‹ Numismatique D'alexandre Le Grand - Vol IIChapitre 16 sur 32 · V. $ 3, p. 11 note3 et p · texte numérisé non relu

V. $ 3, p. 11 note3 et p

% On verra dans les tables d'Alexandre que les tétradrachmes suivants de Ja classe {ère portent le même signe de personne ajouté au même signe de ville que les didrachmes de Philippe: nos 56, 101-3, 181 a (suppl.), 260-61, 279- 80, 542, 549, 560, 570, 575 et 858.

# Selon Cousinéry qui avait fait un séjour de plusieurs années dans ce pays, v. Eckhel Doctr. n. v. Ip. 103, cfr Cousinéry Voy. en Macédoine ! p. 252 en haut. |

5 ï Luynes Numism. des satrapies et de la Phénicie pl. I, 1 3 1V,2-4; NIIL,

mencement de celle des Séleucides, vay. pl. I fig. 246. Quelques lélradrachmes d’Aradus ct d'Acé sont de celte empreinte, mais aucun de ceux qui par une raison quelconque doivent être rapporlés aux pays européens, ni de ceux qui d’après des signes de villes certains appartiennent à PAsie Mineure occidentale. Cette fabrique peut donc être regardée comme particulière à la parlie sud-est de l’Asie Mineure el aux pays orientaux voisins. Sur quelques-unes des pièces d’Acé qui sont de celte classe on rencontre des années qui oulrepassent le règne d'Alexandre, mais non au-delà de l'an 306.5

Classe IL A cette classe appartiennent plusieurs tétradrachmes ayant les mêmes signes de villes qui se trouvent sur les monnaies de Philippe Il, un nombre de ceux de Philippe HI et de Séleucus (aux types d'Alexandre), quelques-uns d’Aradus el d’Acé, aucun de l'Asie Mineure occidentale. Comme il à déjà été observé ($2), le style arlistique montre un développement de celui qui est particulier aux deux classes précédentes. Les pièces de celle classe peuvent donc étre rapportées et aux pays curopéens et au sud-est de l’Asie Mineure, à la Syrie et à la Phénicie, non à l’Asie Mineure occidentale. Les pièces frappées à Acé, qui sont de celle classe, offrent des années qui tombent après la mort d'Alexandre, mais non après l’an 306.

Classe IV. Cette classe renferme les tétradrachmes sui-

6 V. Luynes 1. c. pl. IX, 13-14, 17, 20-21; X, 22-24,

7 V. no 1360 suiv. et no 1427 suiv.

$ On trouve quelquefois des tétradrachmes, appartenant d’après le signe à la même ville que des pièces de cette classe, qui ont l'image de Jupiter rapprochant de celle citée sous classe 1. Ceci s'explique facilement de ce que les graveurs des villes asiatiques se faisaient influencer par l’image de Jupiter sur les monnaies importées de la Grèce, laquelle était d’un style également sévère. Si l’on a seulement quelques exemplaires offrant des copies évidentes de Jupiter Tarse, ceci doit servir de raison suffisante pour rapporter tous ceux ayant le même signe aux pays d'Asie, comme, de l’autre côté, il n'est pas vraisemblable que les graveurs dans les pays d'Europe aient copié les coins étrangers.

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nm

vanis: des pièces qui portent les mêmes signes de villes et de personnes que les didrachmes de Philippe IL, qui en même temps se rapprochent de ceux-ci par leur fabrique assez grossière el” qui proviennent de trouvailles faites en Macédoine”; d’autres d’une fabrique plus élégante, rattachés au Péloponnèse par une découverte remarquable; ceux au signe connu de Périnthe, el ceux au nom de Lysimaque (aux types d’Alexandre)!!; presque lous ceux aux noms de Philippe If et de Séleucus (aux types d'Alexandre); plusieurs à légendes puniques d'Acé; quelquesuns offrant un symbole égyptien ou ayant au droit la lêle d'Alexandre couverte de la peau d’éléphäntf?. Ceux qui d’après les signes sont reconnus pour être des villes de l’Asie Mineure occidentale ne sont pas de cette fabrique. * Celle classe embrasse ainsi la Grèce, le sud-est de l’Asic Mineure, la Syrie, la Phénicie et l'Egypte. Les pièces qui ont les poils de la peau de lion d’Hercule rangés en lignes régulières appartiennent exclusivement à la Macédoine à ce qu'il semble, ainsi que celles où le trône de Jupiler est orné de Victoires sont de la Péloponnèse septentrionale. Tandis que les pièces, dont les signes correspondent à ceux sur les monnaies de Philippe Il, doivent surtout être rapportées au règne d’Alexan-

% Comme ceux d’Amphipolis, v. n° 32 suiv. 10 V. Sicyon n° 864 suiv. 11 Probablement frappés à Cardia-Lysimachia, efr $ 23 nos 310-62. 12 D'Egypte, v. $ 5 n° 21.

13 M. Lenormant dans Num. des rois gr. p.25 ad pl. XV, 1 (cfr p.28) a fait sur

un tétradrachme au symbole et aux initiales d'Ephèse la remarque qu'il est d'un flan épais et peut servir de preuve que tous les tétradrachmes de l'Asie Mineure ne sont pas larges et plats. Cette pièce est certainement de la même épaisseur qu'un nombre de la classe IV, mais par tout le caractère et par l'exécution de la tête d'Hercule, qui est plate et occupe tout le champ, elle se rattache à maintes autres de l’Asie Mineure occidentale et peut être rangée à celles que nous avons comprises sous la classe V. Ce tétradrachme est probablement du nombre des premiers frappés dans l'Asie Mineure occidentale.

Voyez pl.I fig. 13. Sur les pièces de cette fabrique on ne trouve que les signes de Pella, d'Amphipolis et quelques autres qui semblent appartenir à la Macédoine.

15 Voyez pl. I fig. 19.

dre, les autres appartiennent sans doute pour la plupart à la période après la mort de ce roi; en Syrie elles: outrepassent Pan 306, car il existe de cette fabrique des pièces d’Acé ayant des années jusqu’à l’an 46 et d’autres portant le nom d’AntiochusI (aux iypes d'Alexandre).

Classe V. Les ictradrachmes de cette fabrique, qui se rapproche souvent de celle de la classe précédente et de la suivante, n’ont pas des signes de villes de commun avec les monnaies de Philippe Il; ils ne sont donc guère des pays et des villes de Grèce où celles-ci furent frappées, mais rien n'empêche de les rapporter à d’autres parties de la Grèce (v. $ 11 p. 62 s.. Des villes de l’Asie Mineure occidentale et de la Phénicie il y a des pièces certaines de cette fabrique. Comme de celte classe il n’existe point de télradrachmes qui par une raison quelconque doivent être rapportés au règne d'Alexandre, non plus des tétradrachmes aux noms de Philippe HT ou de Lysimaque aux types d'Alexandre !ô, mais qu'il y en a d’Aradus et de Marathus portant des années qui tombent après le règne d'Alexandre, surtout après 306, et qu’en général les pièces de cette classe pour la fabrique ressemblent aux tétradrachmes de Lysimaque ‘et des premiers Séleucides à types propres, la classe V semble devoir être rapportée à la période après la mort d'Alexandre, ‘surtout après 306.

Classe VI. Les létradrachmes qui par diverses raisons doivent être rapportés aux pays européens, à la Cilicie et à la Phénicie, n’appartiennent pas à cette classe, mais il faut y compter la plupart de ceux qui d’après des indices cerlains sont de l'Asie Mineure occidentale et des îles adjacentes; ils nous viennent aussi ordinairement de là. Il a été démontré $ 12, que pour le temps ils appartiennent à une période postérieure aux précédents.

16 Ce ne fut probablement que peu de temps après l’an 306 que Lysimaque continua à frapper monnaie aux types d'Alexandre. 17 Cfr. Eckhel Doctr. n. v. IL p. 103, Sestini Lett. num, VI p. 27,

Classe VIL Les tétradrachmes barbarisants aux noms d’'Odessa et de Mésembrie sont de cette fabrique qui est aussi propre aux nombreux tétradrachmes de Lysimaque aux iniliales du nom de Byzance. Celle fabrique ne se troûve pas dans les létradrachmes d’Alexandre qui d’après les signes sont à rapporter à d’aulres pays européens que la Thrace ou à des pays asiatiques, non plus dans les tétradrachmes aux noms des autres Diadoches. Elle indiqué ainsi la Thrace influencée par des peuples barbares. Nos raisons pour rapporter celte fabrique à la période après Lysimaque ont élé alléguées $ 12.

De ces sept classes on peut ainsi tirer les résultats suivants par rapport au lieu et au temps. [ La partie de la Grèce qui était soumise à Philippell; le temps du règne d'Alexandre lui-même. Il. Le sud-est de PAsie Mineure, la Syrie el la Phénicie; le règne d’Alexandre et l’époque jusqu’à Pan 306. II. Les mêmes pays européens et asialiques; même époque. IV. Les mêmes pays européens ct asialiques ainsi que l'Egyple; même époque, dans Porient plus avant. V. Les pays européens qui n'avaient pas été soumis à Philippe IE, l'Asie Mineure occidentale et la Phénicie; lépoque après le règne d'Alexandre, surtout après 306. VI. L'Asie Mineure occidentale avec les îles adjacentes; l’époque après l'an 306, peutêlre jusque dans le 2me siècle. VII La Thrace, après l'établissement de la domination gauloise (en 278).

Dans chacune des classes il y a des variétés, et l’on renconire assez souvent des pièces qui, se trouvant sur la limite même où l’une classe se rapproche de l'autre, ne se laissent rapporter qu’avec peine à une classe certaine; de telles transilions se trouvent dans classe 1 à IL ct If, dans IV à Y, dans V à Viet VIL Mais les classes les plus divergentes ne seront pas facilement confondues, ainsi les classes I-IIE ne le seront pas avec les auires, ni la classe IV avec Viet VIL Où il existe des monnaies en grand nombre offrant les mêmes

Signes il ne sera généralement pas difficile de déterminer Ja

classe dans laquelle il faut les ranger, car il s’en trouvera au moins quelques-unes d’un caractère fortement prononcé auxquelles les autres peuvent se rattacher; mais où il ne se trouve qu’un seul exemplaire ou quelques-uns seulement qui n’ont pas un lel caractère prononcé, le renvoi peut offrir plus de difficullé. Sur les tables les tétradrachmes qui ne peuvent étre rapportés à aucune des classes sont indiqués par les nombres des deux classes auxquelles ils se rapprochent le plus, joints par un trait d'union. Pour les drachmes, dans lesquelles l’attribulion à une classe certaine est en général plus difficile, la classe n’a été cilée que lorsqu'elle est facile à reconnaître.

IL se lrouve par-ci par-là encore d’autres parlicularités dans les types principaux et dans l’écriture, aussi sur les monnaies d’or, qui peuvent servir de guide au classement. Ainsi un caractère individuel de la tête au droit, la pose et le vêtement de la figure au revers, la construction et les ornements du bâton de la Victoire ou du trône de Jupiter, et le travail arlistique en général peuvent servir à confirmer le rattachement aux pièces dont la classification est déjà suffisamment motivée et, où le choix se présente centre plusieurs lieux d'émission, décider lequel soit à préférer. Puis, lorsque sur des pièces dont l’exécution artistique n’a rien de barbare le nom ou le titre d'Alexandre est confus, en écriture rétrograde, ou offre des leltres d’une forme insolite, nous sommes renvoyés aux contrées de l'Asie Mineure méridionale, où les langues phénicienne ct perse et d’autres idiomes asiatiques exerçaient de l'influence, et où probablement on employait quelquefois des graveurs peu versés dans la langue grecque.

Nous avons déjà fait observer que le litre BAZIAËEYZ se rencontre toujours sur les monnaies des villes de Thrace qui appartiennent à la classe VII, mais qu'il n’est jamais sur celles.

de l'Asie Mineure occidentale rangées à la classe VI. Ainsi la

18 V, plus bas & 35 et 36, Lycie et Cihcic.

présence ou l'absence du litre de roi montre déjà auquel de ces pays il faut rapporter un tétradrachme dont la fabrique se trouve sur la limite entre les classes VI et VIT Comme en général le litre de roi ne se voit sur aucune pièce que par quelque raison il faudrait altribuer à PAsie Mineure occidentale, on peut poser comme règle que les pièces munies de ce litre ne doivent pas être attribuées à ce pays. Enfin comme encore dans quelques villes d’autres pays l’usage semble avoir prévalu ou de placer toujours le litre de roi sur les pièces d'Alexandre, ou de l’omellre toujours, la question du classement d'une pièce à lune de deux séries, dont la première offre sur loules les pièces ce litre, mais la seconde en est dépourvue, peut être décidée par la présence ou labsence du titre.

Set

Réunion des signes sur les monnaies d'Alexandre comme moyen de classification.

Réunion des signes de villes. Il a été observé plus haut ($ 7) que plusieurs signes de villes qui se trouvent sur la même monnaie doivent être regardés comme désignant la parlicipation de plusieurs villes dans son émission. Les villes qui frappaient monnaie ensemble étant d'ordinaire rapprochées l'une de Paulre, situées dans la même contrée ou province, ou, s'il y avait une plus grande distance entre elles, se trouvant en liaison commerciale, on sera autorisé, l’un des signes étant connu, à en tirer des conclusions par rapport à l’autre ou aux autres. { |

Réunion des signes de villes avec ceux de per- Sonnes. Il à été avancé plus haut (p. 58) qu’un signe de

1 Si une telle conclusion se trouve en opposition avec d’autres critères, on ne pourra cependant y attacher aucune importance, car il se trouve des exemples que même des villes éloignées l’une de l’autre, entre lesquelles aucune liaison n'est connue, ont frappé monnaie en commun, cfr $ 7 p. 45.

personne qui se trouve joint à différents signes de villes sur différentes monnaies doit être expliqué d’un magistrat qui a présidé le monnayage dans toutes ces villes, dont il faut alors supposer qu'elles aient été peu éloignées l’une de l’autre, ou qu’elles se soient lrouvées en liaison commerciale. Il s’ensuit donc que lorsque sur des pièces dont le signe de ville est incerlain on voit un signe de personne qui se trouve ailleurs joint à un signe de ville connu, celte dernière union pourra servir d'indice pour déterminer la ville ou la province à laquelle appartient le signe incertain.?

Contremarques. Une recherche attentive fait voir que ces marques, qui avaient pour but de donner du cours aux monnaies* ou de les autoriser comme moyens de paiement, élaient surlout en usage dans l'Asie Mineure, et qu'en général elles furent imprimées sur les monnaies circulantes soit frappées au même lieu dans un temps antérieur, soit émises dans des élats voisins ou dans des villes de commerce avec lesquelles il y avait une vive liaison, mais rarement sur des monnaies d’élats éloignés qui n’élaient pas en cours à l'endroit même. C’est donc surtout à l'Asie Mineure qu’appartiennent les monnaies d'Alexandre qui sont contremarquées, et la ville à laquelle

appartient la contremarque étant connue, ce fait pourra servir

2 Ce n’est cependant que d'accord avec d’autres raisons que cette réunion des signes peut avoir du poids, car différentes personnes peuvent être indiquées par le même monogramme ou la même lettre, et à différents temps la même personne peut avoir été en fonction dans différents endroits très éloignés l'un de l’autre.

3 Soit de leur donner un cours forcé au-dessus de la valeur du métal, soit de les désigner comme ayant le juste poids.

+ Ainsi selon notre expérience les contremarques de cistophore, un arc dans son étui avec les initiales de villes de l'Asie Mineure (de 7 différentes), ne se trouvent que sur les tétradrachmes de Sidé et sur ceux des tétradrachmes d'Alexandre qui, par de bonnes raisons, doivent être rapportés à l'Asie Mineure. La contremarque séleucide, l’ancre, qui est une des plus communes, est généralement imprimée sur les monnaies des Séleucides, sur les tétradrachmes de Sidé et sur les monnaies connues d'Alexandre de l’Asie Mineure (v. p. e. sur nos 924, 1178 suiv et 1225 suiv.).

à déterminer le pays auquel il faut rapporter la monnaie, ou la ville indiquée par le signe auquel la contremarque à élé

ajoutée. Ÿ

Les signes sur les monnaies des villes et des rois comme moyen de classification.

Monnaies aulonomes des villes. Les autonomes dont les types correspondent aux signes sur les monnaies d’Alexandre offrent assez souvent les mêmes monogrammes, iniliales ou noms de personnes qui sur les pièces d’Alexandre accompagnent les mêmes types en petit Lorsque ces monnaies aulonomes sont d’une fabrique qui convient au temps auquel appartiennent les monnaies d'Alexandre correspondantes, il y a lieu de croire que les mêmes personnes sont désignées, et celle conformilé des marques de personnes sert ainsi à confirmer lattribution à unc ville, ou à diriger le choix où le petit type peut être expliqué de plus d’une ville. {

Monnaics macédoniennes ct thraces avant Philippe Il Quelques-unes de ces monnaies portent les noms des rois macédoniens, ou offrent les mêmes lypes que celles de ces rois, mais sans nom; d’autres ont des types différents el portent des noms de peuples ou de villes de la Macédoine (dans son étendue antérieure à Philippe) et des pays voisins de Thrace ?, ou doivent être rapportées à des villes dans ces pays

® Cet indice pourtant n’a du poids que conjointement avec d’autres critères, car il se peut.que quelquefois une pièce d'Alexandre d'un lieu d'émission éloigné se soit trouvée parmi les piéces qui furent contremarquées.

1 Voy. Odessa n° 413, Sicyon nos 864 suiv., Cyme n° 949, Erythres nos 1000 suiv., Rhodes nos 1160 suiv., Nisyros nos 1168-69.

? La contrée à l'est du Strymon et la Chalcidique qui, comme on sait, furent

regardées avant Philippe comme appartenant à la Thrace. La péninsule

entre le golfe thermaïque et le strymonique, dont les Thraces étaient les

anciens habitants, fut appelée par les Hellènes du nom de re ni Opdzns.

Cfr Bœbhnecke Forschungen auf dem Gebiete att. Redner, p, 95 suiv., ct aill.

Eh. 08

quoiqu’élant sans nom. Quant aux monnaies des rois de Macédoine el à celles qui à cause de la conformité des types doivent au moins être regardées comme frappées sous leur dominalion Ÿ, il est vraisemblable, que les symboles accessoires ct les initiales ou monogrammes (du moins plusieurs de ceux-ci qui peuvent exprimer des noms des peuples ou des villes de Macédoine) soient à considérer comme signes de villes, puisqu’on les rencontre sur les monnaies de plusieurs rois soit des anciens soit des postérieurs. Les signes analogues sur les monnaies d'Alexandre peuvent ainsi à bonne raison être regardés comme indiquant des lieux d'émission en dedans des frontières de l’ancien royaume macédonienÿ, Quant aux monnaies ayant des types qui différent de ceux des rois macédoniens, les signes peuvent indiquer tantôt, comme sur les précédentes, la ville où la monnaie a été frappée (ce qui vaut des anciennes piéces sans nom dont les types peuvent étre considérés comme

communs à plusieurs peuples macédoniens ou thraces$), tantôt

Ce sont les pièces d'argent sans nom aux types suivants. Chèvre agenouillée. B. Carré en creux. Cavalier. Br. Tête de chèvre. Cavalier. K. Lion à mi-corps. Cheval. R:. Carré en creux, sans type on avec un casque. Quelques-unes ont des lettres qui peuvent être regardées comme initiales des noms des rois, savoir A4 et 17; mais ces mêmes pièces peuvent aussi avoir été frappées par des villes autonomes ou par des peuples sous la domination macédonienne.

On ne peut guère douter que le monogramme composé de EA{ qui se trouve au-dessus de la chèvre agenouillée (Mionn. $. HIT p. 175 n° 6, aussi dans le musée brit.) n'indique la ville d'Edesse, résidence des rois et plus tard encore leur sépulture, soit la même ville qui fut appelée Ægæ, soit située auprès d'elle. Sur d’autres exemplaires le monogramme fournit même la troisième lettre Æ (Mionn. S. HE, pl. IX, 6, Cousinéry Voy. IE pl, VIE, 11).

£ur l'étendue de ce royaume, v. Append. PhilippelIl $ 3.

De tels types communs sur des pièces d'argent ayant au K. un carré creux sont: un lion accablant un taureau; un taureau agenouillé ou couché (aussi à mi-corps); un satyre ou centaure enlevantune nymphe; un cygne regardant en arrière (au-dessus un lézard). Le taureau est ordinairement regardé comme le type d'Acanthe; les pièces aussi qui ont une fleur (d'Acanthe) au-dessus du taureau ou une roue au B. (v. $ 22 Therma, note) appartiennent sans doute à cette ville; mais d’autres pièces ont au-dessus du taureau OPPHE (Cat. de Welzl nos 2084-85, Cadalvene Rec. p. 76 n° 5),

la ville conjointement avec laquelle le monnayage a été fait (ce qu’on peut supposer des pièces postérieures qui portent Île nom d’une ville®). Dans l’un et l’autre cas nous avons probablement dans les symboles accessoires, les monogrammes ou initiales sur ces monnaies un nombre de signes de villes dans lesquelles ou pour lesquelles on a frappé monnaie, et parmi les villes ainsi désignées quelques-unes dont nous n’avons point de monnaies, de sorte que les signes de ces monnaies peuvent suppléer la série des lypes de villes ou des lieux d'émission. Ils renvoient donc les monnaies d'Alexandre, qui ont des signes conformes, à la partie de la Thrace ou de la Macédoine à laquelle appartient le lype principal ou le nom de la ville. Monnaies de Philippe IL Presque tous les signes de villes et un assez grand nombre des marques de personnes: sur les monnaies de Philippe II se voient aussi sur celles d’Alexandre.$ Les pièces d'Alexandre qui ont des signes de villes de commun avec celles de Philippe, surtout. lorsqu'elles ont les mêmes marques de personnes y ajoutées, doivent donc être rapporlées aux villes et pays de Grèce sur lesquels s’étendait la domination de Philippe, voy. $ 11 et Appendice $ 3. Cependant, les slalères de Philippe ayant aussi été frappés après sa mort dans l'Asie Mineure (voy. Appendice $ 4), il faut sur-

ou ABAH (Cadalvene Rec. p.5 n° 4), noms des Orresquiens et des Abdérites, et encore d’autres un bucrâne, une fleur de balaustium, un rameau, un dauphin, le symbole K ou diverses lettres et signes qui correspondent tous à ceux sur les monnaies de Philippe IT et d'Alexandre. Parmi les pièces qui ont le satyre enlevant la femme il existe une au nom des Létéens sur le B:. (Se-

, Stini Med, ant. gr. di piu musei p. 42 tav. VIT, 11), une autre au nom des Bergéens sur le &. (dans le musée brit.), une troisième avec @ 4 probablement le nom des Thasiens au droit (Mionn. S. IT p. 545 pl. fig. 2), d’autres encore avec À ouavecun dauphin. Le centaure avec la nymphe enlevée se trouve, d’après les légendes ajoutées, sur les monnaies d’Orreskia, de Lété et d'Æané, (Cousinéry. Voy. I pl. VI, 9-12, Num. Chron. HI p.133). Etc.

7 V. $7 p.42 note 13.

8 Il a été démontré $ 7, que les signes sur les monnaies de Philippe IT et sur celles des rois suivants doivent être expliqués de la même manière que ceux sur les monnaies d'Alexandre.

tout avoir égard aux signes de ses autres monnaies, nommément des didrachmes.° |

Monnaies de Philippe HI1 Les signes des villes de l’Asie Mineure occidentale qu’on rencontre en grand nombre sur les monnaies d'Alexandre ne se trouvant point sur les monnaies de Philippe II, il est vraisemblable que celles-ci n°y ont pas été frappées.f{ Les pièces de bronze, dont la plupart peuvent aussi être de Philippe ll, sont émises, suivant les lypes, dans le nord de la Grèce. On peut donc conclure que les signes de villes sur les monnaies d'Alexandre qui se rencontrent sur celles de Philippe IT (lesquels sont en nombre considérable et ça et là accompagnés des mêmes marques de personnes) n’apparliennent pas à la partie occidentale de l'Asie Mineure, mais, s'ils se trouvent sur les pièces d'or et d'argent de Philippe, aux pays européens ou aux autres pays asiatiques, et s'ils se trouvent sur les pièces de bronze, à la partie septentrionale de la Grèce.

Monnaies des rois suivants de Macédoine. Les signes de villes de celles-ci se trouvent déjà presque tous sur les monnaies d'Alexandre; sur celles de Cassandre on voit quel-

quefois aussi les mêmes marques de personnes ajoutées. Cas-

9 Il sera prouvé dans l'Appendice $ 2 qu’outre les statères et les didrachmes généralement attribués à Philippe Il il faut encore donner à ce roi d’autres pièces d'or et d’argent et des monnaies de bronze. Si même on ne veut pas admettre que ces dernières espèces soient de Philippe IT, et quoiqu'il faille avouer que dans la plupart des cas on ne saurait décider lesquelles des pièces de bronze sont à classer à Philippe IL, lesquelles à ses successeurs du même nom, elles auront pourtant la même influence pour déterminer les lieux oùles monnaies d'Alexandre sont émises, puisqu’en général elles doivent être regardées comme frappées dans la partie de Grèce sur laquelle régnait Philippe If, cfr.le suiv. Ce ne sont d’ailleurs que très peu de signes de villes que ces espèces n’ont pas de commun avec les didrachmes que tous s’accordent à rapporter à Philippe IT.

10 Dans l'Appendice $ 2 il sera montré, qu'il n’y a point d'autres monnaies d'or et d'argent que celles aux types d'Alexandre qui peuvent avec sureté être

= A&ttribuées à Philippe IT.

1 Voy. Append. $ 7. 12 Voy. Append. 6 1-2.

sandre, Démétrius If, Antigonus I, Démétrius II, Antigonus I et Philippe V regnèrent lous, du moins pendant quelque temps, sur la Macédoine, la Thessalie el à peu près sur les mêmes contrées et villes au sud de ces pays que Philippe If, mais non sur la Thrace. Il y a donc tout lieu de chercher les ateliers monétaires pour les signes qui se retrouvent sur les monnaies de ces roist! dans les pays ci-dessus nommés, mais non dans la Thrace. Philippe V ayant conquis la parlie de la Thrace méridionale voisine à la Macédoine, à peu près la même que Philippe IT avait eue en son pouvoir®, el celle parlie de la Thrace élant sans doute restée dans la possession de Persée, les signes qui se voient sur les monnaies de ces deux rois peuvent aussi indiquer des villes dans celte contrée; mais sur les monnaies de Persée il ne peut se trouver des signes de villes de Thessalie ou d’Hellade, Philippe V ayant déjà perdu ces pays par suite de la paix avec Rome en 197. Monnaies avec la légende MAKEAONON. On ne saurait douler que les petils types sur ces monnaies, qui au lieu du nom propre ou commun du roi (BA) portent le nom des Macédoniens et probablement ont été frappées aux frais de communes macédoniennes, n’indiquent des villes, puisqu'ils sonl tous les niêmes qui se trouvent sur les monnaies des rois macédo-

niens el que par d’autres raisons ils se rattachent à la Macédoine 6,

13 Il est probable que les monnaies de Démétrins (}) Poliorcète pour la plupart aient été frappées en Grèce, comme en général elles portent les mêmes signes que celles de Philippe IT et des autres rôis de Macédoine; mais on ne peut se servir d'elles seules pour déterminer les lieux d'émission, Démétrius ayant élé aussi pendant quelque temps maître d'une grande parte de l'Asie Mineure, de la Phénicie et de la Palestine.

Les monnaies de bronze à la légende BA, frappées par les rois de Macédoine après Alexandre (v. $ 5 nos 11-14 et les rubriques G et O sur la table), peuvent être employées comme celles qui portent les noms des rois.

Maronée, Ænos, Cypsèla, la Chersonèse avec Lysimachia etc. Tite-Live XXXI, 16. Polybe XV, 22-24. |

Les signes de villes se trouvent surtout sur les drachmes qui ont au droit le bouclier macédonien ‘avec une massue, au K. le casque macédonien. Elles sont du temps des derniers rois. Voyez p. 26 note 32 et la table, P.

Les signes de villes sur les monnaies d'Alexandre qui sont les mêmes que ceux-ci doivent donc être rapportés à la province de Macédoine.

Monnaies de Lysimaque. Les signes de villes, sur celles-ci sont presque tous. les mêmes que nous rencontrons sur les monnaies d'Alexandre; sur celles qui sont frappées aux lypes d'Alexandre on trouve aussi ajoulées les mêmes marques de personnes. Lysimaque ayant depuis l'an 301 régné sur toute la partie occidentale de l'Asie Mineure jusqu’en Phrygie'?, et depuis 286 aussi sur la Macédoine et presque sur toute la Thessalie, les signes qui se trouvent sur les monnaies de Lysimaque peuvent aussi êlre rapporlés à ces pays outre à la Thrace; mais ils ne peuvent désigner des villes de la Grèce plus au sud qu’en Thessalie, non plus des villes d'Asie au delà du Taurus.

Monnaies des Séleucides. Sur les monnaies des trois premiers rois on trouve assez souvent Îles mêmes signes que sur celles d'Alexandre, plusieurs aussi réunis Séleucus I ajouta à son empire asialique oriental après l’an 301 la Syrie, el puis la partie sud-est de l'Asie Mineure, la Phénicie et la Palestine. En 283 il commença la conquête des pays occidentaux de l’Asie Mineure qui, à la chûte de Lysimaque en 281, tombèrent presque entièrement en son pouvoir, ainsi que les pays européens sur lesquels Lysimaque avait régné. Séleucus cependant ayant péri lorsqu’après avoir traversé l’Hellespont il allait prendre possession de la Grèce en 280, on ne peut supposer que ses monnaies y aient été frappées; il n’est non plus très probable qu’elles aient été émises dans les provinces occidentales de lAsie Mineure pendant les deux années où ces provinces furent successivement conquises. Les signes qui se voient sur les monnaies de Séleucus ne peuvent ainsi êlre rapportés

17 Sur les limites des pays de Lysimaque et de Séleucus, v. Droysen Gesch. der Nachfolger Alexanders p. 545-48, 18 Cfr S 12 p.82 et $ 38 la fin.

aux pays européens, ni guère à l’Asie Mineure occidentale, mais ils désignent les pays plus vers lorient. Déjà sous Séleucus Ptolémée Soter s'était emparé de la Phénicie méridionale; Ptolémée Philadelphe enleva à Antiochus | aussi la Palestine et une parlie de la Syrie et conquit sous Anliochus IT les pays méridionaux de l'Asie Mineure. Dans l’ouest de PAsie Mineure le royaume philétère fut établi après la mort de Séleucus et plusieurs des grandes villes recouvrèrent la liberté. Cependant et Antiochus [ et Antiochus IT régnèrent au moins pour quelque temps sur une grande partie de PAsie Mineure occidentale et méridionale, sur la Syrie et la Phénicie septentrionale, outre sur les pays orientaux, et lon trouve sur leurs monnaies assez de signes qui renvoient à des villes dans ces pays. C’est donc relativement à cet exposé qu’il faut expliquer les signes correspondants sur les pièces d'Alexandre de fabrique pareille! Les monnaies des Séleucides suivants offrent aussi des signes qui peuvent servir à expliquer ceux des monnaies d'Alexandre.

Monnaies des Ptolémées. Les monnaies, dont la fabrication fut commencée par le premier Ptolémée et continuée sous ses successeurs, offrent de même des signes qui indiquent les lieux d'émission el qui se trouvent déjà sur les monnaies d’Alexandre. Ptolémée Soler ajouta à son royaume d'Egypte (295) l’île de Cypre et une grande partie de la Phénicie, et cette dominalion, comme nous l’avons fait observer, fut étendue par Ptolémée Philadelphe sur la Palestine et plus vers le nord. On voit par les signes sur les monnaies ptoléméennes, qu’elles furent frappéces non seulement en Egypte, mais aussi dans les pays que nous venons de nommer®, et les signes analogues

19 C'est la fabrique qui doit décider s’il faut les rapporter à l’Asie Mineure occidentale ou aux autres pays nommés.

0 Sur les lieux ou sont émises les monnaies ptoléméennes et sur la question lesquelles de ces monnaies il faut rapporter au règne de Ptolémée Soter, v.

sur les monnaies d'Alexandre peuvent donc indiquer des villes y appartenantes. Mais il n’y a aucun vestige que les monnaies des Ptolémées aient été frappées en Syrie ou dans l'Asie Mineure méridionale pendant le temps qu’ils y étaient les maîtres.

Espèces de monnaies et trouvailles de monnaies comme moyens de classification.

Espèces de monnaies. Il est vraisemblable que les diverses espèces des monnaies d'Alexandre n’aient pas été frappées parlout, mais que dans certains pays et certaines villes on ait frappé seulement une ou deux des espèces principales. On verra sur les tables que plusieurs séries, dont les pièces ont beaucoup de marques différentes ajoulées au signe de la ville et apparliennent aux plus communes, ne se composent que de certaines espèces. Ainsi il ne se trouve que des tétradrachmes signés du casque macédonien (nes 224 suiv.), avec les différents signes classés à Sicyon (nes 864 suiv.), et de la plupart des villes de l'Asie Mineure occidentale. Ce n’est non plus que sur les létradrachmes qu’on trouve les lettres grecques qui, d’après la série à laquelle elles se rattachent, doivent être regardées comme des chiffres. Il n’existe point de pièces d’or des villes de Mysie, de Troade, d'Eolide et de lonie avec les îles adjacentes, et point de drachmes de plusieurs villes dans la Thrace seplen-

M. F. Lenormant Sur le classement des monnaies d'argent des Lagides dans Revue num. fr. 1853-1854.

21 Nous n'avons guère besoin de faire observer qu’il n'est pas toujours sûr qu'un signe sur les monnaies d'Alexandre indique la même ville que sur une des pièces des autres rois. Il existe des exemples que plusieurs villes sous différents souverains ct à différentes époques ont été désignées par le même signe. L’argumentation ne sera donc satisfaisante que quand plusieurs signes unis se retrouvent sur les monnaies des autres rois, ou quand d'autres critères s’y joignent.

trionale, quoique et de celles-là et de celles-ci il y ait des létradrachmes en grand nombre. Les aulres espèces rares portent des signes qui indiquent le nord de la Grèce, le sud-est de l’Asie Mineure, la Syrie et la Phénicie, mais aucun des siones connus des villes dans PAsie Mineure occidentale. L’espèce de la monnaie pourra donc contribuer à motiver le classement dans les cas où les signes permellent le choix entre plusieurs lieux d’émission et où la fabrique ne peut servir de œuide, comnie pour les pièces d’or et souvent pour les drachmes, Ainsi les monnaies d'or ne doivent pas être rapportées aux provinces de l'Asie Mineure au nord de la Carie, ni les fractions de la drachme à l'Asie Mineure occidentale en général, et ni les statères ni les drachmes offrant des leltres qui peuvent exprimer des chiffres ne doivent être attribués aux villes de PAsie qui mettaient sur les tétradrachmes des années d’une ère en chiffres grecs.

Trouvailles de monnaies. Les endroits où les mêmes monnaies sont découverles ou à plusieurs reprises ou en grand nombre, surtout des monnaies de bronze ou de petites pièces d'argent qui convenaient moins à la circulation hors du lieu, sout ceux où il faut par préférence chercher l'atelier monétaire. Pour les monnaies d'Alexandre on peut aussi quelquefois en irer des renseignements. ! De même la découverte d'un dépôt composé d’un nombre considérable de monnaies différentes peut x servir à éclaircir quelques pièces incertaines qui en font partie; si les monnaies qui en forment la majorité sont connues par rapport au temps, au pays ou à la ville auxquels elles apparliennent, on peut en conclure où est frappé le nombre inférieur des incerlaines. Il existe une telle trouvaille de monnaies dAlexandre qui a été publiée”. Cependant, lorsquil s’agit de pië-

1 V. $ 16 notes 4 et 9, $22 Amphipolis nos 23-95 à la fin et $ 26 la série nos 709-749. À

* La découverte faite dans les environs de Patræ en Achaïe, mentionnée & 29 sous Sicyon.

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