‹ Numismatique d'Alexandre le GrandChapitre 8 sur 21 · M, 4i-3i. Tête d'Hercule. Qr. BA^ quelquefois BA2I ou · texte numérisé non relu

M, 4i-3i. Tête d'Hercule. Qr. BA^ quelquefois BA2I ou

BAZIAEOZ. Massue, arc et carquois. Avec beaucoup de

signes différents.

Ces monnaies, offrant les mêmes types que celles ncïmmées § 1 qui portent le nom d'Alexandre, sont ordinairement attribuées à Alexandre le Grand. La légende la plus générale BA a été regardée, d'après EckheP'^, comme devant signifier Bad' ?,êù}ç AXê^avàQovy ce n'est que dans le dei:nier temps que M. Ch. Lenormant a fait observer que ces lettres sont une abréviation du titre royal. ^^ Les raisons pour lesquelles elles doivent être regardées de cette manière sont: que sur plusieurs de ces monnaies on trouve écrit plus complètement BAZI ctBAZIAEOZ; que BA se trouve ajouté à plusieurs autres types qui n'appartiennent point à Alexandre, mais aux rois suivants ^^; que ces

^^ Déjà sous Alexandre II on a probablement frappé des monnaies offrant les types no 7, car quelques-unes en ont dans le nom d'Alexandre la terminaison dorique du génitif O (au lieu de OY), qui est l'ordinaire sur les monnaies macédoniennes avant Philippe II. Cfr Finder Num. ant. ined. p. 23. Le cheval libre courant se trouve déjà sur les monnaies d'argent des rois précédents. Lol'sque les monnaies sont moins bien conservées ou incomplètes il est cependant difficile à décider, s'il y a ou s'il devait y avoir un Y à la fin du nom. La plupart de celles qui chez Mionnet (S. III p. 243 no . 569 suiv.) sont citées avec O, ne peuvent, d'après les signes, être d'Alexandre JI. Dans Sestini Descr. num. vet. , dans Mus. Hedervar., Mus. Lavy et le catalogue de la collection de Welzl, où un grand nombre de. ces monnaies sont décrites, il ne s'en trouve aucune avec O.

1' Doctr. n. v. II p. 107-8.

^ rium. des rois gr. p. 29 ad pi. XVI, 14, où elles sont attribuées à Alexandre le Grand.

*» V. les no» suiv. 11-14.

deux lettres indiquent le titre royal sur beaucoup de monnaies des roi^ suivants de Macédoine et de Syrie, sur lesquelles on trouve le nom du roi, exprimé par les initiales ou par un monogramme.^ Il est possible que ces monnaies soient du règne d'Alexandre le Grand ; mais il est cependant plus vraisemblable qu'on n'ait commencé à les frapper qu'après sa mort. Car une telle abréviation du nom de roi ne se rencontre pas sur les monnaies certaines d'Alexandre le Grand, mais, comme nous le montrerons plus bas, jointe à des types qui s'accordent avec ceux de Cassandre et des rois suivants, et elle se trouve la première fois sur une monnaie au nom de Démétrius I ^^ Aussi l'omission du nom du roi s'explique le plus facilement lorsque l'origine de ces monnaies est rapportée au temps succédant à la mort d'Alexandre où il y avait à la fois deux rois qui n'en eurent que le nom, ou à Tinterrègne de '311-306 où il n'y avait point de roi dont on pût mettre le nom. Il est incertain pendant combien de temps ces pièces ont été frappées; cependant il est probable qu'elles aient été^ remplacées par celles des Diadoches, lorsqne ceux-ci en 306 prirent le titre de roi et commencèrent à frapper des monnaies à types propres, car il y a des monnaies ^e bronze à la légende BA qui offrent les types de Cassandre et de Plolémée flis de Lagus (v. les suiv. n»* 11 et 25), et d'autres à la légende BA ZE de Séleucus Nicator. Elles forment ainsi la transition des monnaies de bronze d'Alexandre même aux suivantes. Probal^lement elles n'ont pas été monnayées hors de la Grèce, tous les signes n'indiquant que ce pays.

^ Ainsi sur les monnaies de Déniétrius I et de Philippe V on trouve BA JHM et BA ^\ sur celles d^AntigonusI (et II}, de Démétrius II et de Persée BA avec les monogrammes de ses rois^ sur les monnaies de Séleucus, Antiochus et Démétrius, rois de Syrie, BA J^M, BA AN et BA JH, mais sur aucune de toutes ces monnaies le titre de roi n^a été réduit à B. Si les lettres BA souvent ne sont pas jointes, ou ne pourra en conclure qu^elles soient plutôt les initiales de deux mots que d^un seul ; car la même séparation se voit sur beaucoup de monnaies où le nom du roi est ajouté.

21 Mionnet S. III p. 246 n» 595.

11. iE. 4. Tête d'Hercule. Q*. BA. CavaHer s'avançant letitemcnt, la main dr. élevée.^

12. iE. 4-2. Têle de Minerve. Çr. BA. Proue. Avec divers signes.

13. M. 3. Tête de Neptune. Qr. B A. Proue. Avec divers signes.^

14. M, 3. Bouclier macédonien au milieu duquel un foudre, une étoile, une tête de Méduse, une tête de Persée ou un caducée. Qr. BA, quelquefois BAZ ou BAZI. Casque ma« cédonien.

Dans l'ouvrage de Mionnet^ et d'après celui-ci dans la plupart des catalogues et des collections les nosll, 12 et 13, souvent aussi le no 14, se trouvent ranges parmi les monnaies d'Alexandre le Grand; M. Lenormant^ aussi regarde les n(» 12-14 comme frappés par Alexandre le Grand. ^ Mais les types de ces monnaies (k l'exception des têtes sur les m* 11 et 12) ne se rencontrent point ensemble avec le nom d'Alexandre; au contraire elles s'accordent pour les types, les signes et la fabrique avec celles qui furent frappées par les rois suivants de Macédoine et qui en général ont le nom du roi exprimé par un monogramme ou par les initiales précédées du même BA. Les types du mil sont les types ordinaires des monnaies de Cassandre et se répètent ensuite sur celles de Démétrius I ^, d'Antigonus, de Philippe V et de Persée. La proue

22 Mionn. I p. 553 no 571.

23 Mionn. I p. 552 no 562, Sestini Descr. num. vet. p. 137 nos 9-10. On peut encore y ajouter une monnaie de la collection de lord Strang^îord au même droit, ayant sur le Qr. BA et un aplustre, avec une bipenne pour signe.

24 I p. 551 nos 546-571 ; S. III p. 222 nos 395-401 ; ici et ailleurs la têle de Neptune a été prise à tort pour celle de Jupiter.

'^& Num. des rois gr. p. 29 a^ pi. XVI^ 15-17; cfr pourtant p. 40 ad pi. XX, 18.

26 Eckbcl (Doctr. n. v. II p. 107-8) qui sur ces monnaies séparait aussi B de Ai supposait que A signifiait ici Antipater, Alexandre IV, Antigonus I ou II plutôt qu'Alexandre le Grand. Sestini (Descr. n. v. p. 137) rapportait les no« 12-14 à Antipater.

^ Payne Knights Muséum p. 89 B. 1.

sur les nos 12 et 13 ne se trouve pas sur les monnaies maccdonîennes avant Démétrius I par lequel se type semble avoir été introduit; le n« 12 se rencontre avec le nom de Démétrius^; le no 13 est parfaitement semblable aux monnaies de bronze de Magnésie, ville de Thessalic, que Démétrius élargissait et à la^ quelle il donna son nom^, et cette pièce se retrouve plus titrd sous Philippe V. Les types du m 14 ne se rencontrent pas avant Antigonus I ^, mais sont les prédominants sur les monnaies de ce roi et de Démétrius IP', se répètent sur celles de Philippe V et ensuite sur celles à la légende MAKEAONON qui d'après les signes appartiennent au temps des derniers rois^. Toutes ces monnaies doivent donc être regardées comme frappées par les rois de Macédoine en continuation de cejles citées sous no 10 dont la légende a été conservée. BA peut désigner le gouvernement royal pour le distinguer de la magistrature communale qui dans quelques villes continuait sans doute à battre des monnaies de bronze autonomes (y. § 10). ^ 15. Drachme. Tête Imberbe d'Hercule, coiffée de la* peau de

^ Mionn. S. III p. 246 tio 595. ^ V. § 24 Magnésie n» 502 suiv.

^ K sur In pièce qui chez Mionnet uo 804 est rangée à Cassandre est probablement un signe de magistrat.

3' ns se trouvent aussi sur les monnaies de Pyrrhus du temps où il avait occupé la Macédoine.

^ ISons avons trouvé cinq différents groupes de signes, chacun eompo«é d'un petit type et de trois monogrammes, qui sont communs aux drachmes avec le nom des Macédoniens et aux pièces d'argent de Philippe Y. Dans Revue nnm. franc. 1852 p. 326 ils sont supposés de dater du temps de la domination romaine.

^ Les monnaies de cette espèce contrastent de même avec les pièces à la \t^ frendc MA KKJO NSI Nf aussi frappées sous les rois (cfr note 32), probablement aux frais de» villes dont elles portent les signes. Elles provenaient peut-être de certains impôts, ou étaient frappées pour de certains buts. M. Lenormant (1. c. p. 29) est d'opinion que l'expression BA ou BA2IAESIS quand elle se trouve isolée, signifie toujours le roi o; Alexandre le Grand. Mais si ces monnaies n'ont pas été frappées sous ce roi, mais seulement sous les rois suivants, cette explication paratt moins fondée.

lion. ^. AAEZANAPOY. Aigle sur une massue, regardant en arrière.^

16. Triobole. Même tête. ^. Même légende. Aigle sur le foudre. Sans signe ^, avec le caducée^, ou avec le nio* nogramme H ^.

17. Diobole». Même tête. Qr. Même légende. Deux aigles. Avec une feuille de lierre pour signe. ^

18. JE. 4-3. Même tête. Qr. Même légende. Aigle sur le fou«dre, regardant en arriére. Sans signe ^, avec une feuille de licrre^i avec le signe de la lune^'i ou avec diverses lettres ^2.

Ces monnaies qui à cause de la ressemblance des types et de la fabrique ne peuvent être séparées, ont été le plus souvent attribuées à Alexandre II d'Epire, les n»* 15 et 18 aussi à Alexandre le Grand ^^. Certainement il n^est pas tout à fait clair, auquel de ces rois il faille les rapporter. La tête d'Hercule est la même que sur les monnaies d'Alexandre et des autres rois de Macédoine , mais elle ne se trouve point sur celles des rois ou des villes d^Epire; Taigle est aussi un type macédonien qui se voit sur les monnaies des rois avant Philippe 11 et sur celles d'Aphytis; la massue et le foudre sont également des symboles macédoniens, et sur les monnaies de Philippe V et de Persée on voit ordinairement l'aigle tenant différents symboles dans les serres. ^^ Le caducée, la feuille de lierre et la

34 Mionn. S. III p. 217 n» 342 (le n» 343 est fondu, d'après rindicRtion dans les Poids publiés par Mionnet). Cfr Num. des rois gr. pi. XXII, 13.

3^ Num. des rois gr, pi. XXII, 14.

3^ Dans le musée Brit., du poids de 31,9 grains angl.

^'^ Dans la collection de la Banque de Londres.

^ Alionn. S. III p. 425 no 33, cfr Num. des rois gr. pi. XXII, 15.

»9 Âlionn. II, p. 67 n» 43; S. III p. 220 n» 368; Eckhel Doctr. n. v. Il p. 175.

*^ Mionn. S. III p. 425 n»* 34-35. Dans le cabinet des médailles de Copenhague.

"^1 Mionn. S. III, p. 425 n» 36. ^ *^ Mionn. S. III p. 220 n»» 369-71.

*^ Ainsi chez Mionn. S. III p. 217 no 342 et p. 220 «os 368-71.

^^ La représentation do deux aigles sur le no 17 peut être motivée par Pcspècc de la monnaie qui est un diobole. Cfr § 23 Maronée, note.

lune indiquent des villes macédoniennes et se trouvent déjà sur les monnaies des anciens rois de Macédoine, mais non sur cel* les d'Epire. De Tautre côté, i'aigle avec ou sans foudre est aussi un type essentiellement épirote qui se trouve sur les mon* naies des rois et des villes. Par cette raison et comme Taiglc ne se rencontre pas comme type sur les monnaies des rois de Macédoine entre Perdiccas III et Philippe V , il faut bien croire, que ces monnaies ont ' été frappées par |Alcxandre II d'Bpire, pourtant pas en Epire, mais en Macédoine, après qu'il eût conquis ce pays, dans les villes indiquées par les signes, et que la tète d'Hercule a été placée sur le droit par un rapprochement aux monnaies macédoniennes.^ Il existe aussi des monnaies de son fils Pyrrhus, lesquelles d'après les types qui correspondent au n» 14 ci-dessus, ont sans doute été frappées en Macédoine pendant quil y régnai! en souverain.

19. Obole. Télé d'Hercule imberbe, coiffée de la peau de lion. Qr. AAEEANAPOY. Foudre. Sans sighe^, avec une couronnée^, ou avec une feuille de lierre^.

20. JE. 3. Tête jeune, les cheveux entourés d'un bandeau. Çr. Même légende et même type.^^

Encore sur ces pièces on peut soulever la question, si elles ont été frappées par un roi d'Epire ou de Macédoine. Le no 19 a été attribué à Alexandre I^ ou II d'Epire, et à Alexandre le Grand ^^ , le no 20 à Alexandre II d'Epire. Le foudre se trouve comme type essentiel sur les monnaies des rois et des villes d'Epire, tandis que les têtes sur le droit et les signes sont macédoniens; ces monnaies, comme les précédentes, peuvent donc être considérées comme frappées en Macédoine par Alexan-

*^ La monnaie citée dans Sestini Descr. n. v. p. 164 no B doit être considérée

de la même manière.

4« Cadalvene Recueil pi. II, 17; Mionn. S. III p. 217 no 344. ^7 Pellerin Add. p. 12; Mionn. Il p. 62 no 6, cfr Num. des rois gr. pi. XXI, 13. 48 Combe Mus. brit. p. 118 no 1. 49 Nmn, des rois gr. pi. XXI, 15.

^ Par Pellerin et Cadalvene I. c. notes 46 et 47. ft^ Par Mionnet I. c. notes 46 et 47.

dre II roi d'Epire. Il faut cependant observer qu'il existe de petites monnaies d'or et de bronze portant le nom de Philippe qui pour la fabrique et les types s'accordent avec l'obole no 19 et qui ont probablement déjà été frappées par Philippe 11^. Ces pièces peuvent donc avec plus de raison que les précédentes être attribuées à Alexandre le Grand.

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