Æ. 2. Même lêle, couverte de la peau de lion. . Même
. légende et même type.”
930. ZR. 2 Même lêle, avec la corne d’'Ammon. [HF AAEZAN- AP%. Pelit génie ailé monté sur un lion.®
21. Æ.4. Même tête, casquée. BR. BAZIAEQZ AAEZANAPOY. Massue et carquois avec l’arc.ft Depuis le temps d’'Eckhel les nos 26-30, à cause de la fa-
brique, de la forme des lettres, des types et du poids, ont été
reconnus comme appartenant à une période bien postéricure à
celle des monnaies d’Alexandre même.® Ces pièces ont été
frappées en commémoration d'Alexandre sous les empereurs
romains, peut-être au même temps que les grandes pièces de
bronze cilées sous n°32, puisque le même lion et les mêmes
leltres du nom d'Alexandre s’y retrouvent souvent. IT doit en
être de même de la pièce de bronze no 31 qui pour la fa-
35 Cadalvene Rec. p. 107, cfr Num. des rois gr. pl. XXHT, 17 ; Num. Chron. III p. 144.
76 Mionn. I p. 554 no 574.
Mionn. 1 p. 553 no 573; Visconti Iconogr. gr. pl. XXXIX, 5; Num. des rois
gr. pl. X VIT, 4.
78 Mionn. S. III p.223 no 403. ê
79 Mionn. I p. 554 no 432; Visconti Iconogr. gr. pl, XXXIX, 3; Num. des rois
gr. pl. XVI, 15.
80 Mionn. I p.554 n° 575; Visconti Iconogr. gr. pl. XXXIX, 4.
81 Dans le cabinet imp. de Vienne.
8 Eckhel Doctr. n. v. I p. 108, cfr Num. des rois gr. p. 29 et 31. : 3
Re
brique plate se rattache aux précédentes et offre une têle d'Alexandre qui ressemble à plusieurs des suivantes. ® 32. Æ. 8-4 AAETANAPOY. Tête d'Alexandre couverte de la peau de lion, ou portant la corne d’Ammon, ou diadémée, où casquée, quelquefois aussi avec le paludamentum. Br. KOINON MAKEAONON. Beaucoup de types différents. Avec des lettres variées dans le nom d'Alexandre, ainsi que des variations et des additions dans la légende au BR. # Ces monnaies, à cause de leurs légendes, leurs types, leur : siyle artistique et leur grandeur, sont à jusle titre regardées comme frappées dans la période des empereurs Romains, la plupart probablement sous Caracalla. ® Les monnaies traitées dans ce paragraphe ne seront .mentionnées dans la suite qu’en passant; leurs signes ne se trouvent pas sur les tables gravées.
Les imitations barbares des monnaies d'Alexandre n’entrent pas dans le plan de cet ouvrage.
85 Quelques-unes des monnaies de bronze au type ordinaire d'Alexandre sont peut-être de cette période; ainsi dans Wilde Sel. numism, tab. II on en trouve deux sur lesquelles O Y à la fin du nom d'Alexandre sont contractés dans la forme postérieure, comme cela se voit souvent sur les monnaics sous n0s 32, l'une ayant le nom précédé de B4. Cfr Eckhel Doctr. n. v. Il p. 107. — La grande pièce d'argent citée par Eckhel (Doctr. n. y. p. 106) parmi celles d'Alexandre le Grand du cabinet de Vienne est d’un coin moderne, cfr Num. des rois gr. p. 32, col. 1 en haut,
84 Mionn. I p. 554-562, S. III p.223-31.
85 V. Eckhel Doctr. n. v. II p. 110-112.
Noms et signes,
Noms, monogrammes, lettres.
Les monnaies d'Alexandre portent en général au revers encore une indication spéciale, soit des noms écrits en entier ou exprimés par des initiales ou par des monogrammes, soit de petits types ou symboles.
Les noms, ou les initiales et monogrammes qui les expriment, indiquent souvent la ville où la monnaie est frappée ou, comme cela se voit ordinairement sur les monnaies grecques, les habitants de la ville. On irouve écrit en entier le nom d’Acé en lettres puniques et OAHZITON. Un nombre des noms abrégés et des sigles ont cette même signification, ce qu’on voit tantôt par leur propre qualité, comme MESAM (Mésambria), OAH (Odessa), tantôt par les nombres d'années qui les accompagnent formant une longue suite, comme ®, AZ Cv. nos 1178 suiv. et 1196 suiv.), tantôt par le petit symbole ajouté qui est le type connu de Ja ville, du nom de laquelle les lettres offrent le commencement (v. le $ suiv.). Sur les autonomes de ces mêmes villes le nom de ville est en général
1 Ilexiste des statères ainsi que des tétradrachmes et des drachmés, provenant, d’après la fabrique, de pays et de temps divers, qui n’ont aucun signe, mais il sont rares. *
FORT SE a:
ou souvent abrégé de celte manière. Un monogramme seul ou une seule lettre peut aussi être regardée comme signe principal d'une ville, car, comme on le sait, souvent sur les monnaies orecques une telle marque occupe Pun côté entier au lieu du type ordinaire. ? Quelquefois il se trouve sur la même pièce plusieurs monogrammes et lettres qui semblent indiquer des villes; par le $ suivant on verra que ceci doit étre expliqué d’un monnayage fait en commun par plusieurs villes.
Aux deux exceptions citées près les noms écrits en entier sur les monnaies d'Alexandre sont ceux de personnes; ils se trouvent sur celles d’une-période postérieure des villes de l'Asie Mineure occidentale et des villes pontiques dans le nord de la
Thrace. Les lettres et les monogrammes doivent aussi pour la.
plupart être regardés comme des abréviations de ces noms, de même que ceux. qui se trouvent sur les monnaies autonomes. Le :$ 14 lraitera des personnes désignées par ces noms et sigles et du rapport mutuel entre ces personnes où plusieurs sont indiquées sur la même ‘pièce. Sur la question, quand les iniliales et les monogrammes doivent être regardés comme noms de villes, et quand comme noms de personnes, le $ 20 offrira quelques observations.
Une lettre ou deux lettres jointes doivent être quelquefois regardées comme letlres numérales, puisque sur des pièces apparltenant selon la fabrique ou le signe au même atelier monélaire on trouve une suile de lettres qui forme une série de nombres, dans laquelle se rencontre aussi le stigma, Ce n’est que sur des tétradrachmes frappés dans l'Asie après le temps d'Alexandre qu’on peut affirmer avec certitude que de telles leltres indiquent des chiffres numéraux; elles sont ordi-
2 P. ce. sur des monnaies de Phocide, de Zacynthe, de Palé en Céphalénie,
d’Arcadie, de Mantinée, d’Argos, de Phlius, de Sicyon etc. La lettre ZX.
était l’insigne sur les boucliers des Sicyoniens dans la guerre. Xenoph. Hist, TV p. 523 À (1625 fol.) ®
nairement placées devant la figure, rarement sous le trône, comme au no 1144 suiv., ou à l’exergue, comme aux nos 1388-89, On trouve aussi des séries de signes numéraux puniques sur les monnaies frappées dans les villes de Phénicie, et sur les tétradrachmes el sur les stalères. On ne peut guère douter que tous ces chiffres n’expriment des nombres d’années, surtout comme sur quelques monnaies le mot punique désignant année est ajoulé, et que dans la période après Alexandre on voit souvent des années de différentes ères sur des monnaies de rois et de villes d’Asie.
Si quelquefois sur les monnaies frappées dans les grandes villes les lettres indiquent différents ateliers monélaires, ou sont des lettres d'émission désignant divers monnayages, voilà ce dont nous ne déciderons point.
Quelquefois des lettres ou monogrammes se trouvent au droit de la monnaie, Ceux-ci, étant placés à côté de la tête Cv. nos 109, 214, 1271, 1277, 1366-67), doivent être regardés de la même manière que ceux au ÿ., parce que sur d’autres monnaies du même atelier ces mêmes signes se trouvent au R. Sur les lettres placées sur la têle même, voy. $ 14 fin.
; SE Petits types.
Les petits types ou symboles, appelés accessoires, qui se trouvent sur les monnaies d'Alexandre doivent en général être regardés comme types des villes où les monnaies étaient frappées, car ils sont généralement les mêmes qui forment les types principaux des monnaies autonomes. Cependant de tels petits types se rencontrent aussi sur Îles monnaies autouomes, où très souvent ils sont à regarder comme emblèmes (cachets) de magistrats ou d’autres personnes employées au monnayage. Il faut donc montrer que c’est de la manière susdile qu'on doit expliquer ceux sur les monnaies d'Alexandre.
Plusieurs de ces signes se trouvent ensemble avec les premières syllabes ou les initiales du nom, ou avec le monogramme indiquant le nom de la ville pour laquelle le signe est le type monétaire ordinaire. C'est ainsi qu’on voit KOAO ajouté à la cithare, type de Colophon, EPY à la massue avec le carquois pour désigner Erythrée, MPI au trident et au méandre pour Priène, EOE à l’abeille pour Ephèse, THI au canthare pour Téos, MYPI à une amphore pour Myrine, MY au trident uni à la bipenne pour Mylase, AP à la palme pour Aradus, PO à la fleur de balaustion pour Rhodes. D’autres de ces signes, quoique n’étant accompagnés d'aucune indication de nom, sont des emblèmes connus de villes dans les pays auxquels la fabrique des monnaies est propre, de sorte qu'il n’y a aucun doute quils n’indiquent ces villes, p. e. les deux chevaux à mi-corps réunis, symbole particulier à Périnthe, Arion sur le dauphin, représenté sur les monnaies de Méthymne, Ile vase à une anse de Cyme, le sanglier ailé de Clazomène, le sphinx avec l’amphore, distinctifs pour Chios, le Méandre, signe d’une ville sur cé fleuve etc. Il faut encore observer que les mêmes petits types se rencontrent en grand nombre sur les monnaies des rois précédents et suivants de Macédoine, de sorte que quelques-uns se retrouvent sous la plupart de ces rois comme on le verra par la table, et tellement qu’ils se répèlent à côlé des lettres et monogrammes variants qui peuvent être regardés comme signes de personnes; presque tous les petits lypes qu’on voit sur les monnaies des autres rois se retrouvent sur celles d'Alexandre. Ceci s'explique naturellement si l’on adopte qu’ils désignent des villes du royaume européo-macédonien, dans lesquelles on a ballu monnaie pendant toute la période. Si on les explique comme signes de per$onnes, les magistrats ou fonctionnaires de monnaies, qui sous les autres rois se faisaient ainsi désigner sur les monnaies, auraient eu presque tous les mêmes emblèmes pour cachets, et les mêmes que ceux sous Alexandre le Grand ; mais une telle supposition serait absurde. Il est d’ailleurs dans
la nature de la chose que de tels signes sur les monnaies des rois, frappées, comme toutes les circonstances Ie prouvent, dans différentes villes, doivent être expliqués autrement que sur des monnaies frappées dans la même ville. Sur les monnaies de la ligue achéenne tous les lypes accessoires désignent aussi des villes où la monnaie de læ ligue fut frappée, et même sur les autonomes propres aux villes il y a souvent lieu de croire que ces signes indiquent d’autres villes, voyez ci-dessous p. 41-42 notes 12-13.
Quelques-uns de ces signes indiquent pourtant plutôt des pays ou des provinces que des villes, comme ils forment les types de monnaies qui portent les noms de plusieurs rois ou de peuples de provinces entières ou de diverses villes y situées; il y à donc toute raison de les regarder comme emblèmes nalionaux. Tels sont le casque et le bouclier macédoniens, la bipenne de Jupiter Carien, la palme, symbole de Phénicie, etc.
Il existe enfin de petits types qui doivent étre regardés comme emblèmes de Séleucus Nicator? et qui indiquent, que les monnaies ont été frappées sous sa domination. Peut-être
1 De l’autre côté on ne saurait alléguer aucune raison qu'un tel signe soit celui d’une personne. Sur les monnaies de villes grecques où l’on voit un symbole accessoire ensemble avec un nom de magistrat, le premier offre quelquefois une allusion au dernier et peut être regardé comme emblème ou cachet de la personne désignée par le nom, p. e. sur des monnaies d’argent d'Athènes (v. Arneth Wiener Jahrb, LXXXIF, 1838 Anzeigebl.), de Tarente (v. Fiorello Alcune moncte rare di città greche 1843) et de Naples (v. Raoul-Rochette Lettre sur les graveurs des monn. gr. p.33), ce qui se: trouve analogue au rapport qui sur les monnaies de familles romaines et sur les pierres gravées a souvent lieu entre la représentation et le nom. Mais sur les monnaies d'Alexandre on ne saurait indiquer un tel rapport entre le petit type et le nom; le premier est ordinairement.constant, tandis que Îles noms, ou les lettres et monogrammes qui les expriment, varient. Nous n'avons trouvé qu'un seul exemple; au n° 1527 la grappe peut former une allusion au nom Silénos, probablement exprimé par ZIAH; mais comme la grappe se répète sur une suite de monnaies qui ont d'autres monogrammes variants, cette conformité doit être regardée comme accidentelle.
2 V, no 1485 suiv,
trouve-t-on aussi le symbole de Lysimaqué sur les monnaies d'Alexandre. °
; Ces signes sont le plus souvent placés devant la figure, mais quelquefois aussi sous le trône de Jupiter, à l’exergue ou derrière la figure, sur quelques statères même au droit (voyez nos 8 et 299). Cette différence de la place ne peut cependant en motiver une explicalion différente; la preuve en est qu'accompagnés du même signe de personne ils se trouvent tantôl à l’une place, tantôt à l’autre, voyez nes 9-10, 91-93, 129-30; 159-62, 165-68 etc.
Souvent on trouve deux petits types ou symboles sur la même monnaie. L'un de ces types peut quelquefois être regardé comme supplément de l'autre, de manière qu’ils sont joints pour indiquer ensemble la ville où était Patelier monétaire. Il en est ainsi de quelques signes qu’on trouve réunis sur les monnaies frappées dans une période postérieure dans l'Asie Mineure, v. p.e. nes 933, 935, 969-971, 982, 1030, 1069-72, 1153. Mais le plus souvent plusieurs types placés sur la même monnaie ne peuvent se rapporter à la même ville, et il faut donc les regarder comme signes de différentes villes qui ont frappé monnaie en alliance.
Il est connu que dans différents pays et à différentes époques des villes grecques ont ballu monnaie en commun.# Avant la période dont nous parlons en ce lieu il en élait ainsi de diverses villes dans Îles pays rassemblés plus tard sous la domination macédonienne. Il existe ainsi une monnaie d'argent ayant au droit le nom d’Abdére avec un grif-
fon, et au K. le nom d’Amphipolis avec un poisson®, et d’au-
3 V. no 348 suiv. |
4 Une liste de telles villes a été donnée par Eckhel dans Doctr. n. v. IV p. 333-335 et par Mionnet Suppl. IX p. 177-180. Dans le suivant on trouvera un supplément à cette liste.
5 Cat. de la coll. de Welzl de Wellenheim no 1964, cfr Cadalvene Recueil de méd. gr. pl, I, 8.
tres au même droit qui d’après les types au R., par analogie avec la pièce citée, doivent être regardées comme frappées par Abdère conjointement avec Dicée, avec Cardie® et avec SamothraceT, puis une pièce d’argent qui indique un monnayage entrepris par celle île en commun avec Maronéef. Un nombre de villes de Chalcidique qui, au temps que Philippe Il conquit celte péninsule, formaient une ligue puissante à laquelle présidait Olynthe, frappèrent monnaie en commun; on le voit par les nombreuses monnaies d'argent au nom des Chalcidiens®, dont il y a une ayant au droit le nom d’Olynthe à coté de la tête d'Apollon, au KR. le nom des Chalcidiens et la cithare!. Une monnaie d’or aux types de Crénides, mais au nom des Thasiens, montre que Thasos frappait monnaie dans celte ville (plus tard appelée Philippes) ou conjointement avec elle. IL y a lieu de supposer que les villes de la Chersonèse de Thrace frappaient monnaie en commun, et qu’en général les types
6 La première ayant une tête de bœuf, la seconde un lion debout au R., tou-
tes deux publiées par Sestini Lett. VIT p. 10.
Avec la tête de bélier au B., Cadalvene Rec. pl. E, 2.
Mionn. I p. 388 no 153.
9 Ces monnaies qui auparavant ont été à tort classées à Chalcis en Eubée, sont aujourd'hui généralement rapportées à Chalcis en Macédoine; mais il n'existait pont de ville macédonienne de ce nom (cfr Gôtting. Gel. Anz. 1833 nos 127-128, Leake Numism. hell. 3me partie p.33). La monnaie publiée par Cadalvene et Millingen (v. la note suiv.), ayant le nom d’Olynthe au droit, prouve qu'elles appartiennent à la ligue chalcidique composée de 32 villes. Sur cette ligue voy. surtout Bæœhnecke Forsch. auf dem Gebiete der att,. Redner p. 153 suiv.
10 V, Cadalvene I. c. pl. I, 28; Millingen Sylloge pl. I, 21.
11 Eckhel Doctr. n. v. I p. 53; Mionn. S. IE pl. VIII, 5. Sur la liaison de Thasos avec Crénfdes, cfr Diodore XVI, 3.
1? 1] est probable qu'un didrachme ayant au droit la tête de Minerve et XEP, au Æ. un lion, la tête retournée et l’une jambe de devant levée (publié p. Dumersan dans cat. du cab. Allier pl. IV, 3-5, Mionn. $. Il p. 524 no 13), et de même les trioboles sans nom qui se rencontrent fréquemment, ayant au droit la partie antérieure du même lion, au BH. un champ divisé en quatre parties avec différents signes, ont été émis dans la Chersonèse de Thrace, en sorte que les petits types qui se voient au B-. désignent des villes de la péninsule et de la côte voisine de Thrace qui ont frappé ces monnaies en-
accessoires sur les autonomes des villes situées sur les côtes
septentrionales de la mer Egée soient à regarder comme signes
d’autres villes, avec lesquelles ou pour lesquelles les mon-
naies sont frappées par la ville à laquelle appartiennent le nom et le type principal. En Thessalie Phères frappait monnaie conjointement avec Atrax, Argissa, les Athamanes et Caslanea,
ce qu’on peut conclure des pièces d'argent qui portent les ini-
semble. Ces petites pièces d'argent, auparavant attribuées aux Léontins en Sicile, ont été plus tard classées à Cardie (d’après Sestini Leit. num. [ p. 219, IE p. 178) et enfin à une ville, Cherronésos sur la Chersonèse de Thrace, Mais une ville de ce nom n’est citée que par des auteurs de beaucoup postérieurs (Steph. Byz., Suidas et le Schol. d'Aristophane) et est inconnue dans l’histoire; il est donc peu vraisemblable que ces nombreuses pièces d’argent de différentes périodes et offrant beaucoup de signes divers y aient été frappées. Les petits types au R. de ces monnaies correspondent aux types principaux sur les monnaies des villes de la Chersonèse et de la Thrace voisine, ou se trouvent comme signes sur des monnaies de Philippe IT, d'Alexandre le Grand et de Lysimaque qui par d’autres raisons doivent être rapportées à ces contrées. Les villes de la Chersonèse de Thrace, qui xaT 2£oynr fut appelée ÿ Xepodynoos (att. XeG60»nc0s), doivent suivant les rapport historiques avoir été liées entre elles et avec d’autres villes de la Thrace méridionale. On voit par le discours de Démosthène De Corona p.256-57, que Sestos, Eléos, Madytos et Alopeconésos avaient un sénat commun. Il est en analogie avec les monnaies ci-dessus citées des villes de la péninsule chalcidique de supposer, que ces monnaies ont été frappées par les villes de la péninsule thrace. Les monnaies de bronze ayant au R. le nom de Cherronèsos et un grain, symbole de cette presqu'ile fertile en blé, peuvent s'expliquer de Ia même manière. Cfr Leake Numism. hell. HE partie p. 3%.
Lorsqu'on examine les symboles accessoires des monnaies d'Acanthe, d’Amphipolis, de Trælium de Philippes, de Thasos, d’Abdère, de Maronée, d'Ænos et de Cypsela, cn trouvera qu'ils sont communs à un plus ou moins grand nombre de ces villes, surtout à celles qui étaient le plus rapprochées entre elles, et que la plupart se retrouvent sur les monnaies de PhihppeIl, d’Alexandre le Grand et de Lysimaque lesquelles par diverses raisons il faut regarder comme frappées dans les mêmes pays; une grande partie de ces symboles sont aussi les types monétaires des villes y appartenantes. Sur une des pièces d'argent de Philippes on trouve HP4 ensemble avec une massue (Mionn. 1 p. 486 n° 274 ; $. IT pl. VILLE, 5); ces lettres peuvent désigner le nom d'Héraclée Sintique, v. plus bas $ 22 no 134 suiv. Sur la monnaie frappée a Crénides au nom des Thasiens, citée plus haut (v. note 11), le petit symbole ÿ ajouté, une amphore, est précisément le type des Thasiens.
LR RSR ME
tiales da nom de Phères ensemble avec celles d’un des autres noms.{! Aussi des villes phocidiennes, béoliennes et eubéennes battaient monnaie en alliance, comme on le voit par les monnaies qui portent les types communs ou noms communs de ces peuples. Egalement en Asie, et dans la période précédente el dans la suivante, des monnaies autonomes furent frappées par diverses villes alliées, comme par Calcédon et Byzance!, par Clazomène et Samos!'6, par Ephèse et LaodicéefT, par des villes lyciennes'8, probablement aussi par des villes ciliciennes 1° et phéniciennes *,
L’analogie qu’offrent les monnaies impériales grecques fait conclure que non seulement les monnaies autonomes, mais encore les royales ont été frappées par plusieurs villes conjointement. Sous Philippe IF, sous Alexandre le Grand el dans la période qui succédait, les villes se trouvaient presque dans le même rapport aux rois que plus tard aux empereurs de Rome; les monnaies du royaume macédonien, portant le type de la ville ou les initiales de son nom, ou tous deux ensemble, ajoutés aux types et au nom du roi, peuvent ainsi être comparées aux monnaies de l’empire romain qui ont d’un côté le type et le nom de la ville, de l’autre la tête et le nom de l’empereur. Mais il est connu que la plupart des monnaies nommées numi concordiæ sont de l’époque impériale. Les monnaies dites des colonies corinthiennes?! et les cistophores de l’Asie
14 V, Duchalais dans Revue numism. franç. 1853 p.255 suiv. Si AT sur la première pièce signifie Tanagra en Béotie, comme on a supposé autrefois, ceci servirait d'exemple que des villes de Thessalie et de Béotie ont aussi frappé monnaie en commun.
15 Mionn. I p. 377 nos 85-86 et 92. 16 V, Numism, Chron. VII, p. 76.
17 Mionn. suppl. VII p. 583 no 437. '
18 V, Koner dans Beitr. zur ält. Münzkunde von Pinder u. Friedländer B. I H, I p. 109.
19 V. H. de Luynes Numism. des Satrapies pl. XI.
20 V. Judas Etude dem. de la langue phénic. p. 109 suiv. pl. IT, 2-3.
?1 Au nombre de celles-ci sont des pièces qui au Br. sous le Pegase ont le signe de Corinthe, le Coppa, au droit derrière la tête de Minerve le type de
oblige «à 2 LÉ , - Léa CE
Mineure ©? confirment, qu’en mettant deux signes accessoires sur la même monnaie on a voulu désigner un monnayÿage entrepris par deux villes. *?
Lorsqu'on examine les petits types réunis sur les monnaies d'Alexandre, on trouvera quelquefois des paires désignant précisément les mêmes villes qui, d’après ce qui précède, doivent êlre regardées comme ayant ballu des monnaies autonomes en commun. Nous avons cité des exemples de monnaies frappées par Abdère avec Amphipolis et avec Samothrace; sur la pièce d'Alexandre ne 75 on voit les signes d’Abdère et d’Amphipolis, sur les nos 291-92 ceux d’Abdère et de Samothrace joints ensemble. Sur une autonome d’Amphipolis un trépied est ajouté comme symbole accessoire au flambeau de course, sur une autre de Philppes un flambeau de course comme symbole accessoire au trépied ; sur la pièce no 43 de Philippe IT et sur le no 59 d'Alexandre on trouve le flambeau de course et le trépied ensemble. Le n° 1023 porte le symbole d'Ephèse avec celui de Laodicée, de même que la monnaie autonome citée porte les noms des deux villes. Il faut encore remarquer que les pelits iypes qui se trouvent réunis sur les monnaies d'Alexandre désignent pour la plupart, comme on le
Sicyon, la Chimère ou une colombe dans une couronne de laurier; d’autres, ayant le monogramme d’Anactorium au &., ont au droit XI dans une couronne de laurier, qui est aussi le type monétaire de Sicyon; d’autres, ayant le signe de Corinthe ou de Thyrreum au R., ont au droit le sanglier, signe d'une ville étolienne etc.
On trouve p. e. sur quelques cistophores les initiales d'Ephèse avec un hermès de Priape, symbole de Lampsaque, ou un bâton d’Esculape, symbole de Cos; sur d'autres le monogramme de Tralles avec l’amphore caractéristique pour Myrhine, qui indique aussi cette ville sur les monnaies d’Alexandre, ou un bison sur un méandre, type d’Antioche située près du Méandre etc. Cfr Dumersan dans Numism. Chron. IX p.3 suiv.
#8 M. F. Lenormant croit aussi que plusieurs signes réunis sur les monnaies des Lagides indiquent une alliance monétaire entre plusicurs villes v. Revue numism. franç. 1854 p. 37-38.
“4 Note 17, d’un temps postérieur; il en est de même du tétradrachme d'Alexandre,
ei
verra par la suite. des villes de la partie de Grèce soumise-à la domination macédonienne; mais il a été montré plus haut que dans celle partie précisément les cilés libres avaient frappé monnaie en commun, et dans la suite il sera développé. que probablement elles ont continué en frappant des pièces d’or et d'argent à l’empreinte du roi de Macédoine. Enfin, on trouvera que deux signes de villes se trouvant ensemble sur la même pièce désignent ordinairement, pourvu qu'on puisse les déterminer, des villes de la même contrée ou de provinces voisines, ou qui, étant plus éloignées l’une de Pautre, se trouvaient en liaison par les grandes routes commerciales ou en rapport de commerce comme villes maritimes. Il est vrai que quelquefois on trouve des signes réunis qui semblent indiquer des villes pour lesquelles il est difficile d'expliquer les motifs d'une alliance monétaire. Mais il existe aussi des monnaies du temps des empereurs qui d’après les légendes ont été frappées par des villes très éloignées l’une de l’autre* et entre lesquelles “aucune liaison ne nous est d’ailleurs connue. | Quant au but d’un tel monnayage commun, il faut en juger différemment d’après les différentes époques où il a été entrepris. Quand les villes libres frappaient monnaie en commun, c’êlait une conséquence naturelle d’alliances faites pour la défense mutuelle, de liaisons commerciales, d’un culte commun ou d'une bonne intelligence en général #, et le but en était probablement de donner un cours plus répandu à la monnaie et d'économiser sur les frais du monnayage. Les monnaies d'Alexandre frappées par diverses cités ensemble à l’époque où ces pièces avaient cessé d’être la monnaie du gouvernement,
25 P.e. par Périnthe conjointement avec Ephèse et Smyrne, par Athènes avec Smyrne et Tarente, par Sparte avec Smyrne, Sagalassus et Selge en Pisidie (cfr Eckhel Doctr. n. v. HE p. 22), par Milet avec Amisus, ville de Pont, par Alexandrie en Egypte avec Ephèse et Samos. V. Eckhel et Mionnet 1. c note 4,
26 Cfr Eckhel Doctr, n. v. IV p. 338-339.
c. à d. après l’an 306 parles villes de Thrace et d'Asie, doivent être regardées comme émises dans le même but que les autonomes avec lesquelles on peut les paralléliser; une autre ville prenant part au monnayage, les frais devenaient moins considérables?7, et le type ajouté ouvrait à la monnaie une libre circulation dans Pautre ville et par-là un champ plus étendu. Mais pour ce qui regarde l'émission en commun des pièces d'Alexandre par des villes soumises à l’époque où celle monnaie était celle du gouvernement royal, le but ne pouvait être celui de procurer un meilleur cours à la monnaie déjà suffisamment autorisée; le monnayage commun semble donc avoir été continué seulement pour faire des économies de frais, ou pour conserver une ancienne coutume ou un ancien droit.
Autres signes.
Une couronne se trouve sur les monnaies d'Alexandre, non seulement isolée, auquel cas il faut la ranger au nombre des autres petits types de villes, mais aussi renfermant une
lettre ou un monogramme qui peuvent désigner des. personnes;
27 Dans l'antiquité ces frais ont dû être beaucoup plus grands que dans le temps moderne, soit à défaut de connaissances techniques, soit par suite de la qualité même des monnaies dont le relief fort, qui faisait que le même coin ne pouvait suffire à un monnayage considérable, rendait nécessaire un plus grand nombre de coins. Il est connu que ce n’est que rarement qu'on trouve plusieurs monnaies grecques frappées au même coin.
Eckhel supposa que sous la domination romaine c'était surtout la partici-
pation au culte attaché à quelque temple célèbre ou aux fêtes et jeux qui en
étaient inséparables, qui fut cause du monnayage en commun, surtout.entre des villes éloignées, et que le but en était de subvenir aux frais occasionnés par ces solennités religieuses (Doctr. n. v. IV p. 339: causa, finis); c'est à une cause et à un but pareils qu'il attribue le fait que les pièces
d'Alexandre le Grand furent battues dans l'Asie Mineure (Doctr. n. v. I p.
104). Mais rien dans les monnaies de Philippe ou d'Alexandre ne parle en faveur d'une telle conjecture.
APE es
il s'élève alors la question, quelle signification il faut attribuer à la couronne, et quel est le rapport qui a lieu entre elle et le signe qu’elle renferme. Il est connu qu’une couronne se. voit comme type ou comme parlie du type principal sur un grand nombre de monnaies autonomes de la période macédonienne, tellement qu’elle entoure le type de la ville, son nom, son monogramme ou l’initiale de son nom, quelquefois aussi le nom, le monogramme ou l’initiale d'un magistrat; il faut [a considérer tantôt comme un attribut de la divinilé de la ville (quelquefois en même temps avec allusion aux jeux sacrés), lantôt comme une couronne civique, nommément la couronne d’or que les villes autonomes décernaient en signe d'honneur. à d’autres villes ou à des personnes!. Sur les monnaies d'Alexandre, lorsque la couronne entoure le petit type de ville, ce qui se rencontre rarement (voy. nes 64-65, 950 et 1298), il faut la regarder comme un supplément peu essentiel au lype, ainsi que souvent sur les monnaies autonomes. Lorsqu’une leltre ou un monogramme qui semble indiquer une personne est placé dans la couronne, celle-ci peut étre considérée comme un prix d'honneur accordé au personnage désigné. De cette manière on peut expliquer la couronne sur les nos 88, 103, 216, 348-49, 709 suiv., 769, 883, 1480 etc.; les mêmes initiales qui sont entoureés de la couronne sur les nos 88 et 103 se trouvent sans elle sur les nos 89-90 et 110 Ccfr Philippe I ne: 56-57). On voit cependant sur les monnaies de bronze connues de Sicyon et de Phocide, -que la couronne de laurier d'Apollon, au lieu de Pemblème ou linitiale de la ville ou du peuple qu’elle entoure ordinairement, renferme quelquefois une ou plusieurs lettres ou un monogramme désignant un magistrat, ce qui prouve que la couronne peut être regardée comme symbole
1 Sur cette signification de la couronne sur les monnaies grecques, v, Raoul Rochette Sur la numismatique Tarentine, dans Mém. de numism. et d'antiqu. p. 240-246.
d'une ville lors même qu’elle renferme le nom d’un magistrat; on peut la considérer ainsi sur le n°553 suiv. (cfr Philippe no 227 suiv.). Les initiales placées dans la couronne ne semblent pas sur les monnaies d'Alexandre exprimer le nom de la ville dont la couronne est le symbole.
Un cercle qui sur un assez grand nombre de pièces renferme le signe semble le plus souvent n’en être que le cadre. Il en est ainsi non seulement où il entoure le petit type de ville, comme aux nos 143, 153, 346 et 949, mais aussi où il renferme les initiales ou le monogramme d’un magistrat p. e. aux nes 247-48 ? et au no 773%. Quelquefois le cercle qui entoure un monogramme repose sur un irail horizontal comme sur une base, v. no 1589 suiv.!; d’autres fois ce cadre ressemble à un cordon dont les bouts sont visibles au bas, p. e. au ne 1495. Cependant un cercle renfermant une leltre peut aussi être la lettre O, comme au ne 403 suiv. d’Odessa; quelquefois on ne saurait décider si © doit être regardé comme un simple cadre ou comme la lettre.
On trouve assez souvent sur les monnaies d'Alexandre de petits globules ou des points, soit placés seuls, p.e. sur le no 1282, soit ajoutés au symbole de la ville, v. nos 277, 548-49 el 730, ou aux initiales de la ville, v. no 1339 suiv., ou aux initiales et aux monogrammes de personnes, de sorte qu'ils sont tantôt placés à côlé des lettres, v. nos 838 et 1169, tantôt dans les lettres mêmes, v. nes 515, 542 suiv., 667 suiv. et 709 suiv. De tels globules ne se rencontrent pas rarement sur les monnaies grecques® et ne peuvent en indiquer la valeur comme leur
2 Cfr no 249, où TI se trouve sans le cercle avec le même signe de ville.
3 Cfr no 772 avec les mémes deux monogrammes. MÉÆ sur le n° 774, réuni au même monogramme qui est placé sous le siège, se rencontre sur les monnaies de bronze au nom d'Alexandre décrites $ 5 n° 6 et se trouve sur celles-ci tantôt dans un cercle, tantôt sans cercle.
4 Sur les nos précédents le même monogramme se trouve dans un simple cercle. Ainsi déjà sur les anciennes piéces d'argent d'Ægæ frappées probablement par les rois de Macédoine, qui ont pour type une chèvre agenouillée.
Cu
nombre varié ne se trouve pas en rapport au poids de la pièce. Sur les monnaies de Philippe IT et des rois suivants de Macédoine ils sont ajoutés aux symboles et aux lettres d’une manière semblable. Il faut donc les prendre pour des signes regardant l’atelier- monétaire ou le monnayage. Lorsqu'un globule ou un point se trouve dans une lettre ou un monogramme, il est pourtant incertain s'il n’y appartient pas en exprimant une lettre, p. e. © dans F, v. $ 25 nes 539-85, et © dans P, v. $ 26 no 709 suiv.
Fig
JIL.
Temps. Lieu. Autorité,
La fabrication des monnaies d'Alexandre le Grand a été
continuée après sa mort.
À la mort d'Alexandre les généraux à Babylone revélirent son demi-frère infirme Philippe Arrhidée de la dignité royale, el Roxane, épouse d'Alexandre, ayant quelques mois après mis au monde un fils, celui-ci fut aussi proclamé roi sous le nom d'Alexandre. On ne saurait décider si le gouvernement fut administré au nom des deux rois ou au nom de Philippe seul; cependant il est probable qu’Alexandre ait été regardé comme co-régent de Philippe!, et dès la mort de celui-ci en 317 jus-
1 Le jeune Alexandre, après-le second partage des provinces à Triparadise en 321, fut mis ainsi que Philippe sous la surveillance d’Antipater, régent de l'empire, qui le conduisit en Macédoine et qui à sa mort confia sa défense à Polysperchon qu'il avait élu pour lui succéder dans l'administration. Olympias, chargée de son éducation, fut bien obligée de céder pour peu de temps au part de Philippe; mais lorsque, soutenue par Polysperchon et par le roi d'Epire, elle était entrée en Macédoine à la tête d’une armée en 317, l’armée de Philippe se déclara en faveur du fils du grand conquérant comme roi légitime. Dans la chronographie de Syncellus il est dit par. Dexippus, qu'après la mort d'Alexandre Philippe Arrhidée régnait sur les Macédoniens conjointement avec Alexandre, fils de Roxane (’4ppidaros.…… D0Ëe Maxedovwr....oûv "AhkeEdrdow &x PoËdvns), et qu'ils partageaient la domination entre eux (....dicpodrras tir ‘nyeuoriur Mazxedovwr....). €. script, hist. Byz. ed, RSR 503 (p.264). Cfr M. Lenormant RE Numism. des rois gr. p. 34.
qu'en 311 il était reconnu seul roi légitime.? Comme il y a des monnaies en grand nombre et dans tous les trois métaux au nom de Philippe (Arrhidée), il y a tout lieu de croire que des monnaies ont aussi.élé frappées au nom du jeune Alexandre, probablement en-même temps que celles de Philippe, mais en tout cas pendant les six: années qu’il portait lui seul le nom de roi. Il faut présumer que ces monnaies aient été parfaitement pareilles à celles d'Alexandre le Grand, puisque les monnaies de Philippe IL portaient les types d'Alexandre et n’en différaient que par le nom*, ce qui en était de même des pièces frappées d’abord par les successeurs.?
Après la mort du jeune Alexandre il y eut un intervalle d'environ six ans où ik n’y eut point de roi, comme les Diadoches n'adoptaient leiitre royal qu’en 306, après que l'exemple
2 Olympias ayant été vaincue et tuée par Cassandre, Alexandre fut tenu sous la garde de celui-ci à Amphipolis; mais en Asie Euménès et après sa mort Antigonus se déclarèrent défenseurs du jeune roi, et à la paix que conclut Antigonus en 311 avec Cassandre, Lysimaque et Ptolémée, il fut stipulé qu'ils ne seraient que stratèges, chacun de ses pays, jusqu’à da majorité d'Alexandre (Diodore XIX, 105). Peu après, Alexandre fut tué par Cassandre. Dans le canon des rois d'Egypte par CI. Ptolémée Alexandre est cité comme roi après Philippe Arrhidée, cfr Idler Handbuch der Chronologie I p. 108 et Pinder Die Æra des Philippus dans Beiträge zur ält. Münzkunde Vol. I part. 1, p. 194 suiv.
3 Ce ne sont pas seulement les statères, les tétradrachmes et les drachmes de Philippe IE qui sont des répétitions de cellés d'Alexandre le Grand, mais sans doute aussi ses monnaies de bronze, puisque, d’après ce qui a été demontré plus haut ($ 5 nos 6-9, cfr Append. $ 6), des pièces de bronze aux mêmes types semblent avoir élé frappées sous Alexandre le Grand.. Dans J’append. $ 2 il sera prouvé que les petites pièces d'or et d'argent au nom de Philippe et au type différant de celui d'Alexandre appartiennent à Phiopel. — M. Lenormant (Num. des rois gr. p. 34 ad pl. XVIHT, 7-8) regarde aussi comme probable qu'on ait.frappé des monnaies au nom d'Alexandre, fils de Roxane, mais dans ce nombre il ne compte que les pièces de bronze ordinairement attribuées au fils de Cassandre.
4 Seulement en Egypte, province isolée, peu de temps après la mort d’Alexandre quelque changement des types semble avoir été opéré, d’abord du droit, ensuite aussi du revers, quoique pourtant la tête et le nom d'Alexandre fussent conservés, v. plus haut $ 5, nos 21-25.
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en eût été donné par Antigonus.® Les monnaies que nous
possédons en grand nombre de Cassandre, de Lysimaque, d’An-
tigonus, de Démélrius Poliorcèle, de Séleucus el de Ptolémée, ne peuvent être rapportées à cet interrègne par la raison qu’elles ont presque toutes le titre de roi ajouté aux noms6; on ne peut cependant douter que les Diadoches n’aient batiu monnaie pendant ces années, puisque la paie des grandes armées pendant les guerres continuelles rendait nécessaire un monnayÿage sans interruplion. La grande monarchie macédonienne pouvant êlre regardée comme existant et les Diadoches n’étant en réalité que les gouverneurs des différentes parlies de l'empire jusqu'à la nomination d’un nouveau roi, il est vraisemblable que la monnaie de la monarchie fût frappée au nom de son grand fondateur ou, ce qui élait la même chose, que lon continua de frapper la même monnaie. celle qui avait été ballue pendant les dernières années sous le jeune Alexandre ayant été identique avec celle d'Alexandre le Grand.
Les suites de nombres d’années qui se trouvent sur les monnaies d’Alexandre (v.$ 6) se montent sur celles de l'Asie Mineure à 33, sur celles de Phénicie à 76. Elles prouvent ainsi que ces monnaies furent ballues en Asie non seulement au-delà du règne de 13 ans d'Alexandre, mais même après que ses successeurs eussent pris le titre de roi.
Les noms et signes ajoutés nous mènent aussi bien plus
5 Par Ptolémée probablement pas avant 805; v. Droysen Gesch. der Nachfolser Alexanders p. 461 note, Pinder Beitr. zur ält. Münzkunde Vol. I partie 1 p. 196, 199 et 201.
6 Il existe seulement trois pièces de bronze de Cassandre (récemment publiées par M. Leake Numism. hellen. p. 4), deux tétradrachmes de Démétrius (lun à Paris, publié par Cousinéry Voy.I pl. IV, l'autre dans la collectionde-M. de Prokesch) et un statère de Ptolémée (frappé à Cyrène, v. Revue num, franc. 1844 p. 325 et Pinder L. c. p. 215-16 tab. VITT, 5) sans titre de roi. Par un 3 Statère de Piolémée (Pinder I. c. tab. VIT, 6 p. 211), sur lequel le titre de roi n’est pas ajouté quoique la tête porte le diadème royal, on voit cependant que ces pièces peuvent avoir été frappées ‘après 306, le titre de roi ayant été omis comme souvent sur les monnaies d'Alexandre,
de fé Des dents O9 OMR, MAIS Ts. 2
avant dans le temps après le règne d'Alexandre. Il se trouve ainsi des noms de villes qui n'avaient pas élé sujettes à Alexandre, telles qu'Odessa et Mésembrie, et des types qu’il faut expliquer comme ceux de villes qui ne furent fondées que sous les successeurs p. e. de Lysimachie, d’Alexandrie Troade, et d'autres.7 On rencontre l'emblème de Séleucus et probablement aussi celui de Lysimaque. Des monogrammes insolites se retrouvent sur les monnaies frappées par les Diadoches et même par leurs successeurs dans les mêmes cités. ® |
Quant à la Fa PTE sous le rapport tant artistique que technique, un très grand nombre des tétradrachmes d'Alexandre s’éloignent autant des monnaies de la période d'Alexandre qu’ils se rallachent à celles du temps postérieur. V. $ 2 et 16, classe VivetVil=et $ 12.
Dans les légendes se trouvent des lettres qui ne vinrent en usage qu'après l’époque d’Alexandre, v. $ 12.
La quantité extraordinaire qui existe des monnaies d'Alexandre, ainsi que la grande variété des signes qui s’y trouvent, semblent consiater que la fabrication de ces pièces ne s’est pas limitée à la courte durée de son règne.
Dans les pays qu’avait embrassés l'empire d'Alexandre des monnaies d’autres rois furent aussi frappées dans cette période après la mort de ces rois. Il faut croire qu'il en a été ainsi des statères de Philippe IT dans les cités de PAsie Mineure occidentale”, des monnaies d’or et d'argent de Lysimaque dans les villes de Thrace sous la domination gauloiset, des létradrachmes de Ptolémée Soter sous les Ptolémées suivants dans les pays africains et asiatiques qui leur étaient soumisff,
7 Sans doute encore Antioche de Caric ou de Pisidie, Stratonicée de Carie, Laodicée de Phrygie et de Syrie, Philadelphie de Palestine.
8 V. $ 30 nos 910-11 et 924 et $ 37 no 1355 suiv.
9 V. Append. 4. 10 V, Ç 12 et 23.
11 Cfr Pinder Beitr, zur ält. Münzk. Vol. I partie 1 p. 203 suiv., Fr. Lenormant Class. des monnaies des Lagides dans REDE num, franç. 1854 p. 177-78 et ailleurs.
et des monnaies de Philétère sous ses successeurs dans le royaume de Pergame.
Des numismatistes d’une époque plus -reculée regardaient les chiffres sur les monnaies d'Alexandre comme indiquant les années de son règne, et lui attribuaient par celle raison un règne plus long que les anciens auteurs. Pellerin présumait que les chiffres désignaient les années d’une ère qui commençait par le règne d’Alexandre, et que par conséquent les monnaies dont les chiffres montaient au-delà de 13 étaient frappées après sa mort. Eckhel ne voulut pas reconnaitre les chiffres comme années d’une ère, en faisant observer que sur d’autres monnaies grecques se trouvent aussi des chiffres qu’on ne Saurait regarder comme indiquant des années, et des lettres jointes d’une signification inexplicable; il n’admettait pas que des monnaies d'Alexandre fussent frappées après sa mort, Les raisons alléguées par cet illustre savant!" se trouvent réfutées dans ce qui précède ct dans ce qui suivra. Dans le dernier temps les numismatistes s'accordent à supposer qu’une partie des monnaies d'Alexandre ait été frappée après son règne."
Par quelle autorité les monnaies d'Alexandre ont-elles été frappées pendant son règne et jusqu'en 306 ?
De ce qui a été exposé plus haut ($ 6-7) relativement aux signes sur Îles monnaies d'Alexandre il s’ensuit que ces
monnaies ne sont pas sorlies d’un ou de plusieurs ateliers prin-
Par cette raison Harduin conclut qu'Alexandre avait regné 30 ans, et Panel qu'il en avait régné au moins 34.
18 Rois p. 18 suiv., Mél. E p. 117-18. 4 Doctr. n, vet. IT p. 104-5,
15 Cadalvène Rec. p.110 et p.260. Cousinéry Voy. en Macéd.I p. 452 suiv. Millingen Ancient coins p.45. Birch Num. Chron. IT p. 145. Lenormant Num. des rois gr. p.28 etp. 32 ad pl XVII, 19. Pinder Beitr. zur ält. Münzk.
Vol. T partie 1 p.199, 220 et aill. Newton Num. Chron, XVI p.37. Leake Numism, hellen. p. 4,
cipaux, mais qu’elles ont été frappées dans beaucoup de villes de pays divers. La constitulion politique des villes et leurs rapports au roi de Macédoine étaient très différents. Il se présente donc les questions, si les monnaies d'Alexandre ont été frappées dans les villes d’une constitution quelconque, même dans les autonomes, et si elles ont été émises-par le gouvernement royal seul ou aussi par la magistralure communale. La recherche suivante sur les villes el pays auxquels les monnaies doivent être attribuées dépend en quelque sorte de la réponse à ces questions. Comme, d'après le $ précédent, les monnaies d'Alexandre doivent être regardées comme celles du gouvernement macédonien pendant l’époque depuis sa mort jusqu’en 306 aussi bien que de son vivant, ces deux périodes peuvent être considérées ensemble, On ne saurait douter que maintes villes n'aient été dire ctement soumises au gouvernement macédonien, de sorte que l'administration en ait été entre les mains des magistrats inslilués par le gouvernement, Dans ce nombre il faut ranger des villes non seulement dans la partie de la Macédoine qui avait formé Pancien royaume, mais encore dans les pays que Philippe IT avait soumis par la force des armes, puisque ce roi, d’après les relations des anciens auteurs, traitait en maître absolu ces pays et y fondait lui-même des villes.f Il faut y ajouter les villes perses et autres villes barbares de l'Asie qui auparavant avaient élé gouvernées avec un despotisme oriental et furent occupées par Alexandre, ainsi que les nouvelles villes qui en grand nombre furent fondées surtout dans la partie oricenlale de PAsie et en Egypte. Dans loules ces villes le monnayage aura donc été administré par le magistrat macédonien. D’autres villes sous la dominalion macédonienne, quoique payant tribut et forcées de fournir un contingent de guerre, conservaient probablement la forme de leur ancienne constitution démocratique et avaient l’administration de leurs pro-
1 V. Append. S 3. :
Eh
pres affaires si même peut-être le magistrat supérieur élail nommé par le roi. C’est dans cette position que se trouvaient, à ce qu’il semble, une grande partie des villes dans la Grèce, même dans la Macédoine. Dans l’ancien royaume macédonien le roi n’était pas absolu; la noblesse et le peuple avaient leurs droits à eux?; on voit par les monnaies macédoniennes d’une période plus reculée qu'il y avait des cités et des communes qui baltaient monnaie elles-mêmes. Aussi dans les pays que Philippe réunit à la Macédoine il se trouvait partout des peuples : et des villes qui avaient eu une constitution indépendante el baltu monnaie à leur propre empreinte. Plusieurs de ces villes ne furent pas privées de leur autonomie, quelques-unes furent même spécialement favorisées de Philippe *, et il y a tout lieu de croire que sous Alexandre aucun changement essentiel n’a été opéré dans le rapport des villes au gouvernement macédonien. [Il est donc probable que non seulement dans la partie de la Macédoine qui formait l’ancien royaume, mais encore dans
2 Cfr Flathe Geschichte Macedoniens I p. 43-44.
3 ]1 existe plusieurs monnaies de l'ancienne Macédoine qui portent le nom du peuple, p. e. celles des Orescii et des Letæi, et d’autres encore qui, quoique sans nom, semblent neänmoins frappées par les villes et non par les rois, cfr $ 18. ; Amphipolis étant tombé entre les mains de Philippe, ce ne furent, selon Diodore (XVI, 8), que ses ennemis et les traîtres qu'il bannit, mais il traita la ville avec clémence. Crénides, qui fut nommé d'après Philippe, semble en même temps avoir obtenu des priviléges spéciaux, v. note 6. Cardia ayant été d'abord libre allié de Philippe ne fut sans doute pas entiérement privée de son autonomie. Phères conserva pendant quelque lemps sa constitution libre, v. append. $ 3. Quoique Philippe dominât absolument la Thessalie et changeât la constitution du pays (v. append. $ 3), l’histoire des temps suivants prouve néanmoins que les Thessaliens n'avaient pas perdu toute autonomie, car il est rapporté qu'à son avénement au trône Alexandre leur confirma les droits et priviléges que Philippe leur avait accordés, et plus tard ils sont nommés alliés des Macédoniens comme d’autres peuples indépendants, cfr le $ suiv. note 2. En général, dans les villes sous les rois suivants de Macédoine (et encore dans la période romaine) on trouve souvent et un sénat et une assemblée du peuple (‘7 nds, 6 d'iuos, 7 zo1-
v6») qui prenaient des résolutions. Cfr Hoffmann Griechenland und die Gr. im Alterth.I p. 131-132,
les pays de Grèce sur lesquels s’étendait la domination macédonienne, plusieurs communes et villes aient continué à frapper monnaie dans leurs propres ateliers et par leurs propres magistrats. Cependant celte monnaie n’aura pas été en général la monnaie autonome d'autrefois, mais celle du roi de Macédoine, surtout pour ce qui regarde les monnaies d’or et d’argent; on peut le conclure de ce que des monnaies autonomes d’or ne se trouvent presque point des villes de Macédoine, de Thrace et de Thessalieÿ, tandis qu’il y a en grand nombre des statéres de Philippe et d'Alexandre avec des signes y appartenants, et que les monnaies d’argent que nous possédons de peuples et de villes de ces pays sont presque loutes, vu la qualité de l’empreinte, antérieures à l’époque de Philippe et d'Alexandre. Lorsqu’on examine les monnaies d'Alexandre on trouvera aussi que les signes engagent à supposer que quelques-
.5 On ne connaît qu'une seule monnaie d’or d'Ænus qui semble antérieure à Philippe (v. Num. Chron. HT p.106), une des Thasiens (v. p. 41 note 11) et une de Philippes (v. la note suivante).
6 Celles de Philippes en font exception, comme il existe des monnaies d‘or et d'argent offrant le type particulier à cette ville et le nom qui lui avait été donné par Philippe. Le monnayage de telles pièces doit être regardé comme une faveur spéciale accordée ä cette ville et n’a peut-être eu lieu que pour un certain temps comme il y a aussi des monnaies de Philippe avec le signe de cette ville. Il est pourtant vraisemblable que les villes qui avaient battu monnaie à une époque antérieure, du moins plusieurs d’elles, aient conservé le droit de frapper leurs propres monnaies de bronze, puisqu'il existe des autonomes en bronze qui semblent dater de l’époque de Philippe Il et de la suivante, non sculement de Macédoine (p. e. d’Acanthe, d’Amphipolis, d'Aphytis, de Trælium) mais encore de Thrace et de Thessalie. Les villes ont peutêtre frappé la monnaie de bronze royale en même temps que leur propre monnaie; il faut même convenir que quelques-unes ont pu avoir une permission spéciale de frapper de la monnaie d'argent autonome en même temps que la royale. Un tel double monnayage eut lieu, comme on sait, dans les villes de Syrie et de Phénicie sous les Séleucides et dans maintes villes grecques sous les empereurs romains. Peut-être que la monnaie du gouvernement était destinée aux impôts qui devaient se payer en cette espèce, tandis que la monnaie autonome, quelquefois d’après un autre système monétaire, servait à la circulation intérieure et aux besoins du commerce, la permission de la battre étant sans doute regardée comme un ancien droit et comme signe d'une certaine autonomie.
unes en aient été frappées par le gouvernement royal, d’aulres par la magistrature communale. Le même signe de personne se trouve souvent sur différentes monnaies joint à différents signes de villes, surtout à des signes qui doivent s'expliquer de villes voisines, et sur des pièces de la même fabrique. La supposition la plus simple, c’est qu’un tel signe indique un fonctionnaire qui à dirigé le monnayage de plusieurs villes ou d’une province entière; ce personnage ne peut guère avoir été un magistrat élu par la population d’une seule ville, comme on ne saurait s’imaginer que sous le règne d'Alexandre un tel magistrat ait pu étendre sa fonction sur plusieurs villes ou sur un district entier; il faut donc le considérer comme étant institué par le roi. Puis, il y a beaucoup de monnaies d'Alexandre qui offrent de petits types de villes dont on ne connaît aucune monnaie autonome; celles-ci de même semblent plutôt devoir être attribuées au gouvernement royal qu’à la magistralure communale. Car comme on peut en général supposer que ces villes n’aient pas battu monnaie avant ce temps, que par conséquent elles n’aient point eu d’ateliers dont on püût se servir, ni un ancien usage dont on püt désirer la conservation (cÎr page 46), il west pas vraisemblable que sous les rois de Macédoine elles aient commencé à frapper la monnaie du gouvernement.? Les monnaies au contraire sur lesquelles se trouvent plusieurs signes de villes doivent plutôt être rapportées aux magistrais communaux. On s’explique plus facilement la raison pour laquelle plus d’un signe de ville a été employé lorsque de telles monnaies sont considerées comme frappées à frais communs par plusieurs villes qui ont eu la permission de baltre monnaie, ou par l’une ville pour l'usage de l’autre, que lorsqu’on les regarde comme émises du gouvernement royal. D’après ce qui vient d’être allégué, les monnaies qui offrent un signe de per-
7 Mais quand sur une telle monvaie il se trouve encore le signe d'une ville,
c’est probablement celle-ci qui là fait battre, v. les observations suivantes.
sonne qui sur d’autres pièces est joint à d’autres signes de villes, et celles qui ‘portent des types de villes inconnus, doivent plutôt être attribuées au gouvernement royal, celles au contraire qui ont plusieurs signes de villes reunis plutôt à la magistrature communale.$ Le signe de ville en indiquant l’endroit où l’atelier monétaire était établi devait en même temps devenir un signe de la dépendance de la ville ou du peuple comme assujetis au roi macédonien dont la monnaie portait l'empreinte. Ontre les villes mentionnées il y avait dans les pays soumis à la domination d'Alexandre d’autres dont la constitution démocratique n’avait pas élé restreinte par le roi de Macédoine, et qu'on peut nommer villes libres ou autonomes”, quoiqu’elles reconnussent l’hégémonie ou la suprématie macédonienne. De ce nombre étaient beaucoup de cités de l'Hellade et du Péloponnèse ainsi que les cités grecques de l’Asie Mineure, sur-
8 On doit ainsi supposer que quelquefois dans la même ville la monnaie ait été frappée et par le gouvernement royal et par le magistrat communal. Rien ne s’oppose à cette supposition; dans les villes dépendantes lé gouvernement royal se sera sans doute servi des ateliers monétaires y établis er des officiers publics qui y étaientemployés. On en voit un exemple dans les tétradrachmes frappés à Sicyon, probablement par les chefs macédoniens après la mort d'Alexandre; sur ces pièces on trouve les initiales des mêmes noms qui se
rencontrent sur les autonomes de Sicyon (v. $ 29 n° 864 suiv.). La même
chose se faisait plus tard. Les monnaies d’argent de Philippe V offrent en grande partie les mêmes trois monogrammes reunis qu'on trouve sur les
drachmes qui au droit ont le bouclier macédonien avec une massue, au K
le casque macédonien, et qui d’après la légende MAKEAYONAN doivent
être regardées comme frappées par les magistrats communaux dans les villes dont les signes y ont ajoutés (cfr p. 26 note 32). De même il existe de plusieurs villes grecques sous les empereurs romains, outre les monnaies impériales, aussi des autonomes de la même fabrique et avec les mêmes
noms de magistrats. *
Quelques-unes des villes autonomes étaient pourtant sans doute tributaires
ou fournissaient un contingent de guerre, La signification du mot autono-
mie (indépendance politique) est peu certaine et ne se prend pas dans la même acception par les auteurs anciens. Ainsi on lit chez Thucydide CV,
18) que par la paix de Nicias plusieurs villes furent déclarées ’avroyouos,
quoiqu'en même temps elles devinssent tributaires (énodidüvres 10» gogor)
à Athènes.
tout avant la mort d'Alexandre. On ne peut supposer que ces cités, qui battaient de la monnaie offrant léurs propres types et noms, aient frappé des monnaies d'Alexandre dans cette époque. A la vérité plusieurs des numismatistes ont voulu faire valoir l’opinion que des villes libres ont frappé des monnaies &’Alexandre de son vivant, par flatterie, pour lui faire hommage, ou pour lui témoigner de la reconnaissance pour leur délivrance du joug des Perses. 1 Mais lorsqu'on considère à quel point les villes grecques appréciaient leur autonomie, et que la fabrication de monnaies autonomes en était précisément le signe extérieur, il n’est pas probable qu’elles aient volontairement rendu un tel hommage par un acte qui devait être regardé comme un signe de sujétion. Il n’y a point d'exemple que par une telletraison des villes grecques libres aient frappé la monnaie d’un roi pendant qu’il vivait ou que son gouvernement subsistait encore, et il n’y à pas de monnaies d'Alexandre qu’on soit obligé d’attribuer à des villes libres dans la période dont il s’agit dans ce paragraphe. ‘!
Il se peut bien que des monnaies aient été assez souvent frappées par des fonctionnaires macédoniens dans des villes autonomes, p. e. dans les villes de l’Asie Mineure où résidaientdes gouverneurs macédoniens ou dans lesquelles se trouvaient des détachements de l’armée macédoniennet{?; mais il n’est pas probable que sur de telles monnaies on ait placé aucun signe
10 V. Eckhel Num. vet. anced. I p. 80 et 83, Doctr. n. v. II p. 104 sur Tarse et les villes ioniennes; Cousinéry Voy. en Macéd. I p.234 suiv. sur les villes de PAsie mineure occidentale; Borrell Num. Chron. Ill p. 147 sur Sicyon; Duchalais Revue num. fr. 1851 p. 97 sur les Cyrénaïques; et ailleurs. Eckhel supposa encore une raison particulière, v. $ 13.
11 Dans le $ 12 il sera démontré que les monnaies d'Alexandre des villes de l'Asie Mineure occidentale ont été frappées dans une période postérieure, et le $ 13 traitera des motifs du monnayage de ces pièces.
1? Alexandre établit des gouvernements (satrapies) dans la petite Phrygie, dans la grande Phrygie, en Lydie, Pamphylie et Cilicie. Des corps de l’armée macédonienne élaient stationnés à Sardes, dans les îles de Chios et de Rhodes, en Carie, à Sidé, à Soli et ailleurs.
de ville lequel, selon ce qui vient d’être observé, semble avoir renfermé l’idée de soumission au gouvernement macédonien.
Enfin, dans les longues guerres, surtout en Asie, on s’est sans doute quelquefois trouvé dans la nécessité de battre monnaie dans les camps à l’usage des troupes. Sur ces monnaies, qui élaient également émises par des chefs macédoniens, on ne pouvait non plus placer aucun signe de ville.
Pour ce qui regarde les monnaies d’Alexandre jusqu'en 306, ou pendant qu’elles étaient monnaies du gouvernement, on peut donc supposer d’après les observalions précédentes: 1) qu’elles aient été frappées par le magistrat royal a) dans les villes directement gouvernées par celui-ci, b) quand elles sont sans signe de ville, aussi dans les villes libres et dans les camps; 2) qu’elles aient été également frappées par le magistrat communal des villes assujetlies qui avaient conservé la forme d’une constitution démocratique; 3) mais qu’elles n’aient pas été frappées par le
magistrat des villes libres.
Dans quels pays et quelles villes les monnaies d’Alexan-
dre ont-elles été frappées pendant son règne et jusqu’en 306 ?
Ceite recherche qui embrasse la période pendant laquelle la monnaie d'Alexandre élait celle du gouvernement ne regarde que les monnaies, qu’on doit considérer comme frappées dans des villes et des provinces gouvernées par des chefs macédoniens, ou dont l'autonomie élait restreinte par ceux-ci, mais non les monnaies qui peut-être ont été frappées par des fonctionnaires macédoniens dans les villes libres et les camps. En ce lieu nous r’anticiperons point sur le classement des monnaies,
1 Sur de telles monnaies v. le $ précéd. et le $ 21.
dont les résultats ne seront pas communiqués ici; nous n’en donnerons que la base historique nécessaire et ce qui peut servir de guide au classement. Nous tâcherons d'indiquer non seulement dans quels pays et quelles villes les monnaies d’Alexandre n’ont pu avoir été frappées parce que la domination de ce conquérant et de ses généraux ne les embrassait pas dans Fépoque en question, mais encore dans lesquels des villes et pays dépendants on peut avec quelque probabilité supposer qu’elles aient été frappées. Pour ce but nous nous servirons en partie des relations historiques en y recherchant autant que possible, quels sont les pays et les villes qui étaient dans une telle dépendance d'Alexandre que ses monnaies peuvent y avoir élé frappées; en partie nous aurons recours aux monnaies mêmes d'Alexandre en considérant celles dont les ateliers monétaires sont sûrs, et en profitant des résullats qu'amène l’examen de ces monnaies en général et leur comparaison avec d’aulres.
Pays d'Europe. Dans lappendice $ 3 il sera détvaglté que, quoique l'hégémonie de Philippe Il à la fin de son règne fût reconnue par la plupart des états de la Grèce, il n’y eut qu'une partie des provinces et des villes tellement assujelties que ses monnaies puissent y avoir été frappées. Celles-ci furent, outre la Macédoine telle que les. limites en avaient été étendues par Philippe: la Thrace méridionale (à l’exception de Byzance et de Périnthe), la Thessalie avec les îles adjacentes, Ambracie, Elatée, Amphisse, Thèbes et Eubée. Sous Alexandre il ne semble s’êlre opéré aucun changement considérable dans la dépendance de la Grèce qui püt exercer aucune influence essentielle sur le monnayage du gouvernement macédonien, Lorsque la Grèce se fut levée après la mort de Philippe, mais eut été forcée de reconnaître de nouveau la suprémalie macédonienne, il fut décidé à l'assemblée de Corinthe que pour tous les rapports essentiels l’ancien état de choses serait conservé. Il fut bien arrêté en même temps que les états grecs, qui formaient la ligue à la tête de laquelle se trouvait
le roi de Macédoine, seraient libres et souverains, mais celle résolution ne semble avoir amené aucun changement dans la condition politique des états qui avaient déjà en parlie perdu leur autonomie. Ainsidla Thessalie continuait à payer tribut à Alexandre et semble, quoique douée de libertés et de droits reconnus, avoir formé un royaume à part sous le sceptre de ce souverain.? . La garnison macédonienne ne fut pas retirée de Thèbes. De l’autre côlé Ambracie qui avait chassé les troupes macédoniennes recouvra son ancienne couslitution démocralique.ÿ Lorsqu’après une insurrection réilérée dans la seconde année du régne d'Alexandre les états grecs furent obligés de se soumettre, les rapports politiques,.semblent encore
être restés à peu près.les mêmes. La ville de Thèbes fut dé-
truite parce que les Thébains avaient massacré la garnison macédonienne, mais le fort de Cadmée fut conservé et occupé comme auparavant. Athènes obtint sa grâce sans condilion, Même lorsque pour la troisième fois, en 330, les élats grecs alliés à Sparle eurent essayé de secouer le joug et qu’ils eussent été subjugués par Anltipater, Alexandre leur accorda leur pardon.* La floite perse ayant en 331 quitté les parages de Grèce, les Cyclades, après que les petits lyrans qui y avaient été soutenus par les Perses eurent élé chassés ou tués, furent obligées de reconnaître l'hégémonie macédonienne*; il en fut peutêtre de même de Crète; mais Phistoire ne mentionne point que l'autonomie d'aucune des îles ou des villes ail été restreinte.
Les Illyriens, les Thraccs, les Gètes et les aulres peuples plus
2 Cfr Schorn Geschichte Griechenlands p.22 et Droysen Gesch. Alexanders des Gr. p. 59. É
3 Le signe qui sur la monnaie de#Philippe IT n° 206 semble indiquer Ambracie ne se trouve plus sur celles d'Alexandre. V. append. $ 5.
+ Un exemple, qui peut montrer la condition politique des villes grecques non subjuguéés par Philippe II à l’égard du roi de Macédoine, nous est offert dans le fait, que Mégare conféra à Alexandre le droit de citoyen comme une marque d'honneur. Plutarque de monarchia et democratia, chap. 2.
5 Droysen Gesch. Alexanders p. 272.
ou moins barbares demeurant près des frontières septentrionales de la Grèce, vaincus par Alexandre, furent seulement.obligés, à ce qu'il semble, à fournir un tribut ou un contingent” de troupes. Les villes grecques sur la mer Noire ne furent guère soumises dans l’expédition qu’Alexandre fit contre les Gèles audelà du Danube, car dans la marche et en allant et en revenant il traversa l’intérieur du pays.$ Byzance, que Philippe avait en vain lâché d'occuper, envoya sa flotte à Alexandre pour l'assister dans l’expédition, mais cette ville doit plutôt être regardée comme un libre allié que comme assujettie à Alexandre. ° Ce que nous venons d’alléguer semble montrer que pendant le règne d'Alexandre les monnaies de ce roi n’ont en général été frappées dans d’autres provinces et villes que celles où se faisait le monnayage de Philippe. L'examen des monnaies mêmes conduit à la même supposition. Comme de l’un côté il y a beaucoup de monnaies d'Alexandre qui doivent être rapportées aux mêmes ateliers monétaires que celles de Philippe, parce qu’elles offrent les mêmes signes de villes et de personnes joints el qu’elles sont d’une fabrique qui doit être regardée comme la première en usage (classe 1), ainsi de l’autre côté il ne se trouve parmi les monnaies de cette même fabrique aucune offrant un signe quon Soit obligé d’expliquer de quelque ville dans les autres parties de la Grèce. Les monnaies portant des signes qui indiquent d’autres provinces sont d’une fabrique (cl. HE et IV) qui tout aussi bien ou encore mieux convient à l’époque après Alexandre. Dans la période après la mort d'Alexandre jusqu’en 306, pendant laquelle Antipater, Polysperchon, Cassandre et Lysimaque règnaient sur les pays européens, la fabrication des monnaies d'Alexandre fut sans doute plus répandue. L’insurrection qui bientôt après le décès d'Alexandre amena la
6 Droysen 1, c. p. 67-74. De ce qu'a allégué Rathgeber dans Annali dell! inst. arch. di Roma X p. 292 rien ne peut être déduit relativement à la soumission des villes de Pont au nord de la Thrace.
7 Cfr plus bas note 16.
guerre Lamiaque el se lermina par la victoire d’Antipater à Crannon, fut cause que la domination macédonienne obtint une plus grande influence sur les villes grecques et que plusieurs conslilutions démocratiques furent changées en aristocratiques. Ces dernières, après la mort d’Antipater en 319, furent à la vérité abolies par Polysperchon qui fil émaner au nom du roi Philippe un décret de liberté qu’il tâchait de faire valoir par la force en Hellade et en Péloponnèse; de même par la paix entre Jes généraux en 311 Iles états grecs furent déclarés libres et autonomes, et Antigonus ainsi qué Ptolémée envoyèrent des flottes et des armées en Grèce, en apparence pour rétablir la liberté des états grecs. Mais ces démarches n'étaient que simulées et s’il s’opérait çà et là un changement de quelque imporlance, ce ne fut que pour peu de temps. En Thessalie nous trouvons au commencement de la guerre Lamiaque des garnisons macédoniennes dans plusieurs villes®; ce pays avait que la forme d’une constitution libre, mais il était en réalilé aussi dépendant du roi macédonien que la Macédoine elle-même. L’Epire était entre les mains des Macédoniens pendant près de quatre ans. {° Dans la forteresse de Cadméc la garnison macédonienne resta même après que Cassandre (316) eût effectué la reconstruclion de Thèbes. La Phocide et la Locride septentrionale étaient la plupart du temps au pouvoir des Macédoniens. Dans l’Acarnanie Cassandre établit pendant quelque temps sa place d’armes pour la guerre contre les Etoliens. Chalcis dans l’île d'Eubéc
8 Droysen Gesch. der Nachfolger Alexanders p. 65.
9 Polybe IV, 76,2. Dans Eusèbe l’Arménien [, 39, les rois de Macédoine se trouvent sous le titre de rois de Thessalie. Cfr aussi la description de la condition de Thessalie sous les rois de Macédoine chez Tite-Live XXXIV, 1
10 Les Epirotes s’étant insurgés en 316 contre leur roi Eacide et ayant conclu un traité avec Cassandre, celui-ci leur donna pour chef (stratège) Lycisque, et dirigea de l'Epire la guerre contre les villes illyriennes et Iles Etoliens; mais en 312 Alcétas, frère d'Eacide, reconquit le royaume.
11 La garnison macédonienne ne fut retirée et la liberté rétablie que quand Démétrius Poliorcète quitta la Grèce en 288 pour se rendre en Asie.
12 Diodore XIX, 77.
était occupée par Cassandre jusqu'à ce qu’en 312 l’île fût délivrée par les troupes d’Antigonus. L’ile d’Egine fut par occasion employée comme place d'armes macédonienne. En Péloponnèse Polysperchon et son fils Alexandre, Cassandre, Antigonus et Ptolémée se dispulèrent le pouvoir après la mort d’Antipaler; nommément la partie septentrionale fut pendant long temps occupée par divers chefs macédoniens. Tandis qu’ainsi dans les provinces et les villes que nous venons de nommer la liberté, du moins pour quelque temps, élait opprimée et le gouvernement entre les mains des Macédoniens, tellement que la monnaie royale macédonienne peut y avoir été frappée, il y avait d’autres villes où il en élait autrement. La ligue béolienne continua et semble avoir conservé son indépendance, tantôt en bonne intelligence avec les Macédoniens, tantôt contre eux. À Athènes après la mort d’Antipater Démétrius Phalérée soutenu par Cassandre régnait à la vérité en tyran, mais Ja constitution démocratique ne fut pas renversée, et lorsqu'en 307 Démélrius Poliorcète s’empara de la ville, sa liberté fut solennellement proclamée. Les Eloliens, souvent en guerre avec les Macédoniens, continuèrent à conserver leur indépendance, et les Locriens méridionaux élaient ordinairement leurs alliés. Lacédémone était gouvernée par ses propres rois. En Thrace, dont la côle méridionale seule avait été dans le pouvoir d'Alexandre, la domination macédonienne fut considérablement étendue par Lysimaque. Les Odryses et d’autres peuples de l’intérieur du pays furent vaincus à plusieurs reprises. Aussi les villes grecques sur la côte pontique furent obligées de se soumettre déjà pendant le règne de Philippe Arrhidée, et s’étant insurgées plus tard (313) elles furent réduites à l’obéissance. 5 On ne saurait douter que Périnthe, qui n'avait pu être prise par Philippe H, ne fût soumise par Lysimaque au gouvernement
13 Cfr $ 29 Egine no 899, HV, 6 29 Sicyon.
15 V, 6 23 Mésembrie no 431 suiv.
macédonien, à moins qu’on puisse supposer que ce fait ait eu lieu déjà sous Alexandre. La riche et puissante ville de Byzance seule, à ce qu'il semble, conservait toujours son indépendance.!$ Les suppositions auxquelles nous conduit l’histoire se trouvent confirmées par les monnaies. Parmi les tétradrachmes qui sont de la même fabrique (cel. HTetIV) que ceux aux noms de Philippe HT et des Diadoches et qui doivent ainsi appartenir à celle période, il se trouve un grand nombre qui d’après les signes peuvent êlre rapportés aux provinces et villes citées qui, au moins pour quelque temps, se trouvaient dans la possession des Macédoniens; mais il n’y en a point qu’on doive attribuer à des contrées où à des villes dont on sait qu’en réalité ou pour la forme elles consérvaient leur autonomie. Dans l’Asie Mineure les pays occidentaux et méridionaux avec plusieurs des îles adjacentes, de même que la Lydie et la Phrygie. furent conquis par Alexandre; mais sa conquête ne s’étendait pas sur la parlie septentrionale. La Paphlagonie n’of- -frit sa soumission qu’à condition que les troupes macédoniennes ne franchissent pas ses frontières!7; ce pays, ainsi que la Bithynie, le Pont et la Cappadoce seplentrionale continuèrent à être gouvernés par leurs propres rois De même les villes grecques sur la mer Noire, ou soumises à leurs propres tyrans ou jouissant d’une constitution démocratique, restèrent indépendantes d'Alexandre. Parmi les îles, Samos élait une possession athénienne. L'ile de Cypre avait ses propres rois, libres alliés d'Alexandre, qui l’assistaient avec leurs vaisseaux contre Tyr. Quant à la partie de l'Asie Mineure qui peut êlre regardée comme conquise par Alexandre, il n’est pas probable que Îles villes et les contrées grecques y aient été privées de leur autonomie ou de leur propre gouvernement. Alexandre se pré-
16 Pendant la guerre que fit Antigonus en 312 à Lysimaque et à Cassandre, chacun des deux premiers tâcha de gagner Byzance pour ses intérêls; mais cette ville resta neutre. Diodore XIX, 77.
17 Droysen Gesch. Alexanders p. 152. -