‹ Numismatique d'Alexandre le GrandChapitre 16 sur 21 · Vienne · texte numérisé non relu

Vienne

4» Mionn. Suppl. IV p. 324 no 188.

Aptéra. No 904- 907.^

La petite figure sur les noi 904-6, comme on peut le conclure par des exemplaires distincts, est un héros debout ou s'avançant lentement, le bras droit étendu , le gauche couvert d'un bouclier, sans casque et nu.^ Le type prédominant des monnaies d'Aptéra, tant d'argent que de bronze, est un héros représenté comme celui-ci, Aptéras (ou Ptéras), fondateur de la ville, qui lui donna son nom.^ D'après la marque sous le siège et la ressemblance de la fabrique, la drachme no907 doit être du même atelier monétaire que les pièces précédentes. Cependant sur cette monnaie la figure, qui est coiffée d'un chapeau plat et a le bras gauche couvert d'un manteau, est peut- être plutôt Mercure, ayant porté le caducée dans la main droite qui manque; une telle figure de Mercure se trouve également sur une monnaie en argent d'Aptéra^^

Cydonia. No 908.^6

L'animal qu'on voit au pied da Jupiter peut être un loup ou un chien; qu'on en adopte l'un ou Tautre, ce signe convient à Cydonia. Sur les unes des monnaies autonomes de cette ville on voit une louve allaitant un enfant, Milétos ou Cydon, petit-fils de Minos^^, sur les autres un chien dans diverses poses, tantôt comme type principal^, tantôt à côté du héros tendant l'arc (Cydon)^^, tantôt auprès deDiane^. Le mo-

43 No 904. Koch. 905. Berlin, Munich. 907. Paris.

4> Sur quelques exemplaires usés au bord on trouve une figure qu'on serait tenté de croire ithy phallique, le bras g, couvert d^un manteau au lieu du bouclier; elle est pourtant trop indistincte pour qu^on en puisse rien dire de précis.

** Cfr Leake Num. hellen. 5me sect.'p. 3-4. ** Voy. Miopn. n«30.

^ No 908. Paris, Munich.

. 47 Mionn. no> 118-21, Suppl. nos 102 et 104. Ce type est encore le prédominant sur les monnaies impériales de Cydonia. Cfr Eckhcl Doctr. II p. 310.

4» Mionn. no 129, Suppl. nos 106-8. 49 Mionn. nos 113 et 116.

W l|lionn.nol23.

nogramme n'est pas appliqué sur d'autres monnaies d'Alexandre que sur le tctradrachme no 1172 de fabrique pareille, frappé sans doute dans 111e d'AstypaIce qui n'étaitr pas très éloignée de Crète. ^*

Pellerin attribuait ce tétradrachme à Céos; M. Lenormant a montré que celte attribution était fausse, mais n'a pas déterminé le lieu d'émission, en ajoutant que tout ce qu'on peut dire c'est que le genre de la fabrique oblige à se renfermer dans les limites de l'Asie Mineure. ^ Il est vrai que la fabrique permet de rapporter cette pièce à une des villes occidentales de ce pays; mais il n'y en a aucune, d*aprés les monnaies connues, dont le chien ou le loup puisse être regardé comme l'emblème.^

Phalasarna. N» 909. ^

Un trident d'une forme égale, avec la même légende (PA, se voit sur toutes les monnaies de Phalasarna qui sont aussi de fabrique analogue. Celte pièce a été attribuée à Phaséiis par M. de Prokcsch- Oslen ^^, dans la collection duquel elle se trouve; mais le trident ne se rencontre pas sur les monnaies de celte ville et la fabrique diffère entièrement de celle des autres lélradrachmes d'Alexandre frappés en Lycie Cvoy. m 1270 s.).

5^ Un chien se trouve aussi sur les monnaies d'une autre ville de Crète, celle de Phestus (Mionn. no 269, Suppl. n» 334) , mais sans être le type prédominant.

*^ Kum. des rois gr. p. 24 ad pi. XIV, 8.

6'^ Nous ne manquerons cependant pas de Taire observer, que parmi les monnaies publiées de Laodicée en Phrygie d'un temps postérieur on rencontre une qui porte un loup assis tenant la bipenne (Mionn. S. n» 417), une autre avec deux renards accroupis, (Mionn. n» 700). — La drachme dans Musco num. Lavy n<» 1376 dont le signe est indiqué comme la parte anteriore di un cane est notre no 353 appartenant à Cardia.

m' No 909. Prokesch.

» Abh. dcr preuss. Acad. 1848 p. 78 n© 10; Denkschr. der kais. Acad. V (Wien 1854) p. 244 no 9.

B. L'Asie Hinenre occidentale.

Cette partie embrasse les provinces inaHlimcs la Hysie, la Troade, PEolide, Tlonie et la Carie, avec les îles de la mer Egée y appartenantes, ensuite la Lydie, la Phrygie, la Pisidie et la Pamphylie.^ Les monnaies d'Alexandre frappées- dans ces pays appartiennent en général à la période après !306, où la monnaie d'Alexandre avait cessé d'être celle du gouvernement royal, et sont émises par les villes autonomes (voy. § 13); elles s'étendent probablement à travers la plus grande partie du 3"»« siècle, peut-être jusque dans le 2*"® siècle avant J. Chr. (voy. § 12). La plupart sont des tétradrachmes. 11 n'y a qu'un petit nombre de statèrcs, provenant dos villes et des ilcs méridionales; les drachmes furent frappées rarement et par peu de villes; d'autres espèces de monnaies d'or et d^argent ne se rencontrent point, non plus des pièces de bronze (à une seule exception prés, n» 951). Pour la fabrique les létradrachmes sont tous des classes V et VI, surtout de la dernière. Le titre de roj ne parait pas. Sur les létradrachmes de plu^ sieurs villes du sud on trouve des nombres d'années d'une ère (ou de plusieurs ères) datant probablement du milieu du 3"^^ siècle (voy. § 12). Les villes sont souvent désignées par des initiales ou des monogrammes ajoutés à leurs types, dans les contrées vers l'est aussi par les initiales seules. On ne ren« contre pas rarement des noms de magistrats écrits en entier.

^ La Lycie pour la fabrication des monnaies à'Alexaiidre se rattache à laCilicie et aux pays plus orientaux; cette province est pour cela traitée dans la partie suivante.

La Mysie, la Troade et TEolide avec les îles voisines.

Cyzîque, No.9iO-9il.*

Un long flambeau brûlant^, semblable au présent, se trouve comme signe sur les Ictradrachmes tant de Lysimaque que d'Antiochus I et II; il doit donc désigner une ville de TAsie Mineure occidentale, aucun autre pays n'ayant été au pouvoir et du roi de Thrace et des deux rois de Syrie. Les signes de villes associés au flambeau sur' les monnaies do ces rois font encore conclure que Tatelier monétaire doit être cherché dans la partie septentrionale; car sur une des pièces de Lysimaque^ on trouve ajoutée une étoile, symbole de Coloné en Troade (voy. m» 925 s.), sur celles d'Antiochus P le Pégase à mi-corps, emblème connu de Lampsaque, et sur celles d'Antiochus IP le cheval paissant, insigne d^Alexandria Troas. La ville à laquelle appartiennent ces deux tétradrachmes ne peut donc être que Cyzique, sur les monnaies de laquelle on voit souvent un tel flambeau comme attribut de Proserpine et de Gérés dont le culte y était prédominant.^ Sur. des cistophorcs d'Atarnée et d'E-

1 No910. Empreinte. 911. La Haye.

* Il faut le distinguer du flannbeau court sans la coupe au milieu, qui doit avoir été le signe d'une ville du nord de la Grèce, voy. n» 648.

^ Dont il existe des exemplaires dans le musée Tliorvaldsen à Copenhague, dans le cab. roy. do la Haye, dans le mus. brit. etc.

* y. Mionn. n» 55. * V. Mionn. no 146.

^ Proserpine était la déesse tutélaire de Cyzique (surnommée ISITKIPA sur ses monnaies) et y fut célébrée par une magnifique fête (jh(qèifcirna)\ on pt étendait qu'elle avait eu Cyzique en dot de Jupiter et son enlèvement fut placé dans cette localité. Cfr Alarquardt Cyzicus und sein Gebiet (Berlin 1836) p. 119-126. Sur les monnaies impériales de la ville les types qui se répètent le plus souvent sont: Cérès debout un long flambeau à la main, ou avec deux flambeaux, cherchant sa fille enlevée, quelquefois sur un char tire par des serpents. Le flambeau comme type principal est souvent représenté sur les autonomes, et sur les impériales on voit les deux flambeaux ou senis on placés l'un de chaque côté de Pautel ou du sanctuaire de la déesse.

phèse le même flambeau est appliqué'^, probablement pour indiquer qu'ils sont frappés pour ou en commun ayec.Cyzique,

Ces télradrachmes sont larges, mais offrent en même temps un relief fort, et forment ainsi à l'égard de la fabrique la transition de la Grèce septentrionale à TAsie Mineure.

Cyzique conservait son indépendance pendant les combats après la mort d'Alexandre et résista avec grande valeur aux attaques du gouverneur Arrhidée en 319.^ Mais les tétradrachmes mentionnés de Lysimaque, d'Antiochus I et II, signés du tiambeau, font conclure que la ville est plus tard tombée dans la possession de Lysimaque et qu'ensuite elle a été soumise au gouvernement séleucide. Le monogramme placé devant la Ggure sur les deux monnaies d'Alexandre fait supposer que leur fabrication ait plutôt eu lieu sous le gouvernement de Lysimaque ou le suivant des Séleucides que dans la période d'indépendance. Sur un tétradrachme de Lysimaque qui porte ce flambeau^ et sur plusieurs tétradrachmes d'Antiochus I ^% qui a là chute de Lysimaque obtint de son père le gouvernement de l'Asie Mineure, on rencontre le monogramme FN qui semble identique avec le présent, seulement tourné d'une autre manière; pomme ce monogramme est insolite, il y a quelque raison de présumer qu'il désigne le même magistrat que sur les deux pièces d'Alexandre, et que celles-ci appartiennent ainsi au même temps que celles de Lysimaque et d'Antiochus h

Parîum.

Voyez plus haut page 177 et plus bas m 927 et m 1249.

' Voy. Dumersan dans Num. Cfiron. IX p. 7 n» 1 ; p. 1^ n^s 61, 63-65, cfr p. 75. 8 Droysen Gescb. der Nachfolger Alex. p. 211-212. Marquardt I, c. note 6

» Dans le cabinet royal de la Haye, 'o Mionn. no» 70, 72, 84; Suppl. n» 44.

Lampsaque. N»» 9i2-917. "

Le Pégase à ml -corps représenlé de la même manière qu'ici^^ est le type conpa des monnaies de Lampsaque. Sur les drachmes no* 912-13 les initiales de la ville sont ajoutées en monogramme; la fabrique des létradrachmes est celle propre à l'Asie Mineure occidentale. Les numismalistes ont en général rapporté à Lampsaque toutes les monnaies d'Alexandre qui portent ce signe, mais il a été montré plus haut que plusieurs doivent avoir été frappées dans une ville de la Grèce septentrionale, voy. nos 601 s. ; parmi les drachmes qui sont classées à cette dernière les no> 615-19, comme nous avons déjà fait observer, appartiennent peut-être à Lampsaque.

Sîgée. No» 918-922. «

Le ^igne de la lune est en général appliqué sur les autono* mes de cette ville, sur les drachmes ^^ et les grandes monnaies de bronze derrière la chouette de Minerve, sur les petites pièces de broniçe comme type principal. Le monogramme qui sur les quatre premiers nos est placé devant la Ggure peut convenablement être décomposé en IIP. La fabrique convient à cette partie de l'Asie Mineure. On trouve dans le précédent une suite de monnaies signées de la lune qui par différentes raisons sont classées à la Macédoine, les nos 259-78, et des drachmes qui peuvent avoir été frappées pour ou en commun avec Sigée à Lysimachia, les nos 338-41 et 3^8-59, voy. p. 163.

11 No914. Vienne. 915. Paris. 916. Paris, Rollin. 917. Mas. brit.

1^ Ayant les ailes formées de la manière archaïque, celle de derrière abaissée.

Ordinairement il est appelé à tort cheval marin ou cheval marin ailé y yoy.

p. 196 note 24.

13 No 918. Mus. brit. 919. Paris. 920. Munich. 921. Vienne. 922. Cureton.

14 Voy. Numism. Chron. VIp. 199, Annali delK inst. XIII p. 154-55. Sur ces monnaies la lune est probablement le symbole de Minerve Ilienne.

Alexandrie Troas. N^ 923-924. <*

^ Un cheval paissant étant le type ordinaire sur les monnaies d'Alexandrla en Troade, on ne peut douter que ces deux tétradrachmes, dont la fabrique est celle propre à l'Asie Mineure occidentale, no soient frappes dans cette ville. Le n<»924 a aussi d'après Eckhel été donné à cette ville. Les autres tétradrachmes et les statéres ayant la partie antérieure d'un cheval paissant, qui généralement y sont aussi rapportés, . appartiennent à Larissa en Syrie, voy. no- 1350 s.

Les autonomes qui portent le nom d'AIexandria et le cheval paissant n'étant pas frappées avant que l'Asie Mineure après la bataille d'Ipsus en 301 fût soumise à Lysimaque, qui donna à une ancienne ville de Troade ce nom d'après Alexandre le Grand ^^ les monnaies d'Alexandre à cet emblème ne peuvent non plus avoir été frappées qu'après ce temps. En les comparant aux tétradrachmes d'Antiochus II qui, selon- le même cheval paissant à Texergue, sont aussi frappées à Alexandria, on trouvera vraisemblable qu'ils sont du règne de ce roi. Ceux dAntiochus sont tout aussi plats et exécutés de la même manière superficielle et légère, et sur Fun d'eux, dans la collection royale à Munich, il y a une paire de monogrammes tellement ressemblant à la paire sur le no 924 qu'on ne peut guère douter que les mêmes deux magistrats ne soient désignés, M K; d'autres tétradrachmes d'Antiochus^'^ offrent des monogrammes

15 p{o923. Empreinte; le premier monogramme est contre l'ordinaire placé audessus du bras de Jupiter. No924. Eckhel N. vet. anecd. tab. Vf, 1.

^^ {/ancienne ville sur cet emplacement dont le nom était Cebrenia et la ville qui s'y éleva plus tard, appelée Ântigonia par Anligonus, avaient toutes les deux pour type monétaire une tête de bélier (voy. Borrell dans Num. Chron. VI p. 190 s.); le cheval paissant ne se trouve qu'avec le nom d^Alexandria, ce qui fait conclure que ce type a été introduit au même temps que le nom de la ville fut changé.

17 Dans le musée britannique et dans l'ouvrage Coins of ih^ Seleucid{e of the ctrb. Duane pi. III, 16.

qui correspondent au second sur cette pièce d'Alexandre. Le no 924 est contremarque du signe séleucide, ^Hncre.

Coloûé. Nos 925-927^8

Une semblable étoile à huit rayons est le type exclusif au ]^. des monnaies au nom de Colonc que, d'après les éclair* cissements donnés par M. BorrelP^, il faut regarder comme appartenant à cette ville en Troade. La fabrique de ces télradrachmcs est aussi caractéristique aux ateliers monétaires de TÂsie l\lineure qu'elle diffère de la fabrique des tétradrachmes classés plus haut à Âcroathon en Macédoine no» 153s.; il est pourtant possible que quelques-unes des drachmes y rapportées appartiennent ici. La couronne sur le no 927 semble de lierre et désigne peut- être Parium.^o

Ténédos.

Sur les monnaies d'Alexandre qu'on a classées à cette ile voyez plus bas sous la rubrique Carie noi 1128 s.

Assus. Nos 928-931. 21

Un griffon couché est le type principal des monnaies d'Assus; il faut donc supposer que sur les tétradraclimes d'Alexandre dont la fabrique renvoie à L'Asie Mineure occidentale il désigne celte ville. Les nos 930 et 931 y ont aussi été »l-

18 N«925. Young.^ 926. La Haye, banque de Londres. 927. Mus. brit. — Cfr la table suppl. no 927 a.

19 H. P. BorreU dans Num. Chron. VI p. 193 s. a prouvé par les trouvailles que ces pièce's, qui auparavant étaient attribuées à Coloné en Messénie, sont de la ville de ce nom en Troade. Une étoile est aussi le type monétaire de la ville ionienne de Gambrinm, mais elle est à 12 rayons et formée d'une autre manière.

^ Une couronne de lierre entourant le nom de la ville se trouve au l^*. de pièces d'or, d'argent et de bronze de Parium, v. Eckhcl Doctr. ti. v. If p. 459; Mionn. no« 372, 374-75 et 394.

3^ Mo 928. Vienne, la Haye, Leake. 929-30. Paris. 931. Prokesch.

lrrbués22, mais le m 929 a clé rapporré à Téos.23 Cfr d'ailleurs Abdére no.î84s., Phocée no 986 el Téos no 1006.

La feuille de lierre sur le no 929 désigne probablement une des villes de Mysie qui appartenaient au royaume des Philéléres, comme elle se trouve souvent comme type accessoire sur leurs létradrachmes et comme type principal sur leurs petites monnaies de bronze. Le foudre sur le no 930 peut s'expliquer de la ville voisine d'A'dramylium.^ L*aile d*oiseau ajoutée sur le no 931 est sur une autre monnaie d'Alexandre (no 757) le symbole de Chalcis en Eubée; il est bien possible qu'Assus ait été en alliance monétaire avec celte ville dont on connaît le commerce et la navigation très répandus.

Alarnée. N» 932.25

Un cheval courant à mi-corps est le type exclusif au Q:. des monnaies d'Atarnce; il y a donc raison de supposer que sur ce tétradrachme, dont la fabrique appartient à la classe VI5 il désigne celle ville. Cfr no 949 de Cymé.

Myrina. No- 933-942. ^

Une amphore de cette forme se voit sur les létradrachmes autonomes de Myrina au pied d'Apollon et est employée comme type principal au I^. de la plupart des monnaies en bronze de

^'' Alionn. no 168. Nu m. des rois gr. p. 24 ad pi. XIV, 7. Piokesch-Osten dans Abh. der preuss. Acad. 1845 p. 78 no 13. Sur le no 931 le grilTon est« représenté couché sur le monogramme.

^ Pellerin Mcl. I p. 131 ad pi. III, 10, cfriMionn. no284 (où le griffon est omis par une erreur).

'^ Sur les monnaies autonomes d'Adramytium le foudre est placé entre les serres d-une chouette et d'un aigle.

Sft l«(o 932. Dans la collection de la banque de Londres. Derrière le cheval sont quelques traits qui se croisent, dont la signification^ s'ils en ont, est incertaine.

26 Ko 933. Paris. 934. Paris, St. Pélersbourg. 935. Paris. 936. La Haye. 937. Prokesch. 938-41. La Haye. 942. Copenhague.

celte vine qui ont au droit la (été d^ÂpoIlon. Comme on trouve ajoutées sur le m 933 les quatre premières lettres du nom de Ja ville, ainsi que souvent sur les autonomes, et sur le n» 934 un monogramme composé de ces lettres, on ne saurait douter que ces pièces et avec elles les suivantes, qui ont le même vase pour signe et qui sont de la même fabrique, n*appartiennent à Myrina. De même que le vase, vu la place qu'il occupe sur les tétradrachmes autonomes, se référé au culte d'Apollon Grynéen qui était prédominant à Myrina, de même les symboles qui sont ajoutés sur les n<» 933 et 935, Tomphalos^ et la branche de laurier, s'y rapportent probablement aussi; sur les tétradrachmes autonomes l'omphalos est aussi placé au pied d'Apollon et la branche de laurier est tenue dans la main par le dieu; sur les pièces de bronze ce dernier symbole est souvent ajouté au type principal.

Dans Touvrage de Mionnet^ les no« 933-35 sont de même donnés à Myrina. Sur les autres monnaies d'Alexandre attribuées à cette ville voyez Temnos no 952 s. M. de Prokesch-Osten en publiant le no937 parmi les inédites de sa collection a dirigé l'attention sur Mendé et Alopéconnésos^; mais la fabrique ne permet pas de rapporter celte pièce à la Grèce. Cfr Lamia no 527.

Cymé. Nos 943-951. 3"

Ce vase à une anse doit être regardé comme l'emblème particulier de Cymé ^' puisqu'il parait sur la plupart des autonomes de cette ville, soit à côté du cheval soit comme type principal, mais jamais sur des monnaies d'autres villes grecques. On n'a non plus hésité à donner à Cymé les monnaies d'Alex-

^ Chez Alionnct no 255 appelé à tort bonneL ^, Sous nos 255, 2b9 et 256.

2» Denkschr. der kais. Acad. (Wien 1854) V p. 243 no 38 et p. 244 no 38.

^ No 943. Mus. brit. 944. Leide. 945. Paris. 946. La Haye, Leide. 947.

Paris. 948. Gotha. 949-50. Paris. 951. Paris, Vienne. 3^ Peut-être avec allusion au nom de la ville, voy. Birch Nom. Chron. III p. 93 s.

aïKlrc qui offrent co signe. Le cheval courant à mi-corps, ajouté sur le no949, peut y être mis pour désigner Cymé d'une manière plus complète, comme il se trouve sur un nombre des autonomes; mais il peut aussi indiquer une alliance avec Alarnée, voy. no932. Le nom de Diogenes se trouve sur un des létradrachmes autonomes de Cymé ^ qui d'après la fabrique semble être du même temps. Sur le cercle autour du cheval sur le no949 et la couronne qui entoure le vase sur le no950, cfr § 8.

Temnos. N»» 952-966. 33

De CCS télradrachmes les no» 954-55, 958, 960-62 et 966 se trouvent dans Touvrage de Mionnel'^ c;lassés sous Myrina; de même les no» 954 et 960 sont par M. Lenormant donnés à ^ccl^e ville. 3^ Mais ce vase qui n^a qu'une anse et un boulon au bas est entièrement différent de celui à pied haut et à deux anses qui est appliqué sur les monnaies de Myrina, comme on le verra par une comparaison avec le n» 933. Un vase analogue au présent et également entouré de grappes et de pampre se rencontre sur des monnaies de Temnos. Le revers d'une telle pièce de bronze, du cabinet royal de Copenhague, est gravée sur la planche II fig. 22; une drachme correspondante est conservée dans le musée britannique 3*». Ce type nç se (rouvant pas sur, des monnaies d'autres villes grecques, à ce que nous

^^ Dans le musée britannique.

33 K«952. La Haye. 953. Vienne. 954-55. Paris. 957. Prokesch, RoIIin, empreinte. 958. Vienne, Mionn. No 262. 959. Vienne, Young. 960-61. Paris. 962. Wionn S. No242. 963. Vrenne, Prokescli, Mus. LavyNo 1349. 964. Fox. 965. La Haye, Luynes. 966. Mus. bril., Paris, Waddington.

31 Monnaies d'Alexandre n«>» 257-58, 260-63, Suppl. no242.

3& Num. des rois gr. p. 26 ad pi. XV, 11 et 12. Le nom de Diogenes cité dans la description du n»11 ne se trouve pas sur la monnaie, mais s^est probablement glissé dans la description en confondant la pièce avec le n» 949 de Cymé.

3^ Publiée par Borreli dans Num. Chron. VH p. 50. Toutes les deux ont la t£te d'Apollon au droit.

sachions, on ne peut révoquer en doute que les présents létra«drachmes d'Alexandre ne soient de Tcmnos; les monnaies de cette ville oflVent surtout des types bachiques. On peut encore ajouter que les deux noms abrégés de magistrats sur le n«965 se rencontrent aussi sur les autonomes de Temnos.^ Le monogramme commun aux n»* 955 et 956 fait conclure que le vase sans pampre indique la même ville que le vase surmonté du pampre; la Tabrique de tous ces tétradrachmes est la même.

Mytiléne. N»» 967-980. »

Une cithare ou une lyre est le type principal des monnaies de Mytiléne^; elle est de forme différente, sur les pièces de bronze souvent de la même forme qu'ici. Le monogramme des no« 968-69 fournit probablement les initiales MYT ou MYTI, ainsi que le nom de la ville est ordinairement abrégé sur ses monnaies; Tanalogie avec plusieurs des monnaies précédentes et suivantes parle en faveur de cette supposition^, et sur un tétradrachme de Lysimaque le même monogramme est ajouté à la même lyre.^^ Le caducée qui est ajouté sur les n»* 969-70 se trouve assez souvent à côté de la lyre sur les pièces de bronze de Mytiléne; d'autres de ces pièces ont pour type un hermés^ de forme variée, quelquefois figuré à peu prés comme sur le no 971. Les tétradrachmes n<» 972-78 qui portent la même lyre et sont do la même fabrique que les précédents

^ JH sur une pièce de bronze publiée par Sestini Descr. num. vet. p. 590 n(»3, HP sur une autre dans le musée britannique.

38 No 967. Paris, la Haye, Young. 968. Paris, Berlin. 969-71. Paris. 972. Tarin. 973. Young. 974. Prokeseh. 975. M«s. brit., Mionn. lio 236. 976. Paris, Mus. brit., la Haye, Prokeseh. 977-79. Paris. 980. Mua. bril.

39 Comme symbole d'Apollon Maloeis. Cfr ThHcyd. lil, 3.

^® Voy. Lampsaque, Sigée, Myrina, Phocèe, ftlilet, Héraelée et Mylasa, dont les

initiales en monogramme sont ajoutées à leurs types. ^' Dans le musée britannique. M sur le no97i se trouve aussi à l'exergue sur

un des tétradrachmes de Lysimaque avec le même symbole (dans le musée

brit.) et désigne peut-être aussi le nom de Alytiléne. ^^ Probablement Bacchus Céphallénien, voy. Pausan. X, 19.

semblent aussi devoir être attribués à Mityléne; mais il est moins certain à l'égard des drachmes n<» 979-80, cfr. p. 152-53; le monogramme peu distinct suria dernière contient peut-être les initiales de Mytiléne*

Dans r ouvrage de Mionnet les no« 968-69, 971 et 975^77 sont rangés à Méthymne^^; M. Lenormant a aussi cité le no 975 sous cette rubrique, mais en ajoutant qu'il pourrait tout aussi bien appartenir à Mytiléne.^ Crr Colophon n»" 1007 s.

Méthynaue. N». 981-982. «-^

Sur des monnaies de Méthymne, ville natale d'Arion^, on voit Arion sur le dauphin représenté de la même manière quMci.^^ La proue sur le m 982 fait peut-être allusion au voyage d*Arion, mais elle peut aussi désigner Samos comme ayant part à la fabrication de la monnaie (voy. noi 1126-27). Le no 981 est publié comme appartenant à Méthymne.^ Les monnaies d'Alexandre avec une lyre pour signe, que Mionnet et d'autres ont classées à cette villcj doivent être rapportées à Mytilène et à Colophon.

L'Ionîe avec les îles voisines.

Phocée. No» 983-990. <

Un phoque Qqaixff)^ avec allusion au nom de la ville

et en mémoire de la tradition sur son origine^, est, comme

on sait^ figuré sur les monnaies autonomes de Phocée de

^ Sous les noa 233-38^ suppl. no 234 (où le caducée est appelé à tort un petit

vase) et 235.

♦* Num. des rois gr. p. 26 ad pi. XV, 8.

« No981. Paris, Mus. brîl. 982. Paris. ^ GeniusXVI, 19.

^•^ Voy. p. e. Seslini Mus. Fonlana II pi. VII, 2. «" Mionn. No 232. Num. des rois gr. pi. XV, 7, p. 25. * No 983. La Haye. 984. Paris. 985. Fox. 986. Mus. brit., la Haye. 987.

Paris, Mus. brit. 988. Vienne. 989. La Haye. 990. Paris, Rollin, Reutze. ^ Steph. Byzant.

différentes espèces et de différentes époques. Sur le m 983 se trouvent ajoutées les initiales du nom de la ville en monogramme. Ml sur le no984 indique peut- être Milet comme ayant pris part au monnayage de cette pièce, cfr noi 1055 s*

La tête ,d*un griffon sans cou est le type des monnaies archaïques d^or et d*argent qui avec raison sont attribuées à Phocée, et vCn griffon courant à mi-corps est la représentation la plus fréquente sur les pièces de bronze de cette ville; les m» 986-87 dont la fabrique est celle propre aux ateliers de l'Asie Mineure occidentale doivent donc aussi être attribués à Phocée. Pour les autres monnaies d'Alexandre qui offrent des signes empruntés à un griffon , voy. Abdère noi 284 s., Assus nos 928 s. et Téos n» 1006.

Le nom de Phocée est souvent sur ses autonomes abrégé en (DO, ainsi qu'au n» 988. Sur les no« 989-90 on trouve le monogramme de la ville comme sur le no 983 avec son emblème.

M. Lenormant a aussi fait observer que quelques-unes des monnaies d'Alexandre offrent le phoque, type reconnu des statères d'or de Phocée; mais les pièces que d'ailleurs ce savant penche à attribuer à Phocée appartiennent à d'autres villes.^

Smyrne. No- 991-994.*

La tête tourelée de Sipylène, une des divinités

principales de Smyrne^, fait le type au droit de tous les té-

tradrachmes de cette ville qui d'après la fabrique sont du même

temps que les présents, ainsi que de ses monnaies en or et de

' Num. des rois gr. p. 26 sous la rubrique Phocée. La pièce qui y est citée d'après Mionn. noSOS a un dauphin, non un phoque, voy. plus haut no 542; }a citation de Mionn. no 304 est une erreur; le statère pi. XIII, 17 avec la tête de griffon appartient sans doute à Abdère, voy. no 295, et celui pi. XIII, 16 avec la tête de Silène doit de même être rapporté à la Grèce, peut-être à Thasos, voy. no 729.

4 No 991. Alibnn. No 279. 992. Empreinte. 993. Mus. brit. 994. Paris.

^ La même que Rhéa, mèce des dieux, cfr Eckhel Doctr. II p. 543*44.

beaucoup de ses pièces en bronze. La tête tourelée d^nne déesse se voit à la vérité sur les monnaies de bcaucmip de villes grecques; mais celles-ci sont pour la plupart d'une période postérieure, et la tête de Sipyléne avec sa coiffure caractéristique, telle qu'on la voit sur les tétradrachmes de Smyrne, est identique avec celle qui est mise comme signe sur les monnaies d'Alexandre, de sorte qu^on ne peut révoquer en doute que cette dernière n'en soit une copie. Ces pièces ont aussi été attribuées a Smyrne.^

Quelques tétradrachmes d'Alexandre ayant pour signe un bœuf bossu ont été donnés par Pellerin'^ et Mionnet ^ à Smyrnc; cette attribution a été. déjà mise en doute par Eckhel et Lenormant; voy. sur ces pièces Antioche en Carie noi i 176- 77. Un monogramme qu'Eckhel prit pour celui de Smyrne ^ ne peut guère être expliqué de cette manière.

Clazomène. N». 995-998; *^

Un sanglier ailé à mi-corps est le type principal des monnaies en or, en argent et en brbnze de Clazomène d'époques différentes et peut être regardé comme l'emblème de cette ville, emprunté à sa tradition locale ^^ Pour cela les monnaies d'Alexandre qui offrent ce signe ont aussi été attribuées à Clazo-

« Wionn. nos 278-79. Num. des rois gr. p. 27 ad pi. XV, 21.

•^ Mél. Suppl. I p. 1 12 no 4. 8 pîos 276-77.

* Kumi vet. anecd. p. 76. Doctr. num. vet. II p. 102 et p. 538-39. L'aotenr y renvoie à un monogramme .sur une monnaie d'Alexandre dans Mus. Pembr. II tab. 53, no 67, mais celui-ci diffère de ceux sur les autonomes de Smyrnc. Quant aux deux monogrammes gravés chez Pellcrin Suppl. H lab. X n» 64 (cfrp. 158) qu^Eckhel regarde comme propres à Smyrne, le premier peut certainement fournir IJPYT qu'Eckbel explique des prytancs de Smyrne, mais nous n'avons trouvé ce monogramme nulle part et en tout cas on ne pourra l^appeler solitum Smymœ monogratnma; le second a an haut un O ou un J ajouté, ce qui empêche de ^interpréter comme le premier et montre que ce sont des magistrats différents qui ont été désignés, ïo No 995» Paris, Prokesch. 996. Paris. 997. La Haye. 998. Vienne. 11 iElian. De nat. animal. XH, 38.

mène.'^ Oulre ce type on trouve souvent, comme oa sait, sut les monnaies de Clazoméne des types empruntés à nn bélier, en sorte que sur les grandes on voit le bélier courant A micorps, sur les petites la tête seule; les n» 997 et 998 qui portent des signes analogues et dont la fobrique est des classes

d'une des villes dans les environs du Méandre Cvoy. no* 1069 et 1176); Erythres étant assez éloignée de celles-ci, il est bien possible que cette pièce n'appartienne pas à Erythres mais a Héraclée, voy. n^ 1058 s.

Téos. No.i005-1006.*«

L'attribution de la première de ces pièces à Téos est suffisamment motivée par les initiales du nom ajoutées au canthare qui se trouve souvent sur les monnaies en argent et en bronze de cette ville qui sont de moins grand module. Elle est déjà publiée par Eckhel comme appartenant à Téos.^*^ Le signe sur la seconde, un griffon assis Tune patte de devant levée, est le type principal de Téos; cette pièce dont la fabrique renvoie à l'Asie Mineure occidentale doit donc aussi être rapportée à Téos. A Abdère n»* 284 s. sont rangés des statères et des drachmes au même griiTon; quelques-unes des dernières appartiennent peut^-étre ici. Cfr aussi Assus et Phocée.

^ Colophon, No. 1007. 1014. «

Il est Indubitable que les trois premiers no* doivent être classés Ici, puisqu'ils ont le nom de Colophon, abrégé de la même manière que souvent sur les autonomes, joint a une cithare qu'on voit au 1^. de toutes fes monnaies en argent et de beaucoup de pièces en bronze frappées par cette ville comme symbole d^ApoIlon Clarien qui y fut adoré. Le n» 1007 est publié par Eckhel comme étant sortie de Colophon.^^ Parmi les autres qui ne portent pas les initiales de Colophon les no* 1011-13 ont

>« No 1005. Vienne, cfr Mionn. S. No 263. 1006. Luynes.

1' Numi vet. anecd. p. 82, tab. VI, 8.

18 No 1007. Mionn. No 192. 1008. La Haye, Copenhagoe. 1009. Vienne,

La Haye. 1010. Gotlia. 1011. Mus. brit., Copenliague. 1012-13. Paris.

1014. Becker.

»» Numi vel. anecd. p. 73, tab. VI, 2.

a été montré plus haut ($ 12), convenant mieux à la période apréa qu'à celle avant ta domination de Lysimaque sur TAsie Mineore.

Ephèse. N- 1015-1025. 26

Les mt 1015-1017 ont les initiales du nom d'Ephèse ajoutées à son type monétaire connu, T abeille; les n** suivante 1018-24, qui ont Tabeille sans le nom» doivent d'après la fia-* brique être de même rapportés i Ephése. La pièce no 1025 ayant un monogramme insolite qui semble identique avec cdiii sur le n» 1024 et un carquois de la même forme que celui qui se voit souvent au-dessus du cerf sur les monnaies d'E^ phése, il est probable qu'elle soit aussi de cette ville. La corne d'abondance sur le n« 1023 indique sans doute Laodicée^ ville de Phrygie, qui avait par préférence ce type sur ses monnaies^ et qui aussi plus tard frappait monnaie conjointement avecf Ephëse^; cette pièce n'est donc frappée que sous An* tiochusll qui fonda Laodicée.^ 11 est possible que quelquesunes des drachmes ayant une abeille pour signe, qui sont classées à Mélitée (no« 508 et 525), appartiennent à Ephése; cfr aussi p. 163 pour les n»* 322-23. Le n« 1015 est publié comme frappé a Ephése^; mais la plupart des pièces qui dans Pottv*

^ N» 1015-16. Paris. 1017. Berlin, Prokescb, Copenhague. 1018. Berlin. 1019-20. La Haye. 1021. Vienne. 1022. IHunich. 1023. Prokesclu 1024. Paris. 1025. La Haye.

«î Voy. Mionn. noi 678-79, 681, 707; SuppL noi 409, 413-14, 418, 429.

^ Voy. la monnaie autonome aux noms des deux villes chez Mionnet SuppL VII p. 583 o« 437. Laodicée était située sur la jurande route qui traversait la Phry^e et débouchait à Ephèse qui ainsi en devint le port.

^ Stcph. Byzant. s* r. ; sous la rubrique 'Arrioxi^n la fondation est attribuée à Antiochus I, mais e^esl probablement par erreur.

s® Num. des rois gr. pl.XV,f. — Cadalvène (Recueil p. 107 n« 3) a décrit un tétradrachme ayant une abeille, E<I>E devant la figure et le même monogramme sous le siège que les n»" 667 s. Mais c'est par erreur que les initiales du nom d'Ephèse y sont citées. 1/exemplaire de Cadalvène se trouve dans le cabinet imp. de Paris où nous l'avons vu, et nous nous sommes convaincu que c'est le même que le n» 696 ci-dessus.

rage (le Mionnet sont rangées à cette ville appartiennent probablement à Proconnése et à Mélitée en Tbessalie, voy. les n»' 499, 505 s. et 696.

Prîéne. N»» 1026-1032.3* nPI sur toutes ces monnaies étant joint au trident, type principal des autonomes de Priéne, il n'y a aucun doute sur le lieu d^émission. Les détours de méandre qui sont ajoutés sur le no 1030 se trouvent de même sur les monnaies de Priéne située prés du Méandre; ils peuvent aussi indiquer une alliance avec la ville voisine de Magnésie (cfr n»* 1068 s.> Bl sur les deux premières pièces offre probablement le nom de magistrat BiaSf qui se rencontre sur plusieurs des autonomes de cette ville. 32 Les n»* 1026 et 1027 ont été publiées par Eckhel^s et M. Lenormant34, le n» 1032 par H. de Prokesch-Osten^^ comme appartenant à Priéne.

Mîlet. No« 1033-1057. 3»

Le lion se retournant vers une étoile37 et le

»i No 1026. Paris. 1027. Vienne, cfr Mionn. S. No 247. 1028. RoUin. 1029. Fox, Leake. 1030. La Haye. 1031. Leake. 1032. Prokesch.

^^ Sur «ne drachme dans le masée britannique et une pièce de bronze dans le , musée Tborvaldsen. Sur d'autres autonomes -de Priéne on trouve le nom d'un archonte commençant par Ey^n et celui d^un autre archonte Léon (Mionn. Suppl. VI p. 298 n«« 1379 et 1381); le monogramme sur les n»* 1030 -31 peut fournir les mêmes trois lettres £^17, et JE sur le no 1032 peuvent être les initiales du second nom; mais il est certainement douteux, si les monnaies d'Alexandre appartiennent à la même période que les autonomes.

33 N. vet. anecd. p. 76, tak VI, 5. Mus. Cœs. Vind. I p. 92 no 83.

»* Num. des rois. gr. p. 27 ad pi. XV, 17.

3» Denkschr. der kais. Acad. (Wien 1854) V p. 244 no 94, oà JE est regardé comme indiquant Lébédus.

30 No 1033. Mionn. No 250. iQ34. Paris, Berlin. 1035. Mus. brît. 1036. Paris. 1037. Empreinte. 1038. Mus. brit. 1039. Leide^ Rollin. 1040. Alus. Lavy No 1347. 1041. Paris. 1042. Cat. of Borrells coll.no 70. 1043. Paris. 1044. Lnynes. 1045. Gotha. 1046. Rollin. 1047. Mus. brit. 1048-51. Paris. 1052. Leide. 1053. La Haye. 1054. La Haye, banque de Londres. 1056. Vienne.

3? Probablement le géant Léon mentionné dans les traditions milésicnnes, qui

monogramme Ml, qui se trouvent ensemble sur de nombreuses monnaies de Milet, rendent le classement de ces pièces certain. Le monogramme est ordinairement placé sous le lion regardant l'étoile, sur quelques pièces au-dessus, et quelquefois rétoile est encore au-dessus du monogramme. Les lettres et monogrammes qui se trouvent derrière la figure sont assez souvent écrits perpendiculairement, ainsi sur les nos 1048-52. Le foudre sur le no 1054 désigne probablement une autre ville qui a pris part au monnayage; ce peut-être Métropolis en lonie qui avait le foudre pour type monétaire, ou Tralles en Lydie dont les monnaies de cette période offrent fréquemment des types empruntés au culte de Jupiter.

Les noi 1055-57 qui ont le monogramme MÏ seul sans l'emblème de Milet semblent d'après la fabrique appartenir aussi à celte ville. Cfr Cilicie n»- 1303 s.

Héraclée. N»» 1058-1067. «

Les deux premiers qui ont HPA en monogramme ajouté à la massue, symbole d*Hercule, doivent être attribués a une des villes du nom d'HéracIée dans PAsie Mineure, à en juger par la fabrique. On^ ne peut guère penser à Héraclée en Bithynie parce qu'il n'existe pas d'autres monnaies d'Alexandre qui puissent être attribuées à des villes asiatiques sur le Pont. Sur la côte occidentale la considérable ville de commerce près du mont Lathmos en lonie doit être préférée aux villes peu importantes en MysJe et en Carie. Les autonomes qui à juste titre sont attribuées à Héraclée en lonie ont le nom quelquefois

semble avoir été conFondu avec Astérios, un des fondateurs de la ville, et avoir plus tard gagné une significa^n astronomique, voy. De Witte dans Revue num. franc. 1838 p 417 s.

3H No 1058. Cat.ofBorrells coll. no 68. 1059. Empreinte. 1060. Vienne, St. Pétersbourg, 1061. Fox, Num. Cfiron. XVI p. 33. 1062. Num. Chron. XVI p. 33. 1063. La Haye. 1064. Munich. 1065. Mus. brit. 1066. La Haye. 1067. Mus. brit.

exprimé par le même monogramme.^ Le no 1060 semble offrir le monogramme d'Hcraclée d*une manière plus complète.^ Les no" 1061-67, qui portent ou la massue sans monogramme ou les initiales en monogramme sans la massue, se rattachent par la fabrique aux précédentes. La pièce classée à Erythres sous le n» 1004 appartient peut-être ici, les armes d*Hercule sur detf monnaies attribuées à Héraclée en lonie étant quelquefois représentées de celte manière; le zebu ajouté sur cette pièce désignerait donc une des villes peu éloignées près du Méandre, Magnésie ou Antioche, voy. nof 1069 et 1176. D^autres monnaies d'Alexandre marquées de la massue on d*un monogramme pareil appartiennent aux villes de Macédoine nommées d'après Hercule, voy. n»* 134 s. et 219 s. Cfr aussi n»* 1297, 1311 et 1488.**

Magnésie. No» 1068-1079. «

Cette ville était surnommée d'après son site sur le fleuve de Méandre, désigné par Pornement connu qu'on trouve au ^. de ses tétradrachmes sous le pied d^Apollon et sur un nombre de ses autres monnaies; on ne pourra donc douter que le no 1068, sur lequel MA se trouve devant la figure et le méandre à Pexergue, ne soit frappé à Magnésie. Comme sur ses monnaies d'argent et de bronze de moins grand module on voit souvent un bœuf bossu cornupète entouré d'un méandre ou marchant sur un méandre, et de même un cavalier ou un cheval libre en commémoration de son origine thessalienne , le bœuf

3V Voy. Sestini Descr. num, vet. p. 337 s, noi 7, 11 et 26; Hunter Tab. XXIX, 7.

^*^ UPAKAE\ E tourné en haut est distinct; K tourné en bas et J peuvent se trouver au milieu du monogramme.

**> Le tétradrachme attribué dans Num. des rois gr. p. 25 (ad pi. XVI, 8) à Héraclée en lonie appartient à Mésembrie no 463.

4« No 1068. Paris. 1069. Alus. brit. 1070. Paris. 1071. Eckhel N. vet. ânecd. tab. VI, 4. 1072. La Haye. 1073. Mionn. No 231. 1074, Vienne. 1075. Young. 1076. Copenhague. 1077. Paris. 1078-79. La Haye. — Voy. la table suppl. no 1079 a.

bossu sur le no i069 ainsi que le cheval et la tête de cheval sur les UM 1070-72 sont probablement à regarder comme des symboles de la ville. Enfin on pourra aussi attribuer à Magnésie les no« 1073 suiv. qui, comme les précédents, ont le méandre à l'exergue et sont de fabrique analogue; mais il est aussi possible que ces pièces soient frappées dans une autre ville sur le NéandrOy p. e. à Apamée dont les autonomes offrent aussi fréquemment ce symbole. Af sur le n» 1068 désigne sur un des tétradrachmes d'Alexandre de l'Asie Mineure, no 1247, l'an 33, et ces deux lettres ont aussi en ce lieu été expliquées par Pellerin^ de la même manière. Cette explication est pourtant douteuse, comme le nombre d'année manque sur les autres tétradrachmes de Magnésie; on trouve aussi ailleurs sur les mon-» naies d'Alexandre deux consonnes associées qui doivent être regardées comme initiales de deux noms.f^'

Les nos 1068, 1070, 1073 et 1077 ont aussi auparavant été classés à Magnésie.^

Chics. Noi 1080-1125.^

Un sphinx et une amphore de cette forme sont, comme on sait, les types principaux de Chios, tellement que sur les mon-

« Mél. I p. 121-22. 44 voy. p. c. no» 1402-4, 1482-84, cfr p. 92 note 6.

4& Eckhel N. vet. anecd. I p. 75 tab. VI, 4, Doctr. n. v. II p. 102. Mionn. n»» 229*31^ Soppl. no 233. Num. des rois gr. p. 25 ad pi. XV, 6; sur les antres tétradrachmes avec MA y mentionnés, voy. Mésembrie no» 478 s.

^ No 1080. Paris. 1081. Berlin. 1082. Paris, Berlin. 1083. Banque de Londres. 1084. Mus. brit. 1085. Leide. 1086. Sestini Ulus. Hederv. no 95. 1087. Cat. orBorrells coll. no 64. 1088. Fox. 1089. Paris. 1090. Munich, Leake. 1091. Ka Haye. 1092. Paris. 1093-95. La Haye. 1096-97. Paris. 1098. Mus. brit., Mionn. no 187. ip99. Curt. 1100. Mus. brit., Mionn. no 185. 1101. Vienne. 1102. Turin. 1103. Paris. 1104. Mus. brit. iiOo. Vienne. 1106. Mus. brit. 1107. Munich. 1108. La Haye. 1109. Paris. 1110. Vienne. 1111. Stockholm. 1112. Mus. brit. lUa St. Pélersbourg. 1114-15. Paris. 1116. Mus. brit., cfr Mionn. no 170 (sans 170). 1117. Mus. brit., Mionn.no 171. 1118. Paris. 1119. Paris, Copenhague, Reutze. 1120. Copenhague, Mionn.no 175. ^ 1121. Nus. brit., la Haye, Prokesch. 1122- 23. Paris. 1124. Mionn. no 172. 1125. Empreinte.

naies d'argent antérieures au temps d'Alexandre Pamphore est placée devant le sphinx, et que sur les pièces d'argent et de bronze qui semblent appartenir à la période d'Alexandre et à la suivante le sphinx se trouve sur le droit, l'amphore au ^. Sur les dernières on ne voit pas rarement devant le sphinx une grappe de raisin, surtout sur celles d'arg-ent, et des noms de magistrats écrits en entier sont généralement ajoutés. Il est donc hors de doute que les no» 1109-25, qui ont le sphinx uni aux symboles bachiques, la grappe ou ramphoro^*^) et des noms propres entiers ^^, appartiennent à Chios.^

Les no« 1080-1108 qui portent un sphinx sans attributs bachiques peuvent aussi être attribués à Chios. Mais cette attribution doit pourtant élre regardée comme incertaine, puisqu'un sphinx est aussi le type prédominant des monnaies d'autres villes de l'Asie Mineure occidentale, de Gergithus en Mysic, de Caunus^ et de Prénassus en Carie et de Perga en Pamphylie.

.Toutes les monnaies d'Alexandre qui offrent pour signe un sphinx avec ou sans l'amphore ont été en général atlribnées à Chios. î^>

^"^ Le spbÎDX même est peut-être par ces attributs désigné comme symbole de Baccbus (cfr Creuser Symbole III p 159 note). Ce dieu était la divinité principale de Chios (voy. Witte I>e rébus Chiorum publ. Hafni» 1838 p.64- 65) ; son image et des thyrses ae trouvent sur les monnaies d'un temps postérieur. Le vin de Chios était aussi célèbre dans l'antiquité que ses vases à vin étaient recherchés (xaifoç, xi()afÀoç XîoÇj Strabon VII p. 317, Hor, Carm. 111, 19, s).

^ Aucun de ceux-ci ne se retrouve pourtant sur les autonomes de Chios.

^ Le no 1113 a peut-être un thyrse sons le sphinx au lieu de^ampho^e et non Oinopines mais Oinopides (ce nom était aussi celui d'un mathématicien de Chios). Cette pièce qui se trouve dans le cabinet impérial de St. Pétcrsbourg n'est connue à l'auteur que par une empreinte pas assez distincte. Sur le no 1125 le nom et le monogramme ne sont non plus sArs.

M Voy. Borrell dans Nuro. Chrôn. IX p. 149.

^^ Mionn. n«> 170-187. Num. des rois gr. p. 24 ad pi. XIV, 9-10; nous ne pouvons souscrire à Tobservation qui y est faite snr le monogramme du n» 10, qu'il contient le nom de Chiod; sur notre table sous n^llOO il est exacte-

Samos. No. 1126-1127. •'^^

La fabrique de ces tctradrachmes renvoie à l'Asie Mineure. Une proue est un type ordinaire sur Jes petites monnaies de Samos. n existe d'ailleurs un tctradrachme sans nom ayant une proue au ^. qui d'après le type sur le droit, la télé d'une peau de lion vue de face, doit élre de Samos. ^ Vn B isolé étant ajouté sur le ^. de cette pièce comme ici, la proue étant de la même forme que la présente et la fabrique étant analogue, nous n'hésitons pas à rapporter ces deux tétradrachmes d'Alexandre au même atelier monétaire.^

La Carie avec les îles voisines.

Diverses villes. N» 1 128-1 140. '

La bipenne est Tattribut connu de Jupiter Labrandien, ilivinilé principale de la Carie, qui avait son célèbre sanctuaire prés de la capitale, Mylasa; on la voit dans la main du dieu sur les monnaies^ des rois de Carie et elle forme le type prin-

ment rendu d'après un exemplaire dans le musée britannique. Dans le catalogue de la coll. de Welzl no2478 un statère est classé k Chios; mais cette pièce d^or qui se trouve à présent dans la collection de M. Timoni à Vienne, où nous l'avons examinée, a pour signe un griffon, non un sphinx ; elle est rangée plus haut à Abdère sous le n«285.

^ No 1126. Mns.brit., Turin. 1127. Berlin, Leake.

&3 Sestini Mus. Hcderv. II p. 208 no 6, gravé par Wiczay Tab. XXIII, 499. Cfr Sestini Lett. num. di contin. lil p. 87 oà l'auteur présume, que la partie relevée de la proue représente une corne de taureau pour indiquer Samos, et que B exprime le nom de Baitos qui se voit sur les monnaies de cette lie.

^ Dans Leake Num. hellcn. p. 7 le nom Byioniium? est ajouté à la seconde de ces pièces. D'après toute vraisemblance les monnaies d'Alexandre n'ont pas été frappées à Byzance (quoique bien à Mésembrie en commun avec Byzance, avec B Y ajouté, voy. no» 485-86) ; les monnaies de Lysimaque frappées dans cjtte ville portent le trident, symbole principal de Byzance. 1 No 1129. Mus. brit., Prokesch. 1130. Banque de Londres. 1131. Paris. 1132. Paris, Berlin. 1134-35. Berlin, Rollin. 1137. Stockholm. 1138. Mus. brit., Berlin.

cipal des monnaies de beaucoup de villes cariennes^; on peut donc la regarder comme Tembléme national de la Carie. ^ Les pièces d'Alexandre qui offrent ce signe ont en général élc attribuées par les numismalistes à Tcnédos^; ce n^est que dans le dernier temps qu'une d'elles a été classée à la Carie. ^ La bipenne sur les monnaies de Ténédos diffère en général un peu par la forme et a le manche plus court que celle sur les monnaies de Carie et d'Alexandre; mais ce qui surtout doit être pris en considération, c'est que les symboles ajoutés sur les no*1130-32y le méandre et l'aigrette de casque, renvoient à la Carie. Le Méandre- était le fleuve principal de ce pays et son symbole fui appliqué sur les monnaies des villes situées sur ses bords; l'aigrette se trouve comme type sur des monnaies d'HéracIée^, mais non, autant que nous sachions 9 sur

^ Ces villes sont: Aba, Alioda, Eriza^ Enromus, Hcracléa, Jasus, Mylasa, Myndus et Plarasa. Outre Mionnetvoy. Num. Chron. IX p. 143 s.

' D'après la traditioi» cette bipenne était la même qu'Hercule avait enlevée à la reine des Amazones et qu'il avait donnée à Omphale, dont elle passa en héritage aux rois de Lydie jusqu'à ce que les Cariens s'en fussent emparés dans une guerre contre les Lydiens et ^eussent mise dans la main de leur Jupiter; le mot lydien labra signifiait une bipenne. Hérod. V>119. Strabon XIV p. 659. Plut. Quœst. gr. 45.

4 Ekchel Doctr. Il p. 103. Mionn. no« 282-83 Num. des rois gr. p. 22 ad pi. XIII, 15; p. 27 ad pi. XV, 23.

& Le no 1136. Dans Lcake Num. hellen. p. 6 on trouve ajouté à ce tétradrachme: (Caria or Lydia), M. de Prokesch-Osten l'a attribué à Plarasa, voy. Denkschr. der kais. Acad. V (Wien 1854) p. 244 n<* 26. Il- n'y a aucune raison pour le donner plutôt à Plarasa qn^à plusieurs autres villes de Carie; le monogramme peut au contraire exprimer le nom de Stratoriicée. Le dernier auteur a encore sous n^ 102 attribué à Ténédos la drachme sur notre table no 1129.

^ Mionn. III p. 137 iio570, aussi dans le musée britannique. L-aigrette est probablement celle du casque de Minerve, qui sur ces petites pièces de bronze, portant la chouette au droit, est appliquée au lieu de la tête de la déesse qu^on voit sur les grandes, la petite espèce de monnaie ayant causé la réduction du type (cfrp. 211 note 13). Ces autonomes sont ordinairement attribuées à Héraclée près du mont Lathmos , mais elles peuvent tout aussi bien être rapportées à la ville de la Carie orientale, située près du mont Albanus.

celles d'aucune autre ville grecque. La bipenne pouvant être regardée comme emblème commun de Carîe, on peut supposer que le n» 1130 soit frappé dans une des villes sur le Méandre et les m* 1131-33 à Héraclée; aussi sur les autres n«« les monogrammes se laissent facilement décomposer de sorte qu'ils expriment les noms de villes cariennes, ainsi celui sur les n** 1134-36 Stratonicée^ celui sur les n<» 1137-39 Pyrrha et celui sur le no 1140 Plarasa ou Arpasa.^

Nous avons cité plus haut plusieurs monnaies d'Alexandre à la bipenne qui doivent élre frappées dans le nord de la Grèce, voy. p. 194, où nous avons en même temps faH observer que pour plusieurs des pièces portant ce symbole il est difficile de décider s'il faui les rapporter â la Grèce ou i la Carie. ^'

Mylasa. N^ 1141-1143. >"

Un trident et une bipennc^^ étaient les types prédo* minanis sur les monnaies de Hylasa, soit employés de manière que le premier occupe le droite la seconde le revers, soit unis en une figure comme sur ces monnaies d'Alexandre. Un symbole ainsi composé ne se trouvant pas sur des monnaies d'autres villes, et le monogramme ajouté fournissant les initiales MY, on ne peut douter que Mylast ne soii le lieu d^émission. Les deux premières de ces pièces ont aussi été ran-

"^ Cette ville eut son Bom d'après l'époMse d'Aiitioditis I; les aiotinaîes ne peuvent donc être frappées avant le temps de ce l'oi.

s'Le cercle qui entoure ces monogrammes peut ê(re regardé comme «ne simple encadrure, cfr p. 48.

^ Nous ne manquons pas de faire observer que des monogrammes analofnies à ceux sur les nos i>34 et 1137 se tr4)uvent sur des monnaies de PliHippe III (nos 20 et 55) qui semblent appartenir à la Grèce septentrioiiaiey ce<|ttj peut faire, naître des doutes sur l'explication |H*oposée et domior Iwu a la supposition que ces pièces appartiennent à la suite w»^ 576-85. La fisbrique ii'«st pas décidément en faveur de l'Asie Slineure dans tous ces tétradradmcMu

10 N» 1141. Paris, Mus. brit., Borrell. 1142* Ëm|u*eiate. 1143. Paris.

1^ Comme symbole de Jupiter Labrandien, voy. le commeucement île l'article précédent avec la note 3.

gées à cette ville. *^ Le serpent roulé sur le n<>1142 peut indiquer une alliance avec Tile de Cos, mais il peut aussi élre emprunté au culte d'Esculape qui avait lieu à Hylasa.^^ Le mo« nogramme sur le n» 1143 derrière la Ggure est tourné de côlé. •

Alabanda. N« 1 144-1 150. ^*

Comme ces monnaies d'après la fabrique et la série des nombres doivent appartenir à l'Asie Mineure, et que le Pégase était le type monétaire d*Alabanda qui se trouve et sur ses tétradrachmes de même fabrique et sur ses pièces de bronze, on ne peut hésiter à les attribuer à cette ville, Tune des plus riches de cette partie de l'Asie. On voit par le sligma sur le n« 1148 que les lettres sont des chiffres et expriment ainsi les nombres 1, 3-6 et 15; elles indiquent probablement des années de la même ère qui se trouve sur d'aulres tétradrachmes d'Alexandre de l'Asie Mineure et renvoient au milieu du troisième siècle av. J. Chr. (voy. $ 12 p. 77-80). Le casque sur le n» 1149 doit sans doute s'expliquer d'Héraclée en Carie (cfr p. 255 note 6), puisqu'il est muni de la même aigrette que nous avons regardée comme signe de celte ville sur les n*» 1131-32. Sur Pun exemplaire du no 1150 se trouve en contremarque une tête tourelce, emblème de Smyrne (voy. no 991 s.), sur l'autre du même no la contremarque de Mylasa, une tête de femme voilée avec MYAAZ.^^

13 Mionn. no* 253-54; Num. des rois gr. p. 26 ad pi. XV, 10. Dans ces deux oovrffges le symbole est appelé simplement un trident sans qu'il soit fait mention de la bipenne ajoutée, union qui est <;aractéristique pour Mylasa.

^ Sur les monnaies de Mylasa du temps d'Auguste on voit quelquefois le trident et la bipenne entourés d'un serpent, et sur ses monnaies sous les empereurs suivants Esculape est souvent représenté, seul ou à côté de Neptune.

14 No 1144. Mus. brit., Berlin, Prokesch. 1145. Mus. brit. 1146. Copenhague. 1147. Mus. brit., Leake. 1148. Copenhague, Rollin, Timoni. 1149. St. Pétersbourg. 1150. Paris, Sestini Mus. Hederv. no 93 (le monogramme no 143 doit sans doute être no 144, le même qu'ici sur notre no 1150, comme les nombres de la table des monogrammes chez Sestini ne correspondent pas à ceux dans le texte).

*B Le premier à Paris, le second au Mus. Hederv* 1. c.

Le no 1146 est d'un tel poids qu'il doit être pris pour un tridrachme.^^ Le no 1150 se trouve dans Touvrage de Hionnet sous la rubrique Corinihus^ Alabanda eel Aniiochia Cariœ?; ' H. Lenormant Ta attribué à Alabanda ^^.

Cnide. No. 1151-1 152. *«

Ces tctradrachmes ne peuvent, à cause de la fabrique, être attiibuées à Philippes, ville désignée par le trépied sur d'autres monnaies d'Alexandre, mais l'atelier monétaire doit être cherché dans la partie occidentale de l'Asie Mineure. Il y avait là plusieurs villes qui adoraient Apollon par préférence et portaient son image, ou ses symboles sur leurs monnaies. Parn^i ces villes c'est surtout Cnide qui attire ici l'attention. Prés de Cnide, sur le promontoire de Triopium, était le sanctuaire célèbre d'Apollon où les Cnidiens tenaient leurs assemblées avec les habitants des autres villes qui faisaient partie de la ligue

^® Cette pièce (dans le cab. de Copenhague) qui est complète et bien conservée ne pèse que 13, 6 grammes. Ce poids est trop au-dessous de celui qui est ordinaire aux tétradrachmes (voy. p. 8) pour que la pièce puisse être comptée à cette espèce; elle ne peut donc être qu'un tridrachroe, quoique le poids soit alors un peu trop élevé. Il existe un autre tridrachmc d'Alexandre qui pèse exactement trois drachmes, voy. les remarques à la table supplémentaire no 1375 a. Tçlàça/fÀoy est nommé parmi d'autres espèces de monnaies chez Pollux IX, 6 (60).

1'^ Num. des rois gr. p. 23 ad. pi. XIV, 2. Les tétradrachmes autonomes au nom d'Antiochc ayant les types, la fabrique et plusieurs noms de magistrats de commun avec ceux d'Alabanda, Eckhel (Doctr. II p. 572) les regarda comme frappés à Antioche sur le Méandre en alliance avec Alabanda; mais M. Borrell (Num. Chron. IX p. 146) a fait observer qu'Alabanda (suivant Steph. Byz.) portait pendant quelque temps le nom d^Antioche (sans doute d'après Antiochus I) et que par cette raison les monnaies nommées doivent plutôt être attribuées à cette ville seule. Cfr Droysen Gesch. des Uellenismusll p. 676. M. Lenormant 1. c. allègue comme raison pour préférer Alabanda à Antioche, que cette dernière ville ne fut fondée que 45 ans après la mort d'Alexandre; mais comme nous supposons que les tétradrachmes d^ Alexandre de cette fabrique datent d'une époque encore postérieure (voy. p« 77-80), nous ne pouvons admettre cette raison.

W No 1152. Prokesch.

dorienne'^ et où l'on célébrait de grands jeux apollinaires dans lesquels le trépied était le prix du vainqueur. Sur les monnaies do Cnide qui semblent appartenir à la même époque que

la présente période, qui souvent offrent aussi des noms entiers de RiagistratSy on ne peut douter que ce no ne doive être classé à celte lie. Sur les pièces aux initiales KOI qui ont été attribuées à Cos, voy. Odessa noi 407 s.

Rhodes. No» 1154-1167.24

Ces tétradrachmes ont toujours été reconnus comme rhodiens puisqu'ils portent une fleur de balaustium^ et PO comme les autonomes de Rhodes; sur celles-ci on rencontre aussi souvent les lioms SAinéior, d*ArislobouloSj de Damatrios et de Siasion.^ Les statéres et pièces d'argent de différente fabrique, qui offrent une fleur de. balaustium sans les initiales de Rhodes et qui ont été généralement attribués à cette îie^, appartiennent à Trslium en Macédoine, voy. n«>1158.

Nisyros. N"H68-H69.«

Ces tétradrachmes qui ont pour signe un bucrâne sont renvoyés par la fabrique à TAsie Mineure occidentale. Les autonomes de Misyros portent fréquemment le même bucrâne pour type accompagné tantôt d'un A comme sur le no 1168, tantôt de API^, lettres qui semblent exprimées ici par le mo-

^ No 1154. Mus. brit. 1155. Mionn. S. no 252. 1156. Paris. 1157. Rollin.

1 1 58. Vienne. 1 1 59. Mus. brit. 1 1 60. Copenhague, Prokesch, Alionn. no 271 .

1161. Waddington (Cat. ofBorrells coll. no 73). 1162. Mas. brit., Mionn.

no 272. 1163. St. Pétersbourg, Cureton, Mionn. no 273.^ 1164. Mus. brit.

1165. Paris. 1166. Empreinte, Alionn. no 274.^ 1167.~Mus. brit., Munich, cfr

Mionn. no 275.

S^ La fleur du grenadier dont les Rhodiens se servaient pour teindre la laine,

cfr Eckhel Doctr. H p. 602.

^ Ainéior voy. Mionn. no» 150-52, Suppl. n©» 183, 249-56. ArisioboulQM voy.

Mionn. no 112, Suppl. no> 201 et 233. Damafrtosvoy.Mioan.no 117, Suppl.

no 207. Slasion voy. no« 135 et 175-76.

S'y Mionn. no 268, Suppl. no» 248-51 . Nnm. des rois gr. p. 22 ad pi. XIIF, 13. ^ Du no 1169 il existe une empreinte en soufre dans le cabinet de Copenhague ; Tauteur a pris an cliché de la pièce no 1 168, mais a omis de noter

la collection où elle se trouve.

^ Voy. Mionn. no 102, §uppl. no« 144-47. Il existe des autonomes de bronze

nogramme sur le n» 1169; nous n'hésitons donc pas à donner ces deux pièces à 111e de Nisyros. Parmi les monnaies d'A-* iexandre au même signe ^ qui sont classées à Amphipolis, le statére no96 peut aussi y être rapporté.^

Aslypaléa. No. 1170-1172.3*

La harpé^ glaive de Persée, ainsi que la tête de Persée et la tête de Méduse sont les types prédominants sur les monnaies d*AstypaIéa. La fabrique des tétradrachmes est la même que celle des précédents, frappés dans les autres îles de Carie. ^

La Phrygie, la Pisidie et la Pamphylîe.

Attuda. No 1173.*

Ce tétradrachme signé d'une pomme de pin appartient d'après la fabrique à la partie occidentale de l'Asie Mineure. Sur les autonomes de la ville phrygienne d'Attuda on voit des pommes de pin, ou au nombre de trois au-dessus d'un grand autel^, ou une seule comme type principaP. Ce fruit peut être regardé comme isymbole du dieu de la lune, Men Ka^

ayant pour types on bucrftne et un dauphin, sans antre légende que la lettre ji^ qui de même doivent être de Nijyros.

^ Il ne faut pas confondre le no 1168 avecie no 750, dont le signe est une

tète de bœuf vue de face.

>i No 1170. Gotha, Cat. de Welzl no 2468. 1171. La Haye. 1172. Berlin,

Cappe, Blionn. no 345.

a9 La harpe et les autres types empruntés au mythe de Persée sont aussi indicatifs pour rile de Sériphos, mais comme il n'existe pas d'autres monnaies d* Alexandre des Cyclades et que la fabrique ressemble à celle de l'Asie Mineure occidentale, nous avons préféré Astypaléa. 1 No 1173. La Haye, Copenhague, Prokesch.

' Alionn. no« 282-84, Suppl. no« 193 et 201. Ce type se maintenait encore

bien avant dans la période impériale, voy. Mionn. Suppl. no 208. 3 Mionn. no 281.

ros \ dont le buste se voit sur le .droit d'une de ces monnaies et qui avait un temple célèbre à peu de distance d*Attuda^; mais il peut aussi faire allusion à Attys qui avait donné son nom à la ville^ comme le pin se trouvait mêlé dans le mytha d'Attys et, étant l'arbre consacré à celui-ci, jouait un rôle important dans le culte de Cybéle phrygienne'' qui se célébrait aussi à Attuda^. Comme une pomme de pin ne forme pas, à ce que nous sachions, le type de monnaies autonomes d'autres villes, cette pièce d'Alexandre doit probablement être attribuée à Attuda* La lettre P désigne peut-être Tan 10, puisqu'il se trouve des années sur les tctradrachmes suivants d'Alexandre de cette partie de TAsie Mineure.

Synnada. N» H74.^o

Ce tétradrachme, qui a pour signes une chouette et une pierre arrondie ^^, est d'une fabrique qui convient à l'Asie Mineure occidentale. Sur les autonomes de Synnada en Phrygie

* Le dieu Jfeit est quelquefois représenté portant sur la main une pomme de pin. Sur une monnaie de Sagalassus, frappée sous Valérien, on voit une pomme de pin surmontée de la lune, v. Waddington dans Revue num. franc. 1853p.*45pl.ll,4.

^ Entre Carura et Laodicée. Strabon XII p. 580.

* "AiTvâa^ Hiéroclès (éd. Wesselinf?) p. 665.

"^ D'après une tradition Attys fut changé en pin par Cybèle, d'après une autre ce fut sous un pin qu'il se châtra dans sa fureur. Oétait pour cela que le pin pomme arbre sacré fut couvert de couronnes et de voiles, et qu'aux fêtes de Cybèle il fut porté en procession avec Pimage d^Attys et placé dans le sanctuaire de la déesse. Sur un médaillon de Faustine l'aînée Cybèle trô~ nante tient à la main une branche de pin, ayant Attys à son côté; sur VAra capUolina on voit Attys debout sous le pin. Cfr Paully Real-Encyclopâdie der cl. Alterthums-Wissensch. sous la rubrique Rea,

S Cybèle est aussi souvent figurée sur les monnaies d'Attuda.

9 Ce trait a un petit globule à chaque bout, mais pourtant il indique sûrement le iota, comme cette lettre sur les monnaies suivantes avec des années est rendue de la même manière, d'accord avec les autres lettres sur les monnaies d'Alexandre de cette époque.

i<> No 1174. Mus. brit, Vienne, Stuttgart, la Haye. ^1 Par Sestini, Mus. Uedervar. n» 52, appelée à tort malum cydonium.

les images et symboles de Minerve sont prédominants; parmi ceux-ci on voit la chouette, tantôt assise sur la main étendue de la déesse ^^, tantôt comme type principal placée sur une am* phore à huile^^; le culte de Minerve y était fondé non seulement dans Forigine altico^ionienne dont se vantaient les habitants^^, mais encore dans Tabondance des bois d'oliviers de cette contrée ^\ Dans la montagne près de laquelle se trouvait Synnada on exploitait les carrières de marbre qui Tournissaient la pierre synnadienne^^ tant recherchée chez les anciens. Sur une des autonomes de cette ville est représentée une montagne ^^; sur une autre on voit une pierre symbolique dans un temple ^^. La pierre ronde en bas et s'élevant en pointe, qui est placée sous le siège de Jupiter sur la monnaie présente, peut avoir égard au célèbre marbre ou à la montagne d'où on le tirait; mais, par rapport au dernier type que nous venons de nommer, elle peut aussi être regardée comme symbole d'une divinité. Quelque explication de ces deux^^- qu'on adopte, la pierre associée à la chouette semble convenir à Synnada.

Pellerin avait rapporté cette pièce à Laodicée en Syrie, supposition rejetée par M. Lenormant qui a Tait observer que la chouette se trouve sur des monnaies de Lébédus et de Pergame.^

Midœum. NoH75.2i

C'est, à ce qu'il semble, la tête de Midas aux oreilles d'âne qui se voit comme signe sur ce tétradrachme.- La tête

w Mionn. no« 972 et 975. " Mionn. no* 965-68.

1^ Sur les monnaies ils s^appelaient ISINSIN; les types cités sont évidemment

attiéniens.

" Strabon XII p. 577. *« Slrabon 1. c.

w Mionn. no 982. " Mionn. no 979.

^^ Si Ton regarde la pierre comme faisant allusion au marbre synnadicn, elle

pourrait aussi indiquer une alliance avec la ville voisine de Dociméum, qui

donnait aussi son nom à cette pierre et sur les monnaies de laquelle la même

montagne est figurée.

^ Num. des rois gr. p. 25 ad pi. XV, 5 et p. 26 sous la rubrique Pergame, a* No 1175. La Haye.

de cet ancien roi de Phrygie, connu par le mytiie, avec le nom ajouté forme le type des monnaies de Midœum, de Prymnessus et de Cadus; on l'y voit barbue, coiffée d'un bonnet asiatique d'une forme particulière^, aussi avec des oreilles d'âne ^. Sur des peintures de vases grecs Midas est représenté avec de longues oreilles qui s'élèvent au-dessus d» la tête comme des cornes, et ayant la tête couverte ^ d'une coiffure qui pend sur la nuque. ^ Avec cette dernière této de Hidas la petite tête sur le télradrachme d'Alexandre offre une assez grande ressemblance. Cette pièce doit donc être attribuée à une des trois villes nommées de la Pbrygie septentrionale, où, d'après la tradition, Midas avait régné, et plutôt sans doute à Midsum, parce que cette ville, à ce qu'on croyait, avait été fondée par l'ancien roi méme^ et que Iq signe contient une allusion à son nom.

Antioche. No. 1176-1177.26

Selon la fabrique et Tinsigne, le zébu, ces tétradrachmes doivent appartenir à l'Asie Mineure occidentale. Quoiqu'il soit incertain s'ils sont tous deux de la même ville, et si la ville d'Antioche, à laquelle il faut au moins attribuer Tun deux, est celle de Pisidie, nous avons cependant, faute d'une place plus convenable, cm devoir les ranger en ce lieu.

Ces deux pièces se trouvent chez Mionnet classées a Smyrne.^ Mais un bœuf ne parait que sur quelques pièces en bronze de Smyrne d'un temps postérieur et ne peut ainsi être regardé comme l'emblème de cette ville qui d'ailleurs fut désignée sur les monnaies d'Alexandre par la tête de Sipylène

39 V. Mionn. Supp). VII pi. XIII, j.

^ Sanclementi Num. sel. III tab. XXXI no 323. CTr Philostr. Imag. I, 22.

»* Voy. Mus. Gregor. II Tav. LXII, 26; Anoali delP insl. arch. XVI (1844) Tav.

d'apg. D et H, p. 200 s. ; Gerhard Archfiol. Zeitung II n» 24 Taf. 24. ^ Midas est appelé KTISTBS sur les monnaies frappées à Midepum sous les

empereurs, voy. Mionn. no 860, suppl. no518.

^ Pîo. J 176-77. Paris. ^ No» 276-77, cfr Pellerin Mcl. ï p. 112.

(voy. nos 091 $.). Cette atlribution a aussi été révoquée en doute par M. Lenormant qui cependant n*a voulu proposer aucune autre ville parce que ce bœuf se trouve sur des monnaies de plusieurs villes de l'Asie Mineure.^ Cependant le zébu ou bœuf de Plnde n*eçt le type monétaire prédominant que pour les villes situées sur le Méandre ou dans les environs de ce fleuve, traites, Magnésie et Antioche, ainsi que pour la ville d*Antioche, colonie de cette dernière sur la frontière de Pisidie^, dé sorte que vie choix est restreint à ces villes. Ce qui parle contre Magnésie c'est que cette ville porte ordinaire* ment sur àes -pièces d'argent les détours^ de méandre ajoutés au bœuf, qu'eije est désignée par le Méandre sur d'autres monnaies d'Alexandre (voy. m* 1068 s.), et que le bœuf sur ses autonomes n'est jamais représenté debout xomme ici sur le no 1177. Contre Antiochia ad Mœandrutn on peut alléguer que sur la monnaie d'argent, qui lui appartient avec certitude, le bœuf est couché et de même sur le Méandre.^ Sur les monnaies d'Antiochia ad Pisidiam le bœuf bossu est figuré et debout et cornupéte. ^^ Quant à Traites ce bœuf ne se trouve pas sur ses monnaies d'argent, et sur ses monnaies de bronze il est employé parmi beaucoup d'autres types, de sorte qu^il ne puisse être regardé comme caractéristique pour cette ville, tandis qu'il est le type exclusif sur le ^. des autonomes d'Antioche

^ Num. des rois gr. p. 27 ad pi. XV, 21. Le savant auteur ref^arde le bœuf sur la première de ces pièces comme un taureau cornupcte ordinaire qui diffère du zébu sur l'autre ; mais il est entièrement pareil au bœuf sur un nombre des autonomes de Magnésie sur lesquelles la bosse du bœuf est tantôt plus tantôt moins prédominante.

» Slrabon XII, p. 577. «> Num. Chron. IX p. 1 45.

ai Les monnaies d'Antioche en Carie et d^Antioche en Pisidie ont souvent été confondues. . A la dernière il faut rapporter toutes celles qui ont au droit la tète du dieu de la lune, car Men Arcœus y avait son célèbre sanctuaire et sa tète se retrouve sur les monnaies de cette ville après qu'elle fût devenue colonie romaine. Les monnaies classées à Antioche en Carie chez MionnetIHp. 314 n» 60 et suppl. Vf p. 448 n^ 68-70 doivent donc être attribuées à Antioche en Pisidie.

en Pisidie. Le monogramme ajouté au bœuf sur le n» 1176 fournit évidemment AN ^, et par analogie avec la manière dont les villes sont indiquées sur beaucoup d'autres monnaies d^Alexandre de TAsie Mineure ces lettres peuvent être prises pour les Initiales du nom d'Antioche. Antioche en Carie fut fondée sous Antiochus I à Pendroit même où était située la ville de PythopoliSi et Antioche en Pisidie, colonie de celte ville, était probablement aussi nommée d'après ce roi; on voit ainsi que ces monnaieSi soit qu'on les attribue à la première ou à la seconde de ces villes, sont frappées sous ou après le règne d'Antiochus I, ce qui convient aussi à leur fabrique (cfr $ 12).

Sur les n?» 1001 et 1069 le zébu cornupéte désigne plutôt une des villes situées plus à l'ouest dans le district du Méandre.

Philomélîum. N». 1 178-11 95. 33

La fabrique et l'ère ne permettent pas de douter que cette série ne doive être rapportée à la même partie de l'Asie Ml* neure à laquelle appartiennent les monnaies précédentes et suivantes, et la lettre d), puisqu'elle se répète avec une suite de nombres d'années depuis 1 jusqu'à 31, doit être regardée comme désignant la ville. Dans le nombre des villes dont les noms commencent par (P ce n'est que sur Philomélium que le choix puisse se fixer. Cette ville, située dans la partie méridionale de la Phrygie voisine de la Pisidie, était réunie par de grandes routes aux villes mentionnées dans le précédent qui frappaient des tétradrachmes d'Alexandre, et elle battait de la monnaie autonome en bronze probablement dans cette même

^' Ce monogramme a été à tort décomposé par M. Lenormant 1. c. note 28 en JI\ il est rendo d'une manière plus juste chez Mionnet ad no276 sur la table des monogrammes (108).

38 No 1178. Paris. 1179. Prokesch. 1180. Mus. brit, la Haye, Munich, Prokeseh. 1181. Paris. 1182. Paris, Mus. brit., St. Pétersbourg. 1183. Mus. brit. 1184. Munich. 1185. Paris. 1186. Mus. brit. 1187. La Haye. 1189. Vienne^ Berlin, Leake. 1190. Fox. 1191. Empreinte. 1192. Paris, Munich. 1194. Curt, Sestini Mus. Hederv. no 84. 1195. Berlin.

période. Ces tétradrachmes sont souvent contremarques do Tancre séleucide^ qu'on trouve aussi sur les monnaies suU vantes do la même fabrique, émises par les villes de Pamphylie.3^ Sur l'ère nous avons traité $12 p. 79-80.

Aspendus. No. 1196-1221,36

Ces tétradrachmes à la légende AZ, qui offrent une suite continue de nombres d'années et qui sont tous de la même fabrique, furent attribués par Pellerin et Eckhel à Ascalon en Palestine, ville à laquelle ils sont aussi classés chez Mionnet^; mais la fabrique diffère de celle des monnaies d'Alexandre quî sont frappées dans les pays orientaux de l'Asie, tandis qu'elle s'accorde avec celle des monnaies précédentes de l'Asie Mineure. On trouve souvent sur ces pièces des contremarques qui appartiennent à des villes de l'Asie Mineure ou aux rois de Syrie sous la domination desquels ce pays se trouvait pendant une longue époque; ces contremarques se retrouvent sur d'autres tétradrachmes, et d'Alexandre et autonomes, de l'Asie Mineure,

^ NonB avons trouvé cette contremarque sur des exemplaires offrant les années 2, 4, 17, 25 et 28.

^ Comme les monnaies suivantes qui ont des nombres d'années n'offrent point d'initiales de noms de magistrats, il se peut que O sur les n^» 1180-81 et 1183 désigne une ville associée au monnayage; ce peut être Oroanda non loin de Philomélium dans le nord dé la Pisidie.

^ No 1196-97. La Haye. 1199. Vienne. 1200. Rollin, Mionn. S. n» 197. 1201. Timoni. 1202. Mus. brit., la H^e. 1203. Copenhague, Prokesch. 1204. Cat. de la coll. d'Ennery. , 1205. Paris, Munich. 1206. Mus. brit., Munich. 1207 (an 15). Mus. brit. 1208 (an 16). Gotha. 1209 (an 17). Paris, la Haye, Munich. 1210 (an 18). Berlin, Mionn. n« 164, S. n» 198. 1211 (an 19). Mus. brit., Berlin. 1213 (an 21). St. Pétersbourg. 1214 (an 22). Timoni, Mionn. S. no202. 1215. Paris, Mus. brit., Leake. 1216. Mus. brit., Leake, Munich^ Gotha. 1217. La Haye. 1218. Paris. 1219. Rollin. 1220. Fox. 1221. Vienne (Cat. de Welzl n» 2477).

^ Pellerin Mél. I p. 115. Eckhel N. vet. anecd. I p. 72, Do.ctr. n. v. Il p. 101. Mionn. I p. 522 no« 163 s., où pourtant est ajouté un (?). Il faut observer que les pièces aux années 20 et 21 sont quelquefois incorrectement publiées avec les légendes AJK et ASKA, comme si ces lettres étaient jointes ensemble.

mais non sur les monnaies d'Alexandre de Syrie , de Phénicie ou de Palestine. On rencontre ainsi un exemplaire à Pan 8 contremarque du signe de cistophore de Tralles^, un excm* plaire à Pan 11 avec la contremarque de cistophore d'Apamée^, et des exemplaires aux ans 9, 22 et 23 avec la contremarque séleucide, Pancre ^. Ces mêmes trois contremarques ainsi que les marques de cistophore d'autres villes se voient souvent sur les tétradrachmes autonomes de Sidé^ qui selon la fabrique appartiennent à peu près à cette époque. Sestini, reconnaissant que la fabrique renvoyait ces tétradrachmes à PAsie Mineure, les rangea à Asia en Lydie ^, supposition suivie plus tard par HH. Lenormant^\ Friedlaender ^ et autres. Mais les types ajoutés sur les m* 1199, 1216, 1218, 1220 et 1221 prouvent qu'ils appartiennent à Aspendus. Le symbole sur le n» 1220, le même qui est imparfaitement rendu sur la pièce grossièrement exécutée n» 1199, forme le type sur le îjt. des monnaies en bronze d'Aspendus qui ont au droit un cheval au galop à mi-corps. Les revers de deux de ces pièces qui se trouvent dans le cabinet royal de Copenhague sont gravés sur la planche II fig. 25 et 26. ^ L^objet qu'offrent ces pièces a été expliqué de différentes manières; on a voulu y voir une rame, un gouvernail, un bouclier argien, explications auxquelles on ne saurait

^ TPAd et un arc dans son étui. Pinder et Friedlaender Beitr. znr ilt. M&nzk. I p. 181.

^ AUA et on arc dans son étui, dans le cabinet roy* de Munich^

^ Dans le mns. brit. et dans les collections des MM. Leake et Timoni, cfr Mionn. n<>166. Sur un exemplaire marqué de l'an 18 se trouve une Victoire en contremarque qui peut appartenir à Sidé ou à d'autres villes de PAftie Mineure, voy. Sestini Lett. num. VI p. 27 n» 2.

**> Voy. Eckbel Sylloge I p 41 ; Doctr. III p. 1 5-16 ; Hunter tab. XLIX, 9 ; Mionn. no 147. 153, 155, et aill.

*« Lett. num. VI p. 27.

^ Num. des rois gr. p. 23 ad pi. XIV, 6. Cfr Mionn. Suppl. III p. 199.

44 L. c note 38.

45 La pièce fig. 25 est anépigraphe, mais elle appartient évidemment à Aspendus.

souscrire^; d'après la pièce fiif. 25, où cet objet se montre plus distinctement que sur les antres exemplaires connus, on serait plus tenté de le prendre • pour une selle (ou un bât) ^ en rapport avec le chenal sur le droit , ou pour une fronde qui se référerait alors an frondeur sur les pièces d'argent. Mais quelque explication qu'on donne à cet objet, c'est un

emblème particulier à Aspendus, qui ne se retrouve ni sur des monnaies d'autres villes, ni, à ce que nous sachions, sur aucun autre monument antique. Le cheval courant à 'mi-corps sur le no 1221 est non seulement le type principal des monnaies en bronze d'Aspendus, maiS on le voit aussi quelquefois comme type accessoire sur les monnaies d'argent de cette ville ^, notamment sur celles qui, à en juger par le style libre, ne peuvent être éloignées de la période dont il s'agit en ce lieu. L'aigle ajouté sur le n» 1216 se trouve sur les autonomes d'Aspendus et comme type accessoire ^^ et comme contremarque^; tant l'aigle que la couronne sur le no 1218 se rencontrent assez souvent sur les monnaies impériales de cette ville, soit comme types soit en contremarques.^^ L'attribution à Aspendus est encore conGrméc par les fréquentes contremarques dont nous avons parlé, les mêmes qui se retrouvent sur les monnaies de la ville voisine de Sidé. Aussi on rencontre quelquefois dans le nom d'Alexandre des lettres particulières Cp* e. f^ au lieu de N), qui correspondent à celles qui se trouvent sur d'autres monnaies d'Alexandre émises par les villes sur la côte méridionale de l'Asie Mineure et qui s'expliquent par le mélange

^ Sestinî Lett. nom. di cont. VIII p. 63-64. T. Combe N. mus. brit p. 183 no 6, tab. X, 10. Mionn. Suppl. no« 7, 9 et 10. Waddington dans Revue num. fr. 1853 (XVII) p. 22, no» 2-3.

^'^ Ce serait ainsi la partie intérieure de la selle qu'on voit, avec des courroies et des anneaux pour la serrer sous le ventre du cheval.

^ Voy. p. e. Mionn. IH p. 522 no« 165-66 (rangées à tort sous Selgé).

49 Mionn. III p. 519 no 148. «> Sestini Lett. nom. VI p. 27 no 4.

s^ Mionn. no« 12, 18 et 19; Suppl. not 15, 17 et 18.

des langues qui y avait lieu. ^ Les no« 1207-14 qui ne sont pas spécifiés sur la planche offrent les nombres lE-KB. Sur l'ére voy. S 12 p. 79-80.

Sillyum. N^ 1222-1224. «»

Ces tétradrachmes se rattachent aux précédents par la fabrique et par les chiffres qui semblent appartenir à une ère. On ne peut donc douter que 2IA n'indique la ville de Sillyum peu éloignée d'Aspendus, dont des monnaies autonomes nous sont conservées. Nous n'y avons trouvé que les nombres 3, 4 et 6.

No. 1225-1247.

Ces tétradrachmes ne portent aucun signe de ville mais seulement des chifTres qui indiquent des années d'une ère. Ces chiffres, la fabrique et la contremarque à Tancre qui is'y trouve quelquefois^ font attribuer ces pièces à la même partie de l'Asie Mineure où étaient situées les trois villes précédentes. Les années qui s'y trouvent sont: 1, 7, 8, 11-19, 21-29, 32 et 33. Voyez ce qui a été observé dans les rubriques précédentes.

Sidé. N«1248.«^

La grenade (cr/diy) était, comme on le sait, les armes parlantes de cette ville et se trouve sur toutes ses monnaies. Cette pièce a aussi été publiée comme frappée à Sidé. ^

Ce statére appartient probablement à un temps antérieur aux monnaies dont nous avons traité dans le précédent, comme on voit par les drachmes de Philippe III (n<» 101-2) au ménie emblème, que bientôt après la mort d'Alexandre on a battu

62 Cfr S 16 p. 103, S 35 Lycie et S 36 Cilicic.

63 No 1222. Leide, Prokesch. 1223. Munich. 1224. Munich, la Haye. ^ Sur les exemplaires aux années 25 et 33. ^ N» 1248. Paris. ^^ Mionn. Suppl. n» 2^5. Nnm. des rois gr. p. 22 ad pi. XIII^ 14.

la. monnaie macédonienne dans cette ville. Ainsi ce statére forme an lien entre les monnaies d'Alexandre comprises dans cette partie (B) et celles de Lycie et de Cilicie par lesquelles commence la partie suivante (C). ^ .

Incertaines de l'Asie Mineure occidentale.

Toutes les monnaies rapportées à cette classe sont des tétradrachmes qui d'après la fabrique sont frappés dans l'Asie Mineure occidentale dans une période postérieure.

No 1249.^ Une tête de bœuf sans cou, vue de côté, se trouve comme type sur des monnaies de diverses villes de PAsie Mineure, comme Cyzique, Parium, Pergame, Mytiléne, Samos et Cnide. Parmi ces villes ce sont Parium et Pergame qui surtout doivent entrer en considération, les autres, comme nous avons tâché de montrer plus haut, étant désignées par d'autres symboles sur les monnaies d'Alexandre. A Pergame on n'a guère battu la monnaie d'Alexandre dans la période à

laquelle la fabrique semble renvoyer, cette ville étant alors la

capitale et la résidence du royaume philétére; aussi devait-on s'attendre à trouver un symbole esculapien comme signe de Pergame. Il ne reste donc que Parium dont les monnaies d'argent et de bronze offrent un bœuf pour type principal. Cfr p. 237 no 927.

No« 1250-1251.^ Un thyrse se voit avec d'antres signes bachiques sur les monnaies de plusieurs villes dans cette partie de l'Asie, comme sur celles de Blaundus, de Maslaura et de Philadelphia en Lydie, mais sans pouvoir être regardé comme significatif pour aucune d'elles en particulier.

Une grappe de raisin se rencontre sur un nombre considérable des monnaies d'Alexandre, classées plus bas aux

1 No 1249. Berlin. . .

* No 1250. Prokesch. 1251. Empreinte de Mionnct, Pellerin Mél. III, 4.

incertaines, no« 1&19 s.; parmi celles-ci il y a plusieurs qui diaprés la fabrique peuvent appartenir à l'Asie Mineure occidentale. Cet emblème bachique parait surtout sur les autonomes des villes lydiennes et phrygiennes^, mais il n*y a point de raison suffissante pour en relever une seule en particulier.

N» 1252.^ Une amphore de même forme que sur les monnaies de Chios. Cfr n<» 594 s.

No 1253. ^ Un caducée sur un petit vase.

No 1254. 6 Une p a 1er e Qphialé).

Nol255.'^ Tête d'une déesse coiffée d^un modius, qui peut convenir à plusieurs des déesses adorées dans l'Asie Mineure et figurées sur les monnaies de ce pays.

No 1256.^ Hermès drapé, différent et des hermès sur les noi 365-66 de^Sestus et de celui sur le no 971 de Mytilène.

No 1257. ^ Un bflton en forme de croix, sans doute pour porter un trophée. ^^

Not 1258-1269.^^ Les ihitiales Cl, en écriture rétrograde sur la première de ces pièces, peuvent indiquer Silandus en Lydie, dont il existe des autonomes de bronze. Quant aux monogrammes qui se trouvent sur les autres, rien ne peut contribuer à décider la question s'ils désignent des villes ou des personnes; ils ne se rencontrent pas sur les monnaies précédentes de cette partie, et leur déchiffrement est trop incertain pour qu'il puisse amener quelque résultat.

^ Comme Tralles^Dàldis, Magnesia Sipyli, Uermocapelia, Docimfeum» Sala.

4 No 1252. Copenhague. ^ No 1253. St. Pétersbourg.

^ Dans le cab. imp. de Vienne. Publié dans Mus. Tiepolo II p. 1215 où la patère est appelée une roue.

7 No 1255. Mus. brit. s No 1256. La Haye, Copenhague.

• No 1257. Copenhague.

'0 Pareil à celui que tient la Victoire sur quelques-uns des statères d'Alexandre et la déesse de la ville sur les monnaies de Sidon, voy. p. 3 note 4.

11 No 1258. Prokesch. 1259. Vienne, la Haye. 1260. Gotha. 1261-65. La Haye. 1266. Prokesch. 1267. Mus. brit. 1268. Mus. brit., Leide, Prokesch. 1269. Mus. brit.

G. Les antres pays asiatiques et TAfriqne.

Cette partie embrasse la Lycie, la Cilicie, la Syrie, la Phénicie, la Palestine,^ PËgypte et Cyréne. Dans un nombre de villes de ces pays on a commencé à frapper les monnaies d'Alexandre sous son régne; la fabrication a été continuécaprés Tan 306» le plus long-temps dans quelquesunes des villes phéniciennes, mais pourtant pas autant que dans TAsie Mineure occidentale. Le tétradraclime est Tespéce prédominante; on trouve un nombre de statéres, surtout des villes phéniciennes, aussi quelques distatéres; les drachmes et les pièces de bronze furent plus rarement émises; on frappait aussi des trioboles et des oboles, mais point de pièces d'or au-dessous des statères. Quant à la fabrique les monnaies d'argent appartiennent aux classes^ If, III et IV; il y en a aussi des villes de Phénicie quelques postérieures de la classe V. Le titre de roi est souvent ajouté. Sur les monnaies des villes phéniciennes on trouve aussi des caractères puniques et des années d'une ère dont le point de départ était probablement la conquête de l'Asie par Alexandre. Les villes sont le plus fréquemment désignées par des initiales ou des monogrammes, moins souvent par de petits types. Des noms de magistrats écrits en entier ne se rencontrent pas.

^ Il est possible que plusieurs des monnaies qui seront traitées dans cette par* tie § 38 appartiennent aux pays situés plus vers l'orient dans l'inténear de TAsie, mais ^ous sommes cependant plus enclin à chercher les mopnaies d'Alexandre frappées dans ces pays parmi celles qui ^ont rapportées à la partie suivante D § 41.

La Lycie.

No. 1270-1275.1 AY se trouve, comme on sait, sur de nombreuses monnaies qui appartiennent à la ligue lycienne; voici les raisons qui confirment que ces initiales indiquent aussi la Lycie sur les préi^entes monnaies d* Alexandre. Le nom et le titre d'Alexandre se voient quelquefois en écriture rétrograde''^, ou contiennent des lettres d'une forme archaïque correspondant à celles des inscriptions de la Lycie, ou sont même égarés ^, tandis que sur les mêmes pièces le travail porte le caractère de l'art grec pur et n'a rien de commun avec les imitations barbares provenant des pays voisins de la Grèce septentrionale; ceci s'explique par le mélange de civilisation lycienne et grecque qui régnait dans ce pays à la fin de l'empire perse, et on en trouve Tanafogue dans les monnaies des villes lyciennes de la même période qui offrent assez souvent des légendes lyciennes auprès des types grecs. Sur le m 1275 A Y est ajouté à une proue, type monétaire dé P h as élis, une des plus opulentes villes commerciales de la Lycie. La fabrique ressemble à celle dans plusieurs des tétradrachmes qui d'après de sûrs critères sont frappés en Cilicie, en Syrie et en Phcnicie; elle convient ainsi à la Lycie dont les villes maritimes étaient en liaison de commerce avec les pays que nous venons de nommer* * Comme sur les monnaies battues par la ligue lycienne les initiales de la ville

1 No 1270. Mus. brit, Berlin. 1273. Mus. brit, Gotha. 1275. Oxford, Piokesch.

^ P. e. sur un exemplaire du no 1^72 dans le musée britannique sur lequel ^Y est aussi rétrograde et la figure de Jupiter contre l^habitude tournée à droite.

* Voy. l'exemplaire du no 1272 décrit dans Museo Lavy sous no 1360 et un exemplaire du no 1270 publié par Sestini dans Mus. Uederv. I p. 124 n© 24.

4 M. Waddington, auteur du Voyage en Asie Mineure au point de vue numismatique, nous a communiqué qu'il a acquis en Lycie et en Cilicie plusieurs des monnaies dont il s'agit.

où la pièce est frappée sont souvent ajoutées à AY, on peut supposer que de même les lettres M et I sur les pièces présentes désignent les villes de Hyra (ou Massicytes) et Xanthus. ^ Le no 1275 a aussi été attribué par M. de Prokesch Ûsten à Xanthus. ^ Voy. encore m 1279 avec la triquélra, signé d'une ville lycienne.

Ces tétradrachmes se rattachent à ceux de Philippe Ilf no^' 96-100 qui de même ont la proue, M et I ajoutés à AY et qui sont de fabrique identique. Ils ont probablement été émis par les chefs macédoniens dans cette province, non par les magistrats des villes (cfr p. 59 et 68) ; ceux qui sont sans indication de ville peuvent dater du règne d'Alexandre''; ceux qui offrent le signe d'une ville sont plutôt frappés après les pièces analogues au nom de Philippe III lorsqu'après la mort de Philippe (eu 317) Antigonus était maître de cette partie de l'Asie Mineure^.

Phasélis. N» 1276.9 Ce tétradrachme, qui offre (PA surmonté de deux étoiles, est publié par M. Lenormant^^ qui l'a rapporté à Phanagoria du Bosphore Cimmérien en suivant l'opinion de Cadalvène^^

^ Dan9 Koehne Zeitschr. II p. 71 s. M. Donop traite d'un tétradrachme d^Alexandre ayant une proue et AY devant la figure et / sous le sié^^e, qu^il attribue à Lyttus en Crète en supposant que / signifie Itanus. La lettre /, pourvu qu^clIe soit rendue juste, peut désigner une des villes lyciennes, Ilaris (Steph, Byz.) ou Idebessus (inscr. voy. SprattLycial! p. 281).

^ Denkschr. der kais. Acad. (Wien 1854) V p. 244 no 68.

^ Nous avons tâché de montrer § 10, que les monnaies d'Alexandre n^ont pas été frappées par les villes autonomes de l'Asie Mineure pendant le règne de ce roi, et que celles qui peut-être y ont été frappées par sts chefs n'ont pas été marquées de signes de villes.

s A l'exception d'un court intervalle en 316 où Asandre avait occupé la Lycie,

» No 1276. Paris.

*o Num. des rois gr. p. 26 ad pi. XV, 14.

1^ Recueil p. 107 et 114. N. Cadalvène dans sa description cite encore une proue devant la figure et point de monogramme sous le siège. Ceci doit être par erreur. C'est l'exemplaire de Cadalvène qui se trouve dans le cabinet de Paris et qui est copié par le procédé mécanique de Collas dans

Mais la ville de Phanagoria n'était soumise à la domination macédonienne ni sons Alexandre ni sous ses successeurs. Si le tétradrachme appartenait à cette ville, il aurait dû être frappé pour dés buts Commerciaux Cvoy. S 13 p. 87 sO dans une période postérieure^ comme ceux de la Thrace septentrionale ou de l'Asie Mineure occidentale, mais ces tétradrachmes sont d^une fabrique toute différente ; il n'existe de monnaie d'Alexandre d'aucune ville plus au nord que Callatia. Les symboles des Dioscurcs, qu'il faut reconnaître dans les deux étoiles, ne se trouvent pas sur les monnaies connues de Phanagoria, quoiqu'on les rencontre souvent sur celles d'autres villes pontiques. La fabrique de ce tétradrachme est pareille à celle des précédents de Lycie, et les signes des Dioscures se rencontrent fréquemment sur des monnaies de villes de l'Asie Mineure méridionale et en général de villes asiatiques sur la Méditerranée; il faut donc probablement expliquer (PA de Phasélis. ^^

Limyra. No« 1277-1278. *3

Les initiales Al expriment la ville lycienne de Limyra sur ses monnaies autonomes. Le tétradrachme est de la même fabrique que ceux dont nous venons de parler; par le O et B il se rattache aux suivants nos 1284-86 et 1288-89 de Cilicie. Le statére a cela de commun avec le préc<ident, n» 1271, qu'il offre une lettre au droit, ce qui est très rare sur les monnaies d'Alexandre; ce A peut désigner la Lycie.

TouTrage français sous la direction de M. Lenormaut. En examinant les monnaies d^Alexandre dans le cabinet de Paris nous n'avons trouvé aucune pi^ce comme celle que décrit M. Cadalvène. Du reste une proue conviendrait bien à Phasélis dont elle était le type principal.

*< On devrait préférer Phalasarna en Crète à Phanagoria. Le tétradrachme attribué à Phasélis par M. de Prok^esch Osten se trouve plus haut sous Phalasarna no 909.

18 No 1277. Wiczay Mus. Hcdcrv. no 2815. 1278. Mus. brit.

La Cilicie.

exprimer le nom et le titre d'Alexandre, quoique Texécution artistique ne soit pas barbare. Ceci s'explique par le mélange de la population de ce pays, qui était composée de Grecs , de Phéniciens et d^autres peuples asiatiques, et s'accorde avec les monnaies qui y furent frappées avant la conquête d'Alexandre et qui offrent des légendes tantôt grecques tantôt puniques. Aussi sur les tétradrachmes on trouve quelquefois dans le nom d'Alexandre des lettres rétrogrades ou insolites. ^

Le no 1279 porte sous le siège de Jupiter la triquétra qui renvoie à la côte méridionale de l'Asie Mineure, surtout à la Lycie, puisque ce symbole formé comme ici se trouve fréquemment sur les anciennes monnaies de ce pays. ^ Quant à la petite tête, qu'on voit devant la figure sur cette pièce, il est difficile d'en préciser la signification. Eckhel supposait qu'elle fût ta tête casquée de Persée et attribuait la monnaie à Tarse. ^ M. Ch. Feilows est d'avis, que ce soit la tête d'un chef oriental, correspondant à celles couvertes d'une coiffure asiatique qu'on voit souvent sur le droit des monnaies lyciennes avant le temps d'Alexandre, et que cette pièce soit frappée dans la Lycie. ^ Nous penchons à prendre la tête pour celle de Persée^; ce

<^ P. e. 3 et M sur un exemplaire du no 1294 parmi les monnaies apportées de Smyrne par M* Feust.

^ Voy. Spriftt Lycia II p. 293; Kobner dans Beitr. zur ait MQnzk. par Pinder et Friediaender I p. 103 s.; Feilows Coins of anciont Lycia pi. III sniv.

^ N. vet. anecd. p. 76 suiv. tab. VI, 6. M. Lenormant, qui appelle aussi cette tète nno tête casquée, préfère de donner la monnaie à Selgé en Fisidie. Nnm. des rois gr. p. 27.

s Coins of ancient Lycia pL XIX p 18.

' 11 faut avouer que la coiffure a quelque ressemblance avec le bonnet asiatique dont les têtes des cbefs ou satrapes sont couvertes sur les monnaies de Lycie, mais elle en diffère pourtant à plusieurs égards, surtout par la partie supérieure plus pointue. Les têtes de ces cbefs ont toutes de longues barbes ; celle-ci est iifiberbe et convient ainsi mieux à un héros. II faut ajouter que sur les monnaies d'Alexandre frappées dans les pays européens qui^ ont pour signe la tête ou le casque de Persée (vuy. les n<» 361-62, 389-90 et 854-55) le casque ressemble quelquefois à celui dont il s'agit sans qu'on puisse y distinguer la tête d'oiseau.

héros n*est pas figuré sur les monnaies de Lycie, mais assez souvent sur celles de Cilicie, les colonies argiennes fondées jdans ce pays ayant apporté son calie d*Ârgos ^^ ; la tête de Persée doit donc être le signe d'une ville cîlicienne. Comme encore par la fabrique cette pièce ressemble aux suivantes, non aux précédentes de Lycie , nous préférons de la classer à la Cilicie, supposant qu'elle soit frappée dans une ville de ce pays en alliance avec une ville lycienne désignée par la triquétra*

Les autres petits types conviennent tous à la Cilicie. Ainsi la -charrue sur les noi 1280-85 est un symbole de Cérès dont le culte était très répandu dans ce pays; cette déesse et Triptolème sont fréquemment représentés sur les monnaies des villes ciliciennes." L'arc sur les no« 1287-88 est aussi un symbole appartenant à la Cilicie, soit qu'on l'explique comme une arme nationale, telle qu'on la voit sur les monnaies frap-» pées avant la. conquête d'Alexandre tantôt devant le satrape assis ^* tantôt tenue dans la main par l'archer cilicien^^ soit qu'on le regarde comme attribut d'Apollon et de Diane, divinités qui paraissent sur les monnaies de plusieurs villes cillciennes ^*. Le même arc se rencontre comme signe de ville sur les tétrà* drachmes d'Anliochus le Grand i^ qui peuvent avoir été frappés dans ce pays. La massue sur le no 1297 convient de même à la Cilicie dont les monnaies offrent souvent des types em* prunlés à Hercule ^«; elle se trouvé aussi comme signe sur plu^ «ieurs des monnaies des Séleocides*^ Une massue dans une

w Voy. Eckhel N. vet. anccd. p. 76-81.

11 Sur les monnaies de Tarse, d'Adana, d'Anazarbus, d'iEgïe, de Coracesium, de Syedra, de Laérte, surtout, il est vrai, du temps impérial. Sur les mon* naies de bronze de Tarse la déesse de la ville tient des épis dans la main.

i« H. de Luynes Num. des satrapies et de la Pbénicie pi. Il, 3-5.

w Sur des monnaies de Mallas et de Soli, voy. H. de Luynes 1. €.pl. VIÎ, 2-3. '

M Comme celles d'Adana, d'Anémurium, de Corycus, de Mopsus.

1* M. Duane Coins of the^Seleucidjo, pi. IV, 2; pi. V, 1 et 4.

16 Comme les monnaies de Tars^, de Sol*, de MaHus, d'iEgie*

« Sur des pièces en bronze d'Anliochus 1 on ïî, sur des télradrachmes d'Antiochus III et des rois suivants.

couronne^ oomftie but les n** 1298^99, se voit sur des monnaies de Tars6 ^ et d'Eleosa ^^.

OuaQt aux monogrammes et aux lettres, il y a plusieurs qui se rencontrent sur les monnaies de villes ciliciennes qui appartiennent environ à la période d'Alexandre. Ainsi sur les monnaies de Tarse on trouve: A^ (vr les n<» 1290-93)^ r** Ct* 1« n«1283), la lettre punique ^ ^ (v. le n? 1303) et Ml ^ C^ur le n* 1307| probablement de la même signification que le monogramme sur les n^ 1298 et 1300-1306). D'autres monnaies, qui peut-être appartiennent plutôt â Mallus et à Solî, offrent la lettre B isolée^ Cv. les no> 1288-89). Sur une monnaie de Nagidtts se trouvent les lettres FIAP^ qui sont cornbinées en monogramme sur le n« 1286. Les autonomes de ces villes n*étant ni très nombreuses ni abondamment fournies de lettres» il faut certainement attacher du poids à cette conformité pour kl détermination des monnaies d'Alexandre.

A regard de la signi&^ition de ces lettres et monogrammes on peul sans doute les expliquer de noms de magistrats, d'oè Pon pottira conclure que les monnaies d'Alexandre sont frappées dans les mêmes villes que les autonomes avec lesquelles elles ont ces marques en commun. Ainsi il faudrait attribuer à Tarse le m 1263 avec r, et par conséquent toute la suite des no« i280-85 qui ont la charrue pour type commun, puis les nos 1290-93 marqués de la lettre À, enfin les n<» 1298-1307 qui ont Ml et Ml de commun; nous avons déjà fait observer que la charrue et la massue dans une couronne peuvent être des symboles de Tarse. ^ A Mallus et à Solî on pourrait donner

16 Mionn. no 410. ^ MiUio^en Recueil tab. IV, 8.

» Layiieê 1. €. pi. X, 30. «< Luynes J. c. pi. X, 25.

M Layncs 1. c. pi. IIÎ, 1 ; IV, 2-4; VIIÏ, 5 et 9; IX, 11-12.

<8 Voy. Mionn. Sappl. VII p. 119 no 153 (altribué à tort par Sestini é Milyai)

et Mus. Payne Kniglit p. 134 B, 1 et p. 135 D, 6 (clasaés à Milet). S4 Laynes I. c. pi. XI, 3-4; Xlf, 7. «» Mionn. Sappl. VII p. 235 tt« 315.

«« Voy. notes 11 et 18.

les no> 1287-89 qui portent Tarc^ et B, et à Nagidus le m 1286 offrant FIAP. Mais il faut noter qu'il y a aussi des .raisons pour supposer que plusieurs des monogrammes et lettres expri* ment des noms de villes. Ainsi le monogramme sur les m» 1298 et 1300-1 peut être décomposé en KOPYKI^ et signifier la ville de Corycus. Le monogramme sur le no 1302 qui fournît les lettres BAAAN peut s'expliquer de Balanée, et \ù monogramme HP sur le no 1304 d'Héraclée^, toutes les deux villes maritimes sur la côte voisine de Syrie. ^ On verra dans la suite que, tant sur les monnaies autonomes que sur celles d'Alexandre de ces pays, des lettres isolées sont souvent, à ce qu'il semble, des initiales de noms de villes.^ A peut donc désigner une des villes cilicicnnes, Adana, Anazarbus ou Anémurium, et on peut de même expliquer B de Byblus ou de Botrys Ccfr les no. 1318, 1335-36, 1403, 1482-84), T de Gab^la (cfr les nos 1324-26 et 1508) et le Jfent punique de Marathus (cfr no 1367)^, toutes villes de commerce sur la côte de Syrie et de Phénicie, pour lesquelles ou avec lesquelles les monnaies sont en ce cas frappées dans les villes maritimes de Cilicie.^

2' Cfr note 13.

2^ Abré|çé de KSlPYKlSiTSiN, de manière que^llP soit contenu dans la partie gauche du monogramme, I à droite et T au ihilien dans le K^ comme on le trouve souvent dans les monogrammes.

^ Cfr no» 1484 et 1488.

^ Le monogramme sur les no> 1294-97 peut être composé de KIT et indiquer Citium dans Mie de Cypre; mais il faut observer qu'il n'y a d'ailleurs aucune trace qu^on ait battu des monnaies d'Alexandre dans cette lie.

31 Voy. no 1309 s., no 1319 s., no 1331 s. etc.

^ Rien n'empêche d'expliquer ces mêmes lettres sur les autonomes 4e Tarse ci-dessus mentionnées (voy. notes 20-22) comme désignai les mêmes villes poar lesquelles ou en comninn avec lesquelles le monnayage a été fait à Tarse^ cfr $ 7 p. 40-43.

^ Nous ne manquons pas de faire observer qae les lettres isolées, ji, B, r, 0, qui forment les premières lettres de l'alphabet, peuvent aussi indiquer différents ateliers ou être prises pour des lettres d'émission qui regardent le monnayage, comme les petits globules sur les nos 1282 et 1292-93; si l'on adopte cette explication, il faut supposer que les pièces qui portent ces

Le monogramme MÏ des n»* 1298 suiv. ressemble sur quelques exemplaires . au milésien et se trouve, sans que le symbole de Milet soit ajouté,. sur des pièces d'Alexandre qui d'après la fabrique peuvent être rapportées à cette ville, voy. n»* 1055-57 ; sur les présentes monnaies il a aussi été regardé comme désignant Milet ^. Hais la fabrique des tétradrachmes et la présence du titre de roi ne permettent pas l'attribution à l'Asie Mineure occidentale; il n'existe non plus des statères d'Alexandre des villes ioniennes. Ce monogramme est probablement celui d'un magistrat Ccfr Tarticle suivant}.

Celles <ie ces monnaies qui sont sans signes de villes peuvent déjà être frappées sous Alexandre par des gouverneurs macédoniens en Cilicie; celles qui ont des signes de villes appartiennent probablement, comme les suivantes, à la période après sa mort. ^^

Mallus. No. 1308-1318. 36

La fabrique des no» 1308 et 1316 est la cilicienne qu'on trouve dans les pièces précédentes; la fabrique des autres est celle à laquelle appartiennent la plupart des suivantes de Syrie et de Phénicie. Dans cette suite, comme dans celle que nous venons de traiter, il y a des légendes qui sont rétrogrades, comme sur le m 1309, ou qui offrent des lettres insolites, comme sur le no 1310, ou qui sont entièrement confuses, comme sur le no 1313^*

lettres soient émises de Tarse, la plus importante ville de Cilicie et le principal lieu de monnayage dans cette province avant et après le temps d'Alexandre.

8* P. e. par M. de Prokesch Osten , voy. Denkschr. der kais. Âcad. (Vienne 1854) V p. 240 et 244 no 52 qui est la pièce citée ici sous no 1301 ; le monogramme devant la figure n'est pas exactement rendu.

3»Cfr§10et11.

3« No 1308. Munich, Koehne. 1309. Paris. 1310. Young. 1311. Mus.tril. 1312. La Haye. 1313. Paris, St. Pétersbourg, Alunich. 1314. Paris. 1315. Vienne. 1316. Prokesch. 1317. Borrell. 1318. Wchlan.

^ Cfr Pellerin Rois pi. II, 5.

Les pièces qui forment fa suite sont ralliéer par la lettre M et se rattachent à la série précédente par le monogramme MÏ, les initiales Ml, la massue, le monogramme insolite sur le n» 1316 et par B. Le monogramme sur le n» 1308 devant la figure fournit les lettres MA on MAA qui sans doute expriment le nom de la ville de Mallus; le même monogramme se voit sous le lion sur une pièce en argent d'empreinte tarse do la période d'Alex* andre et y a été expliqué avec raison de la même manière. ^ M , probablement dans la même signification, .est placé sur d'autres pièces de Tarse devant Baal Tars trônant^, et sous le trône du même dieu sur des monnaies qui par plusieurs raisons doivent être attribuées à Mallus ^^. Nous avons déjà fait observer (p. 280 note 24} que B est ajouté sur quelques-unes de ces der- , nières, et que la massue peut être un emblème de Hallus dont les monnaies offrent des types herculéens. On peut en conclure que M sur les pièces de cette suite désigne Mallus. ^^

Il a déjà été dit que le monogramme du no 1316 peut indiquer Corycus (voy. note 28), et cette pièce aura donc été frappée en commun avec cette ville. Le monogramme du n» 1317 peut fournir les lettres OAMI et être expliqué des habitants de Holmi COXf^oO^ ville considérable à l'ouest de Mallus qui frappait aussi de la monnaie autonome ^\ B sur le n» 1318

^ H. de Luynes Nuiti. des Saliapics.pl. X, 27, p. 61.

a» Luynes I. c. pi. X, 27 et 30. ^o Luypes 1. c. pi. XI, 4, p. 64.

41 D'après ce que nous a dit M. Waddington, savant éditeur des monnaies de l'Asie Mineure, il a reçu dans son voyage en Gilicie plusieurs des monnaies d^ Alexandre ci-dessus nommées, marquées do M,^- L^exemplaire du n» 1313 qui se trouve à IMunich est contremarque du signe de cistophore de Sardes ) un arc dans son étui et JAP. — Le tétradracbme cité dans le catal. du cab. Welzl n» 2574 est probablement le même que n» 1308. Ses^ tini, Mus. Hederv. I p. 131, n» 161, a décrit une drachme avec une massue et M qui peut-être appartient aussi à Mallus.

*^ Voy. Leake Num. hellen. 2de sect. p. 68. Les habitants de cette ville ayant été transportés par Séleucus Nicator à Séleucia, ville fondée par lui dans le voisinage, cette monnaie doit avoir été frappée avant ce temps.

peul être riniliale*du nom do Byblus ou do Botrys, chr rarticle précédent p. 281.

Cest le no 1311 que Sestini a donné à Laêa en Carie, en lisant AAI devant la figure au lieu de Ml.^'' Le no 1316, comme le précédent n» 1301, a été rapporté par H. de Prokesch Oaten^ à Hilet. ^

Soli. No. 1319-1329. ^6

Ces monnaies, de différentes espèces, toutes marquées de la lettre {, doivent être rapportées à Soli par les raisons suivantes. Les tétradrachmes no> 1319-20 sont de fabrique cilicienne, et le no 1326, dont la fabrique correspond également à celle de plusieurs des précédents, porte Tinitiale F sous le siège de Jupiter comme le no 1283* Deux des statères ont cette même lettre ajoutée. Parmi les drachmes le no 1327 a la lettre H de commun avec le no 1305. Les pièces d'argent autonomes qui offrent au droit la tête de Minerve en face, au ^. Baal Tars

^ Descr. num. vek. p. 130; ctr Miapn. Suppl. no 214. Le cercle autour du M peut être regardé comme une simple encadrure, voy. S 8 p. 48.

** L. c. p. 244 no 53. Cfr note 34.

*^ Un des tétradrachmes d'Alexandre avec Jlf/, appartenant à la Grèce, a été attribué par Sestini à la province pisidienne de Milyas, voy. p. 207 note 23. Il y a plus de raison de classer les présentes monnaies no 1298-1311 à Milyas puisque quelques-unes ont la fabrique et la lettre M de commun avec celles de la Lycie voisine (no 1272 s.) Mais la fabrique cilicienne qui est évidente dans plusieurs de ces monnaies ne se trouve pas dans celles de Lycie, et Pon ne doit pas s'attendre à la rencontrer dans des monnaies de Milyas qui était sans communication avec la Cilicle et bien éloignée de la mer, enfermée entre la Pisidie et la Lycie; aussi on s'expliquerait alors difficilement la présence de la lettre punique sur le no 1303 qui ne peut être séparée des autres. De l'autre côté nous avons montré que la massue, les lettres et les monogrammes ajoutés sur ces monnaies s'expliquent d'une manière convenable quand on s'en tient à la Cilicie. On ne connaît point de monnaies de Milyas; celle qui y a été rapportée par Sestini est de Tarse, voy. ci-dessus note 23.

^ No 1319-20. Prokesch. 1321. Paris. 1322. Copenhague. 1323. Paris. 1325. Mionn. S. no 141. 1326. Vienne, Munich. 1327. Mus. brit. 1328. Vienne, Prokesch. 1329. Paris, Berlin.

trônant, et qui par de bonnes raisons doivent être attribuées à Soli^^, ont le nom do la ville exprimé par un Z surmonté d'un petit O ou par Z seul placé sous le trône; quelquefois on trouve sur ces mêmes pièces une feuille de lierre dans le champ ^ comme ici sur le n» 1319, probablement comme symbole de la ville conformément aux types bachiques qui prédominent sur les monnaies au nom entier des Soliens. Quelques-unes de ces dernières offrent le nom en écriture rétrograde sans que, à en conclure d'après le style de Part, Ton puisse les regarder comme plus anciennes que les autres; c'est d'accord avec cette écriture que ^ et T sur plusieurs des présents statères sont tournés à gauche, de même que déjà parmi les précédentes pièces de Cilicie nous en avons cité des exemples ^^

Nous avons fait observer ci-dessus que T peut désigner Gabala sur la côte voisine de Syrie, voy. p. 281 ; N sur les deux derniers no« doit probablement s^expliquer de Nagidus, voy. l'article suivant."^

Nagidus. No. 1330-1336. ^^

Sur les autonomes de Nagidus on trouve quelquefois le nom de la ville exprimé par un monogramme composé de NA^, où N a la même forme insolite qu'ici sur les n»* 1330 et 1331, ou par la lettre N seule ^' qui est placée sur no* 1332 suiv. Les drachmes se rattachent pour la fabrique aux autres rangées à la Cilicie. M et B se trouvent sur les précédents no> 1288 et

*'' H. de Luynes Num. des satrapies pi. XI, 1, 2, 5, p. 63.

^ Luynes I. c. pi. XII, 7.

49 Des lettres dans le nom d* Alexandre sur le n» 1294 tcfr note 5) et IM sur

le n« 1309.

^ Le no 1319 avec la feuille do lierre a été attribué par M. de Prokesch Osten

à Mendé en Macédoine, voy. Denkschr. der kais. Acad. V(Wien 1854) p. 244

no 22.

" No 1330-31. Mus. brit. 1333. Cat. do Wélzl no 2540. 1334. La Haye, w Voy. Sestini Mus. Hederv. Il p. 289 no 1 ; cfr Wiciay tab. XXIV, 517. ^ Voy. Waddington Voyage en Asie Mineure p. 146 pl.X, 8.

1309-18; on rencontre P sur les autonomes de Nagidus ^K H y a donc lieu d^cxpliquer ici NA ci H de Nagidus par analogie avec les autres monnaies d'Alexandre de la Cilicie qui semblent

avoir les villes désignées, par les initiales. M indique probablement une alliance avec Hallus C^fr n<» 1309 sO* D'après la liaison ci-dessus indiquée entre les villes de Cilicie et de Phénicie (p. 281) on est engagé à conjecturer que • sur les monnaies ciliciennes désigne une des villes phéniciennes doni le nom commençait par cette lettre; il est donc possible que P indique Paltos sur la côte de Syrie, cfr n»» 1395 et 1504. s. ^

La Syrie, la Phénicie et la Palestine.

Commagéne. N»» 1337. *

Le scorpion était l'emblème de Commagéne^, et c'est le type prédominant sur les monnaies de ce pays tant au nom du peuple qu^à celui des rois^. La fabrique de quelques exemplaires de ce no est la cilicienne, et l'on rencontre quelquefois des lettres insolites dans le nom d'Alexandre^, ce qui convient bien à celte, province voisine de Cilicie et de peuples barbares. La pièce est probablement frappée à Samosata, capitale de la province, après que l'hellcnisme eût eu le temps de pénétrer dans ce pays. Comme les lettres et monogrammes sur les monnaies précédentes et suivantes pour la plupart semblent indiquer des lieux d'émission, non des magistrats, il se peut

^ Mionn. no» 268-69.

^ Peut-être qae les nos 1667-68, classés aux incertaines, appartiennent ici. 1 N» 1337. Paris, Mus. brit., Prokesch. Sur Texemplaire dans la coll. de Pro-

kesch le monogramme sous le siège est écrit perpendiculairement. ^ Le scorpion fut regardé comme le signe du zodiaque qui régnait sur Commagéne. Ptolem. Quadripartitum (s. De judiciis astrorum) lib. II.

3 II se trouve même sur les monnaies frappées par Antiochus IV, roi de Commagéne, en Cilicie et en Lycaonie.

4 Voy. p. e. Cat. of the cab. of Campana (London 1846) no 1255.

qu'ici ME soit à expliquer de Helilène, province voisine de Commagène avec une capitale du même nom.

Pellerin attribua ce tétradrachme à Laodicée; Eckhel n'approuva pas, à ce qu'il parait, cette attribution^; mais dans le dernier temps elltf a été adoptée par M. Lenormant^. Le scorpion ne peut guère être regardé comme insigne de Laodicée, comme il ne se trouve que sur une seule monnaie en bronze de cette ville qui d'après le surnom de Julia ne peut être antérieure au temps de César.

Damas. No» 1338-1346. ?

La fabrique de ces télradrachmes est la ciliciennc^ qui se trouve aussi dans plusieurs des suivants de villes phéniciennes. Comme les pièces de cette fabrique qui offrent un bélier à mi- corps ont toutes encore AA sous le trône de Jupiter^, on est porté à supposer que ces initiales expriment le nom de la ville désignée par le bélier. C'est alors Damas qui se présente. Il est connu qu'un bélier était Temblème de Damas ^^; il est figuré sur les monnaies de cette ville, tantôt debout, tantôt courant et en ce cas non seulement la tête retournée vers une étoile, mais aussi comme on le voit ici à mi-corps. ^' Les noi

<^ Pellerin Mél. I p. 128. Eckhel N. vet. anecd. p. 74.

^ Num. des rois gr. p. 25 ad pi. XV, 4.

7 No 1338. Mus. brit, Luynes. 1339. Vienne. 1340. La Haye, Copenhague.

1341-42. Mus. brit. 1343. Leake. 1344. Prokesch.' 1345. Leake. 1346.

Prokesch.

s Voy. la classe II sur la planche I ; dans quelques-uns la fabrique du revers

est celle de fig. 7, dans la plupart celle de fig. 8. ^ Les lettres JA étant ordinairement petites et placées tout en bas sous le

trône, quelquefois elles ne sont pas visibles quand la pièce est incomplète ou

usée par le frai. Il en est ainsi de ^exemplaire figuré dans Num. des

rois gr. pi. XIV, 11, cfr Mionn. n» 190. Sur tons les exemplaires complets

et bien conservés nous avons trouvé ces lettres. ^^ Probablement une indication du géant Ascns duquel , diaprés la tradition

locale grecque, se dérivait le nom do la ville. Voy. De Witte Revue num.

fr. 1844 p. 1 s. Cfr Milet p. 249 note 37.

i> Voy. p. e. I^estini Mus. Hederv. III tab. XXX, 17.

1345-46, qui ont AA seul sans le symbole de la ville, doivent aussi être attribuées à Damas comme ils soni de la même fabrique que les autres.

De même que sur les tétradrachmes à la lettre A classés à la Cilicié (no* 1292-93), on trouve sous h siège de petits globules qui ont égard a Tatelier ou à la fabrication, et encore quelques marques très petites, qui semblent être A sur le no 1342) A sur le n» 1343, probablement de la même signification. Sur le no 1344 une petite feuille de lierre, à ce qu'il parait, est placée entre A et A, peut-être aussi un symbole de Damas dont les monnaies offrent des types bachiques ^\

AP et X ajoutés sur les no* 1345-46 ^^ indiquent peut-être, comme d'autres monogrammes et initiales sur les monnaies d'Alexandre de ces pays orientaux, des villes qui ont pris part au monnayage. AP est le sigle connu d'Aradus, aussi sur les monnaies d^Alexandre (voy. no> 1373 s.); Damas était en vive liaison de commerce avec les villes maritimes de la Phénicie. X peut indiquer Chalcis ad Belum^^ non loin d'Aradus, mais aussi la capitale du même nom en Chalcidique, ou Chalybon dont les vins faisaient un objet du commerce.de Damas ^^; les deux dernières villes étaient situées sur la grande route qui réunissait Damas aux provinces, septentrionales.

Il n'y a aucun lieu de douter que la fabrication de ces monnaies n'ait été commencée sous le règne d'Alexandre. Ce fut à Damas que Parménion s'empara des trésors immenses qui y avaient été transportés après la défaite de Darius près de rissus, et cette ville devint la capitale de la satrapie de la Cœlésyrie.

^* Voy. Mionn. n» 19, Suppl. no 10.

^3 Ces deux marques sont écrites perpendiculairement sur le no 1346. Sur le

n» 1345 on trouve outre X encore un si^ne indistinct. ^^ Dans la partie septentrionale du Liban-, plus tard la résidence de ceux qui

régnaient sur les Ituréens et le district de Marsyas. « Ezéchiel XXVII, 18.

Les lélradrachmcs au bélier à mi-corps ont ordînalremenl élé allribnés à Clazomène '^; il existe aussi de celle ville on tétradrachme au même signe (;n<>997); mais à cause de la Tabrique les présents ne peuvent être de l'Asie Mineure occidenlale. Dans le dernier temps H. Lenormant a aussi fait observer que la fabrique convient mieux à la Syrie et qu'un bélier se trouve sur les monnaies d'Antioche. " Le n° 1345 est rapporté à la Cilicie par M. Leake. '^

Laodicée sur la mer. N- 1347- Les marques sous le trône de Jupiter ra naies aux précédentes et aux suivantes. ^ i le n* 1348, étant très petit, et placé tout haul une marque d'atelier de la même espèce que tradrachmes de Damas (voy. n°< 1342-43]. Kl ocritde ta même manière se trouve sur les suivants de Larisse Ci" 1352 et 1355 s.) et d'Aradus (n°1363) et indique probablement uae ville sur la côte de Phénicie, voy. n° 1467. Par-là nous sommes renvoyés à Laodicea ad mare, quoique la Victoire marchante, une couronne dans la main dr. et une palme au bras gauche, soit un type d'un emploi ordinaire; cette Victoire se trouve fréquemment EUT les autonomes en bronze de celle ville '^°, dont plusieurs peuvent être rapportées au commencement de la période séleucide, et elle se voit sur tous ses léiradrachmes sur la main étendue de Jupiter trônant. Laodicée ayant élé fondée par Séleucus Nicator qui donna à la ville le nom de sa mère, ces monnaies ne peuvent avoir été frappées avant son règne. La Victoire marchante, l'absence du titre de roi, la fabrique et

l< Voy. Pellerin Ml I p. 112 et 132; Eckhet N vcL *necd. I p. 73; Hioan.

a' 190, el aili.

" Knm. de» roii gr. p. 34 sd pi. XIV, 12. <s Namiim. hellen. p. S.

'» K» 1347. Gopenhigue. 1348. Mui. bril., Vienne, SInnicb. 1349. Toung. » Voî- Mionn. n" 675-76, 683, 699, 708, 713-14; suppl. n" 2U-15, 217.

les signes ajoutés distinguent ces pièces de celles rangées pins haut à Thessalonique'qui ont pour emblème de ville nnc Victoire volante qai présente la couronne des deux mains.

Larisse. N" 1350-1359. «

Ces pièces d'or et d'argent sont frappées dans la même

ville dans on des pays orientaux qui apparlenaieni au royaume

de SéleacDS. En voici les raisons. Les n<» 1355-59 porfeni

ne il sera montré pi-dessous (n* 1491 s.),

comme l'emblème séleucidc. Le cheval

rps an pied de Jupiter joint i l'ancre so

idracbmes de Séleucus aux types d'Alex-

de ceux-ci encore joint aux mêmes trois

jT le n* 1355^, ensuite sur an télradrachme

. .jpes d'Alexandre^; le même cheval paissant

et le monogramme que les pièces d'or ont de commun avec cetieg d'argent se rencontrent encore ensemble sor plusieurs tétradrachmes de ce dernier roi à ses propres types. ^ La fabrique des létradrachmes est absolument la même que dans toss ceux des Séleucides que nous venons de citer et dans plusieurs des suivants d'Alexandre frappés dans les villes de Syrie et de Phénicie.

Ces monnaies ont été classées à Alexandria Troas'' dont

" K" 1350. Berlin, Mionn. S. n"193. 1351. Pari». 1353. Timoni. 1353. Bunicb. 1354. Berlin. 1355. Piri», bnaque de Londres. 1356. Vienne. 1357. Hus. brit. 1357 b. Fox. 135& Copenhague, Young. 1359. Vienne. - Voy. la'lsble auppl. D°135Ra.

" Voy, Mionn. n' 15, dana le cebinet de Parii.

■a Dans le cabinet royal de Hunich. '** Dana le cabinel impérial de Vienne.

U Dana lea cabinela de Berlin el de Vienne et dana le muaëe britanniqne.

*" Sealinr Lclt. num. VE p. 27 W 1. Hionn. n" 159; Suppl. n" 192. Mum. dea roia jjr. pI.XIII,3 p. 22, et pi. XIV, 3 p. 23. An dernier endroit M, Lenormant relève pourtant la reiaemblance du tétradmchmc avec celui de Séleucus dana le cab. de Paria et penehe par cette raison & l'atlrrbnlion A la Gyrie. L'anteur do catalogue de la coll. de Welzl a donné («ous n* 2483) le alalère n<> 1352 i Elfrua ea Crète, ea prenant le cheval pour nnc chèvre

les tétradrachmes d^Alexandre signés d'an okevàl paissant onl été traités plus haut Cn^» 923-24> Mais les télradraehmes présents sont d'une fabrique toute différente, et tant d*aprés celleci qu'à cause du titre de roi sur le n» 1359 on ne peut les rapporter à FAsie Mineure occidentale; les slatéres ne peuveni être séparés des tétradrachmes à cause des monogrammes communs aux deu:!^ espèces, et d'ailleurs les statéres d'Alexandre ne furent pas frappés dans cette partie de PAsie Mineure. Les tétradrffchmes d'Alexandre d'Alexandria Troas, comme ceux frappés dans oetle ville par Antiechus II, qui de même sont larges et plats (de la classe VI), offrent à l'exergue un cheval paissant entier; mais les monnaies rangées ici ainsi que les tétradrach-^ mes nommés de Séleucus I et d'Antiochus I, qui sont tous d'un flan épais et d'une et même fabrique (classe IV), n'offrent que la partie antérieure du cheval paissant auprès des jambes de la divinité représentée C^e la Victoire, de Jupiter ou d'Apollon).

En cherchant le lieu d'émission plus à l'orfent dans les pays soumis aux Séleucides, nous rencontrons sur les monnaies de Larisse en Syrie un cheval libre paissant, type probablement adopté d'après la ville thessalienne dont elle avait pris le nom. Le même monogramme sur les n<» 1351-55 et 1358 étant ajouté au cheval paissant à côté d'autres monogrammes qui varient, et étant aussi sur les tétradrachmes de Séleucus et d'Antiocbus^ associé au même petit type, ceci fait soupçonner qu'il indique le nom de la ville. Larisse fut appelé Siiara'^ par les Àâtif» du pays. Le monogramme se décompose facilement en 2(1) I(A)P^; il est donc probable qu'il exprime le nom syrien de la

et en lisant EJ au Iten de SSl; cette pièce, qai à la vérité est un peu

Bsée an bas du revers, se trouve à présent dans la collection de M. Tintirni à

Vienne oà nous l'avons examinée.

^ Sur les monnaies d'Antiochus I irous avons trouvé trois autres monogrammes

qui varient, voy. note 25.

^ JiC^aa Steph. Byz. Aujourd'hur Sei^fm. Abnffeda Tab. Syr. p. 1 10. Bnrck-

hardt Travels p. 143 s.

^ JS dans le monogramme sur les statéres est tourné à gauche, dans celui sàr

ville. Les no« i 356-57 b qui portent ce monogramme seul sans le cheval doivent donc aussi être attribués à Larissc.

Les autres monogrammes ajoutés sur ces monnaies se laissent expliquer <fe villes qui ont pris part au monnayage. HA sur le no 1353 peut désigner Héliopolis prés du Liban. La lettre Y sur le no 1354, qui se trouvé sans le cercle^ sur la monnaie no.l406 frappée à Sidon, peut être l'initiale d'Hydatopotami {yàa%oç norafAoOi nom de l'ancienne ville qui par Seleucus fut élargie et transformée en forteresse sous le nom de Séleucie^^; cette ville étant, située prés de l'embouchure de POronte, il s'explique facilement que Larisse sur le même fleuve pût se trouver en alliance monétaire avec elle. Le monogramme devant la figure sur les no« 1355 et 1357 b semble composé de APK et peut être expliqué d'Ârca C^Qxtjj plus tard Cœsarea Libani). Zû se trouve non seulement ensemble avec ce monogramme, mais aussi associé aux signes de Laodicée (sur le no 1349) et d'Aradus Csur le no 1363); il est donc plausible d^y voir les initiales de Sozusa, ville située sur la côte plus au sud (voy. no 1467), avec laquelle Larisse aura été mise en communication par les villes plus prochaines, d'Arca et d'Aradus. Le monogramme sous le siège sur le no 1358 est évidemment composé de MAPO; dans le district de Chalcidique, voisin d'Apamène où Larisse était située, se trouvait une ville du nom de Haronias. ^ Enfin les deux monogrammes sur le no 1359, OE et AP, peuvent désigner Thelminissus ^ et Apamea, toutes les deux villes du même district que Larisse.

Parmi ces monnaies les no* 1350-54 sont peut-être frap-

les pièces d'argent à droite. Dans le monogramme qui sur les cistophores exprime le nom de Pergame P est quelquefois placé horizontalement andessus comme ici. 11 est possible que les voyelles, comme dans les langues sémitiques, ne soient pas exprimées; mais elles peuvent aussi se trouver dans le milieu du monogramme.

^ Le cercle peut être regardé comme un cadre, cfr. § 8 fin.

31 Strabon XVI p. 751. 32 MaQ(OP€iaç. Ptol. V, 15.

33 BtXfjuy^ccéç, Ptol. V, 15.

pés sous Alexandre ou avant Séleucus; les no* 1355 s. qui portent Pemblème séleucide, Tancre, ne peuvent dater que depuis la domination de Séleucus.

Aradus. N»» 1360-1389. 34

Les caractères puniques et te palmier (sfoivil^i emblème connu de la Phénicie, renvoient les no« 1367 et 1380-89 à une ville phénicienne. Le Ynonogramme AP qui se trouve sur les no« 1373-89 est souvent employé sur les autonomes d' Aradus à chiffres puniques pour désigner le nom de la ville. ^ Le monogramme sur les no> 1360-72, où P est placé sous A, doit avoir la même signiGcation, puisque sur le n» 1367 il eiSt joint a des lettres puniques, et sur les n<» 1369 s. au caducée comme le premier monogramme sur les nos 1378-79. Le palmier se trouve aussi fréquemment sur les monnaies autonomes d'Aradus, et sur les tétradrachmes devant Jupiter et sur les drachmes à côté du cerf. Les monnaies d'Alexandre qui offrent le palmier et ces monogrammes ont aussi généralement été classées à Aradus. ^

Les nos 1381-87, dont seulement le premier et le dernier sont cités sur la table^ offrent des années en chiffres puniques,

84 No 1360. MuB. brit., Youo^r, de Saulcy. 1362. Mus. brit, Piokesch. 1365. Munich, Stockholm. 1367. Paris, Luynes. 1368. Cat. of Borrells coll. no 63. 1369. Vienne. 1369 b. Mus. brit., Mionn. no 142. 1371. Mus. brit., Prokesch. 1372. Vienne. 1374. Mionn. S. no 165. 1377. Paris. 1379. Mionn. no 454. 1380. Munich, Young. 1381-87. Paris, Mus. brit., la Haye, Munich. 1388. Gotha, Sestini Mus. Hederv. no 79. 1389. Mus. brit., Berlin, RoIIin. — Voy. la table suppl. n* 1375 a et 1382 a.

3* Pellcrin Rcc. III pl.XC, 11, 14 et 15; pi. CXIX,4 et 5.

36 Eokhel Doctr. n. v. II p. 101 , Mionn. nos 160-63, suppl. nos 194-96; Num. des rois gr. p. 22 no 7 et p. 23 no» 4-5; Prokesch Osten dans Denkschr. der kais. Arad. V p. 244 (p. 241 nos 57-59 le monogramme d^Aradus est répété par erreur au lieu de celui cité sous no» 667 s. dans le présent ouvrage, cfr p. 204 note 5). Il faut cependant observer que les nos 1373-76 peuvent aussi appartenir ailleurs, le monogramme de ces pièces étant une marque de personne d^un emploi fréquent.

savoir 21, 25, 35, 41, 43, 44 et 45. Le nombre 20 est toujours exprimé sur ces pièces par N ^ autrement que sur le^ monnaies suivantes d'Alexandre frappées à Acé, et /v (a: HiCO an précède toujours les chiffres. Sur les n»» 1388 et 1389 se trouvent les ans 61 et 76 en chiffres grecs. Toutes ces années sont probablement de la propre ère d'Alexandre, commençant depuis l'an 334, ainsi quMl a été montré plus havt p. 81 ; les pièces sur lesquelles elles sont placées sont done ff ap^ pées dans l'époque de 313-258, pelles aux chiffres gre<^ spws le règne d'AnliochusI et II; elles sont, comme en général les pièces qui portent le palmier, d^qne fabrique qui trahit le tçmp6 postérieur. Les autres pièpes qui portent le monogramme com«posé de P sous A, n«> 1360-72, sont d'après la Gibriquo le6 premières frappées et peuvent être rapportées au règne d'Alexandre.

Le nombre 76 sur le n» 1389 a été pris pour 270 , le stigma ayant été regardé comme un sigma ^^, ou pour 209, O ayant encore été pris pour O. ^ Mais le stigipa par se^ bran^ches allongées et un peu recourbées aux bouts se distingua ^lli^^f» du sigma du temps postérieur. Les années 270 et 209 s'éloignent trop des années sqr les autres inonnaies d'èJ^adcis et d^ celles qui se rencontrent ailleurs sur les monnaies d'Alexandre.

La légende punique à l'exergue sur une pièce de la série no> 1381 suiv. offrant l'an 43 a été publiée par Mionnet^ comme s'il y avait encore ajouté au nombre le nom punique d'Acé et un petit trait horizontal. MH.'Lindberg et Judas ont expliqué ce Irait de l'an 10, en supposant que la monnaie soit frappée par Aradus et Acé en commun et qu'elle contienne une double ère. ^ Mais on ne lit sur cette pièce, qui > se trouve dans le

37 Wiczay Mus. Hedcrv. I no 2820; Mionn. suppl. n» 195; Donop dans Koehne

Zeitschr. If; 1842 p. 3.

as Sestini Mus. Hederv. no 78. «» Ko 160, pi. XXI, 4.

^ Lindberg De inscr. Melit. p. 50. Judas Etude dém. de la langue phénic. p. • 121. Çfr Donop dans Koehne Zeitschr. II (1842) p, 65 s.

cabinet de Paris, que Tére d'Aradus, ce que certifie aussi M. Lenormant qui Ta publiée* ^^

Le statére m 1367 a été attribué à Acé par H. Gesenius qui ne reconnaissait pas le monogramme d'Aradus derrière la figure, et qui croyait voir des traces de ^y devant les lettres puniques ^C; il expliquait ^<D de l'an 100.^ Mais sur l'exemplaire du cabinet de Paris, dont Gesenius avait devant lui une empreinte, ainsi que sur celui de la collection du duc de Luynes on lit devant ^<D seulement le signe indiqué sur notre table, ce qui s'accorde aussi avec la gravure dans le cab. Allier^. Voici les raisons qui s'opposent à ce qu'on explique les leP.res XD par le nombre 100. Ce statére par l'initiale A au droit et par le monogramme d'Aradus se rattache à une suite de tétradrachmes qui d'après la fabrique ne peuvent appartenir à une époque si avancée; sur les monnaies d'Alexandre on ne trouve point d'année au-dessus de 76, et sur les autres pièces frappées dans les villes phéniciennes l'année n'est jamais exprimée par des lettres puniques.^ De l'autre côté il faut ob* server que sur les monnaies autonomes de Phénicie on rencontre souvent plusieurs lettres puniques l'une à côté de l'autre qui prises e^emble ne paraissent donner aucun sens, mais qui avec raison sont à regarder comme initiales des noms de dif-

4> Num. des rois gr. p. 23 ad pi. XIV, 5.

4^ Script, lingafeque phœn. monum. p. 270 tab. XXXV, 1.

^ PL y, 8, où pourtant la barre transversale du mem punique manque. Dans la gravure donnée dans le catalogue du musée Hedervar. par Wiczay (tab* Xn no 243) on ne voit que ND; aussi le monogramme d'Aradus n*y est pas correctement jendu. Dans la description du mus. Hedervar. par Sestini la même pièce est citée p. 123 nol7; mais dans ce lieu il s'est glissé une erreur, comme la légende sur la table à laquelle renvoie le no ne s^accorde pas avec la pièce gravée par Wiczay. Dans Mionn. Suppl. III n» 194 tab. II, 7, où la même monnaie -«st rendue, la légende punique est altérée.

^ Donop dans Koehne Zeitschr. H p. 6-7 suppose que cette légende contienne les nombres III et I (exprimé par la lettre aleph) o: Tan IV ; une explication aussi singulière n'a pas besoin de réfutation.

férentes Tilles qui ont frappé monnaie en commun ^; parmi ces lettres on trouve aussi X et D ensemble suivies d'une troisième;^ Ces deux lettres puniques se voient isolées sur d'autres monnaies d'Alexandre, probablement comme initiales de noms de villes, ainsi D sur le no 1303, où peut-être il désigne Harathus, et t< sur les n«> 1451 et 1471, où Ton peut l'expliquer d'Achsib ou d'Asdod.^'' Sur la pièce d'Alexandre en question les lettres D et t< doivent donc être expliquées d'une manière analogue; la troisième lettre qui précède celles-ci peut êirejod et désigner Joppé dont le nom aussi sur d'autres monnaies d'Alexandre est exprimé, à ce qu'il semble, par le Jod punique ou le iota grec, voy. n»* 1408-9 et 1469.

Sur le no 1377 on trouve à côté du monogramme d*Aradus encore une lettre qui parait punique, c'est hé; elle- peut désigner Hamath (niori}) ancienne colonie phénicienne sur le fleuve d'Oronte non loin d'Aradus, plus tard nommée Epiphania^.

Le caducée sur les no« 1369-72 et 1378-79 désigne probablement une autre ville qui a pris part au monnayage, puisque ce symbole ne se trouve pas sur les monnaies d'Aradus. Il peut s'expliquer de Gabala, ville peu éloignée, sur les autonomes de laquelle on trouve un caducée ^^, ou peut-être de la ville cilicienne de Corycus dont les autonomes ont par préfé-

4& Voy. Judas Etude dém. de la lan^nie phénic. p. 112, 114 et ailJ.

46 Voy. la monnaie donnée par Pellerin Suppl. IV p. 1 ; les trois lettres sur cette pièce sont regardées par M. Judas 1. c. p. 114 comme indiquant Marath, Arad, Carné.

47 M. Judas I. c. notes 45 et 46 explique Valeph sur les monnaies des villes phéniciennes ordinairement d'Aradus; on peut douter de la justesse de cette supposition; sur les monnaies d'Alexandre la lettre ne peut guère s^expliquer ainsi, du moins pas sur la monnaie signée du monogramme d^Aradus dont il est question en ce lien.

4S La ville ne reçnt probablement ce nom qu^au temps d'Anliochus IV d'après son surnom d'Epiphanes. Il existe, comme on sait, des monnaies autonomes offrant le nom grec de la ville.

49 Voy. Mionn. V p. 233 n» 626.

rence Mercure pour type^; nous avons montré plus haut Cp- 281> qu'il existait sans doute une alliance monétaire entre les villes commerciales de Phénicie et de Cilicie.

D'après le& analogies contenues dans les articles précédents ^^ il n*est pas invraisemblable, que les lettres grecques qui se trouvent jointes sur ces monnaies au monogramme d'Aradus indiquent des villes, non des personnes. Zû sur le n» 1363 se voit aussi sur les n<» 1349 de Laodicée et '1352 s. de Larisse, et Ton verra plus bas, no 1467, qu'il y a toute raison d'expliquer ces lettres de Sozusa prés de Joppé. Z sur les n»" 1364-66 désigne sans doute sur d'autres monnaies d'Alexandre (voy. no» 1319 s.) Soli en Cilicie, et peut être expliqué ici de cette même ville. A sur les no* 1367-68 peut indiquer Dora, ville de Phénicie, dont le nom est souvent exprimé sur les monnaies des Séleucides par A auquel CIP est ajouté de différentes manières. Restent encore I et A sur les no* 1361 et 1362; la première de ces lettres, qui se trouve aussi sur les no* 1486 et 1513, se laisse expliquer de Zéphyrium en Cilicie ^, la seconde de Laodicée ^.

Au droit du m 1389^ sur la peau de lion d'Hercule on trouve les lettres MY qui probablement sont les initiales du nom du graveur, voy. S 14 fin.

^ Mercure était la divinité principale de cette ville et est mentionné par les anciens auteurs sous le surnom de Km^vxté-niç (Orph. Hymn. 28, 8, cfr Brunck Analecta II p. 97).

61 Cfr aussi la Lycie et la Cilicie $ 35 et 36.

^ Cette lettre peut aussi s'expliquer de Zeugma , ville fondée par Séleucus l prés de l'Euphrate, ayant un pont sur le fleuve par lequel passait la grande route de la Phénicie vers le nord-est en Mésopotamie. Mais il est incertain si cette monnaie a été frappée si tard.

^ Ou la ville maritime avec laquelle dans la période impériale Aradus battait monnaie en commun (voy. M ion n. Y p. 465 n» 849), ou Laodicée prés du Liban, située sur la route principale qui unissait Aradus à Damas. ' M Publié par Wiczay Mus. Uederv. tab. XII, 244.

Ces pièces comme les précédentes portent l'emblème phénicien, le palmier. Les deux premières se rattachent à celles d'Aradus, le nol390 offrant en lettres puniques l'an 41 qui s'ajuste à la séria sur les n** 1381-87, le n« 1391 lE à Pex^ ergue qui peut indiquer l'an 65 et se joindre aux ans 61 et 76 sur les »•• 1388-89. Il n'est pas invraisemblable que ces deux pièces soient frappées à Aradus et que les monogrammes sous le siège indiquent cette ville , leur différence de l'aradîen pouvant être attribuée à l'ignorance ou à la négligence du gra«> veur du coin. ^ Sur quelques-uns des tétradrachmes de Philippe III (n** 111.115), qui ont divers monogrammes grecs devant la .figure, le même monogramme se trouve sous le siège que sur le n« 1391. Il est plus incertain si les n^ 1392-95 appartiennent à Aradus. P sur le n« 1395 peut désigner la ville de Faites située au nord d^Aradus, cfr n» 1334 et n» 1504 s.

Marathus. N»lâ96.w

Ce tétradrachme , d'après le palmier et les caractères puniques, appartient à la Phénicie. Le monogramme grec est évidemment composé de MPO^, qui correspondent aux trois lettres puniques qui sur les autonomes de bronze expriment le nom de la ville. L'année est donnée exactement comme sur les tétradrachmes précédents de la ville d' Aradus, voisine de Marathus et liée avec elle, et la fabrique est la même. Cette monnaie porte Tan 30, datant sans doute du commencement de

M N« 1390. Leake. 1391. Paris* 1392. Mus. brit., Mionn. n» 129. 1893. Paris. 1394-95. Mus. briL

M Aossi sur les tétradrachmes précédents, n» 1380 s., le monogramme sous le siège est souvent exécuté avec négligence et ne serait guère pris pour AP^ si le palmier et les années puniques n'étaient pas ajoutés.

^ N» 1396. Empreinte.

fis Les deux voyelles A qui appartiennent au nom peuvent se tronver retournées dans le monogramme.

ia conquéie de VAûe^ de même que lea Annéeg sur letf autr^ monnaies d'Alexandre de Phénicie (cît p. 61); elle eit àouc frappée sons la domination d'Antigonus en 304 U e»eta U0 pièce de bronze de la même empreinte que les statérts^ qui offre le même monogramme et qui peut aussi éire attribuée k oette ville, voy. S$ n^S noie?.

Sidon. No- 1397-^142». «»

L'attribution à Sidon de oetta suite de monnaies, qui looles portent les initiales Zl, est confirmée par les considérations soi<vantes. Des lettres puniques, a ce 'qu'il sevM»^^ se trouvent sur les n<» 1407*9. Les symboles ajoutés, la palme sur les nos 1409-10, rétoile sur les n»* 1414^18, et l'aplustre sur le no 1422 ^^ conviennent à Sidon. &ir les tétradradunes de cette ville on voit ordinairement la palme ou Taplustre à odté de Taigle; sur ses pièces de bronze le premier symbole se trouve quelquefois ajouté k la tête de la déesse de la ville ou de Jupiter, le second fr^uemment à c^é du buste de la déesse de la ville et tenu dans la main par cette déesse Cov Asiarté) debout sur un vaiss^u. L'éioile ne se rencontre pas rarement devant le buste de la même déesse, el sur les létradrachmes frappés plus lard (sous Antioclius VIII) Jupiter (BaaO iobout

M No 1397, Mus. br». 1d98*140a Paris. 1401. Pari», fridiwcii. i402.Vifqiif, Thomas ooll nol]!^a. 1403. Munich. 1404. S^stini Mas. Hedçry. iio 45. 1405. Cnreton. 1406. La Haye. 1407. Mus. brit. 1408. Luynes. 1409. Mus. Thorvaldsen. 1410. Cbaffer. 1411. Vienne, Gotha, Soive. 1412. Vienne. 1413. Gotha. 1414. St. Pétersbourj^. 1415. Copenhague. 1416. Berlin. 1417. Turin. 1418. Mus. Lavy n» 1336 (où le aïoQograa&me atles lettres devant la figure sont mal rendus). 1419. Munich. 1420. Mionn. no 313. 1421. La Haye. 1422. Munich.

SO LMgnorance des graveurs grecs explique assez poàrquoi les lettres paaiques sur les monnaies d* Alexandre ne correspondent pas toujours exactement à celles qui se voient dans les légendes purement phéniciennes; il en est souvent de même sur les autonomes qui offrent des légendes grecques et puniques ensemble.

<^i Sur oette pièce l'aplustre est placé, contre ^habitude, aa<-de8sns du bras étendu de Jupiter.

la porte sor f a main étendue. La fabrique s'accorde en général arec celle des autres monnaies d'Alexandre frappées dans les villes phéniciennes. Enfin, une trouvaille de statéres d'or d'Alexandre foite en i854 prés de Sidon^ sert à motiver le classement à cette ville des présentes monnaies. Cette trouvaille contenait un nombre considérable de pièces à la légende Zl et en partie avec des lettres phéniciennes ajoutées, et toutes celles-ci étaient à fleur de coin,, ayant encore le brillant de la frappe récente, tandis que toutes les autres étaient dans un état inférieur. Le nombre, la multiplicité des signes et la diversité de la fabrique font présumer que ces monnaies soient frappées à travers un long espace do temps, comme celles d'Aradus et d'Acé, dont les années en donnent témoignage.

Dans les articles précédents nous nvons montré , et il sera encore confirmé par la suite ^, que lès monogrammes, les initiales et les lettres isolées sur les monnaies d'Alexandre frappées dans la Cilicie, la Syrie et la Phéaicie désignent pro"bablement pour la plupart des villes par lesquelles ou conjointement avec lesquelles la fabrication a été faite. En examinant cette suite on trouvera probable que de même sur ces pièces, du moins sur un nombre, soient indiquées des villes qui ont pris part au monnayage de Sidon. Sur le no i421 le premier monogramme est évidemment composé de MYP ou MYPI, qu'on peut considérer comme le commencement du ïiom de Myriandrus; on explique facilement HPA sur le no 1418 d'Hé-

09 Ce dépôt fut découvert dans un ancien aqueduc hors de la ville et se composait de 1837 pièces en or d'Alexandre le Grand et de Philippe II, parmi lesquelles environ 46 variétés d'Alexandre et 20 de Philippe. Elles forent envoyées par le pacha à Constantinople où M. Caillol fût chargé de les classer et d*en choisir deux de chaque variété pour être conservées par le gonvemement. C'est à une lettre de M. Caillol à M. Lavoix, employé au cabinet des médailles de la bibliothèque imp. à Paris, que nous devons ces renseignements. Nous n'avons pu réussir à obtenir ni des empreintes ni une description détaillée des variétés de cette trouvaille importante.

« Yoy. p. 304, 310 et 313 s.

raclée (cfr n» 1498), AA sur le n» 1415 de Laodieée, le monogramme composé de A et n sur le no 1419 d'ApoIIonie^, les monogrammes sur les no< 1414 et 1422, qu'on peut décomposer en 2IMY et 2IM, de Simyra, et AN sur le m 1422 d'Anthédon; toutes ces villes étaient des places marchandes sur la c6te de Syrie, de Phénicie et de Palestine, qui doivent s'être trouvées en liaison avec Sidon. Aussi les lettres isolées peuvent pour la plupart être expliquées de villes sur la côte. Le caractère sur les nos 1408*9 semble être le jod punique et désigne donc probablement Joppé, cfr not 1367 et 1469; celui sur le no 1407, sans doute le id punique, peut être pris pour la marque de Tripolis ^. Plus haut, sous Larisse (voy. p. 292) et sous Aradus {voy. p. 297), nous avons fait observer que Y peut être l'initiale du nom de l'ancienne ville d'Hydatospotami qui fut transformé en Séleucie, et A cdie du nom de Dora; par le B Botrys ou Byblus (cfr no* 1288, 1318, 1335-36, et 1482-84) peuvent être indiqués^; A peut designer la même ville que Valeph punique sur les noi 1451 et 1471, Achsib ou Asdod, et K Carné (plus tard Antaradus), ville qui sur les autonomes phéniciennes fut probablement désignée par la lettre punique coph seule ^. Ensuite, comme plusieurs des monnaies d'Alexandre que nous avons traitées plus haut ^ donnent lieu à la supposition, que les villes phéniciennes se soient aussi trouvées en alliance monétaire avec

^ Ce monogramme pourrait certainement aussi désigner Faites, mais cette ville, selon nous, a plutôt été exprimée par n, voy. p. 286 et 298.

^ On ne connaît pas le nom punique de la ville phénicienne qne les Grecs appelaient TçlnokiÇf formée des trois colonies de Tyr, de Sidon et d'Aradus. Si ce nom a eu la même signification que le nom grec, il a probablement commencé par iei, comme en syrien le nombre trois commence par cette même lettre. Il se peut qu'«ussi le nom grec ait été usité par les Phéniciens, de même que plus tard TçinoX^ç fut transformé par les Arabes en TarMus (dont IMnitiale ta correspond au iet punique qui se voit sui* la pièce en question).

^ Balanéa et Berytus semblent plutôt désignées par des monogrammes sur les monnaies d*Alexandre, voy. no* 1302 et 1482.

^ Cfr note 46. « Voy. p. 281.

leê tille» umiWm^ê te Cilide^ il est possible que le moilo^ gramme 4e ii« 1419, composé sans douté de MAA, et M sur les iim14(H-4 désignent MaHus, pais 1 sur lo n«1406 Soli, comme sur les tf* 1308 s. et les no* 1319 s., et E sur le n« 1418 Elensa (ofr l«s n^ 1485 et 1499). Enfin il se peut qu'aussi ^s villes de ^intérieur dt pays soient indiquées dans celte suite. Ainsi M s«r le n» 1415 peut dtre expliqué de Pbiladelphta en DéespoHs qui sans doute a frappé des monnaies d'Alexandre tant en commun atee Asdalon que seule, roy. n<» 1472 s., el l€^ IKene)granime composé de TA siir le n» 1421 ^ qui se ren-^ contre aussâ sur les tétradrachmés de Séleucus avx types d'Alex^ nméfé^f Taricbéetf à l'extrémité méridionale du lac de Géiié-^ saretb. ''^ Le^ monogrammes $ur les n«« 1413^3 et 1418 doK» tent dire conférés avec ceox sur les n** 1495 et 1497 s.

Tyr. N- 1423-1425. '*

La pourpre, dont le tétradracbme est signé, était Pem-^ bféme deTyr; comme tel on la trouve souvent à côté de difFérenIs type^ sur ses monnaies de Pépoque impériale. ^^ Cette piécfef édt de ta tnéme fabrique que celles d'Arados no« 1380 s. , âé Harathus m 1396 et de Sidon m» 1419 s., et appartient pro-* banalement ad règne de Séleucus ou d^Antiochus I. A peut êWé nnltiate dtf nom d'une vnie, voy. Tarticle précédent et plus bnÉ n» 1471.

La pièce de bronze n» 1424 offre le commencement du nom de Tyr «fn lettres grecques et le nom d*Acé en earactéres pu-

fc rt

«S Voy^ Nom. Ckres. XVÏ p. 35.

''^ Yilte très forte, ausm eonMi» par ses salaifOM de poissons. Siraboa XVI & 30 p. 764.

71 »• 14»3. Masée TkervaWsen ii« «35* 1424. Vienae. 1425. Parift

^ Il est connu qu^on attribuait à Tyr la découverte de la pourpre; celte déoouvertOy fotte d'après k tradition par un ehien, est aussi représentée sur une de sea monnaies. Des étoffes tehvtes de pourpre étaient une des marchandises les plus recherchées de Tyr.

niques ^; elle est tonc frapfée fwr céê deux TîRes en comman. Le n» 1425 a en bas à gauche TY, wi mitieu Tan 26 en chiffres paniques et à drotle é€ux lellres pmiiçves /jl (yi) qui , par analogie avec la pièce précédente f doivent être considérées comme désignant me «vtre ville de Phénicien. Comme la monnaie est incomplète à droite et ta lettre finale du nom d'Alexandre n'y paraH pas, i! n'est pas invraisemblable qu'il y manque aussi une lettre panique; ce peut dtre o (y}, de sorte qu'on ait ici le nom punique de kl ville d'Arca près du Liban (plus tard Cassarea^.^

Acé. N- 1426-1463 ^^

Ces monnaies ont depuis Pellerin été reconnues comme frappées dans la ville phénicienne d'Acé (Aca, Acco, plus tard Ptolemaîs) à cause des deux lettres puniques ^y qui expriment

"^^ La lettre caph est ici d^une forme qui diffère de ^ordinaire sur les monnaies frappées à Acé (voy. n»' 1426 s.}, mais qui se rencontre pourtant quelquc- . fois, voy. Gesenias Scr. Ilnga. ptod. mon. tab. 35, III E, Lmâherg If. pv». Sext. p. 15.

'* D^plJ? Gènes. X, 17; 1 Chron. î, 15. Si l*on suppoide qu'aucune lettre n'y manque, *n et ^ doivent être regardés comme initiales de deox noms de villes, comme celles sur le n» 1367; la première lettre peut donc désigner Réphanéa, ville dont on a des monnaies impériales, la seconde Carné qui semble avoir frappé des monnaies puniques autonomes (voy. Ju jas Etude dém. de )a langue phéaic p. 111). A Ta vérité Arca s'écrit dans le Vieux Testament et Carné sur les monnaies nommées avec p, mais il est connu que souvent caph et coph sont confondus dans les langues sémitiques. Cette pièce est publiée par Pellerin Soppl. IV in fronte p. Ill-V, où elle est attribuée à Acé, la légende étant incorrectement rendue, ensuite dans l'ouvrage de Mionnet sous no 508 pi. XXI, 10, où T dans le nom de Tyr n^est pas exactement figuré, et enfin dans Numismatique des rois gr. pi. XVII, 3 p. 31 par M. Lenormant qui regarde aussi les deux lettres à gauche comme les rnitiales àt Tyr, m«is qui ne donne pol»l d'explication des deux caractères puniques.

7ft N» 1426. St. Pétersbourg, Copenliague. 1427. Loynes, Prokesch. 1428. Mus. brit. 1429. Sestini Mus. Uederv. no 99 (le monogramme tf» 146 doit être n« 147>. 1449. Sestini M>iis. Hedenr. no 100. 14âO. La Haye. 1451. Vienne. 1459. Paris. 1460. Leafce. 1461. Berlhk 1462-63* Miono. S. li» 189-90. ^ Voy. ht laMe supp». ^ 1451s.

son nom. La lettre caph varie ponr la forme. ^ Sur les n<» 1460-61 on trouve an aleph après ']V; c'est probablement une Terme plus complète du nom d'Acé, analogue à Thébreu l3y, au grec ^Ax^ et à Tarabe IXe.

Les no« 1429 s. offrent, outre le nom d'Acé, des chiffres puniques dont le plus bas est 6, le plus élevé 46; ils indiquent des années d'une ère, probablement celle d^ Alexandre même, datant de la conquête de l'Asie, comme sur les monnaies frappées à Aradus (voy. p. 81}, de sorte que ces monnaies s'étendent jusqu'à la dernière partie du régne de Ptolémée Soter. Les tétradraclimes n«rl431-47, omis sur la table, offrent les nombres 9, 11, 20-22 et 24-37; les statères omis noi 1453-57 ont les nombres 23, 25, 26, 34, 36 et 40. Sur les no* 1429- 48 et 1452-61 le nombre dix est exprimé par un petit trait horizontal, souvent un peu courbé, et le nombre vingt par deux traits pareils; mais sur le n» 1450 vingt est rendu par un N oblique comme sur les pièces frappées à Aradus-, sur le n» 1449 par le A qui en est formé, et sur les n<» 1462-63 par un cercle, ainsi que dix sur le no 1462 est indiqué par une courbe. '^

Les marques placées sous le trône de Jupiter sur les tétradrachmes n»* 1429 et 1451 , selon ce qui a été observé sur les monnaies précédentes frappées dans les villes phéniciennes, désignent probablement d'autres ^villes qui ont pris part au monnayage. 2K peut être expliqué de Scy thopolis , voy. m 1464, la lettre punique aleph d'Asdod ou d'Achsib, voy. no 1471. Il ^ n'est pas clair si la lettre placée devant la figure sur le statère no 1459 est punique ou la lettre grecque X • ^

^^ Cfr encore Lindberg De nainis pun. Sextoram p. 15; Gesenîus Scr. liogu»que phœn. mon. tab. 35, et Mionn. I pi. XXI, 2 s., sappl. IH pi. 11,2 s.

^^ Sar ces chiffres différents voy. Gesenius I. c. p. 87, Jadas 1. c. p. 85 et 89.

^® Les légendes paniques de monnaies d^ Alexandre appartenant à Acé ont sonvent été corrompues par les éditeurs. De ce nombre sont deux tétradracbmes dans Museo num. Lavy no* 1344 et 1345 dont les légendes sont gravées tav. II, 15 et 16. Nous avons obtenu des empreintes de ces pièces qui se

Sycaminum. Scythopolis. N** 1464-1465. ^

Ces tétradrachmes , qai ont Vnn et l'autre ZY devant la figure, se rattachent aux précédents par le monogramme IK qui se trouve sur le n» 1429 d'Acé, de même sous le siège de Jupiter, et ne se rencontre pas ailleurs sur les monnaies d'Alexandre. La Tabrique convient aux pays syriens. L'association du nom d'Acé avec les initiales IK et de celles^i avec JY engage à rapporter ces pièces aux villes de Scythopolis et de 9 Sycaminum. Scythopolis CBetsan, Nysà) en Samarie était une ville considérable dans laquelle se réunissaient trois grandes routes, Pune venant du nord de Damas, Pautre de Test de Bostra en Arabie, la troisième du midi de Jérusalem , et une quatrième route la mettait encore en communication avec les villes d^Acé, de Sycaminum et de Stratonos Pyrgos; il devait ainsi se faire avec ces villes maritimes un commerce considérable en passant par Scythopolis, d'où il résulte que cette ville devait se trouver en alliance monétaire avec elles. Il existe de Scythopolis des monnaies appartenant à Pépoque impériale. Sycaminum C2vxdfAipop^, Hépha') était situé entre Acé et Stratonos Pyrgos et connu pour sa pêche de pourpres. Nous ne déciderons pas si le monogramme sur le m 1465, qui

trouvent dans la collection de l'académie à Turin et nous nous sommes persuadé qu'elles n^offrent que le nom d'Acé avec les nombres d^années ajoutés, la première 26, la seconde 31. D'antres pièces appartenant à Acé, avec des légendes puniques qui diffèrent de celles données sur les tables de cet ouvrage, se trouvent chez Mionn. suppl. III n^ 185 pi. II, 1, et chez Sestini Mus. Hederv. p. 127 n» 98 (la légende no 145 doit sans doute être 146), cfr Wicza^ I tab. XII, 258. Mais les exemples assez fréquents de légendes puniques qui n'ont pas été bien comprises, même par des savants distingués du dernier temps (cfr p. 294-95), autorisent la défiance ; n'ayant trouvé les pièces citées dans aucune collection , nous n'avons cru devoir ni les faire graver sur les tables ni entrer dans aucune explication a leur égard.

W Wo 1464. Gotha. 1465. Paris.

^ Aussi nommé Sycaminos, Sycaminopolis, Sycammonpolis, Strabon XVI p. 758; Euseb. Onomast. (v. latfs»); Ptol. V, 15; Steph. Byz.; Plin. V, 17, etc.

ressemble à celui sur les deux m» suivants, indique une ville ou un magistrat

Stratonos Pyrgos. No 1466. ^*

Ce létradrachme est de la même Tabrique que le précédent et le suivant, et a le même monogramme, à ce qu'il semble, sous le siège de Jupitet; il y a donc lieu de regarder les initiales ZT, de même que les autres devant la figure sur ces pièces, comme celles du nom d'une ville, supposition confirmée par le fait que les mêmes deux lettres se rencontrent sur des tétradrachmes ptoléméens. Elles désignent sans doute ^tçd^ zùai^oç Jlvçyoç^ ville située sur la mer entre la précédente et la suivante, qui devint plus tard sous le nom de Cœsarea le siège des gouverneurs romains en Judée et après la chute de Jérusalem la capitale de toute la province. MM. le marquis de Lagoy et F. Lenormant ont aussi expliqué U sur les monnaies des Ptolémées comme indiquant cette ville. ^

Sozusa. N« 1467. 83 .

ZO écrit de la même manière se trouve sur les monnaies déjà traitées de Laodicée (m 1349), de Larisse (n<»1352s.3 et d'Aradus (no 1363), sur lesquelles les initiales et monogrammes doivent sans doute être expliqués de noms de villes qui ont pris part au monnayage. Le monogramme sous le siège eist le même que sur les deux noi précédents et la fabrique correspond à celle de ceux-ci. 11 est donc vraisemblable que cette pièce ait été frappée à Sozusa (^co^ot^cra), ville située sur la côte ^ dans

81 No 1466. Vienne.

83 Voy. Revue numism. franc. 1854 p. 169, on en même temps l'aatcur fait observer, que l'indication du nom de la ville avec omission de nvçyoç s'accorde avec Pusage des Grecs et que la ville est aussi appelé^ Kmatiçêta

«8 No 1467. Gotha.

84 Steph. Byz., cfr M. de Fortia d^Urban Réc. des itinéraires anc. p. 455.

le voisinage de Joppé; la pièce suivante, n» 1469, qui probablement est frappée à Joppé, a le même monogramme sous le siège. J.Ci (Ci placé au-dessus de 2) sur une monnaie de bronze ptoléméenne a aussi été expliqué de, cette ville par H. F. Lenormant.^

Joppé. No. 1468-1469. f

Les trois lettres sur le n» 1468 lOn se trouvent unies d'une manière semblable (seulement en écriture rétrograde) sur un tétradrachme de Ptolémée Soter que M. F. Lenormant avec raison a attribué à Joppé ^. La fabrique est la même que celle des tétradrachmés précédents. Le no 1469 se rattache par le monogramme sous le siège aux villes voisines de Joppé que nous, venons de nommer; sur les monnaies frappées à Aradus (no 1367) et à Sidon (no 1408-9) nous avons trouvé une lettre étrangère qui, à ce qu'il semble, est le jod punique et désigne la ville de Joppé; il est donc probable que le to/a, qui sur cette pièce est placé seul dans la partie supérieure sous le siège, soit de même l'initiale do Joppé. ^ 11 existe une monnaie autonome à la légende lOriH ^, ce qui prouve que cette ville a eu un atelier monétaire.

^ Voy. Revue numism. franc. 1854 p. 170 note, où l'auteur donne plusieurs renseignements sur la ville de Sozusa.

^ No 1468. Vienne, Berlin, Copenhague. 1469. Paris, Copenhague.

^ Et à cause de la fabrique et parce que les mêmes trois lettres, quoique rangées d'une autre manière, sont sur d'autres pièces associées avec un monogramme qui probablement est celui de Gaza. Voy. Revue num. fr. 1854 p. 166.

^ On pourrait aussi penser à Jamnia, ville considérable, surtout à une époque postérieure, sur la route entre Joppé et Asdod. Mais comme le ioia sans doute indique la même ville que le jW punique sur les monnaies frappées à Aradus et à Sidon, par conséquent une ville qui a frappé monnaie en commun avec les villes phéniciennes, Joppé, ville maritime et commerciale, convient mieux que Jamnia qui était assez éloignée de la mer.

8» Mionn. V p. 499 no 68.

Azotus.C?) No 1471. «"

Un aleph panique se trouve aussi sur les monnaies d'Alexandre frappées à Aradus (no 1367) el à Acé (no 1451), el dans ce qui précède nous avons fait observer quil y a lieu d'expliquer les lettres puniques isolées comme désignant des villes. Ici on ne saurait penser à Aradus, car Valeph se trouve sur le no 1367 ensemble avec le monogramme de cette ville, non plus à Ascalon, cette ville sur les monnaies d'Alexandre étant indiquée par Al (voy. les no» suiv.); mais le lieu d'émission peut être Achsib (D^^X, "Exôinna), ville maritime entre Acé el Tyr, ou plutôt la ville considérable d'Asdod ("Ii"lï^^Ç, ^AlfûToo) sur la route de Joppé à Ascalon avec un port sur la mer ^'.

Ascalon. Philadelphia. No. 1472-1481. «^

Kl se rencontre souvent sur les monnaies des Séleucides et y a avec raison été expliqué d*Ascalon, parce que quelquefois on lit plus complètement A2K el que. sur les autonomes de celte ville le nom est le plus souvent abrégé de cette manière; aussi sur les monnaies ploléméennes on trouve ces initiales, probablement dans la même signification.^ On a rapporté à cette ville une suite des tétradrachmes d'Alexandre offrant kl avec des années ajoutées; mais il a été montré ci-dessus (p. 267 s.) que ces pièces, tant à cause de la fabrique que des symboles qu^elies portent, doivent appartenir à Aspendus. En revanche les monnaies qui sont classées ici, jusqu'à présent inédites, doivent être attribuées à Ascalon. La fabrique est la même que celle des monnaies frappées dans les autres villes sur

90 No 1471. Pari», Mionn. no 152.

91 "A^iûtoç naqaXioç, Hierocles (éd. Wesseling) p. 718.

92 No 1472. Mus. brit., Copenhague. 1473. Mus. brit., la Haye. 1474. Luynes. 1475. Munich, St. Pétersbourg. 1476. Copenhague. 1477. Paris. 1478. La Haye. 1479. St. Pétersbourg. 1480. La Haye. 1481. Prokesch.

9« Voy. F. Lenormant dans Revue num. fr. 1854 p. 165-66.

cette côte. Sur un tétradrachme de ^éleucus aux types d'Alexandre on trouve A2 sous le siège et le même bouclier rond devant la figure qu'ici sur le no 1473. ^^ Le monogramme insolite ajouté sur ce même n» se retrouve sur un tétradrachme d'Antiochus I aux types d'Alexandre.^^ Les armes, le casque sur le no 1472 et le bouclier sur le no 1473, peuvent être regardées comme ayant égard au héros Ascalon, Tondateur de la ville ^, qu'on voit souvent couvert d'un casque et portant le même bouclier rond sur les monnaies impériales d'Ascalon.

<DI 9 qui sur les nos 1473-76 se voit ensemble avec A2 et sur les nos 1477 s. seul, doit probablement s'expliquer de Philadelphia en Décapolis, ancienne capitale des Ammonites (Aabbath Atnmon). C'était une ville considérable qui frappait de la monnaie autonome; par la grande route passant vers le sudouest par Jérusalem elle était en communication avec Ascalon au port duquel elle transportait probablement ses marchandises ainsi que celles qui venaient de Torient. Le monogramme Ml sur le m 1480 se trouve ensemble avec le monogramme du no 1473 sur un des tétradrachmes d'Antiochus I dont nous avons fait mention (note 95). Les pièces portant <DI isolé sont de la même fabrique que celles qui ont Al ajouté. La ville de Philadelphia ayant son nom de Ptolémée Philadelphe, ces monnaies n'ont été battues qu'après que ce roi eût enlevé la Palestine à Antiochusl; en adoptant cette période postérieure on se trompe d'autant moins que quelques-unes de ces pièces offrent les mêmes marques de personnes que les tétradrachmes d'Antiochus 1 et qu'elles s'accordent avec eux pour la fabrique.

M Dans la collection de M. Rollin. Sur le bouclier est placé le mémo monogramme composé de EP^ (sans doute un signe de magistrat) qui se trouve plus bas sur les monnaies d'Alexandre nos 1497-1501, émises sous Séleucus probablement d'ateliers du même pays.

"^ 9^ Mionn. suppl. nos 40 et 41. On voit par les tétradrachmes d'Antiochus I à ses propres types marqués de A£ (cab. roy. de Copenhague) et de A£K (Mionn. no 59), que les monnaies de ce roi furent aussi frappées à Ascalon.

^ Steph. Byz. Cfr Cavedoni Spicilegio p. 285.

No. 1482-1484.»^

Ces no*, vu la fabrique et les monogrammes et initiales qulls portent, ne peuvent être séparés des précédents et des suivants. Le monogramme sur le n» 1482 peut s'expliquer de Bérytus. Sur un tétradrachme d'Alexandre I Bala cette ville est désignée, à ce qu'il semble, par le monogramme BY ^, et sur un autre de Ptolémée V Epiphanes par M ajouté au trident, emblème de Bérytus^; H ayant été plus rapproché du milieu de B, le présent monogramme peut fournir BHPYT, les deux dernières lettres placées horizontalement. Le monogramme HPA sur le m 1484 se trouve sur le no 1418 ensemble avec les initiales de Sidon et sur le no 1488 avec l'emblème de Séleucus; il peut être expliqué d'Uéraclée sur la côte de Syrie. Lés consonnes placées sur ces pièces sous le , siège se trouvent souvent isolées sur les monnaies traitées dans cette section, et nous avons déjà montré que J, désigne Soli en Cilicie^^, et qu'on peut expliquer B de Botrys ou de Byblus ^^S ainsi que A de Laodicée^^. Al sur le m 1483 peut par analogie être. regardé comme indiquant i£gas, ville maritime de Cilicie près de la côte de Syrie; cfr le monogramme sous le siège sur le no 1489. On peut donc supposer que ses trois monnaies soient frappées en commun par ces villes maritimes sur la côte de Cilicie, de Syrie et de Phénicie, en sorte qu'elles se rattachent et aux précédentes et aux suivantes de cette section.

Les lettres B2 sur le no 1483 ont été expliquées de l'an 202.*^ Contre cette explication il faut observer, que la fabrique ne permet pas de tant avancer cette pièce, que les unités ne se trouvent pas ailleurs sur les monnaies d'Alexandre

^ No 1482. Mus. brit. 1483. Paris. 1484. St. Pélersbourg.

»8 Voy. Mionn. V p» 48 no 421.

W Voy. Mionn. VI p. 22 no 173; suppl. VIII p. 240 no 9. ^ Voy. no» 1319 s., cfr no» 1364-66 el 1405.

»»i Voy. no» 1288, 1318, 1335-36 et 1403. «» Voy. no 1362, p. 297 note 53. i« Voy. Pellerin Mél. I p. 120 note.

devant le nombre plus élevé, et que sur les autres monnaies d'Alexandre il ne parait aucune année au-dessus de 76 (cfr p. 294 et 295).

Les pays précédents sous la domination séleucide.

N<» 1485-1487.^ Le signe commun à ces n»» est une tête de cheval à cornes de taureau, type monétaire propre à Séleucus. ^ L'attribution de ces pièces au règne de Séleucus se confirme par la fabrique, qui correspond à celle des tétradrachmes au nom de Séleucus et aux types d'Alexandre, et par les trois signes ajoutés sur le m 1486, qui se trouvent aussi ensemble sur le n» 1513 à Tancre, symbole séleucide comme il sera montré plus bas.

Les no« 1488-1490^ ont pour signe un casque à cornes

1 No 1485. Young. 1486. Mus. brit. 1487. Vienne.

^ Les cornes de taureau, dont les éléphants sont aussi munis sur les monnaies de Séleucus, doivent probablement être regardées comme un symbole de force et de puissance. Séleucus eut une raison particulière pour mettre sur ses monnaies une tête de cheval, son cheval l'ayant sauvé par sa rapidité de tomber entre les mains d'Antigonus. En commémoration de cet événement il avait érigé à Antioche un monument sur lequel on voyait une tête de cheval et un casque; ce sont probablement les mêmes que nous trouvons figurés munis de cornes sur les monnaies (cfr n^s 1488-90). Voy. 0. MûUer Antiqu. Antioch. p. 41-42 note 1. IM. Lenormant (Num. des rois gr. p. 84 ad pLXXXV, 4) suppose que la tête de cheval cornue sur les monnaies de Séleucus soit celle de Bucéphale (avec allusion au nom) ; mais il n'y a point de raison pour que Séleucus eût choisi ce type monétaire. Si Ton veut expliquer le signe sur les tétradrachmes présents de la tête de Bucéphale, on pourrait les attribuer à la ville de Bucéphala fondée par Alexandre dans l'Inde en mémoire de son cheval, et la couronne ajoutée pourrait alors désigner Nicée qu^Alexandre fonda dans la même contrée en commémoration de sa victoire sur le roi Porus; cfr n^ 1513 qui a une tête de bœuf au lieu de la tête de cheval, avec la couronne et les mêmes lettres ajoutées; sur ces deux villes dont il reste des ruines voy. Forbiger Handbuch der ait. Géographie II p. 512 note 79.

3 No 1488. Turin, Copenhague, Rollin. 1489-90. Vienne. — Le tétradrachme dans la coll. de M. de Prokesch , qui est mentionné p. 143 note <84 sous Scioné , appartient peut-être ici.

de taureau. La téie de Séleucus sur quelques-uns de ses létradrachmes ^ est couverte d'un casque portant les mêmes cornes qui sur les pièces d'or sont placées sur son diadème. ^ La supposition, que ce casque soit l'emblème de Séleucus et que ces pièces soient frappées dans un pays soumis à sa domination, est confirmée et par la fabrique qui est la même que dans tes pièces précédentes, et par les monogrammes ajoutés. HPA sur le n» 1488 se retrouve sur le n» 1418 de Sidon, sur le no 1484 et sur un des tétradrachmes de Séleucus aux types d'Alexandre^; Al sur le n» 1489 se voit sur le n» 1483; un monogramme qui ressemble beaucoup à celui sur le n» 1490 et qui est probablement de la même signification se rencontre sur un autre des tétradrachmes de Séleucus aux types d'Alexandre. ''

No» 1491— 1514. ® L'ancre qui est commune à ces monnaies de différente espèce se trouve souvent comme signe sur les monnaies d'argent de Séleucus et aux types d'Alexandre el

^ Mionn. suppl. n» 16. Cfr Annali dell' inst. arch. di Roma XIII p. 165 et Nom. Chron. XIII p. 75-76.

^ Aux cornes de taureau dont la tête de Séleucus lui-même est ornée on peut attribuer la même signification symbolique qu'à eelles, avec lesquelles le cheval et les éléphants sont figurés sur ses monnaies, voy. note 2; mais il faut pourtant plutôt les regarder comme un attribut divin (emprunté à Bacchus), analogue aux cornes de bélier avec lesquelles Alexandre (et Lysimaque?}, aux cornes de taureau avec lesquelles Démétrius Poliorcète, et à l'égide avec laquelle Ptolémée Soter sont représentés sur les monnaies. Voy. Visconti Iconogr. gr. II p. 283, Leake Numism. hellen. p. 21-22. Pour le casque cfr note 2 sur le monument à Antioche.

^ Dans le cab. imp. de Paris, Mionn. no 15.

' Le nïonogramme -J^ , sur une pièce du cab. imp. à Vienne, différant en ce

que P est placé au-dessus du trait horizontal, tandis que sur la pièce d'A-

• lexandre il se trouve au-dessous; à ce monogramme est ajouté JI qu'on

rencontre ici sur les monnaies précédentes et suivantes d'Alexandre au

signe de Séleucus.

8 No 1491. Thomas coll. no 1156. 1492 Paris. 1493. Vienne. 1494. Paris. 1495. Paris, Vienne. 1496. Mus.brit. 1497. Paris, Leake. 1498. Prokesch. 1499-1500. Cureton. 1501. Prokesch. 1502. Vienne. 1503. Paris. 1505.

^ Rollin. 1507. Mus. Estense (Cat de la coll. de Welzl no 2476). 1509. Prokesch. 1510. Deys, Sestini Mus. Nederv* n© 69, 1511. Vienne, Timoni. 1512« Berlin, Six van Hilligom, Cureton. 1513. Mus. brit.

à ses propres types. Il en est de même do plusieurs des^ monogrammes qui y sont ajoutés. Ainsi on trou.ve les monogrammes Âr (sur le no 1500), AH Qsur les nos 1494 et 1508) et PQ (sur le no 1506) ensemble avec Tancre, le premier sur un des tétradrachmes de Séleucus aux types d'Alexandre^, le second et le troisième sur un tctradrachme ^^ et une drachme ^^ à ses propres types. EP, commun aux no» 1497-1501, est placé sur un bouclier sur un des tétradrachmes de Séleucus aux types d'Alexandre. ^^ Sur d'autres de ces derniers on voit fréquemment un monogramme pareil à celui du m 1495 sous le siège (peut-être de la même signification que celui sur le no 1512), tantôt entouré d'une couronne tantôt sans celle-ci, assez souvent associé à Al qui se trouve ici sur les no» 1512-13 (cfr nos 1486.-87).^^ Nous avons déjà fait observer l'analogie entre les signes sur le no 1513 et le no 1486. Sur les monnaies d'Alexandre que nous avons attribuées plus haut à Larisse en Syrie Tancre est souvent ajoutée, aussi unie au monogramme AP qui est mis ici sur le no 1500, voy. no- 1355-59. Toutes les initiales E, I, M, A, f, P, K et A se trouvent aussi sur les monnaies rangées ci-dessus à la Cilicie, à la Syrie et à la Phénicie.* La fabrique des tétradrachmes est pareille en partie à la fabrique de ceux d'Alexandre de ces pays, en partie à celle des tétradrachmes de Séleucus aux types d'Alexandre. Il faut donc supposer que ces monnaies soient frappées sous la domination de Séleucus, et pour la plupart dans les mêmes pays que les précédentes. 11 n'existait point de ville de ces pays qui eût pour type une ancre, mais il est connu que Tancre était le cachet de Séleucus comme signe de son origine divine ^^ et c'est comme son emblème qu'elle a été mise sur un

' Voy. Nnm. Chron. XVI p. 35. ^^ Dans le masée britannique. ^* Dans la coll. de M. de Saulcy.

^' Probablement frappé à Ascalon, y. no 1473; dans la coll. de M. Rollin. i> A Paris, dans le musée brit.^ à Vienne etc. ^* Justin XV, 4.

grand nombre de fies monnaies. ^^ De même que les deux signes précédents (sur les n»* 1485 s. et 1488 s.) Tancre doit donc probablement être regardée comme signe personnel de Séleucus; H. Lenormant Ta aussi expliquée de cette même manière sur la pièce n» 1503. ^ Quelques-unes de ces monnaies, les no* 1498, 1501, 1507 et 1511, ont été attribuées à Âbydos en Troade^'^; une ancre, comme on le sait, était le type monétaire de cette ville, et le monogramme sur le n» 1507 peut très bien se décomposer en ABY. Hais contre cette attribution il faut observer, que d'après la fabrique les tétradrachmes ne peuvent être rapportés à l'Asie Mineure occidentale, que les statéres et les trioboles d'Alexandre n'y ont pas été frappés (cfr S 19)^^, que la drachme n» 1507 à cause de la lettre P ne peut être séparée des pièces précédentes, et enfin que le monogramme sur la pièce nommée peut aussi s'expliquer autrement. **

1^ C'est sans doato aussi comme signe de la domination séleucide que Pancre fut placée sur les tétradrachmes de Tarse, voy. H. de Luynes Num. deis satrapies p). X et XI.

*^ Num. des rois gr. p. 23 cfrpl.XVI, 4,

^7 Les no« 1498 et 1501 par M« de Prokesch Osten dans Denkschr. der kais. Acad. (Vienne 1854) Y p. 244 nos 63 et 110; les nos 1507 et 1511 dans le catal. de la coll. de M. Welzl de Wcllenlieim no 2475-76.

1^ Les mêmes raisons s'opposent à ce qu'on classe cette suite à Ancyra sur les monnaies de laquelle on trouve aussi une ancre comme armes parlantes.

^^ Si l'on regarde ce monogramme comme la marque d^une ville, celle-ci peut être Abila (Leucas) près du Liban, dont le nom dans la présente période s'écrivait probablement aussi Abyla, Y dans les noms des villes syriennes se transformait plus tard en /; on trouve ainsi chcE Hieroclès et d'autres auteurs postérieurs BipXoç pour BvfiXoç, et sur les monnaies de Berytns on rencontre quelquefois BHPITISIN (cfr Sestini Classes gen. p. 144). La ville d'Abyla en Afrique est écrite Abila dans l'Itinéraire d'Antonin (voy. M. de Fortia d^Urban Réc. des itin. anc. p. 2). Sur les monnaies des Séleucides on trouve souvent des monogrammes qui doivent se décomposer en AB et ABY, Cette pièce qui de la collection de Welzl a passé dans le cabinet ducal de Modène ne nous est d^ailleurs connue que par une empreinte que le directeur du cabinet, M. Cavedoni, a eu la bonté de nous envoyer; mais cette empreinte n'était pas assez distincte pour que nous puissions assurer que le monogramme soit exactement rendu sur la planche;

Comme ainsi les petits emblèmes qui sont communs aux monnaies traitées dans ce paragraphe ne désififnent pas la ville par laquelle, mais le squverain sous lequel elles sont frappées, et comme les initiales et les monogrammes sur les monnaies d'Alexandre frappées en Cilicie, en Syrie et en Phénicie expriment le plus souvent des noms de villes, ce que nous avons tâché de montrer plus haut, on est porté à supposer qu'il en soit de même en ce lieu. Les lettres isolées, qui se rencontrent toutes sur un nombre plus ou moins grand des monnaies classées sous cette section^, peuvent, comme il a été déjà exposé, indiquer les villes suivantes: E Eleusa^, I Zéphyrium, M Mallus, A Laodicée, r Gabala, P Paltos, K Carné et A Azotus. Le monogramme HPA sur le n« 1488 que nous avons rencontré sur les nos 1418 et 1484 peut s'expliquer de la ville maritime d*Héraclée entre Séleucie et Laodicée; un monogramme composé des mêmes lettres se répète sur les monnaies de plusieurs des Séleucides suivants. ^ Le monogramme sur le no 1489 sous le siège peut offrir les initiales d'iEg», cfn no 1483, ou d'Anthédon, cfrno 1422. Le monogramme sur le m 1502 indique probablement Gaza, comme un monogramme pareil ayant F tantôt tourné à gauche tantôt à droite se rencontre sur les mon«

le monogramme imprimé dans le catalogue de la coll. de Welzl no 2476 diffère un peu de celui-ci, mais on ne saurait se fier à ce catalogue rédigé avec peu de soin.

^ Voy. les no> 1283, 1309 s., 1324 s., 1333-34, 1361-62, 1395^ 1401-4, 1410- 11, 1418, 1420, 1423 et 1484.

^^ Le signe placé sur le n» 1485 sous le siège ensemble avec E est très petit et peu distinct C*est peut-être B ou un arc comme le signe sur le no 1289. Il peut aussi être pris pour une massue et serait donc à regarder comme symbole d'Eleusa désignée par £, cfr les no« 1298-99 ; B et une massue se trouvent aussi ensemble sur un tétradrachme de Démétrius Poliorcète aux types d'Alexandre (dans le cabinet de Paris, cfr Mionn. n» 829) qui de même peut être frappé en Cilicie. B enfermé dans un cercle comme sur le no 1499 se retrouve sur un tétradrachme de Séleucus II (Mionn. no 157).

^ Sur celles d'Antiochus I, de Séleucus II, d'Antiochus III, de Démétrius II et d'Antiochus YII.

naies des Plolémées^; H. P. Lenormant Ta aussi expliqué de Gaza sur ces monnaies. ^^ NE sur le n» 1505 peut s'entendre de Néphélis en Cilicie. PO sur le no 1506 offre sans doute les initiales du nom de R h os us; ces deux lettres se trouvent sur une drachme de Séleucus I aux types d'Alexandre ^ composées comme ici, et sur les tétradrachmes des Séleucides suivants^ combinées de manière que O se trouve retourné audessus de P. Toutes ces villes étaient situées sur la Méditerranée et probablement liées entre elles par des rapports commerciaux; il n'offre donc point de difficulté de supposer que les monnaies n«> 1502, 1505-6 et 1510-11, dont chacune porte deux signes des villes proposées, soient frappées par ces villes en commun. On peut encore admettre qu'aussi des villes dans Pintérieur peu éloignées de la côte soient désignées sur les monnaies de cette suite. Les initiales Al sur les n»* 1486-87 et 1512-13 se retrouvent sur les tétradrachmes de Séleucus Nicator (aux types d'Alexandre), et d'Antiochus le Grand à côté d'autres monogrammes et initiales qui varient, de même sur les monnaies des Ptolémées; sur ces dernières elles ont été expliquées par M. F. Lenormant de Di os polis (Lydda).^ 11 semble bien fondé d'adopter cette ville qui était située non loin de Joppé sur la grande route qui conduisait de cette ville à Jérusalem et aussi vers le sud en Egypte^, et qui peut-être était d'imporiance pour le commerce. ^ Le monogramme sur

^ Il se trouve aussi sur un tétradrachme d'Antiochus le Grand (IMionn. Suppl. n« 107) qui pendant quelque temps avait en son pouvoir la Phénicie et la Palestine.

^ Revue num. fr. 1854 p. 160-61. ^^ Dans la coll. de M. de Saulcy.

^ Ainsi sur les tétradrachmes de Séleucus II (on III) et d'Antiochus le Grand dans le cab. roy. de Copenhague, dans le musée brit. et dans d'autres collections; cfr IMionn. no> 154-55.

*? Revue num. fr. 1854 p. 166-67.

^ Cfr M. F. Lenormant 1. c. dans la note précéd.

^ Le zêta ajouté sur deux de ces n»» a été expliqué plus haut de Zéphyrium'en Cilicie ; il est bien possible que Diospolis ait battu monnaie en commun avec cette ville à cause du commerce. Cfr d^ailleurs p. 149 note 104.

les no* 1494 et 1508 peut se décomposer en AH ou AHM et désigner Démélrias^; le même se répète sur les monnaies de plusieurs rois séleucides. ^^ Le monogramme sur le m 1496 fournit les lettres PE qui se laissent expliquer de Réphanée. AP sur le m 1500 se retrouve sur le m 1359 et pourra indiquer Apamée. ^ Si Ton adopte les lieux d'émission que nous avons proposés, il est convenable de regarder les deux monogrammes communs aux noi 1492-1501 comme indiquant un ou deux magistrats qui ont présidé au monnayage dans les villes désignées sur ces pièces, Démétrias, Réphanée^ A pâmée et Carné (plus tard Antaradus); car ces quatre villes étaient rapprochées entre elles et peuvent bien avoir été soumises à la même administration. ^ Il est donc vraisemblable que les monnaies d'Alexandre marquées des emblèmes de Séleucus soient en

^ Déjà fondée par Démétrius Poliorcète, cfr Droysen Hellenismus II p. 701.

^' Sur celles de Séleucus 1, d'Antiochus I, II, III, d^ Alexandre I, de Démétrius II et d^Alexandre II. — Cfr la table suppl. no 1484 a.

^ M. F. Lenormant explique ce même monogramme sur une pièce en bronze de Ptolemée d'Apollonie^ ville plus au sud sur la côte, voy. Revue num fr. 1854 p. 170 note. Sur les monnaies d'Alexandre il faut préférer Apamée suivant les signes auxquels le monogramme est associé sur les n»» 1359 et

33 l^e même monogramme PK que sur les n<" 1497-1501 se trouve sur un tétradraohme de Ptolemée, et sur des pièces de bronze ptoléméennes ensemble avec AP* M. F. Lenormant (I. c. p. 229 s.) suppose qu'il désigne Pétra en Arabie et que les pièces de bronze soient frappées en commun avec Aradus, en faisant observer que ces villes étaient les deux points eartrémes d*une roule de caravanes qui reliait la nacigation des cales de TArabie et de la mer Rouge à celle des côtes de la Phènicie et de la Méditer^ ranée. Il est bien possible que les monnaies ptoléméennes aient été frappées à Pétra qui était d'importance pour le commerce; mais il n'est pas vraisemblable que Pétra ait batttf monnaie en commun avec la ville d'Aradus qui était très éloignée, puisquMl y avait tant de grandes cités et ports de commerce plus rapprochés sur lesquels les caravanes passant par Pétfa pouvaient diriger leur route. Quant aux monnaies d'Alexandre marquées dû signe deSéleucus, rien ne peut faire supposer qu'elles soient frappées à Pétra ; on ne sait pas qu'elle ait été soumise à ce roi. Si l'on explique rB de Pétra, ' les lettres et monogrammes ajoutés ne pourraient pas désigner les villes proposées ci-dessus, comme il n'est guère admissible que Pétra se soit trouvée en alliance monétaire avec elles.

général frappées en Cillcie, en Syrie, en Phénicie et sur la côle de Palestine.

Quant au temps, les monnaies dont il s'agit ne peuvent être frappées avant Pan 301. Ce ne fut qu'après la mort d'Ântigonus dans la bataille. d'Ipsus que Séleucus entra en possession de la Syrie, et probablement ce ne fut pas avant 295, année dans laquelle le pouvoir de Démétrius Poliorcète dans Porient fut anéanti, que la Cilicie, la Phénicie et la Palestine lui , furent soumises. ^ La fabrication des monnaies attribuées à des villes de Syrie peut ainsi être reculée à j*an 301, les autres sont sans doute frappées après Pan 295. La partie méridionale de Phénicie et la côte de Palestine semblent cependant quelques années plus tard avoir été prises en possession par Ptolémée^; il faut donc que les monnaies, pour lesquelles nous avons proposé comme lieux d'émission Diospolis, Azotus et Gaza appartiennent aux premières années après la chute de Démétrius. Les no> 1485-90, marqués des emblèmes propres à Séleucus Nicalor, doivent être frappés avant sa mort Pan 280; mais parmi les suivants qui sont signés de Pancre quelques-uns peuvent être frappés sous Antiochus I et II, puisque ce symbole se transmettait aux successeurs de Séleucus; il se trouve sur un télradrachme d'Antiochus I aux types d'Alexandre frappé à Larisse (voy. p. 290 note 24), et encore après la mort d'Antiochus I on frappait des monnaies d'Alexandre à Aradus, comme on le voit par les années y appliquées (v. p. 294).

^* Cfr Droysen Gesch. der Nachfolger Alexanders p. 545, 559 et 572 ; Hellenismns II p. 51-52.

^ M. Pinder (dans Beitrâge zur ait. Mfinzkunde Band I Heft 1 p. 210) croit pouvoir conclure par les années sur les monnaies de Ptolémée aux signes de Tyr et de Sidon, q^e la Phénicie en 295 soit tombée en partage à Ptolémée, non à Séleucus ; mais cette conclusion est basée sur la supposition que ces années soient de l'ère philippique, ce qui a été réfuté par M. F. Lenormant dans Revue num. fr. 1854 p. 161 s. Diaprés l'ère adoptée par ce dernier auteur les premières monnaies frappées à Ptolémaîs par Ptolémée Soter (avec l'an 15) sont de 292-91 av. J. Chr.

L'Afrique.

L'Egypte. N». 1515-i518J

Les deux types sur ces pièces renvoient à TEgypte et ne se rencontrent point sur des monnaies de villes grecques. Le premier est une tête de bélier avec une coiffure égyptienne qui consiste en deux cornes de bouc qui portent un disque surmonté de longues plumes ou palmes; c'est la tête du dieu Ammon Chnouphis Criocéphale^ bien connu par les antiquités égyptiennes. Le second est une tête de femme voilée, également ornée de deux hautes plumes et ayant un sceptre derrière l'épaule. Cette coiffure ne convient à aucune déesse grecque, non plus à Isis dont la télé se voit quelque- ^ fois sur des monnaies grecques; la tête est sans doute celle de

la compagne d^Ammon Chnouphis Anouké^^ qui^ comme le dieu,

fut représentée avec des plumes ou des palmes sur la tête, et qui correspondait à la déesse grecque Hestia, à laquelle conviennent le voile et le sceptre. Quant au lieu d'émission il est le plus naturel d'adopter la capitale grecque d'Alexandrie.^ Cependant, comme ces pièces ont pour signes les têtes d'Ammon Chnouphis et de sa compagne, et qu'il existait une ville en Egypte, A mm nia, appelée d'après cette divinité, on est porté à supposer qu'elles y aient été frappées. Cette ville, aussi nommée Parœionium^y située sur la frontière occidentale de TE-

gypte \ avait quarante stades ie circuit, était fortifiée et formait

1 No 1515. Mionn. no 106. 1517. Mus. brit. 1518. Banque de Londres.

^ Cfr C. Leemans Descr. des monum. égypt. du ^musée à Leide p. 4 n» 90.

3 M. F. Lenormant (Revue nnm. fr. 1854 p. 33) suppose que la corne d^abondance sur les monnaies ptoléméennes soit le signe d'Alexandrie; les monnaies d'Alei^andre qui portent ce signe appartiennent à la Grèce; voy. no 367 s.

* Strabon XVII p. 799, Steph. Byz.

^ Paretonium et Pélusium sont appelés par Florus (IV, 11) utraque jEgypti comua.

probablement le principal entrepôt du commerce maritime entre TEgypte et Cyrène.*

Les statères à la tête de bélier sont publiés par MH. Ch. Lenormant'' et Pinder^; le premier de ces auteurs semble supposer que cette tête fasse allusion à Alexandre comme fils de Jupiter Ammon; le second cite la pièce pour prouver que des monnaies d'Alexandre ont aussi été frappées en Egypte.

Nous avons fait observer plus haut qu'en Egypte sous le gouvernement de Ptolémée on frappait des monnaies d'Alexandre avec quelque changement dans les types, d'abord en donnant à la tête d'Alexandre une peau d'éléphant et des cornes d' Ammon au lieu de la peau de lion, ensuite en remplaçant Jupiter. Aêtophore par Minerve Promachos ^, et qu'après 306 Ptolémée battait des monnaies à ses propres types et à son nom. Si les monnaies dont il est question ici sont frappées à Alexandrie par le gouvernement grec, elles doivent sans doute être rapportées au règne même d'Alexandre ou du moins aux premières années après sa mort. Hais si l'on adopte qu'elles ont été émises à Ammonia, elles peuvent être comptées au nombre de celles frappées après l'an 306 pour des buts commerciaux; le tétradrachme ressemble pour la fabrique à ceux qui dans la même époque furent émis par les villes phéniciennes.

Cyrène.

M. Duchalais, dans la Revue de la numism. franc, pour 1851 p. 96-97, a mentionné un statère d'Alexandre offrant la gerboise 9 qui ne se rencontre que sur les monnaies de Cy-

^ M. F. Lenormant (Revue num. franc. 1854 p. 232) attribue à cette même ville quelques monnaies de Ptolémée avec un monogramme qui peut exprimer les initiales du nom grec de la ville, Paraitanion,

'' Num. des rois gr. p. 22 ad pi. XIII, 5.

8 Beitr. zur ait. Mûnzk. B. I H. 1 p. 220 Taf. VIII, 4.

» Voy. §5p.29-31.

réne^^, et Ta attribué à ce pays. Il est possible ^^ que cette monnaie soit frappée dans Tépoque avant 306 par Ptolémée après la conquête de Cyrène dont il renversa la constitution libre ^^; mais elle peut aussi être du nombre de celles qui Turent frappées plus tard pai^ les villes commerciales sur les côtes de la Méditerranée.

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