouvernement égyptien y frappait des monnaies de Soter au nom de Ptolémaïs. Cfr la note 21. ^ V. no 1351 suiv. et no 1494 suiv.
sera démontré plus bas que ces caractères et lettres ont été interprétés d'une manière peu satisfaisante.^
M. Ch. Lenormant s'est servi de la découverte numismatir que faite en 1759 près de Laodicée en Syrie, décrite par Pel-^ lerin^, pour en déduire que la fabrication des monnaies d'Alexandre en Asie a probablement duré encore 150 ans après la mort d'Alexandre, en alléguant que ce dépôt renfermait quatre pièces d'Antiochus IV Epiphane (mort en 164 av. J. C.) ensemble avec un grand nombre des tétradrachmes d'Alexandre. "^^ Cette déduc-tion n'est pourtant guère admissible* Il s'y trouvait aussi trois tétradrachmes de Lysimaque et un de Mithridate III de Pont, et parmi les tétradrachmes d'Alexandre un assez gcand nombre qui d'après les signes doivent avoir été de ceux frappés en Grèce sous le règne d'Alexandre même, d'où l'on voit que ce dépôt contenait des monnaies de pays et de temps bien différents.
Par quelle autorité et par quel motif les monnaies d'Alexandre ont-elles été frappées après Tan 306?
les Diadoches ayant commencé on 306 à battre monnaie en leur propre nom en y ajoutant le titre de roi, il n'est pas vraisemblable qu'ils aient continué en même temps de frapper des monnaies d'Alexandre. Ces monnaies ayant donc cessé d'être celles du gouvernement^, il faut admettre qu'elles ont été émises par le magistrat communal des villes, soit des villes libres, soit de celhs dont l'autonomie était restreinte par les chefs macédoniens et qui avaient obtenu pour cela une permission spéciale; dès ce temps elles doivent donc être classées avec
M V. § 37 nos 1367, 1389 et 1483. 29 Mé|. I p. 104 suîv.
*> Nu m. des rois gr. p. 28.
^ En ililacédoine sous Cassandre il s^est peut-être fait une exception, v. le $ précéd. p. 73.
les monnaies autonomes dont elles étaient contemprraines. ^ Cette supposition se trouve confirmée par les monnaies. Les monnaies d'Alexandre qui d'après les nombres d'années, la fabrique, ou par d'autres raisons doivent être rapportées à la période après 306 n'appartiennent pas aux pays qu'on doit regarder comme plus directement soumis au gouvernement royal, comme la A/lacédoine et la Thessalie, la Thrace sous Lysimaque et l'Egypte, et elles n'offrent point de signes de villes dont on puisse supposer qu'elles aient été administrées par des magistrats royaux^. Au contraire, elles sont frappées dans de^ villes qui, soit d'après les données historiques, soit d'après l'ère sur leurs monnaies qui indique l'acquisition de l'autonomie, étaient à ce qu'il semble libres^, oii qui avaient au moins la forme d'une constitution démocratique '\
Quant à la question, par quel motif les monnaies d'Alexandre ont été frappées après son temps, des opinions ont été énoncées auxquelles on ne saurait souscrire. Pellerin, mettant l'émission des monnaies d'Alexandre en Asie après sa mort en connexion avec le culte qui lui fut voué dans des temples particuliers, avec les fêtes et les jeux célébrés en sa mémoire, supposa que ce monnayage ^ût été fait pour en couvrir les frais par coopération des peuples et des villes qui y prenaient
- Il existe des monnaies autonomes de plusieurs des mêmes villes de l'A&ie Mineure et d'après la fabrique du même temps, qui offrent des noms et âes monogrammes qui semblent indiquer les mêmes magistrats que sur les tétradrachmes d'Alexandre; voyez les pièces frappées à Cymé (§ 30 no 949J, à Erythres (§ 31 no 999 suiv.), à Priène ( § 31 no 1026 suiv.), à Rhodes (§ 32 no 1160 suiv.). — Le signe de ville ne pouvait plus, comme dans la période précédente, marquer la soumission au gouvernement royal dont la monnaie portait l'empreinte , les nouveaux rois y ayant substitué une autre (ou au moins un autre nom), mais il n'indiquait qoe l'atelier monétaire.
^ P. e. non des villes de résidence (comme Antioclie) ni des forteresses principales (comme Séleucie) ni des dépôts du trésor (comme Pergamc sous I,ysimaquc et plus lard sous Philétère) etc. /
•* Ainsi les villes dans l'Asie Mineure, v. § précéd.
^ P. e. des villes de Thrace sous la domination gauloise, des villes de Phénicie sous le gouvernement Séleucide et Ptoléméen.
part.^ Eckhel attribua à un motif semblable la Tabrication des pièces d'Âlexanclre en Asie encore du vivant de ce roi.'' Il n'est certainement pas invraisemblable que dans la période romaine des monnaies aient été frappées par plusieurs provinces ou villes réunies, surtout pour subvenir aux dépens du culte commun, des jeux ou des fêtes, ce qui alors fut indiqué sur la monnaie même par le type ou par la légende^; mais les monnaies d'Alexandre dont il s'agit ici n'offrent absolument rien à Tappui d'une telle conjecture. Dans les derniers temps on a souvent voulu faire valoir l'opinion que les monnaies d'Alexandre aient été frappées en mémoire du grand roi^ libérateur du joug des Perses, ou en honneur de celui qui fut adoré comme un héros ou un dieu. Mais les monnaies frappées par des villes grecques en mémoire de héros, de rois ou d'hommes illustres ont Tim côté occupé par le type et le nom de la ville ou du peuple; il en est de même des pièces frappées en l'honneur d'Alexandre dans la période romaine ^^; elles portent au moins une représentation particulière ayant rapport à l'homme célébré ou déifié. ^^ Mais les tctradrachmes du temps postérieur sont une pure répétition de ceux d'Alexandre lui-même, seulement avec différents signes de villes et de personnes. Il en existe aussi de villes pour lesquelles il ne put y avoir de raison de célébrer la mémoire d'Alexandre, p. e. des villes pontiques au nord^ de la Thrace qui ne furent pas soumises par Alexandre et qui, à ce qu'il semble, n'avaient été dans aucun rapport avec lui^^, et de
6 Pellerin Mél. I p. 120-22.
■^ Kumi vet. anecd. I p* 83. Doctr. n. v. Il p. 104.
« Voy. Eckhel Doctr. n. v. IV cap. 21. » V. I. c. § 10 note, cfr § 9 note.
^^ V. § 5 p. 34, n» 32. Cfr les autonomes frappées par ApoUonie et d'autres
Yillcs asiatiques^ qui on^ trait à Alexandre. " V. § 5 p. 33, no 26 suiv.
1^ Les jeux d'Alexandre célébrés sous Gordien à Odessa ne semblent avoir été
institués que pour flatter cet empereur qui, second Alexandre , délivra les
pays grecs des barbares et prépara une expédition contre les Perses, V.
Eckhel Doctr. n. v. IV p. 434,
Rhodes qui sous Alexandre avnit élu opprimée par une garnison macédonienne^^ laquelle en fut chassée dés sa morl'^, de sorte que ce fut au conlraire de sa délivrance de la domination d'Alexandre que cette Ile dut dater le commenccmenl de son indépendance et de sa puissance comme état marilinie et commercial.
Ce qu'il faut penser du motîT par lequel des pièces d'Alexandre ont clé frnppées dans celle période postérieure deviendra clair lorsqu'un considère d'autres monnaies correspondantes, et de l'antiquité, et du temps moderne. Le système monétaire des étals européens depuis le moyen-âge monire, que des monnaies qui étaient très recherchées dans les relations commerciales des nations ont par ce seul motif continué é être frappées dans des temps posiérieurs et dans des pays étrangers, de sorte qu'on n'a fait qu'ajouter les noms des différents souverains et villes, ou seulement d'autres signes ou années; telles sont les séquins, les florins, les tournois, les sterlings, les ducats de Hollande. Il faut croire qu'il en a élé de iiiêine de plusieurs espèces de monnaies dans l'anliquité. Les staléres d'or de Philippe 11 furent répétés après sa mort par des villes commerçantes de l'Asie Mineure occidentale, ce qui sera montré dans l'appendice S 4. C'est surtout un slalère frappé à Rhodes qui en fournit la preuve. Cette pièce ne peut être frappée en commémoration du roi macédonien, puisque les Rhodiens s'étaient trouvés en hostilité avec lui. Mais le ^rand nombre qui existe des staléres de Philippe et de leurs imitations, et le fait qu'ils se trouvent dans tant de pays difl'crents font conclure, qu'ils étaient les pièces d'or tes plus répandues dans l'ancien monde, supposition corroborée par ce que toute monnaie d'or fut en général appelée d'après eux du nom commun de philippe.^^ Elles ne
'^ Quînle-Curce IV, 8: Rhodii dtpratidio TUcrcionlur.
■4 DiedoreXVIII, 8: 'Portai ix^aloiJK i^r MaxiiPovixiv >fçovQny
çmaRf Tijy nàJjv.
<B Sur ce SDJel t. Appendice S 4.
peuvent donc guère avoir été frappées que par la raison qu'elles avaient le meilleur cours dans le commerce. Il semble en être de même des pièces d^argent frappées par les deux villes de commerce les plus importantes de Tancienne Grèce, Athènes et Corinthe. Il existe des tétradrachmes, à tous égards pareils à ceux d'Athènes, avec les noms de villes Cretoises ^^^ et des didrachmes et drachmes, parfaitement conformes à ceux de Corinthe (les pièces dites monnaies de colonies corinthiennes^, avec les noms ou les signes de beaucoup de villes différentes tant de la Grèce ^^ que de la Grande-Grèce^^ et de la Sicile ^^, et même avec des caractères puniques^. On a motivé Témission de ces pièces par une liaison spéciale entre les villes, par un traité conclu par Athènes et par Corinthe avec les autres villes ou par une permission accordée à celles-ci; on a aussi cherché à l'expliquer par certains événements historiques.^^ Tout cela n'est point nécessaire; on lie sait rien d'une alliance entre Athènes et les villes de Crète, et il n'est pas vraisemblable que toutes les villes dont les signes se trouvent sur les didrach-
'^ V. Eckhel N. vet. anecd. I p. 149-152; le passage du Lysandre de Plularque, cité et expliqué p. 151, peut faire conclure, qu'ils onlété frappées aussi par d'autres villes que celles de Crète.
'' V. Cousinéry Sur 1rs monnaies de la ligue Acii. et de Corinthe.
^^ P. e. des Locriens, v. Millingen IVuin. de l'anc. Italie p. 69.
^^ Comme de Syracuse, de Léonlium (llillingen Sylloge pi. III, 9J, d^Agrigente et de Tauronienium (Millingen Aneient coins p. 36).
^ Millingen Aneient coins pi. II, 16, Luynes Num. des satrapies et de la Fhénicie pi. V p. 34,
^' Sur les tétra drachmes athéniens frappés par des villes Cretoises Eckhel dit 1. c. p. 152: quum commercium (Alheniensium) late paterel, paierai inler eos aliasque urbes esse convenlutn, ut in eius tnuluum usum pecunia solum noctuœ imagine signala adhiberelur. Le discours de M. Cousinéry sur les pièces corinthiennes, cité note 17, lâche de démontrer qu^elIes ont été frappées selon un droit concédé par Corinthe à ses colonies (voy. p. 107 et 108)^ surtout à Tusago de la ligue Achéenne. M. Raoul Rochette dans Annali dell' inst. Vol. 1 p. 330 confirme de ces monnaies qu'elles ont ét^ frappées par plusieurs colonies corinthiennes ou peuples alliés de Corinthe, et suppose qu^clles aient été émises à ^occasion de l'expédition de Timoléon par les divers peuples qui y prenaient part sous la suprématie -de Corinthe.
mes et drachmes de Temprcinte corinthienne aient été dçs colonies ou des alliés de Corinthe^. Lorsqu'on considère le pouvoir d'Alexandre, la liaison qu'il opéra entre la Grèce, l'Asie et l'Egypte, ainsi que le grand nombre de villes et d'étals grecs dont la Tondation lui était due, et lorsqu'on y ajoute que pendant une époque de dix-sept ans après sa mort ses monnaies Turent encore frappées par les chefs macédoniens dans les différents pays, on cohoevra que ces monnaies ont dû être répandues et accréditées tellement, que même dans la période suivante elles ont continué à éire les* plus recherchées dans le commerce entre les pays qu'avait embrassés Tempire d'Alexandre. Le commerce doit <!K)nc avoir été le motif suffisant de leur fabrication continuée; on n'a pas besoin d'en chercher d'autre. C'est, par les villes de commerce que, d'après les signes, les monnaies d'Alexandre ont été frappées dans celle période, surtout par les villes maritimes de l'Asie Mineure occidentale, par celles de la Thrace septentrionale qui étaient leurs colonies, et par les villes de la Phénicie qui étaient en liaison de commerce avec celles de l'Asie Mineure. On peut aussi démontrer qu'une émission contemporaine de diflTércntes sortes de monnaies en faveur du commerce a eu lieu dans plusieurs villes dans celte période, p: e. dans les villes de la Phénicie ^^ et à Chcrsonèse Taurique^*. Des monnaies d'Alexandre ce furent surtout celles, d'argent, nommément les télradrachmes, qui semblent avoir été
^^ II n'est certainement pas improbable que les pièces qui ont sur le Qr. le si^ne corinthien du Koppa soient frappées en commun par Corinthe et la ville dont le nom ou le signe se trouve sur le droit (cfr p. 43 note 21); mais pour celles qui n'ont pas le Koppa ni d^autre signe sur le Q: , il n'y a aucune raison de le supposer. '
-** Dans les villes phéniciennes on frappait au même temps des monnaies d'argent d'après le système attique, qui était celui du gouvernement séleucide, et d'après le système phénicien, qui était adopté par les Ptolemées. Cfr Fr. Lenormant Sur les monn. des Lagides, dans Revue nu m. fr. 1854 p. 182-83.
^^ Il y a de cette ville quelques monnaies au^oids attique, d'autres de la même époque d'un poids ressemblant au babylonico-éginétique. Cfr Kochne Mém. de la soc. d'archéol. et de nuinism. à St. Pétersbonrg II (1848) p. 232-33.
les plas recherchées dans le commerce; les philippes semblent avoir obtenu la préférence sur les statéres d'Alexandre , et par cette raison sans doute ils furent répétés en même temps que les tétradrachmes d'Alexandre par les villes commerciales sur la cdte occidentale de F Asie Mineure^.
(jomment faut-il expliquer les noms et sigles de
personnes ?
Il n'est pas invraisemblable que sur les monnaies d'Alexandre les noms de personnes, ou les initiales et les monogrammes qui les expriment, se rapportent quelquefois à des magistrats supérieurs, même à des personnages dans la plus haute position. Sur les autonomes de la période qui suit celle d'Alexandre on ne trouve pas rarement, comme on sait, ajoutés aux noms les titres et les dignités de tels magistrats.^ On doit donc admettre que les monnaies frappées par le gouvernement royal peuvent quelquefois porter le nom ou les initiales du nom du gouverneur d*une province, du commandant d'une ville soit civil soit militaire QOQovqdqxfiùy du chef d'un corps d'armée (surtout lorsque le monnayage avait été fait au camp), du magistrat chargé de la perception des impôts, ou du fonctionnaire auquel était conflé ravitaillement de Tannée et le paiement de la solde (Sfaiiiaç)'^. Dans le cas où l'on regarde le
s^ Voy. Appendice § 4.
^ Les titres d'archonte et de stratège se rencontrent nommémrent sur les autonomes des mêmes villes de PAsie Mineure où les monnaies d'Alexandre furent frappées; cfr Priène §3) note. M. Koehne (I. c. § 13 note 24, p. 234- 237) s^appuyant sur une inscription sur marbre a montré que le nom d'Agasiklektès sur une monnaie autonome de Chersonèse Taurique désigne probablement un magistrat supérieur. Sur les impériales grecques se trouvent, comme on sait, fréquemment des noms des premiers magistrats, tant de la commune grecque que du gouvernement romain.
^ Ce dernier se trouve assez souvent nommé sur des monnaies autonomes de
monnayage comme entrepris par la magistrature communale des villes plus ou moins indépendantes, on peut y voir le nom de
l'archonte, du stratège, du prytane, ou d'un autre administrateur supérieur quel que fût d'ailleurs son titre. Mais le plus souvent ce sont sans doute des hommes exclusivement chargés de la direction du monnayage^ ou des personnes subordonnées employées à Tatelier monétaire dont les signes sont placés sur les monnaies.
L'examen des monnaies sert à corroborer la supposition que des personnes dans une fonction tant supérieure qu'inférieure y soient indiquées; mais quant à la question, quels noms ou initiales désignent ceux-là, quels autres ceux-ci, les monnaies n'offrent que des renseignements insuffisants et peu sûrs.
Les noms écrits en entier étant plus marquants que les monogrammes et les initiales, on est tenté de croire qu'ils ap-r partiennent à des personnes dune plus grande importance.^ Cependant on verra sur les tables que dans les séries au même signe de ville, sur la place où d'ordinaire se trouvent des monogrammes ou initiales, il y a quelquefois un nom entier, qu'on doit ainsi plutôt expliquer d'un personnage chargé de la même fonction que ceux indiqués par les monogrammes ou par les initiales, voy. no«446, 475-76 et 966.^
Dans quelques suites on voit le même signe de personne répété à côté d'un nombre d'autres qui varient, voyez p» e. n»* 33-77, 101-3, 265-70 (et n» 709 suiv.). Il paraît assez simple d'expliquer le premier signe comme celui d'un personnage su-
• la période romaine, de même que les questeurs et édiles sur des monnaies romaines frappées dans les provinces.
3 Correspondants aux Illviri ou IlIIviri monetales de Kome dont les noms furent mis sur les monnaies.
* Koebne (I. c. § 1 3 note 24) pense aussi que les noms écrits en entier sur les monnaies de Chersonèse Taurique sont ceux de magistrats.
^ Même les noms des Diadoches et des rois macédoniens suivants ne sont souvent désignés que par des initiales ou des monogrammes sur leurs monnaies.
périeur, les derniers comme ceux de personnages inrérieurs et peut-être coordonnés. Cependant comme différents membres du sénat ou de Padministralion suprême 0^ prytanée) peuvent avoir été successivement chargés de la surveillance du monnayage, et comme dans plusieurs villes des magistrats se succédant annuellement étaient à la tête de la ville, les signes qui varient peuvent aussi indiquer des personnages supérieurs; quelquefois ce sont même les noms écrits en entier qui changent tandis que les initiales restent les mêmes, p. e. sur les pièces de Rhodes n<» il 16-22. Lorsqu'un signe de personne se répète sur différentes monnaies à différents signes de villes, il y a pourtant de la vraisemblance qu'il désigne un magistrat supérieur (cfr S 10 p. 58), voy. S 23 no» 381-84, S 25 n»» 539 suiv., S 26 no» 679 suiv. et 736 suiv. et S 28 n». 759 suiv. ; du moins on ne saurait l'expliquer comme désignant un personnage inférieur employé à l'atelier monétaire.
On pourrait croire que le champ devant la figure, où se trouve le plus souvent le signe de ville, fût la place la plus honorable, et que le monogramme ou l'initiale qui s'y trouve dût s'expliquer du personnage supérieur. Mais le même signe de personne est très souvent placé dans différents endroits sur des monnaies du même lieu d^émission, comme sur les nos 6-7, 8-li, 88-90, 91-93, 129-30, 167-68, 331-32, 410- 12, 518-19, 521-23, 604-12 etc, et le nom écrit en entier aussi bien que les monogrammes et les initiales, qui par d^aulres raisons devaient être expliqués de personnes supérieures, se trouvent quelquefois derrière la Victoire, sous le trône de Jupiter ou à l'exergue.^
Quelquefois une lettre a été placée au droit sur la lélc
^ Il est possible que deux monogrammes ou lettres Tun à côté de Pautre ne sicriiifient quelquefois qu'une seule personne, de sorte que le second désigne le nom du père, indication ordinaire pour les magistrats nommés sur les monnaies autonomes d^rythres.
dâ
même, comme E sur le casque de Hiiierve'^ cl MY sur la peau de lion d*Uercule au n» i389. . Ces lettres indiquent probablement le graveur dont le nom ou le signe, comme on sait, se trouve quelquefois sur des monnaies grecques, et qui, surtout sur les monnaies de la Grande-Grèce et de la Sicile, doit être reconnu dans les lettres placées d'une manière semblable à celles qui viennent d'être nommées.
? Dumersan Cab. d*AIIiei* de Uauteroche p. 34.
De la classiGcation en généraL
Classification d'après des pays et des villes.
Dans l'ouvrage de Mionnet et à Pinslar de celui-ci dans la plupart des grandes collections et catalogues les monnaies d'Alexandre ont été classées en celles frappées dans diiïéren* tes villes, celles avec des époques et celles avec des symboles incertains; ces dernières qui Torment la grande majorité sont rangées diaprés le métal et la grandeur , et divisées en celles à titre de roi et celles sans ce titre.
Il a été démontré S 4 qu'aucun classement ne peut être basé sur la présence ou Tabsence du titre de roi. Où il y a un nombre considérable de monnaies à classer, la considération du mêlai et de la grandeur doit céder à celle des signes; si Ton donne la préférence à cello-Iâ, des monnaies frappées dans les mêmes villes et par les mêmes magistrats seront dispersées dans divers endroits, et ainsi on séparera des pièces dont le rapprochement amènerait d'importants résultats.
Les questions du lieu et du temps étant les plus graves, c'est sans aucun doute à celles-ci qu'il faut surtout avoir égard dans la classification. Il ne sera cependant guère convenable de baser un classement spécial sur la fixation du temps. Dans ce qui précède on a vu que par rapport au temps les monnaies d'Alexandre se rangent en trois divisions: l» celles
frappées sous le règne d'Alexandre, 2» celles de l'époque depuis sa mort jusqu'en 306, 3» celles du temps suivant. Quoiqu'un nombre considérable puisse avec quelque vraisemblance être rapporté à chacune de ces divisions, il resterait néanmoins une grande majorité à déterminer, en ce que les monnaies d'or et de bronze et beaucoup de drachmes ne peuvent être rangées à dilTérentes époques d'après la Tabriquc, et même pour les tétra^ drachmes, tandis que ceux de la dernière époque se laisseraient distinguer avec sûreté de ceux appartenant au régne d'Alexandre, il serait souvent difficile de marquer la limite entre la 1ère et la 2de division, entre la 2de et la 3ième. Par un tel classement les monnaies appartenant au méjnc pays et à la même ville seraient aussi séparées et le coup d'œil général serait en partie perdu.
La division doit donc être basée sur la considération seule du lieu où se trouvait Tatclier monétaire, et le classement, conformément à Tordre généralement adopté dans la numismatique, doit être 'fait d'après des pays et des villes. En essayant dans cet ouvrage une telle classification, nous tâcherons en même temps, où cela peut se faire, de suivre un ordre chronologique dans les séries appartenant au même pays ou à la même ville, et de donner dans les sections et articles spéciaux des renseignements sur la période à. laquelle les monnaies doivent être rapportées.
Les monnaies d'Alexandre jusqu'à présent classées à différentes villes appartiennent presque toutes à l'Asie. Eckhel déclara ne pouvoir, d'après de sûrs indices, rapporter des monnaies d'Alexandre aux pays européens ou à la Macédoine^, et après lui il n'y a que quelques pièces isolées qui, selon ivous, aient été justement attribuées à des villes de Grèce. La déterminalion des villes a été presque exclusivement basée sur la conformité des types accessoires avec les types des monnaies
1 N. vet. anecd. I p. 82^ Doctr. n. y. II p. 103.
de
aolonoines, et sur les initiales ou monogrammes qai pouvaioni désigner des cités. A Tcgard de la fabrique on a certainement fait observer que les télradrachmes épais appartenaient surtout à la Grèce, les plats à TAsie Mineure, mais c'est à tort qu*on a attribué tous les tétradrachmes plats à l'Asie Mineure^. Ce n'est que dans le dernier temps que M. Lenormant a avancé Topinion qu'un aplatissement progressif de la monnaie avait eu lieu et en Europe et en Asie^, et que M. de Prokesch Osten a dirigé l'attention sur une comparaison entre les signes sur les pièces d'Alexandre et sur celles de Philippe II et des successeurs d'Alexandre.^ On a généralement présumé qu'une ville ne fût désignée que par un seul et même symbole, et que le même symbole dût toujours élre expliqué de la même ville ^ EnGU; sur l'attribution des monnaies aux diflcrentes villes on n'a souvent énoncé que des suppositions qu'on n'a pas lâché de corroborer par des raisons.
Pour parvenir à un résultat plus satisfaisant concernant la détermination des lieux d'émission et le classement fondé sur ceux-ci, il faut d'abord étendre la recherche sur un nombre de monnaies beaucoup plus grand que celui qui en a été jusqu'à
^ Voy. p. e. Sestini Mus. Hedervar. I p. 127, note au n» 94. II a été démontré § 12, que cette fabrique n'appnriient pas exclusivement à l'Asie l^lineure mais à tcute l'époque postérieure.
3 Numismatique des rois grecs p. 28. Mais cette opinion sur la fabrique, le savant auteur ne la fait pas assez valoir dans la détermination des lieux d'émission, en ce quMl attribue à Cos, à Héracléc, et à Apollonie en lonie et en Carie des tétradiachmes pJats qui sont des villes pontiques de la Tlirace septentrionale; aussi en donnant des pièces épaisses à Dardanus, à Pitané, à Priapus, à Lampsaqiie et à Clazomène, il fait beaucoup d^exceptions de la règle établie par lui-même, que de telles pièces appartiennent à la Macédoine et à la Syrie.
4 Denkscbriften der kais. Académie der Wissensch. (Wien 1854) V p. 242.
^ Il en était ainsi p. e. des signes de Lampsaque, d^Alexandria Troas, de Clàzomène, d'Ephèse et de Rhodes. Rien n'empêche certainement de supposer que sur des monnaies frappées dans différents pays^ sous différents souverains et pendant une très longue période plus d'une ville ait été indiquée par le même signe.
présent l'objet. Les pièces isolées induisent facilement en erreur; par le rapprochement d'un grand nombre on distingue avec plus de certitude quels signes doivent être regardés comme ceux de personnes, quels comme ceux de villes, et de quelles villes on doit expliquer ces derniers, et l'on voit de même plus clairement quel poids il faut ajouter à la fabrique et quelles particularités de celle-ci on doit regarder comme caractéristiques pour des pays et des périodes. Ensuite il faut employer encore d'autres moyens pour déterminer les lieux d'émission. Ces moyens formeront le sujet des paragraphes suivants.
La fabrique comme moyen de classification.
La fabrique des monnaies d'argent, ou les particularités caractéristiques de ces monnaies, surtout des tétradracbtmes, qui sont décrites (S 2) sous sept classes et représentées par quelques exemplaires de chaque classe sur les planches I-II, est un des moyens les plus importants pour déterminer à quels pays ou villes et, ce qui s'y rattache, à quel temps il faut rapporter les monnaies d'Alexandre.
Classe L Cette classe contient les monnaies premié.res en date et frappées dans les pays européens. En voici les raisons. La tête d'Hercule offre le même caractère que celle qui se trouve sur les monnaies d'Âmyntas II, de Perdiccas 111 et de Philippe II, et sur les autonomes de Pydna et de Phiirppes qui en sont contemporaines; cette tête n'a que peu de ressemblance avec Alexandre et ne semble point devoir le représentera Le Jupiter trônant, vu le style artistique, doit être regardé comme une représentation plus ancienne que celle sur les monnaies de la classe III et des suivantes et a probable-
1 On ne saurait supposer qu^au commencement du rè^ne d'Alexandre le portrait de ce roi ait été représenté dans la t^te d'Hercule sur ses monnaies, v. S3, p. 14-15.
ment élé copié d'après l'image de Jupller BoUîée i Pella^. L'épaisseur el l'exécution grossière font ressembler ces lélradrachmes aux didrachmes de Philippe II auxquels ils succédaient, et on y trouve la même économie de signes. Mais ce qui surtout est décisif, c'est que les pièces de cette classe ont pour la plupart les mêmes signes de villes et souvent encore les mêmes signes de personnes joints à ceux-ci que les didrachmes de Philippe.' Us appartiennent enfin à cette espèce grosse qu'on trouve surtout en Macédoine.^ Des pièces de cette Tabrique ne semblent pas avoir été frappées hors de la Grèce ni au-delà du régne d'Alexandre; car aucun des tétradrachmes aux types d'Alexandre qui portent les noms de Philippe III, de Lysimaquc ou de Séleucus, ou qui par une raison quelconque doivent être considérés comme frappés après la mort d'Alexandre, n'offre de fabrique conforme, aussi peu qu'aucune des pièces qui d'après des indices certains sont d'Asie.
Classe II. Le Jupiter trônant trahit Finfluence évidente de l'image du Jupiter Tarse (Baal Tars, Zeus Tersios) qui fait le type sur les monnaies autonomes de Tarse, qui étaient en cours dans le sud-est de l'Asie Mineure, en Syrie el en Phénicîe. L'image sur la pièce gravée planche I fig. 7 correspond à celle qu'on voit sur les tétradrachmes de Tarse qui appartiennent à la pé-riode qui précédait le renversement de l'empire perse, voy.pl. Il fig. 23 ^; celle de la pi. I fig. 8 ressemble à celle des tétradrachmes qui doivent être rapportés à la période d'Alexandre et au com-
^ Y. S3, p. 11 note 3 et p. 12.
•* Oa verra dans les tables d^ Alexandre que les tétradrachmes suivants de la
classe 1ère portent le même signe de personne ajouté au même signe de ville
que les didrachmes de Philippe: no« 56, 101-3, 181 a (suppl.), 260-61, 279-
80, 542, 549, 560, 570, 575 et 858.
* Selon Cousinéry qui avait fait un séjour de plusieurs années dans ce pays,
V. Eckhel Doclr. n. v. II p. 103, cfr Cousinéry Voy. en Macédoine 1 p. 252 en
haut.
^ Y. Luynes Numism. deê satrapies et de la Phénicio pi. III, 1 ; lY, 2-4; YIII,
tiienccnient dé celle des Séteiicidés, vdy.' pL II (ig. 24 ^ Quelques létradrachmes d'Aradus et d'Acé sont de celle empreinte "^^ mais aucun de ceux cpii par une raison quelconque doivent être rap-«> portés aux pays européens, ni de ceux qui d'après 4e8 signes de villes certains appartiennent, à PAsie Mineure occidentale. Celte fabrique pe^ii donc être regardée comme parficuliére i la partie .sud-e!st de l'Asie Mineure et aux pays orientaux voisins. Sur quelques-unes des. pièces d'Acé qm sont de cette classe on rencontre des années qui outrepassent le règne d'Alexandre, mais non au-delà de Tan 306.^
Classe m. A cette classe appartiennent plusieurs tétra-^ drachmes ayant les méii\es signes de villes qui se trouvent sur les monnaies de Philippe 11, un nombre de ceux de Philippe III et de Séleucus C<^ux types d'Alexandre), quelques-uns d'Aradus et d'Acé, aucun de l'Asie Mineure occidentale. Comme il a déjà été observé (S 2) , le style ai'tistique montre un dévelop-^ pement de celui qui est particulier iux deux classes précédentes. Les pièces de cette classe peuvent donc éti*e rapportées et aux pays européens et au sud-est de PAsie Mineure^ à la Syrie et a la Phénicie, non à l'Asie Mineure occi**dentale.' Les pièces frappées à Acé, qui sont de cette classe, offrent des années qui tombent après la mort d'Alexandre, mafs non après Tan 306.
Classe IV. Cette classe renferme les létradrachmes sui-
6 V. Luynes 1. c. pi. IX, 13-14, 17, 20-21 ; X, 22-24.
' V. no 1360 guiv. et no 1427 suiv.
^ On trouve quelquefois des tétradrncbmes, appartenant d'après le signe à la même ville que des pièces de cette classe, qui ont l'image dé Jupiter rapprochant de celle citée sons classe I. Ceci s^explique facilement de ce que -
les graveurs des villes asiatiques se faisaient influencer pfir Timage de Jupiter sur les monnaies importées de la Grèce, laquelle était d'un style également sévère. Si l'on a seulement quelques exemplaires offrant des copies évidentes de Jupiter Tarse, ceci doit servir de raison suffisante pour rapporter tous ceux ayant le même signe aux pays d'Asie, comme, dé l'autre côté, il n'est pas vraisemblable que les graveurs dans les pays d^Europe aient copié les coins étrangers.
vanls: des pièces qui portent les mêmes signes de Tilles et de personnes que les didrachmes de Philippe II, qoi en même temps se rapprochent de ceux-ci par lenr fabrique mscz grossière et qui proviennent de trouvailles faites en Macédoine^; d'autres d'une fabrique plus élégante, raltachés au Péloponnèse par une découverte remarquable^^; ceux au signe connu de Périnthe, et ceux au nom de Lysimaque (aux types d'Alexandre)^^; presque tous ceux aux noms de Philippe ili et de Séleucus (aux types d'Alexandre); plusieurs à légendes puniques d'Acé; quelquesuns offrant un symbole égyptien ou ayant au droit la tête d'Alexandre couverte de la peau d'éléphant ^^» Ceux qui d'après les signes ^onl reconnus pour être des villes de l'Asie Mineure occidentale ne sont pas de celte fabrique. ^^ Cette classe em- 'brasse ainsi la Grèce, le sud^cst de l'Asie Mineure, la Syrie, la Phénicie et l'Egypte. Les pièces qui ont les poils de la peau de lion d'Hercule rangés en lignes régulières appartiennent exclusivement à la Macédoine à ce qu'A semble^*, ainsi que celles où le trône de Jupiter est orné de Victoires sont de la Péloponnèse septentrionale ^'\ Tandis que les pièces, dont les signes correspondent à ceux sur les monnaies de Philippe II,. doivent surtout être rapportées au régne d'Alexan-
• Comme ceux d'AmpliipoIis, v. n» 32 aaiv. ^^ y. Sicyon n» 864 suiv.
^1 Probablement frappés à Cardia-Lysimacbia, cfr § 23 n»* 310-62. . i«DEg^pte, V. §5no2l.
^3 M. Lenormant dans Num. des rois |^r. p. 25 ad pi. XV, 1 (cfr p. 28) a fnU sur un tétradVachme au symbole et aux initiales d'Ephèse la remarque qu'il est d'un flan épais et peut servir de preuve que tous les tétradrachmes de l'Asie Mineure ne sont pas larges et plats. Cette pièce est certainement de la même épaisscui' qu'un nombre de la élusse IV, mais par tout le caractère et par l'exécution de la tète d'Hercule, qui est plate et occupe tout le champ, elle se rattache à maintes autres de l'Asie Mineure occidentale et peut être* rangée à celles que nous avons comprises sous la classe V. Ce tétradrachme est probablement du nombre des premiers frappés dans l^Asie Mineure occidentale.
^^ Voycs pi. Ifig. 13. Sur les pièces de cette fabrique on ne trouve que les signes de Pella, d^Amphipolis et quelques autres qui semblent appartenir à la Macédoine.
." Voyez pi. I fig. 19.
lot
drc, les autres appartiennent sans doute pour la plupart à la période après la mort de ce roi; en Syrie elles outrepassent Tan 306, car il existe de cette fabrique des pièces d'Acé ayant deii années jusqu'à Tan 46 et d'autres portant le nom d'AntiochusI (aux types d'Alexandre).
Classe V. Les tétradrachmes de cette fabrique, qui sq rapproche souvent de celle de la classe précédente et de la suivante, n'ont pas des signes de villes, de commun ''avec les monnaies de Philippe II; ils ne sont donc guère des pays et des villes de Grèce où celles» ci furent frappées, mais rien n'empêche de les rapporter à d'autres parties de la Grèce Qv. S il p. 62 s.)- Des villes de l'Asie Mineure occidental^e et de la Phénicie il y a des pièces certaines de cette fabrique. Comme de cette classe il n'existe point de tétradrachmes qui par une raison quelconque doivent être rapportés au règne d'Alexandre, non plus des tétradrachmes aux noms de Philippe III ou de Lysimaque aux types d'Alexandre^^, mais qu'il y en a d'Aradus et de Marathus portant des années qui tombent après le règne d'Alexandre, surtout après 306, ei qu'en général les pièces de cette classe pour la fabrique ressemblent aux tétradrachmes de Lysimaque [et des premiers Séleucides à types propres, la classe V semble devoir être rapportée à la période après la mort d'Alexandre, surtout après 306.
Classe VL Les tétradrachmes qui par diverses raisons doivent être rapportés aux pays européens, à la Cilicie et à la Phénicie, n'appartiennent pas à cette classe, mais il. faut y compter la plupart de ceux qui d'après des indices certains sont de l'Asie Mineure occidentale et des iles adjacentes; ïl^ nous viennent aussi ordinairement de là^^ Il a été démontré § 12, que pour le temps ils appartiennent à une période postérieure aux précédents.
1^ Ce ne fut probablement que peu de temps après Tan 306 que Lysimaque
continua à frapper monnaie aux types d^ Alexandre. 1'^ Cfr. Eckhel Doctr. n. v. II p. 103, Sestini Lett. num. VI p. 27.
Classe VIL Les télradraclimcs barbarisaiits aux noms d'Odessa et de Méscnibrie sont de cette fabrique qui est aussi propre aux nombreux létradrachines de Lysiinaque aux initiales du nom de Byzance. Cette fabrique ne se trouve pas dans les tétradrachmes d'Alexandre qui d'après les signes sont à rapporter à d'autres pays européens que la Thrace ou à des pays asiatiques, «on plus dans les tétradrachmes aux noms des autres Diadoches. Elle indique ainsi la Thrace influencée par des peuples barbares. Nos raisons pour rapporter cette fabrique à la période après Lysimaque ont été alléguées S 12.
De ces* sept classes on peut ainsi tirer les résultats suivants par rapport.au lieu et au temps. I. La partie de lu Grèce qui était soumise à Philippe II; le temps du règne d'Alexandre lui-même. II. Le sud^est de l'Asie Mineure, la Syrie et la Phéntcie; le règne d'Alexandre et l'époque jusqu'à l'an 306. III. Les mêmes pays européens et asiatiques; même époque. IV. Les mêmes pays européens et asiatiques ainsi que l'Egypte; même époque, dans l'orient plus avant. V. Les pays européens qui* n'avaient pas été soumis à Philippe II, l'Asie Mineure occidentale et la Phénicie; l'époque après le règne d'Alexandre, surtout après 306. VL L'Asie Mineure occidentale avec les lies adjacentes; l'époque après Tan 306, peutêtre jusque dans le 2me siècle. VII. La Thrnce, après rétablissement de la domination gauloise C^n 278).
Dans chacune des classes il y a des variétés, et l'on rencontre assez souvent des pièces qui, se trouvant sur la limite même où Tune classe se rapproche de l'autre, ne se laissent rapporter qu'avec peine à une classe certaine; de telles transitions se trouvent dans classe I à II et III, dans IV à V, dans Y à VI et VIL Mais les classes les plus divergentes ne seront pas facilement confoïidues, ainsi les classes I-III ne le seront pas avec les autres, ni la classe IV avec VI et VIL Où il existe des monnaies en grand nombre offrant les mêmes signes il ne sera généralement pas difficile de déterminer la
classe dans laquelle il faut les ranger, car il s'en trouvera au moins quelques- tinrs d'un caractère fortemenl prononcé auxquelles les autres peuvent se rattacher; mais où il ne se Irouvo qu'un seul exemplaire ou quelques-uns seulement qui n'ont pas un tel caractère prononcé, le renvoi peut olTrir plus de difQculte. Sur les tables les tétradrachmes qui ne peuvent être rapportés à nucuno des classes sont indiqués par les nombres des deux classes auxquelles ils se rapprochent le plus, joints par un trait d'union. Pour les drachmes, dans lesquelles l'attribution à une classe certaine est en général plus difficile, la claSEo n'a été citée que lorsqu'elle est Tacilo à reconnaître.
il se trouve par-ci par-là encore d'autres particularités dans les types principaux et dans l'écriture, aussi sur les monnaies d'or, qui peuvent servir de guide au classement. Ainsi un caractère individuel de la léle au droit, la pose et le vêlement de la figure au revers, la construction et les ornements du hftton du la Victoire ou du trdne do Jupiter, et le travail artistique en général peuvent servir à confirmer le rattachement aux pièces dont la classification est déjà suffisamment motivée et, où le choix se présente entre plusieurs lieux d'émission, décider lequel soit à préférer. Puis, lorsque sur des pièces dont l'exécution artistique n'a rieH de barbare le nom ou le titre (l'Alexandre est confus, en écriture rétrograde, ou oITru des lettres d'une forme insolite, nous sommes renvoyés aux contrées de l'Asie Mineure méridionale, où les langues phénicienne et perse et d'autres idiomes asiatiques exerçaient de l'influence, et où probablement on employait quelquefois des graveurs peu versés dans la langue grecque.'^
Nous avons déjà fait observer que le litre BA2IAEY2 se rencontre toujours sur les monnaies des villes de Thriice qui appartiennent à la classe VII, mais qu'il n'est jamais sur celles de l'Asie Mineure occidentale rangées à la classe VI. Ainsi la
■<* V. ptua bxi § 3â et 36, Lycic et Cilicic.
présence ou Tabsence du litre de roi montre déjà auquel de CCS pays il faut rapporter un tétradrachme dont la fabrique se trouve sur la limite entre les classes VI et VIL' Comme en général le titre de roi ne se voit sur aucune pièce que par quelque raison M faudrait attribuer à TAsie Mineure occidentale, on peut poser comme régie que les pièces munies de ce titre ne doivent pas être attribuées à ce pays. Enfin comme encore dans quelques villes d'autres pays l'usage semble avoir prévalu ou do placer toujours le titre de roi sur les pièces d'Alexandre, ou de remettre toujours, la question du classement d'une pièce à l'une de deux séries, dont la première offre sur toutes les pièces ce litre, mais la seconde en est dépourvue, peut être décidée par la présence ou l'absence du titre.
Réunion des signes sur les monnaies d'Alexandre comme
moyen de classification.
Réunion des signes de villes. Il a été observé plus haut (§ 7} que plusieurs signes de villes qui se trouvent sur la même monnaie doivent être regardés comme désignant la participation de plusieurs villes dans son émission. Les villes qui frappaient monnaie ensemble étant d'ordinaire rapprochées, l'une de l'autre, situées dans la même contrée ou province, ou, s'il y avait une plus grande distance entre elles, se trouvant en liaison commerciale, on sera autorisé, l'un des signes étant connu, à en tirer des conclusions par rapport à l'autre ou aux autres. ^
Réunion des signes de villes avec ceux de personnes. Il a été avancé plus haut Cp- ^8) qu'un signe de
^ Si une telle conclusion se trouve en opposition avec d^autres critères, on ne pourra cependant y attacher aucune importance, car il se trouve âcs exemples que même des villes éloignées l'une de l'autre, entre lesquelles aucune liaison n^est connue, ont frappé monnaie en commun, cfr § 7 p. 45.
l(fô
personne qui se Irouve joint à différents signes de villes sur diiTérentcs monnaies doit être expliqué d'un magisirat qui a présidé le inonnnyage dans toutes ces villes, dont il fRut alors supposer qu'elles aient élé peu éloignées l'une de l'aulrc, ou qu'elles se soient trouvées en liaison cominervhilp. 11 s'ensuit donc que lorsque sur des pièces doni le signe de ville vst incertain on voit un signe de personne qui se trouve ailleurs joint à un signe de ville conno, cette dernière union pourra servir d'indice pour déterminer la ville ou la province à laquelle appartient le signe incertain.^
Contremarques. Une recherche attentive fait voir que ct-s marques, qui avaient pour but de donner du cours aux monnaies^ on de les autoriser comme moyens de paiement, étaient surtout en usage dans l'Asie Mineure, et qu'en général elles furent imprimées sur les monnaies circulantes soit frappées au même lieu dans un temps antérieur, soit émises dans des étals voisins ou dans des villes de commerce avec lesquelles il y avait une vive liaison, mais rarement sur des monnaies d'clats éloignes qui n'étaient pas en cours à l'endroit même.* C'est donc surtout à l'Asie Mineure qu'appartiennent les monnaies d'Alexandre qui sont coniremarquées, et la ville à laquelle appartient la contremarque éiani connue, ce fait pourra servir
^ Ce a'est cependant que d'accord avec d'aulre» raîiOM que celte réunion des 9tt;ncs peut avoir du poidi, car diiTéronle* perfonnes peuvent tUo iniliquAct par le même monogramme nu la m jine lettre, et a différents temps la même pcrtonne peut avoir été en fonction dans diS'érenls endroits trè« éloignci
' Soit de leur donner un cours Torcé au-dpsstu de la valeur du métal, soit de les désÏKner comme ayant le Juste poids.
* Ainsi selon-nplre expérience les contrein arques de clslophore, un arc dans ■DU étui avec les initiales île villes de l'Asie Mineure (de 7 différentes), ne se
' trouvent que sur tes tétradrachmes de Sidé et sur ceux des tÉtradracbmes d'Alexandre qui, par do bonnes raisons , doivent Être rapportés A l'Asie )li~ neure. La contremarque séleucide, l'ancre, qui est une des plus communes, est nênêralemenl imprimée sur les monnaies de* Sêloucides, sur les télradrachmes de Sidé et sur les monnaie* connue* d'Alexandre de l'Asie Mineure (v. p. e. *ur n" 9^4, 1 178 suiv et 1335 tuiv.)-
à déterminer lo pays auquel il Taut rapporter la monnaie, ou la ville indiquée par le signe auquel la contremarque a été ajoutée. *
Les signes sur les monnaies des villes et des rois comme moyen de classification.
Monnaies autonomes des villes. Les autonomes dont les types correspondent aux signes sur les monnaies d'Alexandre offrent assez souvent les mêmes monogrammes, initiales ou uoms de personnes qui sur les pièces d'Alexandre accompagnent les mêmes types en petit. Lorsque ces monnaies autonomes sont d'une fabrique qui convient au temps auquel appartiennent les monnaies d'Alexandre correspondantes, il y a lieu de croire que. les mêmes personnes sont désignées, et cette conformité des marques de personnes sert ainsi à con- Grmer l'attribution à une ville, ou à diriger le choix où le petit type peut être expliqué de plus d*une ville. ^
Monnaies macédoniennes et thraces avant Philippe IL Quelques-unes de ces monnaies portent les noms des rois macédoniens, ou offrent les mêmes types que celles de ces rois, mais sans nom; d'autres ont des types différents et portent des noms de peuples ou de villes de la Macédoine (dans son étendue antérieure a Philippe) et des pays voisins de Thrace^, ou doivent être rapportées à des villes dans ces pays
^ Cet indice pourlant n'a du poids que conjointement avec d'autres critères, car il se peut que quelquefois une pièce à'Alexandre d'un lieu d'émission éloigné se soit trouvée parmi les pièces qui furent contremasquées.
> Voy. Odessa n» 413, Sicyon no« 864 suiv., Cyme no 949, Erythres n»* 1000 suiv., Rhodes no« 1160 suiv., Nisyros n»* 1168-69.
- La contrée à Pcst du Strymon et la Chalcidique qui, comme on sait, furent regardées avant Philippe comme appartenant à la Thrace. La péninsule entre le golfe thermalque et le strymonique,. dont les Thraces étaient les anciens habitants, fut appelée par les Hellènes du nom de rà int Bç^xtiç. Cfr l^œhnecke Forschungen auf deni Gebicte att. Kcdner, p. 95 suiv., et aill.
quoiqu'étont Sans nom. QdriK aux monnaies (les*rois do Hacéiluiiie vt A celles qui à cause do la conformité des lypes doivent au moins élre rf^gardées comme frappées sous leur dominalion ^, il est vraisemblable,- que les symboles accessoires et les initiales ou monogrammes (du moins plusieurs de ceux-ci qui peuvent exprimer des noms des peuples ou des villes de Macédoine*) soient à considérer comme signes de villes, puisqu'on les rencontre sur les monnaies de plusieurs rois soit des anciens soit des postérieurs. Les signes analogues sur les monnaies d'Alexandre peuvent ainsi à bonne raison être regardés comme indiquant des lieux d'émission en dedans des frontières de l'ancien royaume macédonien^ Quant aux monnaies ayant des types qui dilTérent de ceux des rois macédoniens, les signes peuvent indiquer tanlôt, comme sur les précédentes, la ville où la monnaie a été frappée (ce qui vaut des anciennes pièces sans nom dont les lypes peuvent élre considérés comme communs à plusieurs peuples macédoniens ou thraccs"), lanldt
" Ce soDl lei pièces d'argent «uns nom lax typei suivants. Chèvre ■gcDoiiîtlèe. ^. Carré en creux. Covalier. I)-. Tète de cliëvre. Cuvalier. Q'. I.ion A mi-coi-ps. Cheval, i^. Cnrrc en creux, lans type on avec un cnaque- Quclqnps-nnes onl îles lettres cjui peuvent être regarilèes comme Inilialci dea noms dci ruii , savoir A et )'; mais cca m£inc9 ' pièces peuvent *u>aî avoir Été frappées par des villes autonomes ou par des peuples sous la domination macèdonionne.
* On ne peut guère douter que le monogramme composé do fiJ qui se trouve au-dessus de la chèvre agenouillée (Mionn. S. III p. ITâ n<> 6, aussi dans le musée bril.) n'indique la ville d'Edcsse, résidence dc^s rois et-plu> tard encore leur sépulture, soit la même ville qui fut appelée JE^ir, soit située auprès d'elle. Sur d'autres exemplaires le motiogramme Tournit mfnie la troisième lettre E (Jlionn. S. III, pi. IX, 6, Consinéry Voy. U pi. VII, 1 1).
1 Sur l'ètendae de ce royaume, v. Append. Philippe II $ 3.
^ De tels types communs sur des pièces d'argent ayant au IV. ua cnrré creux sont: un Iton accablant un taureau; nn taureau agenouillé ou eouclié (aussi à mi-corpi); un satyre on centaure enlevant une nymphe; un cygne regardant en arrière (au-dessus nn lécard). Le taureau est ordinairement regardé comme le type d'Acanthe; les pièces aussi qui ont une fleur (d'Acanthe) au-dessus du taureau ou une roue au [)■. (v. $ S2 Therma, note) appartiennent sans doute à cette ville; mais d'autres pièces ont au-dessus du liiureau OPPHS (Cat. de Wclzl a" 2084-85, Cadalveno Rec. p. 76 n» 5),
la ville conjointement avec laquelle le monnayage a été fait (co qu'on peut supposer des pièces postérieures qui portent le nom d'une ville ^). Dans l'un et l'autre cas nous avons probablement dans les symboles accessoires, les monogrammes ou initiales sur ces monnaies un nombre de signes de villes dans lesquelles ou pour lesquelles on a frappé monnaie, et parmi les villes ainsi désignées quelques-unes dont nous n'avons point de monnaies, de sorte que les signes do ces monnaies peuvent suppléer la série des types de villes ou des lieux d'émission^ Us renvoient donc les monnaies d'Alexandre, qui ont des signes conformes, à la partie de la Thrace ou de la Macédoine à laquelle appartient le type principal ou le nom dé la ville.
Monnaies de Philippe IL Presque tous les signes de villes et un assez grand nombre des marques de personnes sur les monnaies de Philippe H se voient aussi sur celles d^Alexandre.^ Les pièces d'Alexandre qui ont des signes de villes de commun avec celles de Philippe, surtout lorsqu'elles oui les mêmes marques de personnes y ajoutées, doivent donc être rapportées aux villes et pays de Grèce sur lesquels s'étendait la domination de Philippe, voy. §11 et Appendice §3. Cependant, les staléres de Philippe ayant aussi été frappés après sa mort dans TAsie Mineure Cvoy. Appendice § 4), il faut sur-
ou ABJH (Cadalyene Rec. p. 5 n» 4), noms des Orre^quiens et des Abdérites, et encore d'autres un bufcràne, une fleur de balaustium, un rameau, un dauphin, le symbole ^ ou diverses lettres et signes qui correspondent tous à ceux sur les monnaies de Philippe U et d^ Alexandre. Parmi les pièces qui ont le satyre enlevant la femme il existe une au nom des Létéens sur le IV* (Se* stini Med. ant. gr. di piu musei p. 42 tav. VII, 11), une autre au nom des Bcrgécns sur le 1^. (dans le musée brit.), une troisième avec BA probablement le nom des Thasiens au droit (Mionn. S; II p. 545 pi. fig. 2), d'autres encore avec A ou avec un dauphin. Le centaure avec la nymphe enlevée se trouve, d'après les légendes ajoutées, sur les monnaies d'Orreskia, de Lété et d^JE»né (Cousinéry Voy. II pi. VI, 9-12, Num. Chron. III p. 433). Etc.
' V.§ 7 p. 42 note 13»
^ Il a été démontré § 7, que les signes sur les monnaies de Philippe II et sur celles des rois suivants doivent être expliqués de la même manière que ceux sur les monnaies d'Alexandre.
tout avoir égard aox signes de ses autres monnaies, nommément des didrachmes.^
Monnaies de Pliilippe IIL"* Les signes des villes de l'Asie Mineure occidcnlsle qu'on rencontre en grand nombre sur les monnaies d'Alexandre ne se trouvant point sur les monnaies de Philippe III, il est vraisemblable que celles-ci n'y ont pas été frappées." Les pièces de bronze, dont la plupart peuvent aussi être de Philippe IP^, sont émises, suivant les types, dans lu nord de la Grèce. On peut donc conclure que les signes de villes sur les monnaies d'Alexandre qui se rencontrent sur celles de Philippe III Cl<^sqaels sont en nombre considérable et ça et là accompagnés des mêmes marques de personnes) n'appartiennent pas à la partie occidentale de l'Asie Mineure,' mais, s'ils se trouvent sur les pièces d'or et d'argent de Philippe, aux pays européens on aux autres pays asiatiques, et s'ils se trouvent sur les pièces de bronze, à la partie septentrionale de la Grèce.
Monnaies des rois suivants de Macédoine. Les signes de villes de celles-ci se trouvent déjà presque tous sur les monnaies d'Alexandre; sur celles de Cassnndre on voit quelquefois aussi les mêmes marques de personnes ajoutées. Cas-
* Il sera prouvé dam TAppRiiilice $ 2 qu'outre le» el«lcre« el les didrichmei génémlemeat etirihués à Philippe 11 il faut encore donner i ce roi d'auircs piècea d'or el d'urgent et des monnniei de brotiie. Si même on ne veut paa admettre que ces dernières espèces loienl de Pliilippe II, cl quoiiiu'il Tatlle avouer que dans la plupart des cas on ne saurait décider lesquelles des pièces de bronze sont k cissaer h Philippe II , lesquelles à ses «uccesseun du * même nom, elles auront pourtant la même influence pour dclermîner les lieux où les monnaies d'Alexandre snnl émises, puisqu'on général elles doivent £lrc regardées comme frappées dans la partie de Grèce sur laquelle régnait Philippe II, cfr. le suiv. Ce ne sont d'ailleurs que très peu de signes de villei que ces espèces n'ont pas de commun avec les didrachmes que loua s'aecordenl k rapporter t Philippe II.
'*> Dans l'Appendice $ 2 il sera montré, qu'il n'y a peint d'autres monnaies d'or et d'argcni que celles aux types d'Alexandre qai peuvent avec gurelé tire ■ tiribuées à Philippe III.
'• \0Y. Append. $ 7, ''- Voy, Appcnd. S 1-2-
sandre^ Déinétrius I^, Antîgonus I, Déroétrius II, Antigonus II et Philippe V rognèrent tdus, du moins pendant quelque temps, sur la Macédoine, la Thcsi^alie et à peu près sur les mêmes contrées et villes au sud de ces pays que Philippe II, mais non sur la Thrace. II y a donc tout lieu de chercher les ateliers monétaires pour les signes qui se retrouvent sur les monnaies de ces rois^^ dans les pays ci-dessus nommés, mais non dans la Thrace. Philippe V ayant conquis la partie de la Thrace méridionale voisine a la Macédoine, à peu près la même que Philippe II avait eue en son pouvoir ^^, et cette partie de la Thrace étant sans doute restée dans la possession de Perse e, les signes qui se. voient sur les monnaW de ces deux rois peuvent aussi indiquer des villes dans cette contrée; mais sur les monnaies de Persée il ne peut se trouver des signes de villes de Thessalie ou d'Hellade, Philippe V ayant déjà perdu ces pays par suite de la paix avec Rome en 197.
Monnaies avec la légende MAKEAONON. On ne saurait douter que les petits types sur ces monnaies^ qui au lieu du nom propre ou commun du roi (BA) portent le nom des Macédoniens cl probablement ont été Trappées aux Trais de communes niacédoniennes, n'indiquent des villes, puisqu'ils sont tous les mêmes qui se trouvent sur les monnaies des rois macédoniens et que par d'autres raisons ils se rattachent à la Macédoinc^^.
y^ Il est probable que les monnaies de Dcmétrins (I) Poliorcète pour la plupart aient été frappées en (irccc, comme en (général elles portent les mêmes signes que celles de Philippe II et des autres rois de Macédoine; mais on ne peut se servir d'elles seules pour déterminer les lieux d^émission, Démétrius ayant été aussi j[)endant quelque temps maître d'une grande partie de ' l'Asie iMineure, de la Phénicie et de la Palestine.
^* Les monnaies de bronze à la légende BÂ, frappées par les rois de Macédoine après Alexandre (v. § 5 n^* 11-14 et les rubriques G et sur la table), peuvent être employées comme celles qui portent les noms des rois.
i& Maronée, iEnos, Cypsèla, la Chersonèse avec Lysiniachia etc. Tite-Live XXXI, 16. Polybe XV, 22-24.
^^ Les signes de villes se trouvent surtout sur les drachmes qui ont au droit le bouclier macédonien avec une massue, au 1^. le casque macédonien. Elles sont du temps des derniers rois. Voyez p. 26 note 33 et la table, P,
Les signes ite villes sur Jes monnaies d'Alexandre qui sont les mêmes que ceux-ci doivent donc elfe rapportés à la province <le Macédoine.
Monnaies de Lystinaque. Les signes do villes sur celles-ci sont presque tous les mêmes que nous rencontrons sur les monnaies d'Alexandre; ^ur celles qui sont frappées aux types d'Alexandre on trouve aussi ajoutées les mêmes marques de personnes. Lysimeque ayant depuis l'an 301 régné sur toute la partie occidentale de l'Asie Mineure jusqu'en Phrygie", et depuis 266 aussi sur la Macédoine et presque sur toute la Tliessalie, les signes qui se trouvent sur les monnaies de Lysimaque peuvent aussi être rapportés à ces pays nuire à la Tlirace; mais ils ne peuvent désigner des villes de 1» Grèce plus au sud qu'en Thessalie, non plus des villes d'Asie au delà du Taurus.
Monnaies des Séleacides. Sur les monnaies des trois premiers rois on trouve assez souvent les mêmes signes que sur celles d'Alexandre, plusieurs aussi réunis. Séicucus I ajouta à son empire asiatique oriental après Van 301 la Syrie, et puis la partie sud-est de l'Asie Mineure, la Phénicie et la Palestine.'^ En 283 il commença la conquête des pays occidentaux de l'Asie Mineure qui, à la chute de Lysiniaqne en 281, tombèrent presque entièrement en son pouvoir, ainsi que les pays européens sur lesquels Lysimaque avait régné. Séleucus cependant ayant péri lorsqu'après avoir traversé l'Hcllespont il allait prendre possession de la Grèce en 280, on ne peut supposer que ses monnaies y aient été frappées; il n'est non plus très probable qu'elles aient été émises dans les provinces occidentales de l'Asie Mineure pendant les deux années où ces provinces furent successivement conquises. Les signes qui se voient sur les monnaies de Séleucus ne peuvent ainsi être rapporlés
" Sur les limites des pays de Lysimaque et de Séleiicuii, v. Droyien Gesch. dcr
ItacUrolger Alextintteri p. 545-48.
" CrrS12p.83cl g 38 1» fin.
ii2
aux pays européens, ni guère à l'Asie Mineure occidenlale, mais ils désignent les pay« plus vers Porient. Péjà sous Séieucus Ptoléméc Soler s'était emparé de la Phénicie méridionale; Ptolémée Philadelphe enleva à Antrochus I aussi la Palestine et une partie de la Syrie et conquit «sous AntlochtisII les pays méridionaux de l'Asie Mineure. Dans l'ouest de PAsIe Mineure le royaume philétérc fut établi après la mort de Séleucus et plusieurs des grandes villes recouvrèrent la liberté. Cependant et Antiochus I et Antiochus II régnèrent an moins pour quelque temps sur une grande partie de l'Asie Mineure occidentale et méridionale, sur la Syrie et la Phénicie septentrionale, outre sur les pays orientaux, et Ton trouve sur leurs monnaies assez de signes qui « renvoient à des villes dans ces pays. C'est donc relativement à cet exposé qu'il faut expliquer les signes correspondants sur les pièces d'Alexandre de fabrique pareille. ^^ Les monnaies des Séleucides suivants offrent aussi des signes qui peuvent servir a expliquer ceux des monnaies d'Alexandre.
Monnaies des Ptol'émées. Les monnaies, dont la fabrication fut commencée par le premier Ptolémée et continuée sous ses successeurs, off'rent de même des signes qui indiquent les lieux d'émission et qui se trouvent déjà sur les monnaies d'Alexandre. Ptolémée Soter ajouta à son royaume d'Egypte (295) l'île de Cypre et une grande partie de la Phénicie, et cette domination, comme nous l'avons fait observer, fut étendue par Ptolémée Philadelphe sur la Palestine et plus vers le -nord.' On voit par les signes sur les monnaies ptoléméennes, qu'elles furent frappées non seulement en Egypte, mais aussi dans les pays que nous venons de nommer^, et les signes analogues
la Oesl la fabrique qui doit décider s^il faut les rapporter à l'Asie Mineure occidentale ou aux autres pays nommés.
^ Sur les lieux ou sont émises les monnaies ptoléméennes et sur la question lesquelles de ces monnaies il faut rapporter au règne de Ptolémée Soter, v.
sur les monnaies d'Alexandre peuvent donc indiquer des villes y appartcnanlcs. Hais il n'y a aucun vestige que les monnaîe^s des PIftIcmées aient élé Trappécs en Syrie ou dans l'Asie Mineure méridionale pendant le temps qu'ils y étaient les maîtres. ^*
Espèces de monnaies et trouvailles de monnaies comme moyens de classification.
Espèces de monnaies. Il est vraisemblable que les diverses espèces des monnaies d'Alexandre n'aient pas élé frappées partout, mais que dans certains pays et certaines villes on ait Trappe seulement une ou deux des espèces principales. On verra sur les tables que plusieurs séries, dont les pièces ont beaucoup de marques différentes ajoutées au signe de la ville et appartiennent aux plus communes, ne se composent que de ccriaines espèces. Ainsi il ne se trouve que des tctradrachmes signés du casque macédonien (jn»' 224 sniv.^, avec les différents signes classés à Sicyon C"°*S64suivO) et de la plupart des villes de l'Asie Mineure occidentale. Ce n'est non plus que sur les tétradrachmcs qu'on trouve les lettres grecques qui, d'après la série â laquelle elles se rattachent, doivent être regardées comme des chiffres. Il n'existe point de pièces d'or des villes de' Hysie, de Troade, d'Ëolide et de lonie avec les îles adjacentes, et point de drachmes de plusieurs villes dans la Thrace septen-
ïl. F. t.enormnnt Sar le claasement des monnaies d'ar{>eDi des Lagjdes dnns Revae nam. fr. 1853-1854. ' Ifous n'avons guère beioin de faire observer qu'il n'eit pna tonjonrs tùr qu'un signe lur les monnaies d'Alexandre indique la même ville que sur une des pièces des autres rois. 11 existe des exemples que plusieurs villes sous différents souverains et à différentes époques ont Élé désignées par le même signe. L'argumentation ne sera donc satisrajsante que quand pluf icurs signes unis se retrouvent Sur les monnaies .des autres roia , ou quand d'autres critères s'y joignenL
il4
trionale, quoique et de celles-là et de celles-ci il y ait des tétradrachmes en g^rand nombre. Les autres espèces rares portent des signes qui indiquent le nord de la Grèce, le sud-est de l'Asie Mineure, la Syrie et la Phcnicie, mais aucun des signes connus des villes dans l'Asie Mineure occidentale. L'espèce de la monnaie pourra donc contribuer à motiver le classement dans les cas où les signes permettent le choix entre plusieurs lieux d'émission et où la fabrique ne peut servir de guide, comme pour les pièces d'or et souvent pour les drachmes. Ainsi les monnaies d'or ne doivent pas être rapportées aux provinces de TAsie Mineure au nord de la Carie, ni les fractions de la drachme à PAsie Mineure occidentale en général, et ni les stalères ni les drachmes offrant des lettres qui peuvent exprimer des chiffres ne doivent être attribués aux villes de PAsie qui mettaient sur les tétradrachmes des années d'une ère en chiffres grecs.
Trouvailles de monnaies. Les endroits où les mêm^s monnaies sont découvertes ou à plusieurs reprises ou en grand nombre, surtout des monnaies de bronze ou do petites pièces d'argent qui convenaient moins à la circulation hors du lieu, sont ceux où il faut par préférence chercher Palelier monétaire. Pour les monnaies d'Alexandre on peut aussi quelquefois en tirer des renseignements. ^ De même la découverte .d'un dépôt composé d'un nombre considérable de monnaies différentes peut servir à éclaircir quelques pièces incertaines qui en font partie; si les monnaies qui en forment la majorilé sont connues par rapport au temps, au pays ou à la ville auxquels elles appartiennent, on peut en conclure où est frappé le nombre inférieur des incertaines. Il existe une telle trouvaille de monnaies d'Alexandre qui a été publiée 2. Cependant, lorsquil s'agît de piè-
1 V. § 16 notes 4 et 9, §22 Amphipolis n<» 23-95 à la fin et §26 la série no» 709-749.
2 La découverte faite dans les environs de Patrie en Acliaîe, mentionnée § 29 sous Sicyon.
ces d'or et de tclradrachmes qDÏ doivent avoir élé transportés en grandes sommes d'un pays à l'autre par le commerce, par les voyRges, les changemenla de domicile, et dans one ptiriodo de guerre comme la présente surtout par les déplacements des troupes ou par les transports pour la paie de l'armée^, on ne pourra guère attribuer de l'importance aux lieux où les monnaies sont découvertes. Ceci est confirmé par l'expérience. Ainsi, poor citer un exemple, H. P. Borrell, dont lo témoignage doit être d'un grand poids à cause do son long séjour dans l'Orient, a déclare que les tétradrachmes autonomes des villes' de l'Asie Mineure occidentale proviennent ordinairement de Syrie et ne sont trouvés que rarement dans le voisinage des villes où ils furent frappés.^ On connaît aussi la découverte d'un dépôt de monnaies d'Alexandre et d'autres pièces, qui à cause des temps et des pays différents auxquels elles appartenaient ne peut contribuer à déterminer les lieux d'émission.^ Ainsi on ne pourra suivre l'indication que donnent les trouvailles que lorsqu'elle s'accorde avec d'autres critères plus sûrs.
3 Ainsi Alexandre rcnvoyn d'Ecbalanc les Irmipes III essai tcnn es, doni les nn-, nées de service ÉMienI expiréei, avec pleine paie et un don de 2000 lalcnls. Droysen Ge«cli. Alewnders p. 258. Plu» liird 10,000 vétérans sous Crslérus furent expédiés d'Opis en Grèce, de même avec pleine paie el un Micnt de don à chacun. Droysen 1. c. p. 518. Pea de temps avenl la guerre lamiaquG Anlipatcr reçut de l'Asie un grand transport d'argent. Diodore XVIII, 12, cfr Droysen Naclirolger Aleiandeis p. 67. A la vérité il n'est pas sûr que ces paiements el transporta aient consisté en monnaie» d'Alexandre; mais en tout cas de tels faits historiques peuvent servir a diriger l'attention sur l'influence que les conjonetures do gnerre devaient exercer sur le transport de monnsies enlre les pays d'Europe et ceux d'Asie.
* Humism. Chron.VI p. iâ6.
S C'ett la découverte faite près de Laodicée en Syrie, décrite par Petlerin (Nél. S. I p. 104 suiv) , dont on s'est servi à tort pour rapporter un grand nombre des monnaies d'Alexandre à l'Asie. Cfr § 12 p. 84.
Remarques sur la détermination des lieux d^émission en
général.
Quant aux différents moyens de déterminer les lieux d'émission dont nous avons traité dans les paragraphes précédents, on verra par la suiteV qu'on ne parviendra pas à des résultats divergents 9 mais que les voies différentes conduisent au même lieu. Quelquefois cependant une collision semble naître. En ce cas, si la fabrique peut servir de guide, il faut s'en servir par préférence et ainsi, où la particularité de la fabrique est distincte et se laisse rapporter à une classe spéciale, il faut attacher le plus d'importance à la conclusion qu'on en peut tirer. Comme en général dans les antiquités c^est le propre du travail artistique ou technique, ce qu'on appelle le style ou la fabrique, qui doit surtout être pris en considération pour déterminer le temps et l'origine, et comme pour les monnaies autonomes, où le type et Ja légende ne suffisent pas, ce sont les éclaircissements qu'on tire du style ou de la fabrique qui décident du temps ou du lieu, il en doit être de même- pour les monnaies d'Alexandre qui offrent de grandes variétés aux mêmes égards et qui sont frappées dans des lieux et des temps si différents.
Lorsqull faut déterminer d'après le type accessoire à quelle ville une monnaie d'Alexandre doit être attribuée, on voit facilement quil ne suffit pas pour motiver ^attribution qu'un tel type se trouve une seule fois sur les autonomes d'une ville dans le nombre de beaucoup d'autres types, mais il faut considérer si ce type est prédominant, s'il se trouve non seulement sur les pièces de bronze, mais aussi sur celles d'argent lesquelles, étant plus importantes, avaient en général des types plus constants et une circulation plus étendue, et il ne sera pas sans poids si l'on peut montrer, qu'un tel type se laisse regarder comme l'emblème de la ville, ou qu'il est fondé dans
les Iraditions, dans la localilo ou dans le culte religieux de celte villfl.
pHriiij les petits types qui indiquent les lieux démission il se trouve un nombre qu'on ne rencontre pas sur des monnaies . autonomes; ceci doit non seulement s'expliquer par ce que des monnaies de toutes les villes qui en ont frappé ne nous sont pas encore connues, mais aussi par ce que le gouvorncmenl avait probablement des ateliers monétaires' dans des villes où, ni avant, ni après, on ne Trappail des monnaies autonomes.
Il est vraisemblable que quelquefois plusieurs sigoes aient été employés pour désigner la métiic ville sur les monnaies d'Alexandre, de même que sur les autonomes de beaucoup do villt's grecques on trouve plusieurs types appartenant aii même temps qui peuvent être regarilés comme. essentiels et caractéristiques. Bien non plus n'empécbe de supposer que diiférentes villes aient été désignées par le même signe, sinon pendant le règne d'Alexandre, du moins sous les différents chefs après le partage de Pempire, el que les signes des monnaies frappées dans la période postérieure puissent indiquer d'autres villes quç ceux sur les monnaies du régne d'Alexandre et du temps qui le suivait de plus près.
H est dinîcile de décider, quand les lettres et les monogrammes doivent élre expliqués de noms de villes et quand de noms de personnes Coxccpté les cas nommés S 6 où leur propre qualité, une série d'années ou le type ajouté le démontrent;); car il y a en général des noms de personnes commençant par les mêmes lettres que les noms des villes. Rien no peut être dérivé de la place sur la monnaie; si même les signes de villes se trouvent le plus souvent devant la figure, des noms do personnes s'y rencontrent pourtant aussi; le monogramme de la ville ou les initiales de son nom se voient de même sous le trône de Jupiter', el en général les noms de villes et do » Voy. p. c. Ode»sa o" 408 suiv., Rbode»n" 1154 suiv., Damai n" 1338siiiv.,
personnes changent souvent de place ^. II y a plas de raison de chercher un signe de ville dans des lettres ou dans un >mo-> nogramme quand ceux-ci se répètent à côté de marques de personnes qui varient, ou quand sous la mémo condition ils se retrouvent sur les monnaies des rois suivants, ou qutind sur les monnaies autonomes le nom de la ville est abrégé de la même manière.^ Si, diaprés ce que nous venons d'observer, il y a lieu de supposer qu'une ville soit désignée, et qu'on ait le choix entre plusieurs villes, il faut préférer celle qui était la plus importante et dont on sait par les monnaies autonomes qu'elle avait un atelier monétaire.
L'explication des monogrammes sur les monnaies grecques a souvent été faite arbitrairement et a été cause d'hypothèses peu fondées. Dans un monogramme aucun trait ne doit être regardé comme superflu, et les premières lettres du nom qu'on croit exprimé par le monogramme doivent s'y trou^ vcp complètement. Souvent en expliquant les monogrammes on a négligé à tort quelque trait, comme s'il n'était là que pour réunir les lettres dont le monogramme est composé ou pour l'arrondir. De l'autre côté on a suppléé des lettres, surtout des voyelles, croyant que celles-ci étaient omises comme dans les langues sémitiques. Il se peut bien que dans les villes grécosyriennes et gréco-phéniciennes des monogrammes grecs aient été formés de cette manière de noms araméens et puniques^; mais il est très douteux que cela se soit fait ailleurs; on ne pourra guère citer d'exemples de monogrammes purement
3 Cfr S 7 p. 40.
3 II faut certainement y mettre beaucoup de circonspection. On a souvent, sans raison sufflsante, expliqué des lettres et des monogrammes comme désignant des villes. Panel extravagua à cet égard, cfr Ëckhel Numi veU anecd. I p. 71.
* P. e. les monogrammes des noms des villes Siznr (n»* 1351 suiv. , où pourtant le%A peuvent être renfermés dans le monogramme), Marath (n« 1396, ou A peut aussi être contenu dans la partie supérieure) et Migdol (sur les monnaies de Ptolémée, v. M. F. Lenormant Sur le class. des monn. des La* gides dans Revue num. fr. 1854 p. 39).
grecs et d'une signiGcalion certaine (quoiqu'il existe on assez grand nombre de tels monogrammes sur les monnaies grecques} composes do consonnL-6 seules.^ Mais souvent les voyelJes sont contenues dans les aulres lettres, de sorte que p. c. | soit exprimé par un des traits droits, O par la courbure de B ou de P clc,^, comme aussi les mêmes traits Tormenl plusieurs lettres â la fuis, et que la même lettre doit être lue deux fois^. Du reste it régnait une grande liberté â l'égard de la construction d'un monogramme et de la direction où il fut placé. C'est ainsi qu'il faut quelquefois loamer un monogramme â droite, à gaucbc, ou le retourner entièrement pour que les lettres puissent se montrer du côté juste^, et le même monogramme se trouve quelquefois 4ourné de différents cotes ^ ou placé dans une direction différenle de celle où se trouva le type principal ou le nom '". Comme souvent il est peu sûr quelles sont les lettres contenues dans un monogramme, et que les lettres permettent des combinaisons diverses, il s'y ouvre un vaste cbamp aux conjectures, où il sera peu satisfaisant do se hasarder. Là même où les lettres et leur ordre peuvent être regardés
9 M. F. Lonormnnl dam Revue Dum. franc. 1653 I. c. p. 332 dit, qu'il était d'un u*(){e fréquent ctiet le« Greci dam la compoaitioii des moriofcramme* de supprimer lei voyelles, et cet auteur renvoie à des exemples cités dans l'article de la Revue p. l'année 1852 p. 323. Ces exemples ne preuveni cependant pas cette assertion. Dins'le monogramme de ISoltice peut être caché dans B, dans celui de Cypre Y dans K, et quant au monogramme (opposé d'être celui de Polidée, il a été tourné d'une manière peu juste; c'est probiblemeni celui d'Edesse, ce qu'on peut surtout conclure des exemplaire! publiés dans Cousinéry Voy. en Hacéd. It pi. Vtl, 11 et dans Hionnet S. 111 pi. IX, 6, où le monogramme contient un double S. Cfr ci-dessns p. 107 note 4 et Leàke nutniem. boit. 111 p. 47-4S.
^ P. «. I dans le monogramme qui signifia Nicomède, O dans les monogrammes de Bottiée et de Corcyro (le postérieur R) etc.
^ P. e. ^ dans le monogramme d'Acarnanie et H dans le monogramme de I)émé trios 11 roi de Macédoine etc.
" P. e. JWdana le monogramme de Dèmétrinill, P dans l'un des monogramnés qui signifient Pergame sur les eistopfaores, etc.
B V. p. e. n» 7S0-92, cfr la lettre g sur les n" 904-6. <• V. p. e. Uilet o» 1046-52, Hylaaa n» 1143.
comme assez sûrs, ce n'est qu'avec grande circonspection qu'il faut y voir des noms de villes; on verra dans la suite que des monogrammes reconnus comme indications sûres de villes grecques doivent souvent s'expliquer de personnes ^^
De la classification des monnaies sans signe de ville ou
à signe de ville douteux.
H y a un nombre considérable de monnaies d'Alexandre qui n'ont aucun petit type de ville, mais seulement des lettres ou des monogrammes qui peuvent tout aussi bien désigner des personnes que des viHes. Beaucoup de ces monnaies sans doute ne contiennent que des noms de personnes; on peut le conclure de co que les initiales ou les monogrammes qu'eUes portent se trouvent, tantôt isolés, tantôt par paires (voy. p. e. no» 773 et 843), sui" d'autres pièces pourvues d'un signe de ville, dans une liaison qui ne permet pas de les expliquer autrement que de personnes.
Quant à de telles monnaies dépourvues de signes de villes, il est vraisemblable que quelques-unes aient été frappées dans les mêmes villes que d'autres pièces d'Alexandre qui offrent des signes de villes, parce que, comme nous venons d'observer, les mêmes initiales ou les mêmes monogrammes s'y trouvent comme marques de personnes. D'autres peuvent avoir été frappées par des chefs macédoniens dans les villes libres, comme dans l'Asie Mineure occidentale, puisque dans de telles vilLei^ il n'y avait probablement pas de raison pour mettre sur la monnaie le signe de la ville (v. p. 60-61). D'autres encore on peut supposer qu'elles aient été frappées
^1 On pourra ausM en trouver des exemples dans la table des monogrammes sur les monnaies des rois ariens et indiens que donne M. Cunninj^ham dans (Vum. Cliron. Vni p. 175suiy.; sur cette table on rencontre entre autres les monogrammes connus do Corcyre, de Milet et d'Aradus.
dans des villes où avant ce temps on n'avait pas battu monnaie ou seulement la monnaie perse, surtout dans les pnys orientaux de l'Asie pendant les campagnes; car il y avait moins de raison d'employer un petit type comme signe, lorsqu'une ville n'avait point d'cmbléme ni aaeun type iponétaira analogue aux types grecs, ou lorsqu'on ne frappait' monnaie qu'une seule Fois dans une ville, sans y établir nn atelier pour l'avenir. Enfin plusieurs de ces monnaies se laissent considérrr comme frappées dans les camps où l'on ne pouvait employer de signe de ville. Les monnaies sans signe de ville peuvent ainsi, à ce qu'il semble, avoir clé rrnppces par diverses autorités, ou dans des villes ou hors des villes, et dans différents pays.
Pour ce qui regarde le classement des premières monnaies dont les monogrammes ou lettres se trouvent aussi sur celles pourvues d'un signe de ville, il pourrait sembler le plus convenable de les rattacher à ces dernières, comme on serait tenté de supposer qu'elles appartinssent aux mêmes lieux d'émission. Mais il faut observer que plusieurs de ces initiales et monogrammes se trouvent ensemble avec des signes du villes dilTérents. sur des pièces diiTérentes, et qu'ils peuvent désigner des magistrats qui présidaient au monnayage de plusieurs villes ou d'une province entière; les mêmes personnes peuvent aussi à différents temps avoir dirige la fabrication des monnaies en diiTcrents endroits. II parait donc plus juste do ne pas les séparer des autres monnaies qui ne semblent pas porter de signe de ville, ou sur lesquelles la présence d'un tel signe est douteuse.
Ces monnaies en général seront classées, autant que possible, d'après les pays ou les provinces, et seront ajoutées - commet appendice aux sections qui contiennent les monnaies avec des signes de villes, qui portent les mêmes monogrammes on qui sont d'une fabrique analogue. Les télradrachmes de cette sorte dont la fabrique appartient à la classe I suivront
ainsi ceux à signes de villes incertains de Grèce, ceax de la classe ir se ratlacheront à la Gilide et à la Syrie, ceux de la classe VI à la partie occidentale de l'Asie Mineure. Les pièces qui ni d'après les signes ni d'après la fabrique ne peuvent être rangées ainsi, feront suite à celles qui portent des signes de villes que nous n'oserons déterminer. Au nombre de ces dernières il s'en trouvera qui peuvent appartenir* aux pays asiatiques à l'est de la Syrie, cfr §41.
Classiflcatim
A. La Grèce.
il résulte des recherches suivantes, que les monnaies d'Alexandre émises en Grèce furent frappées pendant son règne, outre en Macédoine, dans la Thrace méridionale, en Thessalie et dans 111e d'Eubée, à peti prés dans les mêmes villes que celles de Philippe II, et dans la période depuis sa mort jusqu'en 306 encore dans la Thrace septentrionale, en Phocide, à Thèbes, à Sicyon, et peut-être en Locride, dans 111e d'Egine et en Crète. Il existe des monnaies de tous les trois métaux, aussi des espèces raresi, qui peuvent être rapportées à toutes les deux périodes. Quant à la fabrique, les monnaies d'argent appartiennent aux classes I, 111 et IV; celles de la 1ère classe ne vont guère au-delà du règne d'Alexandre; quelques-unes dont la fabrique peut être rapportée à la classe V, sont probablement de la fin de la période après sa mort. Le titre de roi se trouve par-çi par-là, aussi sur les monnaies d'argent qui doivent être attribuées au règne d'Alexandre. Les villes sont en général désignées par un petit type sans qu'on ait ajouté des lettres pour en indiquer le nom, quelquefois par le commencement du nom sans type, comme dans la Macédoine occidentale. Les personnes ne sont pas citées par leurs noms en toutes lettres, mais par des monogrammes ou par une seule lettre, rarement par une ou deux syllabes du nom.
Dans la période suivante les monnaies d'Alexandre furent encore frappées dans les villes de Thrace sur les côtes de la Propontide et du Pont. Ce sont pour la plupart des tétradrachmes des classes V et Vil, ayant le titre de roi ajouté au nom d'Alexandre.* Les villes sont désignées soit par de petits types, soit par des monogrammes, plus tard aussi par les premières syllabes du nom; une seule fois on rencontre le nom en entier. Les personnes ne sont pas rarement indiquées par les deux premières syllabes du nom ou par le nom entier. EnGn, quelques villes de Crète semblent avoir frappé les létradrachmes d^Alexandre après Tan 306. Toutes ces monnaies se rattachent à celles frappées dans les villes de TAsie Mineure occidentale dont traitera la partie suivante.
La Macédoine.
Pella. No. 1.22.* Le foudre se trouve comme type accessoire sur les monnaies de Philippe H et puis &ur les monnaies de Cassandre ei de la plupart des rois suivants de Macédoine^, ainsi que sur
^ No 2. j\Iuséc brit. 3. Mas. brit., Munich, Copenhague. 4. Cat. of Thomas collection no 1023. 5. Mus. brîL, Leake, Vienne, la Haye^ Copenhague. 6. Paris, Vienne, Leipsic. 7. St. Pétersbourg, Steinla, Sestini Mus. Hedervar. n» 57. 8. Mus. brit. , Munich. 9. Mus. brit. , Berlin. 10. Mus. brit. 11. Mus. brit. , Timoni. 12. 31ionn. no 281. 13. Copenhague. 14. Paris. 16. Munich, Cureton. 17. Cat. de la coll. de Welzl de Wellenheim no 2319. 18. Munich. 19. Vienne^ Berlin, Prokcsch. 20. Mionn. no 372.
^ Le foudre n'est pas cite sur la table des signes sous Démétrius I et H, sous Antigonus 1 et II et sous Persée, parce qu'il ne se trouve point comme signe sur les monnaies ayant les noms de ces rois; mais la plupart des monnaies réunies sous la rubrique appartiennent à ces rois. Sur les pièces de bronze de Persée Taigle sur le foudre est le type le plus fréquent (le riiéme que sur les autonomes de Pella, probablement du même temps); le foudre doit y indiquer le lieu d'émission, puisque sur d'autres pièces Paigle est placé sur une charrue, laquelle est un des signes de villes qu'on voit dans le champ sur les monnaies d'argent de Persée avec Paigle sans attribut.
les firachinés au nom des Macédoniens 3; sur les monnaies d'Alexandre Cdu moins sur un nombre) il ne peut être expliqué d'unie autre ville que sur celles de Philippe, comme.il est accompagné des mêmes signes, même placés piir paires, ce qu'on voit en comparant les no« 12-19 aux monnaies de Philippe nos 13-15 et 23-26. Ce symbole doit donc désigner une ville dans la province de Macédoine, et probablement une des plus importantes, les monnaies sur lesquelles il se trouve étant nombreuses et munies de beaucoup d'autres signes, aussi sous Philippe II et plusieurs des rois suivants. Le foudre ne se rencontre comme type sur les monnaies autonomes de Macédoine que sur celles de Pella^ et sur les pièces de bronze qui portent le nom des Macédoniens et le monogramme connu de Bottiée *'^, contrée où était située Pella, les unes et les autres ayant la tête de Jupiter au droit; parmi les divers types sur les monnaies de Pella la tête de Jupîler et Paiglc sur le foudre sont ceux qu'on trouve le plus souvent. Ce signe ne peut donc guère indiquer que la ville de Pella, siège de la cour et du gouvernement sous Philippe II, où se trouvait Pancien et célèbre temple de Jupiter Boltiée.^ Quand Philippe transporta
» Voy. §18, p. 110-11.
* V. p. c. Sestini Descr. n. v. p. 108 n» 3, Denkschr. der kais. Acad. V Taf.l, 16.
fi Mionn. I p. 453 n»» 12-14; S. III p. 2 no 6. Cfr Philippe II no 27 et les lieax cités en note.
^ Y. S 3 note 3. On pourrait faire Tobscrvation que le Tondre pouvait aussi indiquer Dium, ville de Piérie où le culte de Jupiter était sans doute le prédominant) et que JI aux noi 6-7 pouvait en désigner le nom. Mais tandis que le signe de Bottiée est ajouté sur les monnaies de bronze portant le nom des Macédoniens et le foudre, la seule monnaie<nutonome de Dium que l'on connaisse a au droit la tête d'Hercule, au 1^. la massue. 11 est vrai que cette monnaie a été attribuée par Millingen (Sylloge pi. IV, 20) à une ville de Cbalcidique du même nom; mais cette dernière était petite, Dium en Piérie au contraire une ville très considérable (cfr nos 216 suiv.) où l'on frappait monnaie aussi sous les Romains, et en général les types d'Hercule ne se trouvent point sur les monnaies des villes chalcidiennes, tandis qu'il existe une monnaie au même IV* de Phila , ville peu éloignée de Dium en Piérie (Sestini Classes gen^ p. 38). Jt se trouvent comme initiales d*un nom de personne sur d'autres pièces d'Alexandre de Macédoine, v. no» 42, 81,
sa résidence d'iEgœ à Pella, et que dans cette ville, avant ce temps peu considérable "^ et probablement sans atelier mené* taire^, on commença à frapper monnaie, il est naturel que le symbole de Jupiter fut choisi pour signe, ce dieu étant non seulement la divinité principale de la ville, mais aussi celui qu'adorait Philippe par préférence et dont le premier il mit Timage sur la monnaie royale do Macédoine.
Pellerin attribuait les monnaies d'Alexandre signées du foudre à Séleucie en Syrie. Eckhel regardait cette attribution comme peu sûre; dans le dernier temps elle a été de nouveau adoptée par H. Ch. Lenormant qui regarde I sur le m 14 comme une année de Père séleucide^. Mais cette lettre se trouve aussi sur les monnaies de Philippe 11 et Philippe III ensemble avec le foudre. Nous avons déjà fait observer l'analogie entre les signes sur les n<» 12-19 et ceux sur les monnaies de Philippe II; les autres no» doivent aussi être rapportés à la Macédoine, ou à cause de la fabrique ^^, ou par la raison que les signes ajoutés se trouvent sur d^autres monnaies d'Alexandre émises en Macédoine, comme on le verra par la suite. D'ailleurs on ne trouve pas le foudre comme signe sur les monnaies de Seleucus ou de ses successeurs. M. de Probesch-Osten, qui avait attribué le n» 19 à Séleucie^^, a plus tard préféré Pella dans la description de;s Inedita de sa collection qu'il vient de publier ^^.
121-23, 139 etc.; mais ces lettres peuvent aussi indiquer une alliance monétaire avec Dium, v. n»* 216 suiv.
'' MéXQÛ, àâo^tt* V. Démosth. De Corona p* 247, 16; Strabon ExcerptaVII p. 330, 9.
^ Le foudre ne se trouve ni comme type ni comme signe sur les monnaies des villes on des rois avant Philippe II.
^ Nnmism. des rois grecs (Trésor de numismatique et de glypt. 1849) p. 27 ad pi. XV, 19.
10 Dans quelques pièces d^argent la fabrique est de la classe I; d'autres offrent jusque dans les détails de la ressemblance avec quelques-unes des suivantes d'Amphipolis.
11 Abhandl. der preuss. Acad. 1845 p. 78 n» 6.
13 Denksclir. der kais. Acad. (Wien 1854) V. p. 243 no 29; le thyrse y est pris pour un parazonium.
Les monnaies n'' 12-20 sont Cd'après $ 7) frappées en commun iivec d'autres villes ou hux frais do celles-ci dans l'atelier de Pella. Le caducée indique probablement Pelagonia (v, n* 205 suiv.), le trident et le dauphin d'autres villes de Macédoine (V. n°' I04suiv. et n» 539suiv.)i la proue Hagnési» en Thessalie (v. n«502s.]- Il y a lieu d'expliquer aussi le monogramme ME sur le n* 15 d'un nom de ville, parce que les télra drachmes qui ont X devant la figure offrent un signe de ville sous le siège, e( que sur les autres pièces d'Alexandre frappées à Pclla on ne trouve qu'une seule marque de personne; ce monogramme peut désigner Melissurgis, ville de Mygdonie peu éloignée de Pella.
Amphlpolis. N- 23-95.^3 Le flambeau de course allumé se trouve comme signe sur les monnaies de Philippe II, de Cassnndre et de la plupart des autres rois de Macédoine. Sur les n°< 29-38, 56-57, 59-61, 73 et 76 on trouve ajoulés à ce type les mêmes signes, même deux et trois ensemble, qui sont ajoulés sur les monnaies de Philippe II, voyez la tableXXIV n-28-29, 31, 33-37, 40-47; cette conformité de signes prouve que sur les monnaies d'Alexandre le fiambeao indiqnie la même ville que sur celles de Philippe. Il faut donc adopter comme lieu d'émission une ville dans la partie de Grèce soumise â la domioalioii de Phi-
> N* 23. VieDnc. 24. Seslini Descr. nnm. Tel. p. 130 n* 1. 25. Cureton. 26. Rpilin. 27. Rollin, I.ceke. 30. Leake. 34. Hna. bril. 35. Se*tint Mua. Hcdervar. D» 33. 36 Mnt brit., CopenhaRDc. 41. 1.1 Haye. 44. Paris, Vienne. 46.,Illu8. brit., Dlunicb. 49. CureCon. 50. Leska. 51. La Haye. 52. Uns. brit. 53. P«ri(. 54. Nom. Chron. XVI p. 35. 65. Fox. 64-65. Na*. briL 67. «u>. brit. 69. La Haye. 70. Paru. 71. Paria, Fox. 72. Drcidr, Prokesch. 75. Golha, Cnretoa. 77. Seitini Rcicr. n. t. p. 130 n* 12. 78. Leake. 80. Cal. de la coll. de Welit nû 2532. 81. Munich. 82. Couvent des MéchiUrittea i Vienne. 83. Rollin. 84. Becker. 85. Timonl. 86. Mai. brit., Munich. 68. St. Péleribourg. 89, Mui. brit., Hnnicb , Rollin. 90. Longpérier Degcr. dn cab. Magnoncour n» 234. 91. Manicb, Prokeacb. 93. Ko*, brit. 93. Vienne. 94. Mus. brit. 95. Berlin, acBd. de St. Pétersbourg. — Voy. In table de «nppl.
lippe II et de Cassandre, et cette ville ne peut être que celle d*Amphipolis.- Il est connu que le flambeau de course est le type principal spr les monnaies d*argent el de bronze d'Amphipolis qui doivent être rapportées au commencement de Tcpoque macédonienne^^, et il peut donc élre regardé comme ayant élé alors Temblémc de la ville ^^ L'attribution de ces monnaies à Amphipolis se confirme par le fait, que par leur nombre et par la multiplicité des signes ajoutés au flambeau elles surpassent les monnaies signées d'autres types, et d'Alexandre et de Philippe II. Or, sous ces rois Amphipolis était In plus grande et la plus opu]ente ville de Macédoine, et sa situation prés des mines d'or et d'argent, qui se trouvaient à Touest de la ville dans les montagnes de Bertiscos et â Test* de la ville dans celles de Pangée, devait en faire un lieu propre à la fabrication de monnaies. ^^^
La lettre A Sur les no> 29-31 exprime peut-être le nom d'Amphipolis, cette initiale se trouvant aussi ajoutée seule au flambeau sur quelques-unes des pièces de Philippe II et III.^*^ La lettre A sur les nos 32-77, qui ordinairement est placée au-dessus du flambeau, quelquefois aussi- séparée de celui-ci par un T intercalé (sur les n»* 56-58), cl qui se trouve de la même maniére sûr la plupart des monnaies de Philippe 11 de cette ville, doit sans doute être regardée comme désignant un magistrat
^* Les nombreuses monnaies de bronze autonomes d'AmphipoIis avec d'autres types sont probablement, à en ju^er par la fabrique, du temps des rois suivants et du commencement de la période romaine.
'^ C'est une allusion aux lampadéphories, sans doute instituées en Phonneur des deux divinités de la lumière adorceâ à Amphipolis, d'Apollon, dont la tête se trouve au droit de ces monnaies et dont le sanctuaire^ est nommé dans une inscription (v. Bœckh C. Inscr. n^ 2008), et dé Diane surnommée Tauropotos, qui avait un célèbre temple dans la ville et qui §st représentée comme déesse de la lune sur d'autres monnaies.
16 Sur ces mines d'or etd'drgenl, v. Ilérod. V, 23; VI, 47; IX, 75; Thueyd. IV, 104; Diod. XVI, 8; Slrabon Vil Exe. 17; Justin VIÏÏ, 3.
1'' Le point danà la lettre A ne change probablement pas la signification de la lettre, cfr § 8 fin.
qui, et sous Philippe II et sous Alexandre, a présidé au monnayage à Amphipolis. Tl sur les n<» 88-90 et les monogrammes sur les no> 91-95 se rencontrent aussi sur les monnaies de Philippe m avec le même flambeau. Ces dernières marques n'étant pas ajoutées sur les monnaies de Philippe II, et la lettre A ne se trouvant pas sur celles de Philippe III, Tordre chronologique est donné; et comme il est probable que celles ayant A, n<» 32 -77, soient frappées sous le règne d'Alexandre, les autres, n<»« 88-95, doivent être rapportées à la période après sa mort.
Les petits types ajoutés sur les n^» 59-77 désignent, comme il a été montré plus haut, d'autres villes qui ont pris part au monnayage; ces tétradrachmes étant de la mémo fabrique que le reste, ils ont. sans doute été frappés dans les ateliers d'Amphipolis, non dans ceux des autres villes. Ainsi le n» 59 a été frappé avec ou pour Philippes*® (v. n*» 145suiv.), le n» 60 pour Mendé Cv. n*»» 192 suiv.), le n» 61 pour Pélagonia (v. n»» 205 suiv.), les nw 62-71 *® pour Acroathon (v. n»» 151 suiv.), les n»» 72, 73 et 74 pour d'autres villes macédoniennes (v. n»» 539 suiv, 601 suiv.«t 641 suiv.), le n» 75 pourAbdére^ (v. n»» 284 suiv.) , les no» 76 et 77 pour Mélitée (v. n««« 505 suiv.).
Quant à la fabrique la plupart des tétradrachmes qui ont la lettre A ajoutée au flambeau sont d'un travail négligé ou grossier et se rattachent par-là entièrement aux didrikchmes de Philippe II qui portent les mêmes signes. Il en est surtout ainsi de la flgure au ^., qui souvent pour Texéculion
1^ Amphipolis et Philippes semblent aussi avoir frappé des monnaies autonomes ensemble, v. page 44.
1' 'Sur ceux-ci l'étoile est le plus souvent placée au-deesus de la lettre ou du monogramme, quelquefois combinée avec celui-ci, comme au n» 70, pourtant aussi dessous. J sur le n» 71 peut sur quelques exemplaires d^un travail grossier être regardé non comme la lettre^ mais comme la pierre pyramidale qui se voit au n» 72. Celte pierre a été à tort appelée par Mionnct, suppl. n» 229, It bonnet des Dioscures.
^ L^cxemple d'une monnaie autonome frappée'par Amphipolis en alliance avec Abdère est cité p. 40 note 5.
est bien inférieure à la télé au droit et ne peut être de la même main que celle-ci.^
Pour ce qui regarde la ville où ont été frappées ces monnaies^ les opinions des numismatisles ont beaucoup différé. Quoique Pellerin les eût rapportées à Amphipolis^, Eckhel donna la préférence à Lampsaque en Mysie^, supposant que le flambeau contint une allusion au nom de la ville et que A fût rinitiale de ce nom^^; â cause de cette lettre il préféra encore à Amphipolis llle de Lemnos, où la ville d'Héphestie avait pour type monétaire un flambeau de course. Neumann^ fut aussi d'avis que le flambeau désignât Lampsaque. Sestini, quoir que ne s'opposant pas à l'opinion d'Eckhel, fit pourtant observer qu'on pourrait aussi penser à Lyncus, ville de Lyncestis, au nom de laquelle le flambeau pouvait faire allusion.^ M. Birch^ etiH. de Prokesch-Osten^ ont suivi Eckhel en adoptant Lampsaque; H. Lenormant de même, quoîqu^en hésitant.^ H a plu à M* Cousinéry de choisir Larisse en Thessalie.^ Dans Touvrajfe de Mionnel ces monnaies se trouvent classées sous le titre: Lampsacus vel Amphipolis?^
Lampsaque ne peut en être le lieu d'émission, ce qui est prouvé par le fait que le flambeau de course se trouve sur les didrachmes de Philippe 11 ensemble avec les mêmes signes ajou-
'^ II fallait souvent faire de nouveaux coins pour le revers à cause des signes qui y devaient être placés, tandis que le droit restait toujours le même; les coins le mieux exécutés du droit furent donc probablement employés , tant qu'ils pouvaient servir, ensemble avec les coins différents du revers, dont la fabrication pouvait quelquefois être confiée à des artistes moins habiles. Cfr p. 8.
^ Rois p. 14. ^ Numî vet anecd. I p. 74; Doctr. n. v. II p. 102.
^ Il trouva sa supposition confirmée par le type ajouté au n» 74 , equuê milrintts alaius; sur ce type voy. pins bas n<» 601 suiv.
^ft Numi vet. ined. I p. 154. ** Descr. num. vet. p. 131.
^ Num. Chron. Il p. 165 no 13.
^ Abh. der preuss. Acad. 1845 p. 78 n»* 17-18; sous le n» 23 une drachme y est attribuée à Cyzique.
^ Num. des rois gr. p. 25 ad pi. XV, 3. ^o Voy. en Macéd. I p. 252.
81 I p. 5:^7, suppl. III p. 202.
tés par paires, ainsi que sur les monnaies des autres rois de Macédoine dont la domination ne s'étendait pas hors de la Grèce; il ne se rencontre pas même comme type sur les monnaies de Lampsaque, et la fabrique ne permet pas de rapporter , les tétradrachmes à aucune ville de l'Asie Mineure occidentale. Llle de Lemnos appartenait à Athènes, et Ton ne peut supposer quç Philippe II y ait frappé monnaie^^- ji nVxiste point de monnaies au nom de Lemnos, et le flambeau qui se trouve • sur les monnaies d^Hépheslie est- orné d'une ténie et diiTére par la forme de celui sur les monnaies des rois de Macédoine et d'Amphipolts. Le type de Lyncus est inconnu, comme il n^exisle point de monnaies de cette ville. Sur les monnaies de Larisse et sur celles de Thessalie en général le flambeau de course ne se trouve pas. La raison, pour laquelle on n^a'pas voulu d*Amphipolis pour lieu d'émission, provient seulement de la lettre A au-dessus du flambeau qu'on a cru devoir désigner le nom de la ville; mais s'il en était ainsi, le T ne serait guère intercalé entre le A et l'emblème de la ville, comme on le voit sur les nos 56-58; le A n'est pas toujours placé au-dessus du flambeau, et on trouve ausi^i d'autres lettres et monogrammes au-dessus de ce type. Enfin il faut observer, que ces monnaies sont généralement découvertes en Macédoine et surtout prés d'Amphipolis.33
Un bue r âne, ayant les cornes de la même manière difl*érente qu'ici, se rencontre aussi sur les monnaies de Philippe II, et la fabrique des tétradrachmes est celle (classe I) propre aux ateliers de Grèce sous le règne d'Alexandre. Les m» lOi-3 ne peuvent être séparés de la série précédente comme ils ont les
^ V. Append. § 3 notes.
^ D'après Cousinéry (v. Eckhel Doctr. n. v. II p. 102) et Sestini (Dcscr. n. v.
»* N» 98. Munich, Prokcsch. 99. Rollin, 100. Paris/ Young. 103. Prokescli.
mêmes deux signes ajoutés que sur les n»* 33, 36 el 56-58, le A également au-dessus du type de la ville, et que ces signes se trouvent de la même manière réunis sur les didrachmes de Philippe II n^» 54, 55 et 57. Le bucrânc aura donc été' ou le signe d'une ville voisine dont le monnayage ait été administré par les mêmes personnes qu'à Amphipolis, ou, ce qui semble plus probable, le signe d'un autre atelier à Amphipolis ou un autre emblème de la ville mémc^; en ce dernier cas on pourrait le mettre en relation avec le taureau souvent représenté sur les monnaies de cette ville, et avec le culte de Diane Tauropole auquel la plupart de ses types du temps suivant Tont allusion. Un bucrâne ayant Tune corne abaissée se voit aussi ailleurs sur des monnaies grecques.*"^ Sur la couronne qui entoure le monogramme sur le m 103, voy. S 8. Cfr Cardia n» 316 et Nisyros n»* 1168-69, llo à laquelle appartient peut-être le statère no 96.
Quelques-unes de ces monnaies se trouvent comme les précédentes chez Mionnet (noi 225-26) sous le titre: Lampsacus vel Amphipolis? Au n» 101 est ajoutée dans Numism. des rois gr. l'observation: pièce frappée peut-être dans la Phocide.^ M. de Prokesch-Osten n'a pas reconnu le bucrâne sur les n<» 101 et 103^ probablement à cause du travail grossier de ces pièces; il l'a pris pour un rhyion et a attribué ces deux monnaies à
Lyijcus en considération de la lettre A; il rapporte le n» 98 à Pella.38
^ Dans le Catal. d'Ennery n» 15 un statère d'Alexandre le Grand est décrii avec les signes suivants: tète de bélier ayant la corne droite abaissée et la gauche relevée, et AM*I^ en mottogramme. On ne saurait douter que la tète de bélier ne soit le bucrAne, mais il est incertain si le monogramme 'a été décomposé d'une manière juste.
^ P. e. comme signe sur une monnaie de bronze des Bruttiens de la Grande Grèce. L'abaissement de l'une corne est sans doute motivé par quelque rite de sacrifice.
^ p. 28 ad pi. X\\, 1. Sur les monnaies de Phocide on ne trouve pas un tel bucrAne, mais une tête de taureau ; cfr plus bas n^ 750.
^ Denkschr. dcr kais. Aèad. V.(Wien 1854) p. 243, nos 1, 2 et 4.
No. 104-114.39 Le trident indique une ville de Macédoine, puisqu'il se voit comme signe sur les monnaies de Philippe If, de Cassandre^ et de plusieurs des rois suivants^ de même que sur les drachmes' ayant la légende MAKEAONON. Le. slalère n« 109 offre au droit le même monogramme qu'un des slaléres de Philippe 11 au trident (no68j^, et la fabrique des télradrachmes trahit la Grèce. Le trident est employé comme type sur quelques monnaies d'Âmphipolis^^ mais non sur celles d'autres villes do Macédoine, et comme la plupart des signes ajoutés au trident se trouvent aussi ensemble avec le flambeau sur les monnaies précédentes (v. no. 30, 39, 58, 63, 78, 79 et 103), cette suite semble de même devoir être rapportée à Amphipolis. Pourtant, puisqu'il y a deux autres signes pour celte ville et que le trident soit un symbole de mer, le lieu d'émission est plutôt la ville prochaine d'Eïon, située à l'embouchure du Strymon, servant de port à Amphipolis et étant elle-même une place forte d'importance qui dans les guerres précédentes avait soutenu de longs sièges. ^^ Elle devait son origine à
89 No 104. Mus. brit., Berlin, Mionn. no 101. 105. Nus. brit., Mionn. no 120. 106. Turin, Timoni. 108. Prokesch. 109. Mionn. S. no 93. 110. Munich. 111. Sestini Mus. Hederv. no 5. 112. Paris, Mus. brit., la Haye. 113. Paris.
^^ Le trident ne peut donc pas désigner la ville de Byzance, comme signe de laquelle il est placé sur les monnaies de Lysimaque, car les monnaies de Philippe H ne peuvent avoir été frappées dans une ville indépendante ^e ce roi, V. Append. § 3.
^' Ayant au droit la tête du dieu du fleuve Strymon, Mionn. no 142 et suppl. no 151 (où la tête est à tort désignée comme celle du dieu du soleil). Les monnaies de bronze au nom des Macédoniens, qni ont la même tête au ' droit et le trident au Qr., doivent aussi être regardées comme frappées à Amphipolis, cfr Append. §1* Sur une monnaie postérieure d'AmphIpolis le dieu Strymon avec le nom ajouté est représenté le trident à la main, ^ionn. suppl. no 190. La tête de Neptune, dont le trident était le symbole, se trouve aussi au droit d'un tétradrachmo probablement frappé à Amphipolis, v. Millingen Sylloge pi. 111, 23.
^^ Cfr Hoff'mann Griechcnland I p. 214. — Les anciennes petites monnaies d'argent portant au droit un cygne surmonté d'un lézard ^ au Qr. un carré creux, ont été par quelques numismatistes attribuées à Eïon. Cfr Cab. Al-
Mendé^; le monogramme sur le statère m 112 se trouvant aussi sur un statère au signe de Mendc (n<» 196), et lespèce rare de double statère (n«> 104) étant frappée dans celte même ville. (no 192), on peut en conclure qu'il y a eu une liaison entre la ville dont il s'agit et Mendé.^ Le n» 114 est frappé en commun avec la ville d'Acroathon (Uranopolis, v. n<» 151 suiv.), située de Tautre côté du golfe.
Plus tard on frappait dans d'autres parties de Grèce dos tétradrachuies d'Alexandre portant un trident pour signe, v. n^ 884 et 909.
Traeliunfi. N». 1J5.133.^^
La fleur de balaustium se trouve comme signe sur les didrachmes de Philippe II, ainsi que sur les monnaies de plusieurs rois de Macédoine, et la fabrique des pièces d'argent indique la Grèce. Des monnaies autonomes de la Grèce ce ne sont que celles de Trselium qui portent cette fleur comme type; on la voit au 1^. des pièces de bronze à la légende TPAIAION
lier p. 31 ; Cousinéry Voy. en Maccd. Il p. 170; Borrell dans Numism. Chron. III p. 138. Ce type est du nombre des types communs thraco-macédoniens ct.se trouve avec diverses lettres qui désifi^neiit peut-être des villes différentes (cfr § 18 note 6). Eîon peut aussi avoir été de ce nombre; elle aura peut-être dans une période antérieure frappé monnaie portant ce type commun, ce qui n'empêche pas de supposer que cette ville, comme plusieurs autres, ait eu son propre emblème, dont on se soit servi comme signe monétaire sous les rois de Macédoine.
« Thucyd. IV, 7.
^^ Si le trident est le 'symbole d'Eîon, Tatelier monétaire y a probablement été supprimé plus tard et le trident adopté au nombre des types d'Amphipolis; car les autonomes d^Amphipolis qui ont le trident appartiennent à la fin de la période des rois, et sur les pièces frappées par Philippe V et Persée on ne (roHve plus comme signe le flambeau, mais le trident, comme on le verra par la table des signes.
45 No 115. Paris. 117. Paris, Mus. brit. 118. Prokesch. 119. Mionn. S. no 87. 120. Paris. 121. Paris, banque de Londres, Vienne. 124. Copenhague. 125. Mionn. S. n» 248, Mus. Lavy no 1338. 126. Cat. de la coll. de Welzl no 2517 (subaer). 128. Mus. Lavy no 1373. 129-30. Mus. brit. 131. Paris 132. Mus. brit. 133. jSt. Pétersbourg.
qui, à en juger d'après la contrée où elles sont surtout trouvées , doivent être attribuées à une ville de ce nom voisine d^Amphipolis^^, et qui diaprés la fabrique appartiennent à cette période ^^. Les lettres et monogrammes ajoutés se voient presque tous sur les monnaies précédentes d'Amphipolis, v. n<»29, 40^ 56, 81, 94-95 et 95 a Csoppl*)* On ne saurait donc douter que cette suite ne soit à attribuer à Trœlium.
Les numtsmalistes ont jusqu'à présent sans hésiter rapporté à Rhodes toutes les monnaies d'Alexandre à la fleur de balaustiuni. Mais les pièces d'argent que nous avons i^i réunies sont d'une fabrique qui ne permet pas de les rapporter à une llo près de la côte occidentale de l'Asie Mineure, et elles portent des marques de personnes qui les rattachent à la Macédoine; les pièces d'or ont les mêmes marques, ou offrent le titre de roi qui ne se trouve, point sur les monnaies d'Alexandre de PAsie Mineure occidentale ou des iles adjacentes. Tous les tétradrachmes qui, d'après les initiales PO placées sous le trône de Jupiter, appartiennent à Rhodes sont d'une fabrique toute diiTérente (cl. VI) et ont devant la flgure ou des noms de magistrats écrits en entier, ou un grand monogramme très composé, voy. nos 1154 suiv.
Héraclée Sinlîque. No. 134-144. ^ La plupart de ces pièces d'argent appartiennent pour la fabrique à la classe I, particulière à la Grèce. La massue se trouve comme symbole accessoire non seulement sur les mon-
^ Elle n'est pas mentionnée par les anciens géographes, mais c'est probablement la même qui est appelée TriuUum sur la Tab. Peuting. Sur la situation de cette ville, voy* Eckhel Doctr. n. v. II p. 81, Cadalvene Rec. p. 94, Cousinéry Voy. en Alacéd. II p. 196 suit., Lcake Numism. hcll. IV p. 108.
^^ Les petites monnaies d'argent au même nom qui portent divers autres types sont d'une époque plus ancienne.
48 No 134. Sestini Mus. Hederv. no 9. 135. Prokesch. 13t. Gotha, Leake. 138. Prokesch. 139. Wiczay Mus. Hederv. no 2845. 140. Paris, St. Pétersbourg, Cureton. 141. Munich. 142. Young. 143. Munich. 144. Prokesch.
naies de Philippe H et de Cassandre, mais encore sur celles des anciens rois de Macédoine ^'^; c'est donc probablement en Ma^ cédoine, en dedans des frontières qu'avait ce royaume avant Philippe II, qu'il faut chercher le lieu d'émission. Il y avait dans celte partie de la Macédoine plusieurs villes ayant pour type monétaire une massue^, et de imémo plusieurs villes du nom d'Héraclée'^^ auxquelles ce symbole pourrait convenir. Ce qui fait choisir plutôt la ville située en Sintiquo près du Slrymon, qui étiût la plus considérable de ce nom et dpnt il existe des monnaies tfuionomes portant au ^. une massue^, c'est l'analogie entre les marques de personnes ajoutées et celles sur les monnaies des villes précédentes, d'Amphipolis et de Trœliun, situées dans cette même partie de la Macédoine, cfr n<» 139, 140
4^ D^Ai'chélaûs l, d'Aêropus et de Perdiccas lïl.
^ Dium^ Amphaxus et Heraclea Sintica.
** Outre Heraclea Sinlica encore Heraclea en Lynceslis, v. n»» 205 luiv. , el
Hcraclcum en Piêrie, v. no> 219 suiv.
^^ C'est à Héracléc Sintique qu^appartiennent les tétradrachmes ayant une tête
de MinerVe au droit et la massue dans une couronne de chèné au Qr. (Mionn.
1 p. 477 no» 199-200}, que d'autres rapportent à PAsie Mineure (cfr îMionn. S. m p. 78). Ce qui prouve qu'ils sont de cette ville d'Héractée, c^est la parfaite ressemblance avec le ^. du tétradrachme des Amphaxicns (Millin- ^en Sylloge pi. I, 24) et avec le Q*. des tétradrachmes frappés sous les Romains dans la région I et II de la Macédoine auxquelles appartenaient et la Sintique et l'Ahriphaxide; le monnayage d'argent était naturel dans cette partie de la Macédoine où se trouvaient les mines d'argent, non dans la partie occidentale où étaient situées les deux autres villes de ce nom. C'est en général le même ^. que sur les pièces d^argent de Philippe V et de Persce; la ressemblance avec les grands tétradrachmes des villes de l'Asie Mineure occidentale provient de ce qu'ils sont tous de la même péiiode (cfr p.
' 77-78). C'est probablement aussi à Héraclée Sintique que sont frappées les monnaies de bronze portant au droit la tête de Neptune, au ^. la massue dans une couronne de chêne, avec la légende MAKEJONHN et des monogrammes exprimant le nom d^Héraclée (v. Mionn. 1 p. 453 n» 16, S. III p.
2 n» 10, Catal. de Welzl n» 1763); car la tête de Neptune se voit aussi sûr le droit d'un tétradrachme frappé dans la région 1 à laquelle appartenait la Sintique (Millingen Sylloge pi. III, 23). Du reste comme il y avait tant de villes grecques du nom d'Heraclée, il est difficile de décider lesquelles des autonomes de bronze portant ce nom et une massue appartiennent à cette ville. Sur les plîtites pièces d^argent avec le cygne pour type, rapportées par Pellerin et Eckhel à Héraclée Sintique, voy. note 42.
el 142 avec les nos 81, 83, 95, 121-23 et 129. Cette supposition est confirmée par une pièce d'argent de Philippe II (noSl) sur laquelle les lettres HP en monogramme sont ajoutées à la massue, et par un didrachme autonome de Philippes qui m au tjc, à côté du trépied une massue et HPA.^ Héraclée Sinlique était une ancienne ville, fondée par Amynlas, fils do Philippe, frère de Perdiccas IP^; Pexplicalion de la «ihassue comme symbole de cette ville s*accorde donc très bien avec le fait qu'elle se trouve déjà comme signe accessoire sur une monnaie d'ArchélaûS) successeur de Perdiccas II. ^^
Il existe d'autres monnaies d'Alexandre avec la massue lesquelles, d'après la fabrique et les signes ajoutés, doivent avoir été frappées en Asie, v. no« 1058 suiv., n«« 1297-98 et 1311.
Philippes. No» 145-147.'^
La fabrique du tétradrachme indique la Grèce. Le trépied se rencontrant comme signe sur les monnaies de Philippe 11, de Cassandre et de plusieurs des rois de Macédoine, et en même temps sur les drachmes à la légende MAKEAONON, c'est en Macédoine qu'il faut chercher le lieu d'émission. Ce ne peut être que la ville de Philippes qui avait un trépied pour type sur le I)r. de toutes ses monnaies, en or, en argent et en bronze. Ce fut au voisinage de cette ville que se trouvaient les mines • des montagnes Pangées dont l'exploitation j suivant Diodore^^ avait déjà fourni à Philippe II de quoi faire frapper mdnnaie.
Il y a des tétradrachmes d'une fabrique entièrement diffé-
M Cfr p. 42 note 13. M Slepli. Byz. '
^ Quelques-unes des monnaies ci-dessus mentionnées ont été rapportées par M. de Proltesch-Osten à Amphipolis, dans Denkçchr. der kais. Acad. V (Wien 1854) p. 243 no« 17 et 19 (sur le no 20 v. plus bas notre n» 634); mais la massue ne se voit que sur des monnaies de bronze postérieures de cette ville parmi beaucoup d'autres types.
^ No 145. Berlin, Munich, Copenhague. 147. Mad. Merlens-SchaflThauscn, Cat. of Borrell^coH. n» 76.
w Hist, XVI, 8. Cfr note 16 et Append. § 2.
rente de celle du no 146, qui doivent avoir été fnxppées dans TAsie Mineure occidentale à une époque postérieure, voy. n** 1151-53.
Acanthe. N»- 148-150.*
Une roue est le type des monnaies d^argent et de bronze d'Acanthe qui d'après la fabrique appartiennent au commehcenient de Tépoque de la domination macédonienne. -^ La fa« brique du n» 148 Celasse I) étant propre aux ateliers en Grèce sous le régne d'Alexandre, et la fabrique du n» 149 convenant aussi à une ville des provinces européennes, il est probable, qu'Acanthe soit le lieu où ces monnaies ont été émises. Les pièces d'Alexandre portant ce symbole sont rares, mais de Philippe III il y en a un plus grand nombre de dilTérentes espèces et avec diverses lettres et monogrammes qui ont la roue représentée de côté, comme au n» 149.
M. de Prokesch-Osten a rapporté le n» 148 à Mésembrie^ dont les monnaies ont la même roue que celles d'Acanthe; maisil n'existe point de tétradrachmes de cette fabrique provenant des villes pontiques de la Thrace septentrionale (v. nos 402-498), qui n'ont guère commencé à frapper des monnaies d'Alexandre qu'après sa mort Cv. p. 64 et 74-75). Selon toute probabilité Mésembrie est désignée par un casque sur les monnaies d'Alexandre (v. nos 431 suiv.), mais il n'y a aucun autre signe qui puisse convenir à Acanthe.
Acroalhon. (Uranopolis;) No» 151-178. ^* Une étoile, à plus ou moins de rayons, se trouve comme
6» No 148. Prokesch. 149. La Haye. 150. Leake, Mus. Lavy no 1341.
^9 Les autonomes d'Acanthe qui ont le lion et le taureau pour types sont d'une période plus ancienne; au 4me siècle la roue semble avoir remplacé ces types sur les pièces d'argent (v. p. e. Cadalvènc Rec. pi. I, 22-23). Cfr p. 107 note 6 et Tlierma note 91.
«> Denkschr. der kais. Acad. V (Wien 1854) p. 244 no 33.
<^i No 151. Mus. brit., Mionn. S. no 88. 152. Paris. 153. Couvent des Méchi-
signe sur les monnaies de presque tous les rois de Macédoine depuis Philippe H jusqu'à Perséc (surtout fréquemment sur celles de Cassandre), et sur les drachmes au nom des Macédoniens« De même que les monnaies de Philippe II et ill signées de ce symbole se rattachent par divers signes ajoutés à d'autres pièces frappées en Macédoine, de méipe les signes ajoutés sur les monnaies d'Alexandre renvoient à la Macédoine, nommément à la partie sud<-cst de cette province. Ainsi les lettres et les monogrammes sur les n»» 157-60®^, 161-63, 164, 170-72, 177 et 178 se trouvent aussi sur les pièces précédentes de Trœlium (no. 119, 120, 124 et 125) ^t d'Amphipolis (no. 43, 56, 91-93), et Ton voit par les no> 62-70 et 114 qu'à Amphipolis on a souvent frappé monnaie avec la ville désignée par Tétoile. Aussi le monogramme sur le n» 163 appartient à la Grèce septentrionale, V. nos 770 suiv. Les no> 167-68, 170 et 178 sont du même atelier monétaire que les pièces de Philippe II signées de réloile, ce qu'on voit par les lettres et monogrammes correspondants, voy. Philippe II no>97, 98 et 100. La fabrique des pièces d'argent convient à la Grèce.
La seule ville de Macédoine qui eût pour type une étoile, ce fut Uranopolis; aul^. des monnaies de cette ville une étoile, ou associée au signe de la lune, ou sans ce signe, est la représentation constante qui est en rapport avec la déesse qu'on voit au droit, probablement Vénus Urania. La fondation d'Uranopolis, située sur le sommet d'Acte ou du mont Atbos, est attribuée à un frère de Cassandre^; mais en considérant Pin-
taristes à Vienne, Curt. 154. Gotha. 157. Mionn. S. n» 124. 158. Mus.
brit. 160. Prokesch. 161. Paris. 164. Mus. bril., Prol(esch. 165. Vienne.
166. La Haye. 167. Mus. bnt. 168. Dantzi^er. 169. Mus. brit. 170.
Lon^périer Descr. du cab. Ma^noncour n» 238. 171. Fox. 172. G. van
Bockhel. 173. Becker. 174. Copenhague, Mionn. S. n» 126. 176. La Haye.