‹ Numismatique d'Alexandre le GrandChapitre 15 sur 21 · Ce9 no» ne contiennent que des monogrammes et ini · texte numérisé non relu

Ce9 no» ne contiennent que des monogrammes et ini

tiales qui probablement potir la plupart sont à expliquer de personnes et dont le plus grand nombre se trouvent ensemble

^ Ainsi que ]*«ile sur le n» précédent et comme la (été de griffon, celle de bélier, celle de lion, la corne d'abondance, la fête de cheval, la moitié de bouclier etc. sur les monnaies citées ci-dessus d'Abdère, de Samothrace, de Cardia, de Cœla, de Pharsalc, de Thëbes etc. Une telle réduction du type monétaire d'une ville pour le placer comme signe sur les monnaies royales était naturellement motivée par l'espace moins grand et s'accordait avec la coutume d*employer en général sur la monnaie petite une partie du type de la grande.

^* La ville personnifiée ou l'héroïne dont elle avait son nom| cfr Eustath. à l'Iliade II, 537.

^^ M. Borrell dans Num. Chron. II p. 232 s. a tâché de prouver que les drachmes ordinairement rapportés à Histiée en Eubée sont d'Histiéotide en Thcssalie. Si l'on tombe d'accord avec cet auteur, la présente monnaie doit être rangée aux précédentes deThessalie. Mais les raisons de M. Borrell ne sont pas assez convaincantes. Le nom d'Histiée ne fut pas aboli par celui d'Oréos, ch Cadalvène Rec. p. 219-20. Il n^existe point de monnaies au nom d^Oréos quoique cette ville continuât à être florissante. La même tête de femme couronnée de lierre se trouve sur des drachmes contemporaines au nom d'Histiée qui ont au Q:. le type eubéen, la vache. Eubée était dans le pouvoir de Philippe V tout aussi bien que la Thessalie, et nommément sous ce roi Oréos était une place d'armes macédonienne (cfr Wachsmoth Hellen, Altertbumsk. p. 754).

Mais aucune de ces monnaies né peut. être séparée des autres, et ni les tétradrachmes à cause de la fabrique (voy. p. 100} ni les statéres comme tels (voy. p. 114) ne peuvent être rapportés à TAsie Mineure occidentale.

L'Hellade et Tlle d'Eubée.

La Locride.

Le. pays des Locriens septentrionaux semble après la mort d'Alexandre avoir été entièrement dépendant de la Macédoine; Antipater et Cassandre y agissaient en maîtres, et Polyspcrchon y hiverna avec son armée en 309-8 ^ II n'est donc pas improbable que des monnaies d'Alexandre y aient été frappées, sinon sous son règne, du moins après sa mort.

Une grappe peut être regardée comme emblème de la Locride, puisqu'elle fait le type tant sur les monnaies d'argent et de bronze qui portent le nom commun du peuple, que sur celles qui offrent le nom particulier des Opontiens et des Epicnémidiens. Il a été démontré plus haut que ce symbole sur quelques-unes des monnaies d'Alexandre doit être expliqué de Maronée Cvoy. no« 305 s.)* Cependant, comme la grappe se trouve aussi comme type accessoire sur les monnaies de Cassandre et de Démétrius I qui ne peuvent avoir été frappées en Thrace, il ^ faut qu'après le partage de la monarchie un autre atelier monétaire, dans un des pays soumis à ces rois, ait été désigné ainsi, et Ton peut donc supposer qu'il ait été dans la Locride.^ Il est donc probable, qu'on doive y rapporter quelques-unes des monnaies signées d'une grappe qui sont classées plus-bas parmi les incertaines no> 1519-39.

* Voy, Droyscn Gescli. der Naclifolger Alexandcrs p. 407.

^ II faut pourtant observer, qu'une grappe se trouve aussi sur les monnaies

communes d'Eubée , et que les deux rois ci-dessus nommés avaient aussi

cette lie en leur pouvoir.

La Phocide. N« 750.3

Une lêle de taureau vue de face est connue comme type principal des monnaies phocidiennes. Elle se trouve comme signe sur une monnaie de Cassandre qui avait la Phocide en sa possession. A, placé au-dessus de la tête du taureau, indique peut-être le nom d'Anlîcyra ou d'une autre des villes phocidiennes dont les noms commencent par A^, de même que EA, qîii sur une monnaie en bronze de Phocide se trouve au-dessus de la tête de taureau, est regardé à juste titre comme désignant Elatée. Comme ce lélradrachme offre pour la fabrique de la ressemblance avec plusieurs des suivants de Thébes et de Sicyon, il appartient probablement comme ceux-ci à la période après la mort d'Alexandre. Cette lêle de taureau ne doit pas êlre confondue avec le bucrâne sur les no» 96 s. ^

Thébes. Noi 751-756.^

Le bouclier béotien renvoie ces pièces à une ville de Béotie qui ne peut guère être que Thébes, comme les autres villes formaient une ligue indépendante même sous la domination macédonienne. Nous avons observé plus haut (p. 63 et 65) que tant sous Alexandre qu'après sa mort il y avait une garnison macédonienne dans le fort de Cadmée, et que la ville détruite au commencement du règne d'Alexandre fut rebâtie sous Cassandre en 316. Il s'ensuit donc que ces monnaies peuvent être frappées ou par les commandants macédoniens du fort, ou par le magistrat de la ville rebâiie. Cette dernière alternative semble préférable à Tégard des tétradrachmes, parce que pour la fabrique ils ressemblent à plusieurs de Sicyon (noi 864 s.)

» No 750. Vienne, Prokesch, Foi.

* Amphiclea (Amphictea), Abœ, Ambrysus, Anemoria.

^ M. de Prokesch Osten l'a prise pour un bucràne et a supposé qu^elIe indiqniC Pella. Denkschr. der kais. Acad. (Wicn 1854) V p. 239 et 243 no 3.

^ No 751. Mus, brit., De Saulcy. 752. Mus. brit , Berlin, Munich* 753. Empreinte. 753 b. Vienne. (Cat. de Welzl no 2610.) 755-56. Vienne.

qui appartiennent à Tépoque après 316, et que qaelques-nns offrent des types d'autres villes qui ont pris part au monnayage (cfr p. 58), comme le n» 754 le serpent d'Esculape, symbole de Tricca (v. les n»» 529 suiv.)? et les n»» 755-56 le thyrse (cfr no« 662-63). Il est cependant possible que le thyrse sur ces derniers ne désigne pas une alliance avec une autre ville, mais quil soit ajouté comme symbole de Bacchus thébain "^ pour indiquer plus précisément Thèbes comme le lieu d'émission. Le bouclier béotien sur le n» 754 a aussi été considéré par M. de Prokesch Osten comme symbole de Thébes.^

Chalcîs. No 757.»

Une aile d'oiseau se trouve comme signe sur un didrachme de Philippe II (no 209); la fabrique du no 757 est celle qui était propre à la Grèce sous le régne d'Alexandre. Un oiseau de proie volant, tenant dans ses serres un serpent ou un lièvre, est le type connu de Chalcis en Eubée, probablement avec allusion au nom^^; sur les petites pièces de bronze il ne se trouve de cette représentation que l'aile de l'oiseau ^^ type qui, autant que nous sachions, ne se rencontre pas ailleurs sur des monnaies grecques. L'aile semble donc devoir s'expliquer de Chalcis, tant sur cette pièce que sur celle de Philippe qui était maître de cette ville (v. Appendice S 3). Le monogramme la rattache aux villes du nord de la Grèce, cfr p. 189 no» 539 s.

Histîée. No 758.1^ La fabrique de ce tétradrachme est absolument la même

7 II est connu que Bacchus était la divinité principale de Thèbes; sur les monnaies autonomes de cette ville on trouve souvent sa tête ou ses attributs et parmi ces derniers aussi un thyrse, v. p. e. Mionn. suppl. no* 165 et 168.

8 V. note 5, 1. c. p. 243 no 15. » No 757. Paris, la Haye.

w L^oiseau XaXxlç (lliad. XIV, 291). Voy. Cavedoni Spicil. num. p. 113. " Sestini Descr. di med. gr. in piu musei (Fir, 1828) I p. 98, tab.XIII, 13, avec

la légende XAJ. Cfr à Tégard de la réduction du type p. 211 note 13. î2 No 758. Copenhague, Young.

que celle du précédent, et le signe, une voile, se voit' aussi sur un didrachme correspondant de Philippe If Cn» 210}. Une voile ne se rencontre pas comme type sur les monnaies grecques, mais elle est probablement à regarder comme une réduction de la représentation ^3 sur les monnaies d'Histiée, la femme^^ assise sur un vaisseau, tenant un mât avec une voile, en sorte que cet insigne Cêatloy^ offre les armes parlantes de la ville. Aussi cette ville eubécnne était déjà dans le pouvoir de Philippe II, voy. Appendice §3,^^

Incertaines des parties précédentes de la Grèce.

No- 759-852.

Ces noi ne contiennent que des monogrammes et initiales qui probablement potir la plupart sont à expliquer de personnes et dont le plus grand nombre se trouvent ensemble

13 Ainsi qoe Taile sur le n» précédent et comme la (été de griffon, celle de bélier, celle de lion, la corne d'abondance, la réte de cheval, la moitié de bouclier etc. sur les monnaies citées ci-dessus d'Abdère, de Samothrace, de Cardia, de Cœla, de Pharsalc, de Thébes etc. Une telle réduction du type monétaire d'une ville pour le placer comme signe sur les monnaies royales était naturellement motivée par l'espace moins grand et s'accordait avec la coutume d'employer en général sur la monnaie petite une partie du type de la grande.

^* La ville personnifiée ou l'héroïne dont elle avait son nom^ cfr Eustath. à l'Iliade II, 537.

1^ M. Borrell dans Pîum. Chron. II p. 232 s. a tâché de prouver que les drachmes ordinairement rapportés à Histiée en Eubée sont d'Uistiéotide en Thcssalie. Si l'on tombe d'accord avec cet auteur, la présente monnaie doit être rangée aux précédentes deThessalie. Alais les raisons de M. fiorrell ne sont pas assez convaincantes. Le nom d'Histiée ne fut pas aboli par celui d'Oréos, crr Cadalvéne Rec. p. 219-20. Il n^eziste point de monnaies au nom d^Oréos quoique cette ville continuât à être florissante. La même tête de femme couronnée de lierre se trouve sur des drachmes contemporaines au nom d'Histiée qui ont au Qr. le type eubéen, la vache. Eubée était dans le pouvoir de Philippe Y tout aussi bien que la Thessalie, et nommément sous ce roi Orées était une place d'armes macédonienne (cfr Wachsmuth Uellen. Alterthumsk. p. 754).

avec les petites types qui indiquent des villes dans les parties précédentes de la Grèce. Quelques-unes de ces marques se voient aussi sur les monnaies de Philippe II. de Cassandre ou de Lysimaque. La fabrique des tétradrachmes convient à la Grèce.

Nos 759-68. ^ Le monogramme qui semble composé de A et H se rencontre sur les pièces frappées à Pella, à Amphipolis et à Acroalhon, voy. no»8-H, 84 et 171^; P* sur le n«» 765 se trouve ensemble avec beaucoup d'autres signes de villes macédoniennes, voy. no*539s. p. 189.

Nos 770-76.^ Ce monogramine, formé à -ce quil parait de A et M ou 2, est quelquefois difficile à distinguer du précédent. Il se trouve ensemble avec Tctoile sur le n» 163, avec la bipenne sur le n» 576 et avec Famphore pointue sur le n» 597 (sur lequel le monogramme ajouté est probablement le même qu'ici sur le no773); les n©» 772-73 sont jusqu'aux détails et jusqu'à l'expression de la tête d*HercuIe pareils au no 597. Les deux monogrammes des n»» 774-75 se rencontrent ensemble sur les monnaies de bronze au nom d'Alexandre frappées en Grèce Cv. la table, F) ^ et sur les monnaies de Cassandre.

Nos 777-93. ^ Les deux monogrammes communs aux monnaies de cette suite, dont l'un semble composé de A et T, Pautre de A et Y ou de A et Y ^, sont réunis ici, parce que sou-

> Ko 760. Vienne. 761. Paris. 762. Copenhague, Young, Mionu. S. no 277.

765. Munich. 766. Copenhague. 767. Paris. 768. Reutze. 3 Pourtant on trouve aussi ce monogramme sur quelques monnaies d'Alexandre

qui portent le signe séleucide, yoy. nos 1494 et 15G8. 8 Ko 770. Empreinte. 771. Leake. 772. Vienne, Young. 773. Mus. bril.

774, Vienne. 775. Mus. brit. 776. Mus. brit., Kestner.

* Sans signe de ville ou avec la bipenne (cfr no 576).

* Ko 777. Rollin, 778. Mus. Thorvaldsen no 630. 779. Munich. 780, Mionn. B. no 91. 781. Paris. 782. Vienne, St. Pétersbourg. 784. Gotha, Prokesch. 785-86, Munich. 787. Mionn. no 360. 789. Timoni, Reutze, 790. Mus. brit., la Haye, St. Pétersbourg acad. 791. Munich, Thomsen.

* Une de ces drachmes a été attribuée par M. de Prokesch Osten à Lyncus en Macédoine, voy. AbB. der preuss. Acad. 1845 p. 78 no 28.

vent on ne peut les distinguer Tun de Pautre, surtout sur les drachmes crû ils sont exécutés en petit. Dans le précédent ils se trouvent sur les no- 545-46, 553-56 Caccompagnés des mêmes lettres qu'ici sur les no» 785-88) et 652-53. Le monogramme ajouté sur le n» 782 se voit aussi sur le no 100 d'Ampliipolis.

Nos 794-96.'^ Tl se trouve sur plusieurs des monnaie;s frappées dans les villes de la Grèce septentrionale, voy. Amphipolis no. 88-90, Aphytis no. 185-86, la feuille de lierre no. 247- 49, Mélitée no. 521-23, aussi avec le nom de Philippe III, voy. les monnaies de ce roi no. 5-9, 17, 33, 39 et 53. Le monogramme sur le no 796 qui semble de la même signification se trouve avec P joint au signe macédonien, la lune, sur le no 263. Les deux lettres, ajoutées B et P se voient aussi ensemble sur les no. 337 et 786.

No. 797-813.3 11 est à la vérité incertain si toutes ces monnaies qui ont (D de commun appartiennent au même endroit. Cette lettre se rencontre assez souvent sur les monnaies frappées à Cardia, voy. no. 343, 356-57, aussi au nom de Lysimaque. Les lettres et monogrammes ajoutés se trouvent pour la plupart dans le précédent sur des monnaies d espèce correspondante ensemble avec les signes: la feuille de lierre (no. 252-53), la lune Cn°' 262, 274-75), la pierre conique surmontée de l'étoile (no. 641- 45), le flambeau Cn° 648), la souris (no. 657 et 660) et plusieurs autres. L'exécution du tétradrachme no 810 est jusqu'aux moindres détails la même que celle des no. 16 et 64 de Pella et d'Amphipolis. Si Ton suppose ijue (D ne désigne pas un magistrat, mafs une ville ^, celle-ci peut-être Phagres, forteresse piérienne

^ No 794. Vienne. 796. Berlin, Mionn. S. no 297.

s No 797. RoHin, Mionn. S. no 137. 798. Turin. 800. Mus. brit. 801. La

Haye. 802. Vienne. 803. Prokesch. 804. Vienne. 805. Mus. brit. 806.

Mionn. no 349, Mus. Lavy no 1366. 807. Leake. 809. Paris. 810. Mus.

brit. 813. Mus. brit.

9 4> se voit et seul et avec d^autres monogrammes et lettres sur les monnaies

d'AntigronusI, deDémétriuslI et de Lysimaque; mais il est certainement

peu sûr d'en tirer des conclusions.

non loin d'AmpbipoIis ^^, on Philippopolis, fondée dans la Thrace orientale par Philippe II. II faut bien distinguer des monnaies réunies en ce lieu la suite des tétradrachmes portant un (D, qui offrent des nombres d'années et sont frappés dans une période postérieure dans l'Asie Mineure, probablement à Philomélium, voy* no» 1178 sJ*

No* 814-17. ^^ Ce monogramme composé de[K et A se voit sur les no« 275 et 807-8. On le rencontre aussi seul sur une des monnaies de Philippe II (n» 304) et fréquemment sur celles de Cassandre, tant seul qu'avec d'autres monogrammes qui varient.

N»* 818-24^^, marqués de Kl. Le monogramme insolite composé de NO qui est ajouté sur le n» 823 se trouve sur les drachmes absolument pareilles m* 612-13 ensemble avec la feuille de lierre et le Pégase à mi-corps, signes de villes macédoniennes; les autres lettres et monogrammes ajoutés se retrouvent aussi dans le précédent.^*

No« 825-27.^^ Ce monogramme qui fournit les lettres A et X se trouve sur les n»» 724-28, où il a été expliqué de Chalcis, voy. p. 207.

No« 828-35.^^ Dans cette suite les initiales AA et AA semblent avoir la même signification puisque sur les n»» 833 et

i<> Uérod. Vn, 11?, Strabon VU p. 331, et d^autres auteurs.

^^ Le n» 812 a été attribué par M. de Prokcsch Osten à Phellns en Lycie. Abh. der preuss. Acad. 1845 p. 78 no 33.

« No 814. Mus. brit. 815. Paris, Young. 816. Paris. 817. St. Pétersbonrg.

la Koi 818-19. Vienne. 820. La Haye, Prokesch. 822. Mus. brit., Prokescb, Reutze. 824. Mus. brit.

>^ Dans le catalogue des Inedita de la coll. de Prokesch Osten (Denkschr. der kais. Acad. Wien 1854) p. 244 no 77 on trouve ajouté à notre no820: C»byraPhrygiœ? Plutôt on pourrait expliquer iC/ de Citiura dans la Macédoine occidentale (Tite-Live XLH, 51), auquel cas 9 pourrait désigner une alliance avec Therma (cfr n*» 197).

" No 825. Rollin, Mionn. S. no 142. * 826. Munich. 827. Cat. of Borrells coll. no 75.

>« No 828. Cappe. 829. Mus. brit. 830. Berlin. 831. Paris. 832. V. note 19. 833. Gotha, Fox. 834. Prokesch. 835. Mus. brit., Rollin.

834 toutes les deux sont unies à EAU Ce dernier nom abrégé * se trouve dans le précédent ensemble avec deux signes de villes qui appartiennent au nord de la Grèce, sur les noi239 et - 646; on est tenté de Texpliquer d'Elimée^'^ en Macédoine. AA se voit sur une des plus anciennes monnaies de Macédoine ^^, et sur diverses monnaies de Phjlippe III avec un diota ou sans signe de ville Cno* 84-87) ; ceci porte à regarder ces deux lettres comme indiquant le nom d'une ville, qui peut être Alorus dans le district bottiée, tantôt en écriture rétrograde comme dans Tancien temps, tantôt en écriture ordinaire. Mais il est douteux si ces monnaies contiennent aucune indication de ville. AA sur le no 832 a été pris pour Tannée 31 ^^; mais les nombres d'années grecs ne se rencontrent que sur des tétradrachmes d'une fabrique postérieure.

No* 836-37. ^ Le premier de ces monogrammes MA se trouve sur le tétradrachme n» 831 de la même fabrique, le second ÂÔ plus haut sur les nof.621-23 et 636.

N<» 838-41.^^ Ces monogrammes, qui peut-être expriment le commencement du même nom de personne EYH, se trouvent souvent ensemble avec des types de villes appartenant au nord de la Grèce, voy. no- 129-31, 140, 518-19, 664-66, aussi sur les monnaies de Philippe III, voy. noi9-ll, 42, 48-49 et 73-74. «

No 842.^ Ce monogramme insolite se retrouve sur le té-

17 'SXifiiM, 'Ehfimnç, contrée le plus i|a sud-ouest de Macédoine avec une ville du même nom.

18 Ayant la chèvre agenouillée sur le droit, nn carré creux au Q:., dans la collection de la banque de Londres. Cfr p, 107 note 6.

1* Longpérier Cab. Magnoncour no 242. ^ No 836. Paris. 837. Gand.

<i No 838. Mus. brit. 839. Munich, Prokesch. 840. Paris.

^ Le no 839 a été attribué par Mr de Prokesch Osten à Eusebia en Cappadoce (Abh. der preuss. Acad. 1845 p. 78 no 27); mais il n'existe point de monnaies d'Alexandre de ce pays, et la lettre 8 fait évidemment partie du mo^ nogramme.

^ No 842. La Haye, Turin.

tradrachme de la même fabrique no634 qni a nn gouvernail pour signe de ville.

N<»843. ^ Les mêmes deux monogrammes se voient unis sur le tétradrachme no 510 classé i Hélitée; celui qui est placé sous le siège de Jupiter se rencontre aussi sur des pièces de villes macédoniennes, voy. not 126 et 265 s.

No 844. ^^ Ce monogramme composé probablement des lettres AO se trouve sur les monnaies de Pella C"o5), d'Amphipolis (nos 78-79, 112} et de Mendé (no 196). Cette pièce et le no 79 sont les seules drachmes frappées en Grèce qui por-> tent le titre de roi qu'on trouve très rarement sur cette espèce de monnaie (cfr p. 19 note 8).

jfdf 845-46. * r* se rencontre fréquemment sur les mon-, naies qui semblent appartenir à la Macédoine, voy. p. 189 no» 539 s. On trouve FIY sur des monnaies d'Âmpbipolis et d'Acroathon, voy. no> 91-93 et 164, aussi au nom de Philippe III; voy. nos 12-14.

No 847. ^ Cfr no» 577-78 avec la bipenne pour signe.

N« 848. 28 Ce monogramme, formé de K, P et A, se retrouve sur les drachmes de fabrique correspondante not 648 et 812.

No« 849-50. ^ Ce monogramme composé de AIO ne se trouve sur . des monnaies d'Alexandre que sur les no» 394 et 397-98, uni aux emblèmes de Périnthe. Il peut désigner une personne, mais aussi Dionysopolis, voy. p. 171 et 177.

No» 851-52.*^ , Ces deux marques se trouvent sur les monnaies frappées à Amphipolis no» 58, 70, 103 et 110.

No» 853-57.

Les no» suivants offrent des pièces en argent de la fabrique qui était particulière à la Grèce sous Alexandre, et avec de pe-

»* No 843. Rollin, Curelon.

2* No 844. Mus. brit. «6 No 845. Copenhague. 846. Munich.

^ No 847. Timoni, RoIIin. » No 848. La Haye.

» No» 849-50. Paris. 80 jfoi 851-52. Paris.

tiU emblèmes; les villes désignées par ceux-^i doivent donc élre cherchées à peu près dans les mêmes pays de la Grèce qui étaient soumis à Philippe II (v. p. 62 et 97). Puisque ces emblèmes ne se voient ni comme types sur les monnaies autonomes ni comme signes sur les monnaies des rois après Alexandre, et que des marques de personnes n'y sont pas ajoutés^ il n'est guère possible de les déterminer.

Mo853. ^^ La double tête, qui quelquefois sur ce tétradrachme grossièrement exécuté n'est pas facile à reconnaître, se montre sur des exemplaires distincts composé- de deux têtes sans couronnes portant un polos Cmodius). Elle diffère ainsi de la double tête qui est le type de Ténédos^ et ne peut être rapportée à cette lie aussi par la raison qu'elle se trouve sur un didrachme de Philippe II C^^ 269). ^

No* 854*55. ^ Le casque de Persée se voit distinctement sur le n» 855 et forme probablement aussi le signe du no 854, quoique sur plusieurs exemplaires il offre quelque ressemblance avec un bonnet phrygien. Ces monnaies sont peutêtre à attribuer au même endroit que celles à la tête de Persée no» 389-91.

No 856. ^"^ Un insecte, probablement une abeille, sur une fleur qui ressemble à celle du balaustium. La première fait penser à Mélitée (no« 505 s), la dernière à Trœlium (no* 115 s.).

No 857.^ Cette drachme signée d'une flèche appartient

'^ N« 853. Mas. brit., Leake, Leîde, Gotha, Fontana.

^ Composée d^une tête barbue couronnée et d'une tête de femme avec une Stéphane, qui représentent Ténès (Zeus) et sa sœur. La double tête sur \es monnaies de Thessalonique offre deux têtes barbues couronnées et repré^ sente probablement le Janus romain.

33 Les didracbmes de Philippe ne peuvent être frappés à Ténédos, parce que par la paix d^Antalcidas cette lie avait été cédée aux Perses et ne fut délivrée de leur domination que sous Alexandre.

3» No 855. Vienne, Berlin.

3ft No 856. Munich, Turin, Prokesch, banque de Londres*

33 No 857. Mus. brit.

penUélre à la même ville que les n«* 586-93 qui ont pour signes un arc et un carquois.^

Ces télradracbmes marqués seulement de monogrammes et de lettres sont tous de la fabrique propre aux ateliers monétaires de la Grèce sous le régne d^ Alexandre, et doivent élre rapportés aux mêmes parties de la Grèce que les précédents. Les deux signes unis sur les n»* 858-59 se trouvent aussi ensemble sur un didrachme de Philippe II, no 281. Le monogramme du no 862 se retrouve sur le statère de Philippe m 302, de même seul.

La Péloponnèse, les îles de la mer Egée el Crète. ,

Sicyon. N»» 864-898. *

Une quantité considérable des tétradrachmes ayant ces signes fut découverte en 1850 dans le voisinage de Patrœ en Achaîe; ces tétradrachmes étaient au nombre de 116 de ceux cités sous noi 867-72, 880-82, 884-86 et 893-96. D'après la relation de rhabile numismatiste M. Nevtrton, qui en a donné une description exacte dans Numismalic Chronicle (1853, Vol. XVI p. 29 s.), ils étaient pour la plupart d'une et même fabrique et avaient le dos du trône de Jupiter orné de deux petites Victoires, raisons

^ Une flèche se trouve d^ailleurs sur le Qr. d'une monnaie de Sesins, Toy. Num.

Chron. IV p. 7.

» No 858. Paris. 859. Vienne. 861. Paris. 862. Vienne, Turin, Fox. 1 N«865. Prokesch. 866. Mus. briu 867-72. Num. Chron. XVI p. 31 -34.

873. Cat of Borrells coll. no 74. 874. Leake. 875. Mus. brit, Rollin. 876.

Prokesch. 878. Mus. brit., Munich, Gotha, Num. Chron; L c. 879. Fox.

880-81. Num. Chron. 1. c. 882. Prokesch, Leake, Num. Chron. I. c. 883.

Vienne, Berlin, Munich. 884-86. Num. Chron. 1. c. 887. Vienne. 888.

Munich, Prokesch. 889. Vienne. 890. Mus. brit., Fox. 891» Vienne, Berlin,

Munich, banque de Londres. 892. Vienne, St. Pétersbourg. 893-96 Num.

Chron. h c. 897. Berlin. 898. Vienne.

par lesquelles il les rapportait au même temps et au même atelier^ Les tctradrachmcs portant d'autres petits types qui sont réunis à ceux-ci de diverses collections, les n»* 864-66, 873-79, 883, 887-92 et 897-98, sont tous d'une fabrique analogue, offrent en ^général les deux Victoires sur le dos du trône ^ et ont les mêmes marques de personnes.

On ne saurait douter que la Chimère, type principal de Sicyon, ne désigne aussi sur les no« 864-65 cette ville, comme NO et HP se trouvent aussi ajoutés sur ses monnaies autonomes qui d'après la fabrique peuvent être contemporaines. On peut regarder comme tout aussi sûr que la figure remarquable sur les UM 866-74 est un emblème de Sicyon, comme elle ne se trouve comme type que sur les monnaies de cette ville. Le droit d'une de ces pièces est gravé pi. II fig. 21. ^ La figure représente sans doute Apollon dans une attitude de danse ^ élevant des deux mains la ténie consacrée, qui sur d'autres monnaies de Sicyon est tenue dans le bec par la colombe ou est attachée au trépied; Apollon avait plusieurs temples à Sicyon^, et des types appartenant à ce dieji sont les prédominants sur ses . monnaies. La lettre Z sur les no«866 et 867 doit probablement s'expliquer comme initiale du nom de Sicyon puisqu'elle forme

3 A Tezception de quelques-uns de ceux qui appartiennent aux n*» 867-72.

3 Avec quelques exceptions, comme le n» 865 et quelques exemplaires des no> 864, 875, 877 et 889-91.

^ Au Qr. on voit SI dans une couronna de laurier. La pièce gravée est l'un de deux exemplaires qui se trouvent dans le musée brit. Cette monnaie a été incorrectement publiée par Sestini qui y' crut reconnaître un oiseleur (auceps) voulant prendre la colombe dans un filet. Mus. Fontana II p. 31 no 3, tab. Y, 10; Descr. di med. gr. di piu mus. I p. 89 no 2.

^ Sur les anciennes pièces d'argent de Cos on voit aussi Apollon nu, un tympanum à la main, dansant devant le trépied, d'après Brœndsted (Voyage en Grèce II p. 311-12) le dieu pytblen exécutant la danse de la victoire après avoir tué le monstre (ou un jeune homme représentant le dieu dans les jeux pythiques). Crr Streber Num. ex mus. reg. Bavariœ p. 240 s.

^ Pausanias mentionne quatre temples dans lesquels il fut adoré sous les surnoms de Karneios et de hykios, Paus. H, 7, 7; 9» 6; 10» a; 11,2* .

le type au Q*. d*un grand nombre des autonomes de cette ville ^; le petit o placé dans 2 sur le n*866 doit donc élre pris. pour une marque de personne , comme sur les monnaies de Sicyon des personnes sont souvent désignées par des lettres isolées (an nombre desquelles aussi O) qui se trouvent placées au milieu du grand Z qui occupe tout le revers. La couronne de laurier ajoutée sur le n» 869 est sans doute le symbole d'Apollon qui est ordinaire sur les autonomes de Sicyon. Parmi les marques de magistrats NO sur le n» 874 est la même que sur le n* 864, et les monogrammes composés de HP et HPA sur les n<» 867-71 désignent probablement la même personne dont le monogramme se trouve sur le no865. Les tétradrachmes d^Alexandre qui portent cette petite figure ont aussi été attribués à Sicyon par les numismatistes anglais. ^

Les suivants n«« 875-98 se rattachent aux précédents ainsi qu'entre eux par la dite découverte, par la fabrique pareille, par les Victoires sur le dos du trône ^, lesquelles ne paraissent pas ailleurs sur les monnaies d'Alexandre, et enfin [^par les initiales et monogrammes ajoutés. La plupart de ceux-ci se retrouvent sur les autonomes de Sicyon qui semblent appartenir à cette période; ce sont, outre NO et HP déjà cités, EY, AE, OE, AP, (Dl et Al. Les monogrammes à Texergue des noB 894 et 895 se composent de AN et AO qui se rencontrent sur d'autres monnaies de Sicyon. OAY et OA sur les n»* 879 et 883 peuvent signifier Olympios ou OlympiadaSy 110 sur

7 Un 2" était l'insigne de bouclier des Sicyoniens dans la guerre. Xénophon hist. IV p. 523A (1625 en fol.).

® fiorrell dans Num. Cbron. III p. 145. Newton dans Num. Chron. XVI p. 31. Crr Catalogue of Thomas collect. no 1237 et Cat. of H. P. Borrells collect. no 74. Dans le musée britannique on trouve aussi quelques-unes des pièces suivantes rangées ensemble avec celles dont nous venons de traiter comme appartenant à Sicyon.

* Cet ornement est peut-être emprunté à la statue de bronze de Jupiter sur la place publique de Sicyon, exécutée par Lysippe, le célèbre statuaire d^ Alexandre, et ainsi érigée peu de temps avant. Pausan. II, 9, 6.

le no 885 Polykraies, AAE sur le no 893 Alexioh^^j noms

qui se voient sur les pièces en argent et ert bronze deSicyon;

de même que OA est entouré d^une couronne, on ne trouve pas

rarement sur les monnaies de Sicyon, au lieu de IJ, des lettres

ou monogrammes qui indiquent des magistrats dans la couronne

de laurier qui est le symbole de la ville. Lé nombre des noms

et 'initiales de magistrats sur les autonomes de Sicyon est cer-

tainèn^ent considérable, mais il n'est pourtant pas assez grand

pour que cette analogie avec les tétrajdrachmes d'Alexandre

puisse être regardée comme accidentelle.^^ Les petits types

se laissent aussi facilement expliquer comme signes sicyoniens.

Pour ce qui regarde ainsi les deux images de Minerve sur

les nos 878-82, on sait par la relation de Pausanias^^ que cette

déesse avait à Sicyon un temple qui surpassait en grandeur et

en magniGcence tous les autres; la même figure de Minerve qui

se voit sur les nos 879 s. se retrouve sur une monnaie de Sicyon

du temps des empereurs romains. ^^ La déesse portant au bras

la corne d'abondance sur le no 876 peut être prise pour

Tyché Akraia dont la statue encore du temps de Pausanias

existait dans le temple de cette déesse sur Tacropole^^; la même

image ainsi que la corne d'abondance séparément C^ur le no 877)

se retrouvent sur les monnaies impériales de la ville. ^^ La figure

sur le no 875 peut êtce regardée comme celle d'Aphrodite ^^

^^ Alexion était le nom du Sicyonien qui à la tête d'une révohe.tua Alexandre fils de Polysperchon (Diod. XIX, 67), cfr l'exposé historique p. 223. M. de Prokesch Osten suppose que ce soit le même dont le nom se trouve sur les monnaies de Sicyon, voy. Denkschr. der kais. Acad. (Wien 1854) V p. 273.

^^ Pour la comparaison avec les monnaies de Sicyon nous nous sommes servis non seulement des catalogues chez Mionnet et Seslini (Lett. num. I p. 147- 53), mais encore des suites nombreuses dans le musée britannique, le musée Thorvaldsen et le cabinet royal de Copenhague.

*« Paùs.II, 11,1.

^3 Mionn. Suppl. no 1130. — Le no 882 est attribué par M. de Prokesch Oslen à Thessalonique (Denkschr. der kaîs. Acad. Wien 1854, Y p. 243 no 34).

" Pausan. II, 7, 5. " Mionn. Suppl. no« 1 ;27, 1137-41, 1146.

^^ Une figure levant de la main dr. le bout de sa longue robe et tenant dans

Tune des divinités principales de Sicyon^'^, dont le symbole, laf colombe, forme le type de la plupart des monnaies autonomes. Les Dioscures qui sont représentés sur le no 893 avaient dans Tacropole un temple où so trouvaient leurs Images ^^. Suç le no« 894s. on volt le foudre, symbole de Jupiter dont le culte à Sicyon est aussi suffisamment constaté. ^^ Le trident sur les. no«884s. et Ta p lustre sur les no«887s. s'expliquent par la situation de l'ancienne cité prés de la mer et indiquent sans doute le culte de Neptune Isthmien, auquel la tête de cheval sur le no 891 peut aussi se rapporter. Le flambeau de course sur le no 897, signe des lampadéphories, et l'étoile sur le no 898 sont de même motivés par le culte des divinités du feu et de la lumière qui avait lieu à Sicyon.^

Quant au temps de la fabrication de ces monnaies, la découverte ci-dessus mentionnée fait déjà conclure qu'elles sont de la période après la mçrt d'Alexandre; car il se trouvait dans ce même dépôt aussi des monnaies de Philippe Ârrhidée et de Séleucus Nicalor, et celles d'Alexandre étaient bien conservées et avaient en grande partie l'apparence d'être nouvellement sorties de la monnaie. ^^ La fabrique convient à cette

la gauche une fleur (la même qui sur les monnaies romaines a la légende Spes) était, comme on sait, une représentation commune à plusieurs déesses dans la période de l^ancien art grec (et étrusque).

^^ Sar le culte d'Aphrodite à Sicyon cfr Pausan. II, 10, 4.

*8 Pausan. Il, 7, 5 (loctva).

^* Les Sicyoniens adoraient Jupiter sous le surnom de Sloicheios, Yoy. Yilloison Anecd. Il p. 187. Sa statue était élevée sur la place publique (voy. note 9) et son image se trouve aussi sur des monnaies d'un temps postérieur (Mionn. Snppl. no 1143).

^^ Outre Apollon, Diane et le dieu du Soleil étaient aussi des objets du culte à Sicyon. Prométhée, en l'honneur duquel on célébrait de même des courses aux flambeaux, avait, selon la tradition, trompé les dieux à Mécone, ancien nom de Sicyon (Hésiode Théog. v. 536). Cfr sur les lampadéphories Brœndstéd Voyage en Gr. II p. 286. On trouve aussi une déesse tenant un flambeau sur une monnaie de Sicyon (Mionn. Suppl. n» 1148).

^^ M. Pîewton 1. c. p. 35 en conclut aussi qu^elles sont frappées après la mort d'Alexandre.

période.^ Les rapports historiques s'accordent également avec cette supposition. Nous avons fait observer § il que les monnaies d'Alexandre ne peuvent guère avoir été frappées en Péloponnèse pendant son régne , parce que sous lui les villes de ce pays semblent avoir conservé leur autonomie; mais lors* qu'après la guerre laniiaque Ântipater renversa les constitutions démocratiques, l'état de choses changea, et notamment après la mort d'Antipater il s'offre uneépoque^'où la fabrication de ces monnaies peut convenablement être placée. Cassandre s'étant rendu maître de la Macédoine après le meurire de Philippe III (316) et s'étant allié avec Lysimaque, Séleucus et Ptolémée, Polysperchon, régent élu par Antipater, fit cause commune avec Antigonus sous prétexte de maintenir les droits du roi légitime, du jeune Alexandre, fils de Roxane, qui était détenu prisonnier par Cassandre, et s'établit dans le nord de la Péloponnèse qu'il défendit soutenu par son fils Alexandre. Celui-ci cependant, s'étant laissé séduire à la défection pendant l'absence du père, fut nommé par Cassandre stt*atége de la Péloponnèse et fit de Sicyon et de Corinthe les sièges principaux de son pouvoir. A Sicyon il régna en despote, ce qui fut cause que quelques Sicyoniens pour rendre la liberté à leur ville l'assassinèrent dans une expédition; mais sa veuve Cratésipolis soutenue par les troupes qui lui étaient dévouées réduisit la ville à l'obéis* sance et en devint maltresse absolue^. Polysperchon s'allia ensuite avec elle et fonda dans le nord de la Péloponnèse un état isolé dont Sicyon et Corinthe étaient les villes principales. Il s'y soutint contre l'armée qu'Antigonus avait envoyée en Péloponnèse pour délivrer les villes grecques. Mais lorsqu'on 308 il se fut rendu en Macédoine à la tête d'une armée pour mettre sur le trône Hercule, fils d'Alexandre le Grand, qui après l'as-

^ Ces tétradrachmes peuvent en général être rapportés à la classe IV, mais quelques-uns sont pourtant assez larges (comme le n» 873 et plusieurs à la figure d^Apollon) et font la transition aux postérieurs.

^ DiodoreXIX, 67: idvvdauvi xtay Stxvtayiiay»

sassinat du jeune Alexandre devait être regardé comme roi lo^ gitime) Ptolémée fils de Lagus envahit la Péloponnèse avec nne force supérieure et obligea Cratésipolls de lui rendre Sicyon et Corinthe.^^ On voit ainsi que pendant l'époque depuis 316 jusqu'en 308 Sicyon était le siège d'un gouvernement macédonien in4épendant; il est donc probable que de la monnaie ait été frappée par ce gouvernement, et que nommément Polyspercbon y ait fait battre la monnaie du roi dont en sa qualité de régent il voulait faire valoir les droits. On ne peut non plud s'étonner de trouver sur ces monnaies quelques-uns des mémeis signes qui étaient en usage sur les monnaies frappées sous Cassandre dans le royaume de Macédoine, car ce fut à celui-ci que lepellt état péloponnésien se mit en opposition. ^^ Il n'est pas vraisemblable que des monnaies d'Alexandre soient frappées à Sicyon après l'an 308; car Ptolémée le Lagide y avait nne garnison depuis 308 jusqu'en 303 ^, et Démétrius Poliorcète qui en celte année conquit la Péloponnèse rendit la liberté à Sicyon.^ Dans ce qui précède nous avons présumé que tous les petits types sur les présentes monnaies soient des signes de Sicyon. On pourrait y objecter, qu'il n'est pas ordinaire de trouver sur les monnaies d'Alexandre une ville indiquée, par tant de Signes différents, et que plusieurs de ces signes sont précisément les types principaux d'autres provinces et villes de Ift Péloponnèse, ainsi Athéné Promachos celui d'Argos, le tri-^

'* Ces événements hi.^toriques se trouvent exposés en détail chez Droysert Nachfolgor Alexanders d. Gr. p. 340, 346-48, 350-51, 358-59, 403 et 409.

-d Rien n'empêche de supposer qu'à Sicyon la monnaie autonome ait été frappée par le magistrat communal en même temps que la monnaie d^ Alexandre par le gouvernement macédonien, cfr p. 59 note 8.

^ Dans son expédition en Grèce Ptolémée prorlama la liberté des viUes helléniques. S^il a battu monnaie à Sicyon, celle-ci n'a guère été la monnaie ordinaire d'Alexandre aux types de laquelle il avait déjà fait des changements, voy. p. 29 s., p. 72 et p. 83.

^ Démétrius ayant rebâti une partie de la ville et Payant comblée de bienfaits, elle prit par reconnaissance le nom de Démétrias. Après ce temps Sicyon était soumis à sea propres tyrans jusqu'à l'époque d'Arafus.

dent celui de Trczéne et de la Messénie, le foudre celui de l'Ëlide. Il pourrait donc paraître plus probable de prendre plusieurs des petits types pour des signes d'autres provinces et villes de Péloponnèse, et comme les noms abrégés de magistrats pour la plupart appartiennent à Sicyon, de regarder le monnayage comme issu d'une direction commune résidant à Sicyon. On peut bien admettre une telle explication, si Ton suppose que ces monnaies aient été frappées sous Anlipater qui était maître de" la plus grande partie de la Péloponnèse; mais dans Tépoque de 316 à 308 où Sicyon était le siège principal du gouvernement macédonien en Péloponnèse le pouvoir de Polysperchon et de son fils n*embrassait guère les provinces nommées.^ Il faut encore observer que si l'on explique quelques-uns des signes comme étant ceux d'autres villes de Péloponnèse, on est tenté de regarder aussi les Dioscures et Pamphore comme signes do Sparte; mais il n'est pas probable que les monnaies d'Alexandre aient jamais été frappées dans cette ville '^ qui conservait son autonomie sous ses propres rois.^

Égine. No 899.3* La tortue à l'exergue renvoie celte monnaie à l'ile d'É-

^ Aussi dans I^époquc suivante jusqu^à la conquête de Démétrius en 303 Sicyon était sous d^autrcs maîtres que le reste de la Péloponnèse; Ptolémée n'eut en sa possession que Sicyon et Corintlie, tandis que Polysperchon et Cassandre s'étant ralliés dominaient les autres provinces à ^exception do Lacédémonc. Cfr Droyscn Nachfolger Alexanders p. 424' et 505.

^^ H existe bien un tctradrachme du roi Aréus aux types d'Alexandre; mais cette pièce porte le nom d'Aréus même et montre seulement que dans la fabrication des monnaies il imitait les rois contemporains (cfr Eckliel Doctr. Il p. 282), comme alors les Diadocbcs flippaient monnaie en leur propre nom aux types d'Alexandre, et qu'il lâchait de procurer un meilleur cours à ses monnaies en adoptant les types des télradrachmes d'Alexandre qui circulaient en Péloponnèse.

^ Dans le cabinet ducal de Gotha se trouve un tétradrachm^ portant un syrinx, T/, ME et yfP/, sif^ncs qui conviennent à Mégalopolis en Arcadie; mais ranliquité de cette pièce est douteuse.

s^ No 899 Mus. Thorvaldsen.

gine. Le dauphin placé en avant dans le champ peut être regardé comme une indication ultérieure de cette île, puisqu'il forme le type caractéristique de ses monnaies dp bronze ainsi que la tortue celui de ses monnaies d'argent. Ce tétradrachmo doit appartenir à la période après la mort d'Alexandre (cfr §10 p. 64 suiv.)? à laquelle convient aussi sa fabrique. Il « peut-être été irappé pendant la guerre qui désolait alors la Grèce par un des chefs macédoniens, p, e^ par Cassandre lorsqu'on 318 il avait occupé Égine et assiégeait Salamis.^ Mais cette monnaie peut aussi avoir été battue dans l'époque après 306 (cfr S 13 p. 84 S.) par les Eginétes eux-mêmes qui, comme on sait, faisaient un commerce étendu, de méme^que quelques villes Cretoises semblent avoir frappé des monnaies d'Alexandre dans la même période (voy. plus bas p. 228). En cé cas le dauphin peut indiquer Talliance avec une ville maritime de la Grèce septentrionale (cfr nos 539 s.) ou avec l'île- de Ténos (cfr la page suiv.)*

Les Cyclades.

Les îjes de TAfcbipel furent obligées sous Alexandre de reconnaître la suprématie macédonienne (voy. p. 63), mais il n'y a point de raison de supposer qu'aucune d'elles ni sous le règne d'Alexandre ni dans la période jusqu'en 306 ait été prise en possession par les chefs macédoniens tellement que les monnaies d'Alexandre y aient été frappées.

Quant aux signes sur les monnaies d'Alexandre, il y en a bien quelques-uns qui cori-espondent aux types prédominants sur les monnaies de plusieurs de ces îles. Ainsi les symboles bachiques, le canthare, la grappe de raisin, le thyrse, peuvent convenir aux îles de Naxos, d'Andros ou de Myconos, la cithare à Délos ou à Cythnos, l'abeille à Sicinos ou à Iulis dans 111e de Ceos, le dauphin à Ténos, le glaive de Persée (harpe) à

3« Diodore XYIII, 69.

Scriphos. Hais il y a pourtant des raisons majeures pour expliquer ces signes de villes dans d'autres pays grecs, ainsi qu'il a été fait dans la partie précédente et qu'il sera fait dans la suivante.

Le télradrachme portant une grappe de raisin et TH, classé plus*bas parmi les incertaines n» 1526, a été attribué par Sestini à Ténos. Ceci peut paraître admissible, comme une grappe se rencontre sur les monnaies de Ténos; mais les types qui y prédominent sont pourtant ceux empruntés à Neptune qui était adoré par préférence dans cette ile et y avait un temple célèbre.

Sur le tétradrachme rapporté par Pellerin à Céos voy. Cydonie en Crète m 908.

Crète.

En 331 Alexandre envoya en Crète une flotte commandée

par Âmphotérus et chassa de cette île les Spartiates qui s'en étaient

emparés Tannée précédente.-'^ Mais on ignore dans quels rap-

. poris se sont trouvées les villes autonomes de Crète à Tégard

d'Alexandre ou des chefs macédoniens après sa morU

En examinant les signes sur les monnaies d'Alexandre nous rencontrons un petit type qui, combiné avec les initiales ajoutées, convient à une ville de Crète, Phalasarna, et encore plusieurs autres qui correspondent aux types des villes Cretoises, tandis qu'ils ne se laissent point expliquer d'autres villes ou qu*il y a moins de raison pour les y rapporter. Les monnaies qui portent ces signes seront donc classées à Crète v quoique ce classement ne puisse être partout suffisamment motivé.

Les tétradrachmes qui sont rangés ici différent à la vérité entre eux à l'égard de la fabrique, mais une différence pareille se trouve dans les monnaies d'argent autonomes frappées dans

^ Yoy. Droysen Gesch. Alexanders p. 272.

ces mêmes villes et dan$ d'aulres villes de Crète, et elle s'explique par leur fabricalion à des époques différentes* Les lé- * iradrachmes attribués aux deux premières villes sont de la fabrique qui était usitée après la mort d'Alexandre, en Grèce sans doute pas plus^ avant qu'en 306, en Lycic et dans les pays plus orientaux encore quelque tem^s après ^; les tétra* drachmes rangés aux deux dernières villes sont de la mémo fabrique que ceux frappés dans une période postérieure dans^ FAsie Mineure occidentale; les premiers peuvent donc être regardés comme antérieurs aux derniers. Crète sitqée au milieu entre la Grèce et l'Asie Mineure élait en vive liaison de commerce avec les d0ux parties du monde; on voii ainsi par les inscriptions trouvées prés de Téos en lonio que douze ^peuples Cretois avaient conclu une alliance avec les Téiens.^ Des monnaies d'Alexandre furent frappées en grand nombre sur les lies voisines de la Carie d'où Crète, était peu éloignée; sur une de ces pièces (d'Aslypalée, voy. noii72) on voit le même monogramme insolite que sur le m 908 dans le suivant. Plusieurs des villes de Crète, comme Cydonia, Gortyna et Hiérapytna, frappaient dans cette période des tétradrachmes à types athéniens^^ qui sans doute étaient surtout calculés sur le commerce avec la Grèce; c'est donc par analogie que les yilles Cretoises, à cause de leur liaison avec TAsie Mineure occidentaie, auront aussi frappé des télr adrachmes à l'empreinte d'Alexandre qui pendant une longue période étaient la monnaie commerciale ordinaire de ces villes (cfr la fin du § 13).

Les monnaies d'Alexandre rangées ici à Crète se rattachent ainsi lant à celles frappées dans les pays européens après la mort d'Alexandre, qu'à celles frappées dans une période encore

3* Ces tétradrachmes peuvent donc avoir été frappés ou par les chefs macédoniens avant 306, ou par les villes autonomes après cette année, cfr p. 84 s. 36 Chishun Antiqu. asiat. p. 108-122.

^ V. Ëckhel Wumi vet. anecd. 1 p. 149 s.

postérieure dans TAsie Mineure occidentale,' et elles forment ainsi la transition de cette partie (A) à la suivante (B).

Deux monnaies d'Alexandre ont été attribuées a des Villes de Crète ^, mais elles appartiennent ailleurs.

Lyttus. No 900. 38

Une této de sanglier est, comme on sait, le type prc-^ dominant sur les monnaies en argent et en bronze de- Lyttus. Cette tête se trouve bien aussi comme attribut de Diane sur les monnaies de Laodicéè, ville de Syrie, mais ce n'est que du temps de César. M. Lenormant fait observer que ce tclradrachme peut appartenir à Méthymne^; dans le catalogue de la collection do WeIzrCno2479) il. est rapporté à Clazdmène$ mais la fabrique ^e convient pas à TAsie Mineure occidentale,et une tête de sanglier ne se 4fouve pas sur les moimaies de ces villes. . .

Ilamis. Ni 901- 903. *«

Un triton n'est le type monétaire d'aucune autre ville grecque que d'Ilanus; il est appliqué comme type principal sur le droit des létradrachmcs de cette ville^^ et comme type accessoire a côlé de Taigle sur ses autres monnaies d'argent. Le létradraclune n» 903 semble être pgstérieur aux deux pre-r miers, comme il est plus large, mais il offre pourtant un assez fort relief.

^^ Ce sont un tétradrachme de Lycie (voy. n» 1275 note), qui a été rapporté à Lyttus par Donop (dans I{ochneZeitschrirtiri842 p. 71), et un statère de Larissc en Syrie (voy. no 1352 note), attribué dans le catalogue de la coll. de Welf 1 (no 2483) à El y rus.

38 No 900. Mus. bril., Vienne, Prokescb, Mionn. S. No 278.

39 Num. des rx)is gr. p. 26 ad pi. XV, 8.

^« No 901. Mu5. brit. 902. Paris, Sestini Mus. Hederv. no94 (v. le inonogr. 108).

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