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Classification d’après des pays et des villes.
Dans l'ouvrage de Mionnet et à l'instar de celui-ci dans la plupart des grandes collections et catalogues les monnaies d'Alexandre ont élé classées en celles frappées dans différentes villes, celles avec des époques et celles avec des symboles incerlains; ces dernières qui forment la grande majorilé sont rangées d’après le métal et la grandeur, et divisées en celles à litre de roi et celles sans ce titre.
Il a été démontré $ 4 qu'aucun classement ne peut étre basé sur la présence ou labsence du titre de roi. Où il y a un nombre considérable de monnaies à classer, la considération du métal et de la grandeur doit céder à celle des signes; si lon donne la préférence à celle-là, des monnaies frappées dans les mêmes villes et par les mêmes magistrats seront dispersées dans divers endroits, et ainsi on séparera des pièces dont le rapprochement amènerait d'importants résultats.
Les questions du lieu et du temps élant les plus graves, c’est sans aucun doute à celles-ci qu’il faut surtout avoir égard dans la classification. Il ne sera cependant guère convenable de baser un classement spécial sur la fixation du temps. Dans ce qui précède on a vu que par rapport au temps les monnaies d'Alexandre se rangent en trois divisions: 4e celles
frappées sous le règne d'Alexandre, 2 celles de l’époque depuis sa mort jusqu'en 306, 3° celles du temps suivants Quoiqu’un nombre considérable puisse avec quelque vraisemblance être rapporté à chacune de ces divisions, il resterait néanmoins une grande majorité à déterminer, en ce que les monnaies d’or et de bronze et beaucoup de drachmes ne peuvent être rangées à différentes époques d’après la fabrique, et même pour les tétradrachmes, landis que ceux de la dernière époque se laisseraient distinguer avec sureté de ceux appartenant au règne d'Alexandre, il serait souvent difficile de marquer la limite entre la {ère et la 2de division, enire la 2de et la 3ième. Par un tel classemeut Îles monnaies appartenant au même pays et à la même ville seraient aussi séparées et le coup d’œil général serait en parlie perdu.
La division doit donc être basée sur la considération scule du lieu où se trouvait latelier monétaire, et le classement, conformément à l'ordre généralement adopté dans la numismatique, doit être fait d’après des pays et des villes. En essayant dans cet ouvrage une telle classification, nous tâcherons en même lemps, où cela peut se faire, de suivre un ordre chronojogique dans les séries appartenant au même pays ou à la même ville, et de donner dans les sections et articles spéciaux des renseignements sur la période à laquelle les monnaies doivent être rapportées.
Les monnaies d'Alexandre jusqu’à présent classées à différentes villes appartiennent presque toutes à l'Asie. Eckhel déclara ne pouvoir, d’après de sûrs indices, rapporter des monnaies d'Alexandre aux pays européens ou à la Macédoinef, et après lui il n’y a que quelques pièces isolées qui, selon nous, aient été justement attribuées à des villes de Grèce. La détermination des villes a été presque exclusivement basée sur la conformité des types accessoires avec les types des monnaies
1 N, vet. anecd, I p. 82, Doctr. n. v. IT p. 108.
autonomes, et sur les initiales ou monogrammes qui pouvaient désigner des cilés. A l'égard de la fabrique on a certaine ment fait observer que les tétradrachmes épais appartenaient surtout à la Grèce, les plats à l'Asie Mineure, mais c'est à tort qu’on à attribué tous les tétradrachmes plats à l’Asie Mineure*. Ce n’est que dans le dernier temps que M. Lenormant à avancé l'opinion qu'un aplatissement progressif de la monnaie avait eu lieu et en Europe et en Asie’, et que M. de Prokesch Osten a dirigé l’altention sur une comparaison entre les signes sur les pièces d’Alexandre et sur celles de Philippe IT et des successeurs d'Alexandre. On à généralement presumé qu'une ville ne fût désignée que par un seul et même symbole, et que le même symbole dût toujours être expliqué de la même ville. Enfin, sur l’altribution des monnaies aux différentes villes on n’a souvent énoncé que des suppositions qu’on n’a pas tâché de corroborer par des raisons.
Pour parvenir à un résullat plus satisfaisant concernant la détermination des lieux d’emission et le classement fondé sur ceux-ci, il faut d’abord étendre la recherche sur un nombre de
monnaies beaucoup plus grand que celui qui en a été jusqu’à
? Voy. p. e. Sestini Mus. Hedervar. I p. 127, note au no 94. Il a été démontré $ 12, que cette fabrique n'appartient pas exclusivement à l'Asie Mineure mais à toute l’époque postérieure.
5 Numismatique des rois grecs p.28. Mais cette opinion sur la fabrique, le savant auteur ne la fait pas assez valoir dans la détermination des lieux d’émission, en ce qu’il attribue à Cos, à Héraclée, et à Apollonie en lonie et en Carie des télradrachmes plats qui sont des villes pontiques de la Thrace septentrionale; aussi en donnant des pièces épaisses à Dardanus, à Pitané, à Priapus, à Lampsaque et à Clazomène, il fait beaucoup d'exceptions de la règle établie par lui-même, que de telles pièces appartiennent à la Macédoine et à la Syrie. J + Denkschriften der kais. Academie der Wissensch. (Wien 1854) V p. 242. Il en était ainsi p.e. des signes de Lampsaque, d'Alexandria Troas, de Clazomène, d'Ephèse et de Rhodes. Rien n'empêche certainement de supposer que sur des monnaies frappées dans différents pays, sous différents souverains et pendant une très longue période plus d’une ville ait été indiquée par le même signe.
présent l’objet. Les pièces isolées induisént facilement en errour; par le rapprochement d’un grand nombre on distingue avec plus de certilude quels signes doivent être regardés comme ceux de personnes, quels comme ceux de villes, et de quelles villes on doit expliquer ces derniers, et l’on voit de même plus clairement quel poids il faut ajouter à la fabrique et quelles particularités de celle-ci on doit regarder comme caractéristiques pour des pays et des périodes. Ensuite il faut employer encore d’autres moyens pour déterminer les lieux d'émission. Ces moyens formeront le sujet des paragraphes suivants,
La fabrique comme moyen de classification.
La fabrique des monnaies d'argent, ou les particularités caractéristiques de ces monnaies, surtout des télradrachmes, qui sont décrites ($ 2) sous sept classes ct représentées par quelques exemplaires de chaque classe sur les planches I-IT, est un des moyens Îles plus importants pour déterminer à quels pays ou villes et, ce qui s’y raltache, à quel temps il faut rapporter les monnaies d'Alexandre.
Classe I. Cette classe contient les monnaies premières en date et frappées dans les pays européens. En voici les raisons. La têle d’Hercule offre le même caractère que celle qui se trouve sur les monnaies d’Amyntas IT, de Perdiccas JT et de Philippe IT, et sur les autonomes de Pydna et de Philippes qui en sont contemporaines; celte tête n’a que peu de ressemblance avec Alexandre et ne semble point devoir le représenter. Le Jupiter trônant, vu le style artistique, doit être régardé comme une représentation plus ancienne que celle sur les monnaies de la classe IIT et des suivantes et a probable-
1 On ne saurait supposer qu'au commencement du règne d'Alexandre le portrait de ce roi ait été représenté dans la tête d’Hercule sur ses monnaies, v. Ç À P- 14-19.
ment élé copié d’après l’image de Jupiter Bottiée à Pella2 L’epaisseur et l'exécution grossière font ressembler ces létradrachmes aux didrachmes de Philippe IT auxquels ils succédaient, et on y trouve la même économie de signes. Mais ce qui surtout est décisif, c’est que les pièces de celte classe ont pour la plupart les mêmes signes de villes et souvent encore les mêmes signes de personnes joints à ceux-ci que les didrachmes de Philippe.$ Ils appartiennent enfin à celle espèce grosse qu’on trouve surtout en Macédoine. Des pièces de cette fabrique ne semblent pas avoir été frappées hors de la Grèce ni au-delà du règne d'Alexandre; car aucun des létradrachmes aux types d'Alexandre qui portent les noms de Philippe I, de Lysimaque ou de Séleucus, ou qui par une raison quelconque doivent êlre considérés comme frappés après la mort d'Alexandre, n’offre de fabrique conforme, aussi peu qu'aucune des pièces qui d’après des indices certains sont d'Asie.
Classell. Le Jupiter trônant trahit l'influence évidente de l’image du Jupiter Tarse (Baal Tars, Zeus Tersios) qui fait le type sur Îles monnaies autonomes de Tarse, qui élaient en cours dans le sud-est de PAsie Mineure, en Syrie et en Phénicie, L’image sur la pièce gravée planche fig. 7 correspond à celle qu’on voit sur les tétradrachmes de Tarse qui appartiennent à la période qui précédait le renversement de l’empire perse, voy. plIl fig. 23%; celle de la pl. I fig. 8 ressemble à celle des tétradrachmes qui doivent être rapportés à la période d'Alexandre et au com-