C. Les autres pays asiatiques et l'Afrique
Cette partie embrasse la Lycie, la Cilicie, la Syrie, la Phénicie, la Palestine,f l'Égypte et Cyrène. Dans un nombre de villes de ces pays on a commencé à frapper les monnaies d'Alexandre sous son règne; la fabrication a été conlinuée après l’an 306, le plus long-temps dans quelquesunes des villes phéniciennes, mais pourtant pas autant que dans PAsie Mineure occidentale. Le tétradrachme est l'espèce prédominante; on trouve un nombre de stalères, surtout des villes phéniciennes, aussi quelques distatères; les drachmes et les pièces de bronze furent plus rarement émises; on frappait aussi des trioboles et des oboles, mais point de pièces d’or au-dessous des statères. Quant à la fabrique les monnaies d'argent appartiennent aux classes If, IT et IV; il y en a aussi des villes de Phénicie quelques postérieures de la classe V. Le titre de roi est souvent ajouté. Sur les monnaies des villes phéniciennes on trouve aussi des caractères puniques et des années d’une ère dont le point de départ était probablement Ia conquête de l’Asie par Alexandre. . Les villes sont le plus fréquemment désignées par des initiales ou des monogrammes, moins souvent par de petils types. Des noms de magistrais écrits en entier ne se rencontrent pas.
1 Il est possible que plusieurs des monnaies qui seront traitées dans cette partie $ 38 appartiennent aux pays situés plus vers lorient dans l’intérieur de l'Asie, mais nous sommes cependant plus enclin à chercher les monnaies d'Alexandre frappées dans ces pays parmi celles qui sont rapportées à la partie suivante D & 41.
La Lycie.
Nos 1270-1275.
AY se trouve, comme on sait, sur de nombreuses monnaies qui appartiennent à la ligue lycienne; voici les raisons qui confirment que ces initiales indiquent aussi la Lycie sur les présentes monnaies d'Alexandre. Le nom et le titre d'Alexandre se voient quelquefois en écriture rétrograde *, ou contiennent des lettres d'une forme archaïque correspondant à celles des inscriptions de la Lycie, ou sont même égarés *, tandis que sur les mêmes pièces le travail porte le caracière de l’art grec pur et n’a rien de commun avec les imitations barbares provenant des pays voisins de la Grèce septentrionale; ceci s’explique par le mélange de civilisation lycienne et grecque qui régnait dans ce pays à la fin de l’empire perse, et on en trouve l’analogue dans les monnaies des villes lyciennes de la même période qui offrent assez souvent des légendes lyciennes auprès des types grecs. Sur le no 1275 AY est ajouté à une proue, type monétaire de Phasélis, une des plus opulentes villes commerciales de Ja Lycie. La fabrique ressemble à celle dans plusieurs des téiradrachmes qui d’après de sûrs critères sont frappés en Cilicie, en Syrie et en Phénicie; elle convient ainsi à la Lycie dont les villes maritimes étaient en liaison de commerce avec les pays que nous venons de nommer. { Comme sur les monnaies battues par la ligue lycienne les initiales de la ville
Pt LS |]
1 No 1270. Mus. brit., Berlin, 1273. Mus. brit., Gotha. 1275. Oxford, Prokesch.
? P.e. sur un exemplaire du n° 1272 dans le musée britannique sur lequel AY est aussi rétrograde et la figure de Jupiter contre l'habitude tournée à droite.
3 Voy. l’exemplaire du n° 1272 décrit dans Museo Lavy sous no 1360 et un exemplaire du n° 1270 publié par Sestini dans Mus. Hederv. I p. 124 n° 24.
# M. Waddington, auteur du Voyage en Asie Mineure au point de vue numismatique, nous a communiqué qu'il a acquis en Lycie et en Cilicie plusieurs des monnaies dont il s’agit.
où la pièce est frappée sont souvent ajoutées à AY, on peut supposer que de même les lettres M et TZ sur les pièces présentes désignent les villes de Myra (ou Massicytes) et Xanthus. Le no 1275 a aussi été attribué par M. de Prokesch Osten à Xanthus.® Voy. encore no 1279 avec la triquétra, signe d’une ville lycienne.
Ces télradrachmes se rattachent à ceux de Philippe HE nes 96-100 qui de même ont la proue, M et ZT ajoutés à AY et qui sont de fabrique identique. Ils ont probablement été émis par les chefs macédoniens dans cette province, non par les magistrats des villes Ccfr p.59 et 68); ceux qui sont sans indication de ville peuvent dater du règne d’Alexandre‘; ceux qui offrent le signe d’une ville sont plutôt frappés après les pièces analogues au nom de Philippe HT lorsqu’après la mort
de Philippe (en 317) Antigonus était maître de celte partie de l'Asie Mineuref, |
Phasélis. No 1276. ?
Ce tétradrachme, qui offre OA surmonté de deux étoiles, est publié par M. Lenormant'® qui l’a rapporté à Phanagoria du Bosphore Cimmérien en suivant l'opinion de Cadalvène ff,
5 Dans Koehne Zeitschr. I p. 71 s. M. Donop traite d’un tétradrachme d'Alexandre ayant une proue et 4Y devant la figure et I sous le siège, qu'il attribue à Lyttus en Crète en supposant que I signifie Itanus. La lettre I, pourvu qu'elle soit rendue juste, peut désigner une des villes lyciennes, Ilaris (Steph. Byz.) ou Idebessus (inser. voy. Spratt Lycia IT p. 281).
6 Denkschr. der kais. Acad. (Wien 1854) V p. 244 n° 68.
7 Nous avons tâché de montrer & 10, que les monnaies d'Alexandre n'ont pas été frappées par les villes autonomes de l’Asie Mineure pendant le règne de ce roi, et que celles qui peut-être y ont été frappées par ses chefs n’ont pas été marquées de signes de villes.
8 A l’exception d’un court intervalle en 316 où Asandre avait occupé la Lycie.
9 No1276. Paris.
10 Num. des rois gr. p. 26 ad pl. XV, 14.
11 Recueil p. 107 et 114 M. Cadalvène dans sa description cite encore une proue devant la figure et point de monogramme sous le siège. Ceci doit être par erreur. C’est l’exemplaire de Cadalvène qui se trouve dans le cabinet de Paris et qui est copié par le procédé mécanique te dans
es
Mais la ville de Phanagoria n’était soumise à la domination ma= . cédonienne ni sous Alexandre ni sous ses successeurs. Si le tétradrachme appartenait à cette ville, il aurait dû être frappé pour des buts commerciaux (voy. $ 13 p.87 s.) dans une période postérieure, comme ceux de la Thrace septentrionale ou de l’Asie Mineure occidentale, mais ces tétradrachmes sont d’une fabrique toute différente ; il n’existe de monnaie d'Alexandre d’aucune ville plus au nord que Callatia. Les symboles des Dioscures, qu’il faut reconnaître dans les deux étoiles, ne se trouvent pas sur les monnaies connues de Phanagoria, quoiqu’on les rencontre souvent sur celles d’autres villes pontiques. La fabrique de ce tétradrachme est pareille à celle des précédents de Lycie, et les signes des Dioscures se rencontrent fréquemment sur des monnaies de villes de l'Asie Mineure méridionale et en général de villes asiatiques sur la Méditerranée; il faut donc probablement expliquer OA de Phasélis. 1?
Limyra. Nes 1277-1278. 13
Les initiales Al expriment la ville lycienne de Limyra sur ses monnaies autonomes. Le tétradrachme est de la même fabrique que ceux dont nous venons de parler; par le © et B il se rallache aux suivants nes 1284-86 et 1288-89 de Cilicie. Le Sialère a cela de commun avec le précédent, ne 1271, qu’il offre une lettre au droit, ce qui est très rare sur les monnaies d'Alexandre; ce À peut désigner la Lycie.
l'ouvrage français sous la direction de M. Lenormant. En examinant les monnaies d'Alexandre dans le cabinet de Paris nous n’avons trouvé aucune pièce comme celle que décrit M. Cadalvène. Du reste une proue conviendrait bien à Phasélis dont elle était le type principal.
12 On devrait préférer Phalasarna en Crète à Phanagoria. Le tétradrachme attribué à Phasélis par M. de Prokesch Osten se trouve plus haut sous Phalasarna no 909.
15 No1277. Wiczay Mus. Hederv. no 2815, 1278. Mus. brit.
La Cilicie.
Nes 1279-1307. 1
Quoiqu'il soit possible que dans le nombre des monnaies qui forment celle suite il se trouve quelques-unes qui ne sont pas frappées en Cilicie mais dans les pays voisins, des raisons majeures nous ont pourtant décidé à ne pas les séparer, et nous n'avons pu trouver de titre plus convenable que celui en tête du paragraphe.
Les monnaies d’argent sont presque toutes de la fabrique dont nous avons montré plus haut qu’elle doit être originaire des ateliers ciliciens, la figure de Jupiter étant une imitation évidente de Baal Tars sur les autonomes de la Cilicie?; seulement dans quelques exemplaires des nos 1279, 1294 et 1302 et dans le no 1307 on trouve la fabrique qui semble avoir succédé à celle-là et à laquelle appartient un grand nombre des tétradrachmes d'Alexandre frappés dans les pays voisins, Les monnaies d’or ne peuvent être séparées de celles d’argent parce qu’elles ont des monogrammes de commun avec elles. Le statère no 1303 * est marqué de la lettre punique “ , et ce statère ainsi que quelques-uns des autres * ont des légendes confuses pour
1 No 1279. Mus. brit., Vienne. 1280. Paris, Leake; sans le titre de roi dans le musée britann. et la coll, de Prokesch. 1281, Mus. brit. 1282. Mus. brit., De Saulcy, Soive. 1283. Empreinte. 1285. La Haye, Mionn. n0 338. 1286. Prokesch. 1287. Vienne, 1288. Paris, Mus. brit. 1289. Paris, Rollin, Young. 1290. Dresde. 1291. Paris, Mus. brit., la Haye, Munich. 1292. Mus. brit., Prokesch. 1293, La Haye. 1295. Paris. 1296. Vienne, Berlin, Mus. Thorvaldsen. 1297. Paris. 1299. Paris, Leake. 1300. Mus. brit., Vienne. 1301. Prokesch. 1303. Voy. note 3. 1304. Vienne, Munich, banque de Londres. 1305. Sestini Mus. Hederv. no 25. 1306. Paris. 1307. St. Pétersbourg, la Haye.
2? Cfr$2 et $ 16, classe IL.
Neumann N. vet. ined. IT p. 145 tab. Mus. Hedervar. ed, Wiczay, tab. XII,
242, ed. Sestini p. 124 no 22.
4 P.e. un exemplaire du n° 1304 dans le cab. de Vienne et un exemplaire du no 1305 publié par Sestini Mus. Hedervar. p. 124 n025 (le monogramme 121 cité en ce lieu doit être 122).
co
exprimer le nom el le titre d'Alexandre, quoique lexécution artistique ne soit pas barbare. Ceci s'explique par le mélange de la population de ce pays, qui était composée de Grecs, de Phéniciens et d’autres peuples asiatiques, et s’accorde avec les monnaies qui y furent frappées avant la conquête d'Alexandre et qui offrent des légendes tantôt grecques tantôt puniques. Aussi sur les tétradrachmes on trouve quelquefois dans le nom d’Alexandre des lettres rétrogrades ou insolites. °
Le n° 1279 porte sous le siége de Jupiter la triquétra qui renvoie à la côte méridionale de l’Asie Mineure, surtout à la Lycie, puisque ce symbole formé comme ici se trouve fréquemment sur les anciennes monnaies de ce pays.$ Quant à la petite tête, qu’on voit devant la figure sur celte pièce, il est difficile d’en préciser la. signification. Eckhel supposait qu’elle füt la tête casquée de Persée et aliribuait la monnaie à Tarse.? M. Ch. Fellows est d’avis, que ce soit la têle d’un chef oriental, correspondant à celles couvertes d’une coiffure asiatique qu’on voit souvent sur le droit des monnaies lyciennes avant le temps d'Alexandre, et que cette pièce soit frappée dans la Lycie.® Nous penchons à prendre la tête pour celle de Persée®; ce
5 P.e. 4 et M sur un exemplaire du n°0 1294 parmi les monnaies apportées de Smyrne par M. Feust.
6 Voy. Spratt Lycia IT p. 293; Kohner dans Beitr. zur ält. Münzk. par Pinder et Friedlaender I p. 103 s.; Fellows Coins of ancient Lycia pl. I suiv.
7 N. vet. anecd. p. 76 suiv. tab. VI,6. M. Lenormant, qui appelle aussi cette tête une tête casquée, préfère de donner la monnaie à Selgé en Pisidie. Num. des rois gr. p. 27. |
8 Coins of ancient Lycia pl. XIX p 18.
9 11 faut avouer que la coiffure a quelque ressemblance avec le bonnet asiatique dont les têtes des chefs ou satrapes sont couvertes sur les monnaies de Lycie, mais elle en diffère pourtant à plusieurs égards, surtout par la partie supérieure plus pointue. Les têtes de ces chefs ont toutes de longues barbes; celle-ci est imberbe et convient ainsi mieux à un héros. Il faut ajouter que sur les monnaies d'Alexandre frappées dans les pays européens qui ont pour signe la tête ou le casque de Persée (voy. les nos 361-62, 389-90 et 854-55) le casque ressemble quelquefois à celui dont il s’agit sans qu’on puisse y distinguer la tête d'oiseau,
héros n’est pas figuré sur les monnaies de Lycie, mais assez souvent sur celles de Cilicie, les colonies argiennes fondées dans ce pays ayant apporté son culte d’Argos {; la tête de Persée doit donc être le signe d’une ville cilicienne. Comme encore par la fabrique cette pièce ressemble aux suivantes, non aux précédentes de Lycie, nous préférons de la classer à la Cilicie, supposant qu’elle soit frappée dans une ville de ce pays en alliance avec une ville lycienne désignée “par la triquétra. Les autres petits types conviennent tous à la Cilicie. Ainsi la charrue sur les nos 1280-85 est un symbole de Cérés dont le culle était très répandu dans ce pays; cette déesse et Triptolème sont fréquemment représentés sur les monnaies des villes ciliciennes.! L’arc sur les nes 1287-88 est aussi un symbole appartenant à la Cilicie, soit qu’on l'explique comme une arme nationale, telle qu’on la voit sur les monnaies frappées avant la conquête d'Alexandre tantôt devant le satrape assis {? tantôt tenue dans la main par l’archer cilicien , soit qu'on le regarde comme attribut d’Apollon et de Diane, divinités qui paraissent sur les monnaies de plusieurs villes ciliciennes Le même arc se rencontre comme signe de ville sur les tétradrachmes d’Antiochus le Grand qui peuvent avoir été frappés dans ce pays. La massue sur le no 1297 convient de même à la Cilicie dont les monnaies offrent souvent des types empruntés à Hercule 15; elle se trouve aussi comme signe sur plusieurs des monnaies des Séleucides 7, Une massue dans une
10 Voy. Eckhel N. vet. anecd. p. 76-81.
11 Sur les monnaies de Tarse, d'Adana, d’Anazarbus, d'Ægæ, de Coracesium, de Syedra, de Laërte, surtout, il-est vrai, du temps impérial. Sur les monnaies de bronze de Tarse la déesse de la ville tient des épis dans la main.
12 H, de Luynes Num. des satrapies et de la Phénicie pl. I, 3-5.
13 Sur des monnaies de Mallus et de Soli, voy. H. de Luynesl. c. pl. VIT, 2-3.
14 Comme celles d'Adana, d'Anémurium, de Corycus, de Mopsus.
15 M. Duane Coins of the Seleucidæ, pl. IV, 2; pl. V, 1 et 4.
16 Comme les monnaies de Tarse, de Soli, de Mallus, d'Ægæ,
17 Sur des pièces en bronze d’Antiochus { ou If, sur des tétradrachmes d'Antiochus ITT et des rois suivants,
couronne, comme sur les nes 1298-99, se voit sur des monnaies de Tarse #$ et d’Eleusa .
Quant aux monogrammes et aux lettres, il y a plusieurs qui se rencontrent sur les monnaies de villes ciliciennes qui appartiennent environ à la période d'Alexandre. Ainsi sur les monnaies de Tarse on trouve: A (v. les nos 1290-93), FA (Cv. le no 1283), la lettre punique % * (v. le ne 1303) et MI3 (sur le no 1307, probablement de la même signification que le monogramme sur les nos 1298 et 1300-1306). D’autres monnaies, qui peut-être appartiennent plutôt à Mallus et à Soli, offrent la lettre B isolée * (v. lestnos 1288-89). Sur une monnaie de Nagidus se trouvent les lettres MAP * qui sont combinées en monogramme sur le no 1286. Les autonomes de ces villes n'étant ni très nombreuses ni abondamment fournies de lettres, il faut certainement ailacher du poids à cette conformité pour la détermination des monnaies d'Alexandre.
A Pégard de la signification de ces lettres et monogrammes
on peut sans doute les expliquer de noms de magistrats, d’où:
lon pourra conclure que les monnaies d'Alexandre sont frappées dans les mêmes villes que les autonomes avec lesquelles elles ont ces marques en commun. Ainsi il faudrait attribuer à Tarse le no 1283 avec F, et par conséquent toute la suite des nos 1280-85 qui ont la charrue pour type commun, puis les nos 1290-93 marqués de la lettre A, enfin les nos 1298-1307 qui ont Mi et MI de commun; nous avons déjà fait observer que la charrue et la massue dans une couronne peuvent être des symboles de Tarse.*6 A Mallus et à Soli on pourrait donner
18 Mionn, no 410. 19 Millingen, Recueil tab. IV, 8.
2 Luynes I. c. pl, X, 30. 21 Luynes L. c. pl. X, 25.
% Luynes I. c. pl. IE, 1; IV, 2-4; VITE, 5 et 9; IX, 11-12.
28 Voy. Mionn. Suppl. VIL p. 119 no 153 (attribué à tort par Sestini à Milyas) et Mus. Payne Knight p. 134 B, 1 et p. 135 D, 6 (classés à Milet).
% Luynes |. c. pl. XI, 3-4; XII, 7, 25 Mionn. Suppl. VII p. 235 no 315.
26 Voy. notes 11 et 18.
les nes 1287-89 qui portent l'arc? et B, et à Nagidus le no 1286 offrant MAP. Mais il faut noter qu'il y a aussi des raisons pour supposer que plusieurs des monogrammes et lettres expriment des noms de villes. Ainsi le monogramme sur les nos 1298 et 1300-1 peut être décomposé en KOPYKI 8 et signifier la ville de Corycus. Le monogramme sur le no 1302 qui fournit les lettres BAAAN peut s’expliquer de Balanée, et le monogramme HP sur le no 1304 d'Héraclée *, toutes les deux villes marilimes sur la côte voisine de Syrie. Ÿ On verra dans la suite que, tant sur les monnaies autonomes que sur celles d'Alexandre de ces pays, des lettres isolées. sont souvent, à ce qu'il semble, des initiales de noms de villes.%t A peut donc désigner une des villes ciliciennes, Adana, Anazarbus ou Anémurium, et on peut de même expliquer B de Byblus ou de Botrys Ccfr les nes 1318, 1335-36, 1403, 1482-84), FT de Gabala (cfr les nes 1324-26 et 1508) et le Mem punique de Marathus (cfr no 1367) *, toutes villes de commerce sur la côte de Syrie et de Phénicie, pour lesquelles ou avec lesquelles les monnaies sont en ce cas frappées dans les villes maritimes de Cilicie. #
27 Cfr note 13. :
8 Abrégé de KQPYKIQTAN, de manière que &P soit contenu dans la partie gauche du monogramme, I à droite et Y au milieu dans le K, comme onle trouve souvent dans les monogrammes.
29 Cfr nos 1484 et 1488.
30 Le monogramme sur les n°s 1294-97 peut être composé de KIT et indiquer Citium dans lîle de Cypre; mais il faut observer qu’il n’y a d’ailleurs aucune trace qu’on ait battu des monnaies d'Alexandre dans cette île.
31 Voy. no 1309 s., no 1319 s., no 1331 s. etc.
3 Rien n'empêche d'expliquer ces mêmes lettres sur les autonomes de Tarse ci-dessus mentionnées (voy. notes 20-22) comme désignant les mêmes villes pour lesquelles ou en commun avec lesquelles le monnayage a été fait à Tarse, cfr $ 7 p. 40-43.
33 Nous ne manquons pas de faire observer que les lettres isolées, 4, B,T, 6, qui forment les premières lettres de l’alphabet, peuvent aussi indiquer différents ateliers ou être prises pour des lettres d'émission qui regardent le monnayage, comme les petits globules sur les nos 1282 et 1292-93; si l'on adopte cette explication, il faut supposer que les pièces qui portent ces
Le monogramme MI des nos 1298 suiv. ressemble sur quelques exemplaires au milésien et se trouve, sans que le symbole de Milet soit ajouté, sur des pièces d’Alexandre qui d’après la fabrique peuvent être rapportées à celte ville, voy. nos 1055-57; sur les présentes monnaies il a aussi été regardé comme désignant Milet %. Mais la fabrique des tétradrachmes et la présence du titre de roi ne permettent pas l’attribution à l'Asie Mineure occidentale; il n’existe non plus des statères d'Alexandre des villes ioniennes. Ce monogramme est probablement celui d’un magistrat (cfr l’article suivant).
Celles de ces monnaies qui sont sans signes de villes peuvent déjà être frappées sous Alexandre par des gouverneurs macédoniens en Cilicie; celles qui ont. des signes de villes appartiennent probablement, comme les suivantes, à la période après sa mort.
Mallus. No: 1308-1318, %
La fabrique des nes 1308 et 1316 est la cilicienne qu’on trouve dans les pièces ‘précédentes; la fabrique des autres est celle à laquelle appartiennent la plupart des suivantes de Syrie et de Phénicie. Dans cette suite, comme dans celle que nous venons de traiter, il y a des légendes qui sont rétrogrades, comme sur le no 1309, ou qui offrent des lettres insolites, comme sur le ne 1310, ou qui sont entièrement confuses, comme sur le ne 1313°7.
lettres soient émises de Tarse, la plus importante ville de Cilicie et le principal lieu de monnayage dans cette province avant et après le temps d'Alexandre.
84 P.e. par M. de Prokesch Osten, voy. Denkschr. der kais. Acad. (Vienne 1854) V p. 240 et 244 n° 52 qui est la pièce citée ici sous no 1301; le monogramme devant la figure n’est pas exactement rendu.
35 Cfr $ 10 et 11. ‘
36 No 1308. Munich, Koehne. 1309. Paris. 1310. Young. 1311. Mus, brit. 1312. La Haye. 1313. Paris, St. Pétersbourg, Munich. 1314. Paris. 1315. Vienne. 1316. Prokesch. 1317. Borrell. 1318. Wechlan.
37 Cfr Pellerin Rois pl, If, 5.
Les pièces qui forment la suite sont ralliées par la lettre M et se rattachent à la série précédente par le monogramme M, les initiales MI, la massue, le monogramme insolite sur le no 1316 el par B. Le monogramme sur le no 1308 devant la figure fournit les lettres MA ou MAA qui sans doute expriment le nom de la ville de Mallus; le même monogramme se voit sous le lion sur une pièce en argent d’empreinte tarse de la période d’Alexandre et y a été expliqué avec raison de la même manière. ® M, probablement dans la même signification, est placé sur d’autres pièces de Tarse devant Baal Tars trônant*, et sous le trône du même dieu sur des monnaies qui par plusieurs raisons doivent être altribuées à Mallus %. Nous avons déjà fait observer (p. 280 note 24) que B est ajouté sur quelques-unes de ces dernières, et que la massue peut être un emblème de Mallus dont les monnaies offrent des types herculéens. On peut en conclure que M sur les pièces de cette suite désigne Mallus. #
Il a déjà été dit que le monogramme du ne 1316 peut indiquer Corycus (voy. note 28), et celte pièce aura donc été frappée en commun avec celte ville. Le monogramme du ne 1317 peut fournir les lettres OAMI et être expliqué des habitants de Holmi (‘Oluoi), ville considérable à l’ouest de Mallus qui frappait aussi de la monnaie autonome *. B sur le no 1318
38 H. de Luynes Num. des Satrapies pl. X, 27, p. 61. 39 Luynes I, c. pl. X, 27 et 30. 40 Luynes 1. c. pl. XI, 4, p. 64.
41 D'après ce que nous a dit M, Waddington, savant éditeur des monnaies de l'Asie Mineure, il a reçu dans son voyage en Cilicie plusieurs des monnaics d'Alexandre ci-dessus nommées, marquées’ de M.— L’exemplaire du n° 1313 qui se trouve à Munich est contremarqué du signe de cistophore de Sardes, un arc dans son étui et ZAP. — Le tétradrachme cité dans le catal. du cab. Welzl n° 2574 est probablement le même que no 1308. Sestini, Mus. Hederv. I p. 131, no 161, a décrit une drachme avec une massuc et M qui peut-être appartient aussi à Mallus.
42 Voy. Leake Num, hellen. 2de sect. p.68. Les habitants de cette ville ayant été transportés par Séleucus Nicator à Séleucia, ville fondée par lui dans le voisinage, cette monnaie doit avoir été frappée avant ce temps.
__ 284 ; peut être l’initiale du nom de Byblus ou de Botrys, cfr l'article précédent p. 281.
C'est le no 1311 que Sestini a donné à Laëa en Carie, en lisant AAÏ devant la figure au lieu de MI. Le no 1316, comme le précédent ne 1301, a élé rapporté par M. de Prokesch Osten“ à Milet. #
Soli. Nos 1319-1329. 46
Ces monnaies, de différentes espèces, toutes marquées de la lettre £, doivent être rapportées à Soli par les raisons suivantes. Les tétradrachmes nos 1319-20 sont de fabrique cilicienne, et le no 1326, dont la fabrique correspond également à celle de plusieurs des précédents, porte l’initiale F sous le siége de Jupiter comme le no 1283. Deux des statères ont cette même lettre ajoutée. Parmi les drachmes le ne 1327 a la lettre H de commun avec le no 1305. Les pièces d’argent autonomes qui offrent au droit la tête de Minerve en face, au KR. Baal Tars
#3 Descr. num. vet. p. 130; cfr Mionn. Suppl. n° 214. Le cercle autour du M peut être regardé comme une simple encadrure, voy. $ 8 p. 48.
44 L. c. p.244 no 53. Cfr note 34.
45 Un des tétradrachmes d'Alexandre avec MI, appartenant à la Grèce, a été attribué par Sestini à la province pisidienne de Milyas, voy. p. 207 note 23. IT y a plus de raison de classer les présentes monnaies no 1298-1311 à Milyas puisque quelques-unes ont la fabrique et la lettre M de commun avec celles de la Lycie voisine (no 1272 s.) Mais la fabrique cilicienne qui est évidente dans plusieurs de ces monnaies ne se trouve pas dans celles de Lycie, et l'on ne doit pas s'attendre à la rencontrer dans des monnaies de Milyas qui était sans communication avec la Cilicie et bien éloignée de la mer, enfermée entre la Pisidie et la Lycie; aussi on s’expliquerait alors difficilement la présence de la lettre punique sur le ne 1303 qui ne peut être séparée des autres. De l’autre côté nous avons montré que la massue, les lettres et les monogrammes ajoutés sur ces monnaies s’expliquent d’une manière convenable quand on s’en tient à la Cilicie. On ne connaît point dé monnaies de Milyas; celle qui y a été rapportée par Sestini est de Tarse, voy. ci-dessus note 23.
36 No 1319-20. Prokesch. 1321. Paris. 1322. Copenhague. 1323. Paris. 1325. Mionn, S. no 141. 1326. Vienne, Munich. 1327. Mus. brit. 1328. Vienne, Prokesch. 1329. Paris, Berlin,
trônant, et qui par de bonnes raisons doivent être attribuées à Soli*, ont le nom de la ville exprimé par un ZX surmonté d'un petit O ou par Z seul placé sous le trône; quelquefois on trouve sur ces mêmes pièces une feuille de lierre dans le champ # comme ici sur le n° 1319, probablement comme symbole de la ville conformément aux types bachiques qui prédominent sur les monnaies au nom entier des Soliens. Quelques-unes de ces dernières offrent le nom en écriture rétrograde sans que, à en conclure d’après le style de Part, l’on puisse les regarder comme plus anciennes que les autres; c’est d'accord avec cette écrilure que £ et F sur plusieurs des présents statères sont tournés à gauche, de même que déjà parmi les précédentes pièces de Cilicie nous en avons cité des exemples #.
Nous avons fait observer ci-dessus que F peut désigner Gabala sur la côte voisine de Syrie, voy. p. 281; N sur les deux derniers nos doit probablement s'expliquer de Nagidus, voy. Particle suivant, 5 |
Nagidus. Nos 1330-1336. 5
Sur les autonomes de Nagidus on trouve quelquefois le nom de la ville éxprimé par un monogramme composé de NA, où N a la même forme insolite qu'ici sur les nos 4330 et 1531, ou par la lettre N seule 3 qui est placée sur nos 1332 suiv. Les drachmes se rattachent pour la fabrique aux autres rangées à la Cilicie. M et B se trouvent sur les précédents nes 1288 el
47 H. de Luynes Num. des satrapies pl. X[, 1, 2, 5, p. 63.
48 Luynes 1], c. pl. XIT, 7. |
49 Des lettres dans le nom d'Alexandre sur le n° 1294 (cfr note 5) et IM sur le no 1309.
50 Le no 1319 avec la feuille de lierre a été attribué par M. de Prokesch Osten à Mendé en Macédoine, voy. Denkschr. der kais. Acad. V (Wien 1854) p.244 no 22.
51 No 1330-31. Mus. brit. 1333. Cat. de Welzl no 2540. 1334. La Haye.
52 Voy. Sestini Mus. Hederv. II p. 289 ne 1; cfr Wiczay tab. XXIV, 517.
53 Voy. Waddington Voyage en Asie Mineure p. 146 pl. X, 8.
1309-18; on rencontre F sur les autonomes de Nagidus *?, Il y a donc lieu d'expliquer ici NA et N de Nagidus par analogie avec les autres monnaies d'Alexandre de la Cilicie qui semblent avoir les villes désignées par les initiales M indique probablement une alliance avec Mallus Ccfr nos 1309 s.). D’après: la liaison ci-dessus indiquée entre les villes de Cilicie et de Phénicie (p.281) on est engagé à conjecturer que B sur les monnaies ciliciennes désigne une des villes phéniciennes dont le nom commençait par cette lettre; il est donc possible que F indique Palios sur la côte de Syrie, cfr nos 1395 et 1504. s.
La Syrie, la Phénicie et la Palestine.
Commagène. Nos 1337. !
Le scorpion élait l'emblème de Commagène ?, et c’est le type prédominant sur les monnaies de ce pays tant au nom du peuple qu’à celui des rois. La fabrique de quelques exemplaires de ce ne est la cilicienne, et l’on rencontre quelquefois des lettres insolites dans le nom d’Alexandre *, ce qui convient bien à celte province voisine de Cilicie et de peuples barbares. La pièce est probablement frappée à Samosata, capitale de la province, après, que l’hellénisme eût eu le temps de pénétrer dans ce pays. Comme les lettres et monogrammes sur les monnaies précédentes et suivantes pour la plupart semblent indiquer des lieux d’émission, non des magistrats, il se peut
5 Mionn. nos 268-69.
55 Peut-être que les nos 1667-68, classés aux incertaines, appartiennent ici.
1 No 1337. Paris, Mus. brit., Prokesch. Sur l’exemplaire dans la coll. de Prokesch le monogramme sous le siège est écrit perpendiculairement.
? Le scorpion fut regardé comme le signe du zodiaque qui régnait sur Commagène. Ptolem. Quadripartitum (s. De judiciis astrorum) lib. IL.
8 ]] se trouve même sur les monnaies frappées par Antiochus IV, roi de Commagène, en Cilicie et en Lycaonie.
# Voy. p.e. Cat. of the cab. of Campana (London 1846) no 1255.
qu'ici ME soit à expliquer de Melitène, province voisine de Commagène avec une capitale du même nom.
Pellerin atiribua ce tétradrachme à Laodicée; Eckhel n’approuva pas, à ce qu'il parait, cette attributlionÿ; mais dans le dernier temps elle a été adoptée par M. Lenormant6. Le scorpion ne peut guère êlre regardé comme insigne de Laodicée, comme il ne se lrouve que sur une seule monnaie en bronze de celte ville qui d’après le surnom de Julia ne peut éêlre antérieure au temps de César.
Damas. Nos 1338-1346. ?
La fabrique de ces tétradrachmes est la cilicienne ? qui se trouve aussi dans plusieurs des suivants de villes phéniciennes. Comme les pièces de celte fabrique qui offrent un bélier à mi-corps ont toutes encore AA sous le trône de Jupiter”, on est porté à supposer que ces initiales expriment le nom de la ville désignée par le bélier. C’est alors Damas qui se présente. Il est connu qu’un bélier était l'emblème de Damas ©; il est figuré sur les monnaies de cette ville, tantôt debout, tantôt courant et en ce cas non seulement la têle retournée vers une étoile, mais aussi comme on le voit ici à mi-corps.ft Les nes
5 Pellerin Mél. E p.128. Eckhel N. vet. anecd. p. 74.
6 Num. des rois gr. p. 25 ad pl, XV, 4.
7 No 1338. Mus. brit., Luynes. 1339. Vienne. 1340. La Haye, Copenhague. 1341-42. Mus. brit. 1343. Leake. 1344. Prokesch. 1345. Leake. 1346. Prokesch.
8 Voy. la classe IL sur la planche I; dans quelques-uns la fabrique du revers est celle de fig. 7, dans la plupart celle de fig. 8.
9 Les lettres 44 étant ordinairement petites et placées tout en bas sous le trône, quelquefois elles ne sont pas visibles quand la pièce est incomplète ou usée par le frai. Il en est ainsi de l’exemplaire figuré dans Num, des rois gr. pl. XIV, 11, cfr Mionn. no 190. Sur tous les exemplaires complets et bien conservés nous avons trouvé ces lettres.
10 Probablement une indication du géant Ascus duquel ; d'après la tradition locale grecque, se dérivait le nom de la ville. Voy. De Witte Revue num. fr. 1844 p.1s. Cfr Milet p. 249 note 37. &
11 Voy, p. e. Sestini Mus. Hederv. IE tab. XXX, 17.
1345-46, qui ont AA seul sans le symbole de la ville, doivent - aussi être attribuées à Damas comme ils sont de la même fabrique que les autres.
De même que sur les tétradrachmes à la lettre A classés à la Cilicie (nos 1292-93), on trouve sous le siége de petits globules qui ont égard à l’atelier ou à la fabrication, et encore quelques marques très petites, qui semblent être À sur le no 1342, À sur le ne 1343, probablement de la même signification. Sur le no 1344 une petite feuille de lierre, à ce qu'il paraît, est placée entre À et A, peut-être aussi un symbole de Damas dont les monnaies offrent des types bachiques #.
AP et X ajoutés sur les nos 1345-46 © indiquent peut-être, comme d’autres monogrammes et initiales sur les monnaies d'Alexandre de ces pays orientaux, des villes qui ont pris part au monnayage. AP est le sigle connu d'Aradus, aussi sur les monnaies d'Alexandre (voy. nes 1373 s.); Damas était en vive liaison de commerce avec les villes marilimes de la Phénicie. X peut indiquer Chalcis. ad Belum * non loin d’Aradus, mais aussi la capitale du même nom en Chalcidique, ou Chalybon dont les vins faisaient un objet du commerce de Damas !; les deux dernières villes étaient siluées sur la grande route qui réunissait Damas aux provinces septentrionales.
Il n’y a aucun lieu de douter que la fabrication de ces monnaies n'ait été commencée sous le règne d'Alexandre. Ce fut à Damas que Parménion s'empara des trésors immenses qui y avaient élé transportés après la défaite de Darius près de
lIssus, et celte ville devint la capitale de la satrapie de la Cœlésyrie.
Voy. Mionn. no 19, Suppl. n° 10.
Ces deux marques sont écrites perpendiculairement sur le no 1346. Sur le n° 1345 on trouve outre X encore un signe indistinct.
Dans la partie septentrionale du Liban, plus tard la résidence de ceux qui régnaient sur les Ituréens et le district de Marsyas.
Ezéchiel XX VIT, 18.
ù ox
Les létradrachmes au bélier à mi-corps ont ordinairement élé attribués à Clazomène #; il existe aussi de celte ville un tétradrachme au même signe (no 997); mais à cause de la fabrique les présents ne peuvent être de l'Asie Mineure occidentale. Dans le dernier temps M. Lenormant a aussi fait observer que la fabrique convient mieux à la Syrie et qu’un bélier se trouve sur les monnaies d’Antioche. 7 Le ne 1345 est rapporté à la Cilicie par M. Leake. {#8
Laodicée sur la mer. Nos 1347-1349, 19
Les marques sous le trône de Jupiter ratiachent ces monnaies aux précédentes et aux suivantes. À avec un point, sur le no 1348, étant très petit et placé tout haut sous le siége, est une marque d’alelier de la même espèce que celles sur les tétradrachmes de Damas (voy. nos 1342-43). %XQ écrit de la même manière se trouve sur les suivants de Larisse (nos 1352 et 1355 s.) et d'Aradus (no 1363) et indique probablement une ville sur la côle de Phénicie, voy. no 1467. Par-là nous sommes renvoyés à Laodicea ad mare, quoique la Victoire marchante, une couronne dans la main dr. el une palme au bras gauche, soit un type d’un emploi ordinaire; cette Victoire se trouve fréquemment sur les autonomes en bronze de cette ville, dont plusieurs peuvent être rapportées au commencement de la période séleucide, et elle se voit sur tous ses tétradrachmes sur la main étendue de Jupiter trônant. Laodicée ayant été fondée par Séleucus Nicator qui donna à la ville le nom de sa mére, ces monnaies ne peuvent avoir élé frappées avant son règne. La Victoire marchante, l'absence du litre de roi, la fabrique et
16 Voy. Pellerin Mél. I p. 112 et 132; Eckhel N. vet.-anecd. I p.73; Mionn. no 190, et aill.
17 Num. des rois gr. p. 24 ad pl. XIV, 12. 18 Numism. hellen. p. 6.
19 No 1347. Copenhague. 1348. Mus. brit., Vienne, Munich. 1349. Young.
20 Voy. Mionn, nos 675-76, 683, 699, 708, 713-14; suppl. nos EU 217.
les signes ajoutés distinguent ces pièces de celles rangées plus haut à Thessalonique qui ont pour emblème de ville une Victoire volante qui présente la couronne des deux mains.
Larisse. Nos 1350-1359. ?1
Ces pièces d’or et d'argent sont frappées dans la même ville dans un des pays orientaux qui appartenaient au royaume de Séleucus. En voici les raisons. Les nos 1355-59 portent une ancre qui, comme il sera montré ci-dessous (ne 1491 s.), doit être regardée comme l’emblème séleucide. Le cheval paissant à mi-corps au pied de Jupiter joint à l'ancre se trouve sur les tétradrachmes de Séleucus aux iypes d’Alexandre *? et sur un de ceux-ci encore joint aux mêmes trois monogrammes que sur le no 1355 *, ensuite sur un tétradrachme d’Antiochus I aux types d'Alexandre *; le même cheval paissant et le monogramme que les pièces d’or ont de commun avec celles - d'argent se rencontrent encore ensemble sur plusieurs ‘tétradrachmes de ce dernier roi à ses propres types. La fabrique des tétradrachmes est absolument la même que dans tous ceux des Séleucides que nous venons de citer et dans plusieurs des suivanis d'Alexandre frappés dans les villes de Syrie et de Phénicie.
Ces monnaies ont été classées à Alexandria Troas*6 dont
21 No 1350. Berlin, Mionn, S. no193. 1351. Paris. 1352. Timoni. 1353. Munich. 1354. Berlin. 1355. Paris, banque de Londres. 1356. Vienne. 1357. Mus. brit. 1357 b. Fox. 1358. Copenhague, Young. 1859. Vienne. — Voy. la table suppl. n° 1358 a.
#2 Voy. Mionn. n° 15, dans le cabinet de Paris.
%3 Dans le cabinet royal de Munich. “4 Dans le cabinet impérial de Vienne.
25 Dans les cabinets de Berlin et de Vienne et dans le musée britannique.
6 Sestini Lett. num. VI p.27 no 1. Mionn. no 159; Suppl. no 192. Num. des rois gr. pl. XII, 8 p. 22, et pl. XIV, 3 p.23. Au dernier endroit M. Lenormant relève pourtant la ressemblance du tétradrachme avec celui de Séleucus dans le cab. de Paris et penche par cette raison à l'attribution à la Syrie. L'auteur du catalogue de la coll. de Welzl a donné (sous no 2483) le statère n°1352 à Elyrus en Crète, en prenant le cheval pour une chèvre
les tétradrachmes d'Alexandre signés d’un cheval paissant ont élé traités plus haut (nes 923-24). Mais les tétradrachmes présents sont d’une fabrique toute différente, et tant d’après celleci qu’à cause du titre de roi sur le no 1359 on ne peut les rapporter à l’Asie Mineure occidentale; les statères ne peuvent être séparés des létradrachmes à cause des monogrammes communs aux deux espèces, et d’ailleurs les statères d’Alexandre ne furent pas frappés dans cette partie de l'Asie Mineure. Les tétradrachmes d'Alexandre d'Alexandria Troas, comme ceux frappés dans celle ville par Antiochus IT, qui de même sont larges et plats (de la classe VD, offrent à l’exergue un cheval paissant entier; mais les monnaies rangées ici ainsi que les télradrachmes nommés de Séleucus [ et d’Antiochus I, qui sont tous d’un flan épais et d’une et même fabrique (classe IV), n’offrent que la partie antérieure du cheval paissant auprès des jambes de la divinité représentée (de la Victoire, de Jupiter ou d’Apollon). En cherchant le lieu d'émission plus à l’orient dans Îles pays soumis aux Séleucides, nous rencontrons sur les monnaies de Larisse en Syrie un cheval libre paissant, type probablement adopté d’après la ville thessalienne dont elle avait pris le nom. Le même monogramme sur les nes 1351-55 et 1358 étant ajouté au cheval paissant à côté d’autres monogrammes qui varient, et étant aussi sur les tétradrachmes de Séleucus et d’Antiochus *7 associé au même pelit lype, ceci fait soupçonner qu’il indique le nom de la ville. Larisse fut appelé Sisara ® par les natifs du pays. Le monogramme se décompose facilement en Zi) L(A)P *; il est donc probable qu’il exprime le nom syrien de la
et en lisant EA au lieu de Z@; cette pièce, qui à la vérité est un peu usée au bas du revers, se trouve à présent dans la collection de M.Timoni à Vienne où nous l’avons examinée.
27 Sur les monnaies d'Antiochus I nous avons trouvé trois autres monogrammes qui varient, voy. note 25.
28 Zibapa Steph. Byz. Aujourd’hui Seidjar. Abulfeda Tab. Syr. p.110. Burckhardt Travels p. 143 s.
29 = dans le monogramme sur les statères est tourné à gauche, dans celui sur
ville. Les nes 1356-57b qui portent ce monogramme seul sans le cheval doivent donc aussi être attribués à Larisse. Les autres monogrammes ajoutés sur ces monnaies se laissent expliquer de villes qui ont pris part au monnayage. HA sur le n°1353 peut désigner Héliopolis près du Liban. La lettre Y sur le no 1354, qui se trouve sans le cercle * sur la monnaie no 4406 frappée à Sidon, peut être l’initiale d'Hydatopotami (‘Ydaroc motauoi), nom de l’ancienne ville qui par Séleucus fut élargie et transformée en forteresse sous le nom de Séleucie 4; cette ville étant située près de l’embouchure de POronte, il s’explique facilement que Larisse sur le même fleuve pût se trouver en alliance monétaire avec elle. Le monogramme devant la figure sur les nos 1355 et 1357 b semble composé de APK et peut étre expliqué d’Arca (’4o*7, plus tard Cæsarea Libani). ZOQ se trouve non seulement ensemble avec ce monogramme, mais aussi associé aux signes de Laodicée (sur le ne 4319) et d’Aradus (sur le ne 1363); il est donc plausible d'y voir les initiales de Sozusa, ville située sur la côte plus au sud (voy. no 1467), avec laquelle Larisse aura élé mise en communicalion par les villes plus prochaines, d’Arca et d’Aradus. Le monogramme sous le siége sur le n°1358 est évidemment composé de MAPQ; dans le district de Chalcidique, voisin d’Apamène où Larisse était située, se trouvait une ville du nom de Maronias. % Enfin les deux monogrammes sur le ne 4359, ©E et Al, peuvent désigner Thelminissus # et Apamea, toutes les deux villes du même district que Larisse. | Parmi ces monnaies les nos 1350-54 sont peut-être frap-
les pièces d'argent à droite. Dans le monogramme. qui sur les cistophores exprime le nom de Pergame P est quelquefois placé horizontalement, audessus comme ici. Il est possible que les voyelles, comme dans les langues sémitiques, ne soient pas exprimées; mais elles peuvent aussi se trouver dans le milieu du monogramme.
30 Le cercle peut être regardé comme un cadre, cfr, $ 8 fin.
#1 Strabon XVI p. 751. 82 Mapwveias, Ptol. V, 15.
33 Qeluiooôs Ptol. V, 15.
pés sous Alexandre ou avant Séleucus; les nos 1355 s. qui portent Pemblème séleucide, l'ancre, ne peuvent dater que depuis la domination de Séleucus.
Aradus. Nos 1360-1389. 31
Les caractères puniques et le palmier (poim£), emblème connu de la Phénicie, renvoient les nos 1367 et 1380-89 à une ville phénicienne. Le monogramme AP qui se trouve sur les nes 1373-89 est souvent employé sur les aulonomes d'Aradus à chiffres puniques pour désigner le nom de la, ville. % Le monogramme sur les nos 1360-72, où P est placé sous A, doit avoir -la même signification, puisque sur le no 1367 il est joint à des lettres puniques, et sur les nes 1369 s. au caducée comme le premier monogramme sur les nos 1378-79. Le palmier se trouve aussi fréquemment sur les monnaies autonomes d’Aradus, et sur les tétradrachmes devant Jupiter et sur les drachmes à côté du cerf. Les monnaies d'Alexandre qui offrent le palmier et ces monogrammes ont aussi généralement été classées à Aradus. #
Les nes 1381-87, dont seulement le premier et le dernier sont cités sur la table, offrent des années en chiffres puniques,
34 No 1360. Mus. brit., Young, de Saulcy. 1362. Mus. brit., Prokesch. 1365. Munich, Stockholm. 1367. Paris, Luynes. 1368. Cat. of Borrells coll. n° 63. 1369, Vienne. 1369 b. Mus. brit., Mionn. no 142. 1371. Mus. brit., Prokesch. 1372. Vienne. 1374. Mionn. S. no 165. 1377. Paris. 1379. Mionn. no 454 1380. Munich, Young. 1381-87. Paris, Mus. brit., la Haye, Munich. 1388. Gotha, Sestini Mus. Hederv. no 79. 1389. Mus. brit., Berlin, Rollin. — Voy. la table suppl. ne 1375 a et 1382 a.
35 Pellerin Rec. I pl. XC, 11, 14 et 15; pl. CXIX, 4 et 5.
36 Eckhel Doctr. n. v. IL p.101, Mionn. nos 4160-62, suppl, nos 194-96; Num. des rois gr. p. 22 n°7 et p. 23 nos 4-5; Prokesch Osten dans Denkschr. der kais. Acad. V p. 244 (p.241 nos 57-59 le monogramme d'Aradus est répété par erreur au lieu de celui cité sous nos 667 s. dans le présent ouvrage, cfr p. 204 note 5). Il faut cependant observer que les nos 1373-76 peuvent aussi appartenir ailleurs, le monogramme de ces pièces étant une marque de personne d'un emploi fréquent. |
savoir 21, 25, 35, 41, 43, 44 et 45. Le nombre 20 est toujours exprimé sur ces pièces par #, autrement que sur les monnaies suivantes d'Alexandre frappées à Acé, et fv (0: NW) an précède toujours les chiffres. Sur les nos 1388 et 1389 se trouvent les ans 61 et 76 en chiffres grecs. Toutes ces années sont probablement de la propre ère d’Alexandre, ’commençant depuis l’an 334, ainsi qu’il a été montré plus haut p. 81; les pièces sur lesquelles elles sont placées sont donc frappées dans l’époque de 313-258, ceiles aux chiffres grecs sous le règne d'Antiochus I et IT; elles sont, comme en général les pièces qui portent le palmier, d’une fabrique qui trahit le temps postérieur, Les autres pièces qui portent le monogramme composé de P sous À, nos 1360-72, sont d’après la fabrique les premières frappées et peuvent être rapportées au règne d'Alexandre.
Le nombre 76 sur le no 1389 a été pris pour 270, le sligma ayant été regardé comme un sigma %, ou pour 209, © ayant encore élé pris pour ©.% Mais le stigma par ses branches allongées et un peu recourbées aux bouts se distingue assez du sigma du temps postérieur. Les années 270 et 209 s’éloignent trop des années sur les autres monnaies d’Aradus et de celles qui se rencontrent ailleurs sur les monnaies d'Alexandre.
La légende punique à l’exergue sur une pièce de la série nes 1381 suiv. offrani l’an 43 a été publiée par Mionnet * comme s’il y avait encore ajoulé au nombre le nom punique d’Acé et un pelit irait horizontal. MM. Lindberg et Judas ont expliqué ce trait de l’an 10, en supposant que la monnaie soit frappée par Aradus et Acé en commun et qu’elle contienne une double ère. Mais on ne lit sur cette pièce, qui se trouve dans le
37 Wiczay Mus. Hederv. { no 2820; Mionn. suppl. no 195; Donop dans Koehne Zeitschr. If, 1842 p. 3.
38 Sestini Mus. Hederv. no 78. 39 No160, pl. XXI, 4.
40 Lindberg De inscr. Melit. p. 50. Judas Etude dém. de la langue phénic, p. 121. Cfr Donop dans Koehne Zeitschr. IT (1842) p. 655.
cabinet de Paris, que l’ère d’Aradus, ce que certifie aussi M. Lenormant qui l’a publiée, #
Le statère no 1367 a été attribué à Acé par M. Gesenius qui ne reconnaissait pas le monogramme d’Aradus derrière la figure, et qui croyait voir des traces de 7} devant les lettres puniques ND; il expliquait SK de l’an 100% Mais sur l’exemplaire. du cabinet de Paris, dout Gesenius avait devant lui une empreinte, ainsi que sur celui de la collection du duc de Luynes on lit devant ND seulement le signe indiqué sur notre table, ce qui s'accorde aussi avec la gravure dans le cab. Allier #. Voici les raisons qui s’opposent à ce qu'on explique les lettres ND par le nombre 100. Ce statère par l’initiale A au droit et par le monogramme d'Aradus se rattache à une suite de téiradrachmes qui d’après la fabrique ne peuvent appartenir à une époque si avancée; sur les monnaies d'Alexandre on ne trouve point d'année au-dessus de +6, et sur les autres pièces frappées dans les villes phéniciennes l’année n’est jamais exprimée par des lettres puniques. “* De l’autre côté il faut observer que sur les monnaies autonomes de Phénicie on rencontre souvent plusieurs lettres puniques l’une à côlé de l’autre qui prises ensemble ne paraissent donner aucun sens, mais qui avec raison sont à regarder comme initiales des noms de dif-
41 Num, des rois gr. p. 23 ad pl. XIV, 5.
42 Script. linguæque phœn. monum. p. 270 tab. XXXV, 1.
43 PI V, 8, où pourtant la barre transversale du mem punique manque. Dans la gravure donnée dans le catalogue du musée Hedervar. par Wiczay (tab, XII n°243) on ne voit que ND; aussi le monogramme d'Aradus n'y est pas correctement rendu. Dans la description du mus. Hedervar. par Sestini la même pièce est citée p.123 n°17; mais dans ce lieu il s’est glissé une erreur, comme la légende sur la table à laquelle renvoie le n° ne s'accorde pas avec la pièce gravée par Wiczay. Dans Mionn. Suppl. IT no 194 tab. If, 7, où la même monnaie est rendue, la légende punique est altérée.
44 Donop dans Koehne Zeitschr. IT p. 6-7 suppose que cette légende contienne les nombres IIT et I (exprimé par la lettre aleph) 9: l'an IV; une explication aussi singulière n’a pas besoin de réfutation.
férentes villes qui ont frappé monnaie en commun ; parmi ces lettres on trouve aussi NK et ensemble suivies d’une troisième.% Ces deux letires puniques se voient isolées sur d’autres monnaies d'Alexandre, probablement comme initiales de noms de villes, ainsi sur le ne 1303, où peut-être il désigne Marathus, et K sur les nes 4451 et 1471, où l’on peut l’expliquer d’Achsib ou d'Asdod.{7 Sur la pièce d'Alexandre en question les lettres et N doivent donc être expliquées d’une manière analogue; la troisième lettre qui précède celles-ci peut être jod et désigner Joppé dont le nom aussi sur d’autres monnaies d'Alexandre est exprimé, à ce qu’il semble, par le jod punique ou le iota grec, voy. nes 1408-9 et 1469.
Sur le n°1377 on trouve à côté du monogramme d’Aradus encore une lettre qui paraît punique, c’est hé; elle peut désigner Hamalh (M5), ancienne colonie phénicienne sur le fleuve d’Oronte non loin d’Aradus, plus tard nommée Epiphania#.
Le caducée sur les nos 1369-72 et 1378-79 désigne probablement une autre ville qui a pris part au monnayage, puisque ce symbole ne se trouve pas sur les monnaies d’Aradus. II peut s’expliquer de Gabala, ville peu éloignée, sur les auto-
nomes de laquelle on trouve un caducée *, ou peut-être de la,
ville cilicienne de Corycus dont les autonomes ont par préfé-
45 Voy. Judas Etude dém. de la langue phénic. p.112, 114 et aill.
46 Voy. la monnaie donnée par Pellerin Suppl. IV p.1; les trois lettres sur cette pièce sont regardées par M. Judas I. c. p.114 comme indiquant Marath, Arad, Carné.
47 M. Judas 1. c. notes 45 et 46 explique l’aleph sur les monnaies des villes phéniciennes ordinairement d’Aradus; on peut douter de la justesse de cette supposition; sur les monnaies d'Alexandre la lettre ne peut guère s'expliquer ainsi, du moins pas sur la monnaie signée du monogramme d'Aradus dont il est question en ce lieu.
48 La ville ne reçut probablement ce nom qu'au temps d’Antiochus IV d’après
son surnom d'Epiphanes. Il existe, comme on sait, des monnaies autonomes offrant le nom grec de la ville.
49 Voy. Mionn. V p. 233 no 626.
rence Mercure pour type Ÿ; nous avons montré plus haut (p. 281) qu'il existait sans doute une alliance monétaire entre les villes commerciales de Phénicie et de Cilicie.
D’après es analogies contenues dans les articles précédents °! il n'est pas invraisemblable, que les lettres grecques qui se trouvent jointes sur ces monnaies au monogramme d’Aradus indiquent des villes, non des personnes. ZXQ sur le ne 1363 se voit aussi sur les nes 1349 de Laodicée et 1352 s. de Larisse, et l’on verra plus bas, n°1467, qu’il y a toule raison d'expliquer ces leltres de Sozusa près de Joppé. ZX sur les nos 1364-66 désigne sans doute sur d’autres monnaies d’Alexandre (voy. nos 1319 s.) Soli en Cilicie, et peut être expliqué ici de cette même ville. À sur les nos 1367-68 peut indiquer Dora, ville de Phénicie, dont le nom est souvent exprimé sur les monnaies des Séleucides par À auquel QP est ajouté de différentes manières. Restent encore ZI et À sur les nos 1361 et 1362; la première de ces lettres, qui se trouve aussi sur les nos 1486 et 1513, se laisse expliquer de Zéphyrium en Cilicie ‘?, la seconde de Laodicée %.
Au droit du ne 138951 sur la peau de lion d’Hercule on trouve les lettres MY qui probablement sont les initiales du nom du graveur, voy. $ 14 fin.
50 Mercure était la divinité principale de cette ville et est mentionné par les anciens auteurs sous le surnom de Kogvxwrys (Orph. Hymn. 28,8, cfr Brunck Analecta II p. 97).
Cfr aussi la Lycie et la Cilicie $ 35 et 36.
Cette lettre peut aussi s'expliquer de Zeugma, ville fondée par Séleucus I
près de l’Euphrate, ayant un pont sur le fleuve par lequel passait la grande
route de la Phénicie vers le nord-est en Mésopotamie. Mais il est incertain si cette monnaie a été frappée si tard.
53 Qu la ville maritime avec laquelle dans la période impériale Aradus battait monnaie en commun (voy. Mionn. V p. 465 no 849), ou Laodicée près du Liban, située sur la route principale qui unissait Aradus à Damas.
54 Publié par Wiczay Mus. Hederv. tab. XIT, 244.
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Nes 1390-1395.
Ces pièces comme les précédentes portent l’emblème phénicien, le palmier. Les deux premières se rattachent à celles d’'Aradus, le ne 1390 offrant en lettres puniques l’an 41 qui s’ajuste à la série sur les nos 1381-87, le no 1391 TE à lexergue qui peut indiquer l’an 65 et se joindre aux ans 61 et 76 sur les nos 1388-89. IL n’est pas invraisemblable que ces deux pièces soient frappées à Aradus et que les monogrammes sous le siége indiquent cette ville, leur différence de laradien pouvant être altribuée à l'ignorance ou à la négligence du graveur du coin. % Sur quelques-uns des tétradrachmes de Philippe HE (nos 111-115), qui ont divers monogrammes grecs devant la figure, le même monogramme se trouve sous le siège que sur le no1391. Il est plus incertain si les nos 1392-95 appartiennent à Aradus. F sur le ne 1395 peut désigner la ville de Pallos située au nord d'Aradus, cfr no 1334 et no 1504 s.
Marathus. Ne 1396. 57
Ce tétradrachme, d’après le palmier et les caractères puniques, appartient à la Phénicie. Le monogramme grec est évidemment composé de MPO $, qui correspondent aux trois lettres puniques qui sur les autonomes de bronze expriment le nom de la ville. L’année est donnée exactement comme sur les télradrachmes précédents de la ville d’Aradus, voisine de Marathus et liée avec elle, et la fabrique est la même. Cette monnaie porte l’an 30, datant sans doute du commencement de
55 No 1390. Leake. 1391. Paris, 1392, Mus. brit,, Mionn. no 129. 1393. Paris. 1394-95. Mus. brit. À |
56 Aussi sur les tétradrachmes précédents, no 1380 s., le monogramme sous le siége est souvent exécuté avec négligence et ne serait guère pris pour AP, si le palmier et les années puniques n’étaient pas ajoutés.
57 No 1396. Empreinte.
% Les deux voyelles 4 qui appartiennent au nom peuvent se trouver retournées dans le monogramme. ;
la conquête de l'Asie, de même .que les années sur les autres monnaies d'Alexandre de Phénicie (cfr p.81); elle est donc frappée sous la domination d’Antigonus en 304 Il existe une pièce de bronze de la même empreinte que les statères, qui offre le même monogramme et qui peut aussi être attribuée à celte ville, voy. $5 n°5 note 7.
Sidon. Nos 1397-1422. 5
L'attribution à Sidon de cette suite de monnaies, qui toutes portent les initiales ZI, est confirmée par les considérations suivantes. Des lettres puniques, à ce qu’il semble $, se trouvent sur les nos 1407-9. Les symboles ajoutés, la palme sur les nos 1409-10, l’étoile sur les nos 1414-18, et l’aplustre sur le no 142251, conviennent à Sidon. Sur les tétradrachmes de celte ville on voit ordinairement la palme ou l’aplustre à côté de l'aigle; sur ses pièces de bronze le premier symbole se trouve quelquefois ajoulé à la tête de la déesse de la ville ou de Jupiter, le second fréquemment à côté du buste de la déesse de la ville et tenu dans la main par cette déesse (ou Astarté) debout sur un vaisseau. L’éloile ne se rencontre pas rarement devant le buste de la même déesse, et sur les tétradrachmes frappés plus tard (sous Antiochus VIT) Jupiter (Baal) debout
59 Ne 1397. Mus. brit. 1398-1400. Paris. 1401. Paris, Prokesch. 1402. Vienne, Thomas coll. n01126. 1403. Munich. 1404. Sestini Mus. Hederv. no 45. 1405. Cureton. 1406. La Haye. 1407. Mus. brit, 1408. Luynes. 1409.
* Mus. Thorvaldsen. 1410. Chaffer. 1411. Vienne, Gotha, Soive. 1412. Vienne. 1413. Gotha. 1414. St. Pétersbourg. 1415. Copenhague. 1416. Berlin. 1417. Turin. 1418. Mus. Lavy n° 1336 (où le monogramme etles lettres devant la figure sont mal rendus). 1419. Munich. 1420. Mionn. no 312. 1421. La Haye. 1422. Munich.
60 L'ignorance des graveurs grecs explique assez pourquoi les lettres puniques
sur les monnaies d'Alexandre ne correspondent pas toujours exactement à
celles qui se voient dans les légendes purement phéniciennes; il en est sou-
vent de même sur les autonomes qui offrent des légendes grecques et puniques ensemble.
Sur cetie pièce l’aplustre est placé, contre l'habitude, au-dessus du bras
étendu de Jupiter.
la porte sur sa main étendue. La fabrique s’accorde en gé- néral avec celle des autres monnaies d'Alexandre frappées dans les villes phéniciennes. Enfin, une trouvaille de statères d'or d'Alexandre faite en 1854 près de Sidon ® sert à motiver le classement à cette ville des présentes monnaies. Celte trouvaille contenait un nombre considérable de pièces à la légende Zl et en partie avec des lettres phéniciennes ajoutées, et toutes celles-ci étaient à fleur de coin, ayant encore le brillant de la frappe récente, tandis que toutes les autres étaient dans un état inférieur. Le nombre, la multiplicité des signes et la diversité de la fabrique font présumer que ces monnaies soient frappées à travers un long espace de temps, comme celles d’Aradus et d’Acé, dont les années en donnent témoignage.
Dans les articles précédents nous avons montré, et il sera encore confirmé par la suite %, que les monogrammes, les initiales et les lettres isolées sur les monnaies d'Alexandre frappées dans la Cilicie, la Syrie et la Phénicie désignent probablement pour la plupart des villes par lesquelles ou conjointement avec lesquelles la fabrication a été faite. En examinant cette suile on trouvera probable que de même sur ces pièces, du moins sur un nombre, soient indiquées des villes qui ont pris part au monnayage de Sidon. Sur le ne 1421 le premier monogramme est évidemment composé de MYP ou MYPI, qu’on peut considérer comme le commencement du nom de Myriandrus; on explique facilement HPA sur le ne 1418 d’Hé-
6? Ce dépot fut découvert dans un ancien aqueduc hors de la ville et:se composait de 1837 pièces en or d'Alexandre le Grand et de PhilippeIl, parmi lesquelles environ 46 variétés d'Alexandre et 20 de Philippe. Elles furent envoyées par le pacha à Constantinople où M. Caillol fut chargé de les classer et d'en choisir deux de chaque variété pour être conservées par le gouvernement. C’est à une lettre de M. Caillol à M. Lavoix, employé au cabinet des médailles de la bibliothèque imp. à Paris, que nous devons ces renseignements. Nous n'avons pu réussir à obtenir ni des empreintes ni une description détaillée des variétés de cette trouvaille importante. 63 Voy. p. 304, 310 et 3135.
raclée .(cfr no 1488), AA sur le no 1415 de Laodicée, le monogramme composé de A et M sur le no 4419 d’Apollonie %, les monogrammes sur les nos 1414 et 1422, qu’on peut decomposer en ZIMY et ZIM, de Simyra, et AN sur le no 1422 d’Anthédon; toutes ces villes élaient des places marchandes sur la côte de Syrie, de Phénicie et de Palestine, qui doivent s'être trouvées en liaison avec Sidon. Aussi les lettres isolées peuvent pour la plupart être expliquées de villes sur la côte. Le caractère sur les nos 1408-9 semble être le jod punique et désigne donc probablement Joppé, cfr nos 1367 et 1469; celui sur le no 1407, sans doute le {et punique, peut être pris pour la marque de Tripolis 5, Plus haut, sous Larisse (voy. p. 292) et sous Aradus (voy. p. 297), nous avons fait observer que Y peut être l’initiale du nom de l’ancienne ville d’Hydatospotami qui fut transformé en Séleucie, et À celle du nom de Dora; par le B Botrys ou Byblus (cfr nes 1288, 1318, 1335-36, et 1482-84) peuvent être indiqués %; A peut désigner la même ville que l’aleph punique sur les nos 1451 et 1471, Achsib ou Asdod, et K Carné (plus tard Antaradus), ville qui sur les autonomes phéniciennes fut probablement désignée par la lettre punique coph seule $. Ensuite, comme plusieurs des monnaies d'Alexandre que nous avons traitées plus haut ® donnent lieu à la supposition, que les villes phéniciennes se soient aussi trouvées en alliance monétaire avec
64 Ce monogramme pourrait certainement aussi désigner Paltos, mais cette ville, selon nous, a plutôt été exprimée par 17, voy. p. 286 et 298.
65 On ne connaît pas le nom punique de la ville phénicienne que les Grecs appelaient Toinols, formée des trois colonies de Tyr, de Sidon et d’Aradus. Si ce nom a eu la même signification que le nom grec, il a probablement commencé par £ef, comme en syrien le nombre trois commence par cette même lettre. Il se peut qu’aussi le nom grec ait été usité par les Phéniciens, de même que plus tard Toirokus fut transformé par les Arabes en Tarablus (dont Pinitiale £a correspond au fet punique qui se voit sur la pièce en question).
66 Balanéa et Berytus semblent plutôt désignées par des monogrammes sur les
- monnaies d'Alexandre, voy. nos 1302 et 1482.
67 Cfr note 46. 68 Voy. p. 281.
les villes maritimes de Cilicie, il est possible que le monogramme du no 1419, composé sans doute de MAA, et M sur les nos 1401-4 désignent Mallus, puis Z sur le n° 1405 Soli, comme sur les nes 1308 s. et les nos 1319 s., et E sur le no 1418 Eleusa (cfr les nos 1485 et 1499). Enfin il se peut qu'aussi des villes de l’intérieur du pays soient indiquées dans celle suite. Ainsi O!l sur le ne 1415 peut être expliqué de Philadelphia en Décapolis qui sans doute a frappé des monnaies d'Alexandre tant en commun avec Ascalon que seule, voy. nes 1472 s., et le monogramme composé de TA sur le no 1421, qui se rencontre aussi sur les tétradrachmes de Séleucus aux types d’Alexandre ®, Tarichées à l’extrémité méridionale du lac de Génésareth. © Les monogrammes sur les nos 1412-13 et 1418 doivent êlre conférés avec ceux sur les nes 1495 et 14975.
Tyr. Nos 1423-1425.
La pourpre, dont le tétradrachme est signé, était l’emblème de Tyr; comme tel on la trouve souvent à côté de différents types sur ses monnaies de l’époque impériale. ? Cette pièce est de la même fabrique que celles d’Aradus nos 1380 s., de Marathus no 1396 et de Sidon nos 1419 s., et appartient probablement au règne de Séleucus ou d’Antiochus I. A peut étre linitiale du nom d’une ville, voy. l’article précédent et plus bas no 1471.
La pièce de bronze ne 1424 offre le commencement du nom de Tyr en lelires grecques et le nom d'Acé en caractères pu-
69 Voy. Num. Chron. XVI p. 35.
70 Ville très forte, aussi connue par ses salaisons de poissons. Strabon XVI $ 20 p. 764.
71 No 1423. Musée Thorvaldsen no 635. 1424. Vienne. 1425. Paris.
7 Il est connu qu'on attribuait à Tyr la découverte de la pourpre; cette découverie, faite d’après la tradition par un chien, est aussi représentée sur une de ses monnaies. Des étoffes teintes de pourpre étaient une des marchandises les plus recherchées de Tyr.
niques %; elle est donc frappée par ces deux villes en commun. Le ne 1425 a en bas à gauche TY, au milieu l’an 26 en chiffres puniques et à droite deux lettres puniques YA (97) qui, par analogie avec la pièce précédente, doivent étre considérées comme désignant une autre ville de Phénicie. Comme la monnaie est incomplèle à droite et la lettre finale du nom d’Alexandre n’y paraît pas, il n’est pas invraisemblable qu’il y manque aussi une lelire punique; ce peut êlre © (ÿ), de sorte qu’on ait ici le nom punique de la ville d’Arca près du Liban (plus
lard Cæsarea). #
Acé. Nos 1426-1463 ® Ces monnaies ont depuis Pellerin été reconnues comme frappées dans la ville phénicienne d’Acé (Aca, Acco, plus tard Piolemaïs) à cause des deux lettres puniques 7} qui expriment
73 La lettre caph est ici d’une forme qui diffère de l'ordinaire sur les monnaies frappées à Acé (voy. nos 1426 s.), mais qui se rencontre pourtant quelquefois, voy. Gesenius Scr. lingu. phœn. mon. tab. 35, ILE, Lindberg.N. pun. Sext. p. 15.
74 D)9Y Genes. X, 17; 1 Chron. 1,15. Si l'on suppose qu'aucune lettre n’y manque, 7 et 7 doivent être regardés comme initiales de deux noms de villes, comme celles sur le no 1367; la première lettre peut donc désigner Réphanéa, ville dont on a des monnaies impériales, la seconde Carné qui semble avoir frappé des monnaies puniques autonomes (voy. Judas Etude dém. de la langue phénic. p. 111). A la vérité Arca s’écrit dans le Vieux Testament et Carné sur les monnaies nommées avec P, mais il est connu que souvent caph et coph sont confondus dans les langues -sémitiques. Cette pièce est publiée par Pellerin Suppl. IV in fronte p. IIT-V, où elle est attribuée à Acé, la légende étant incorrectement rendue, ensuite dans l’ouvrage de Mionnet sous n° 508 pl. XXI, 10, où Y dans le nom de Tyr n'est pas exactement figuré, et enfin dans Numismatique des rois gr. pl. XVIT, 3 p. 31 par M. Lenormant qui regarde aussi les deux lettres à gauche comme les initiales de Tyr, mais qui ne donne point d'explication des deux caractères puniques.
75 No 1426. St. Pétersbourg, Copenhague. 1427, Luynes, Prokesch. 1428. Mus. brit. 1429. Sestini Mus. Hederv. no 99 (le monogramme n° 146 doit être no 147). 1449. Sestini Mus. Hederv. no 100. 1450. La Haye. 1451. Vienne. 1459. Paris. 1460. Leake. 1461. Berlin. 1462-63. Mionn. S. no 189-90. —. Voy. la table suppl. n° 1451 a.
son nom. La letire caph varie pour là forme. 6 Sur les nes 1460-61 on trouve un aleph après 7}; c’est probablement une forme plus complète du nom d’Acé, analogue à lhébreu 3, au grec 4x7 et à l'arabe L£e.
Les nos 4429 s. offrent, outre le nom d’Acé, des chiffres puniques dont le plus bas est 6, le plus élevé 46; ils indiquent des années d’une ère, probablement celle d'Alexandre même, datant de la conquête de l’Asie, comme sur les monnaies frappées à Aradus (voy. p. 81), de sorte que ces monnaies s’élendent jusqu’à la dernière partie du règne de Ptolémée Soter. Les tétradrachmes nos 1431-47, omis sur la table, offrent les nombres 9, 11, 20-22 et 24-37; les statères omis nos 1453-57 . ont les nombres 23, 25, 26, 34, 36 et 40. Sur les nes 1429-. 48 et 1452-61 le nombre dix est exprimé par un pelit trail horizontal, souvent un peu courbé, et le nombre vingt par deux traits pareils; mais sur le ne 1450 vingt est rendu par un N oblique comme sur les pièces frappées à Aradus, sur le no 1449 par le À qui en est formé, et sur les nos 1462-63 par un cercle, ainsi que dix sur le n°1462 est indiqué par une courbe. T
Les marques placées sous le trône de Jupiter sur les tétradrachmes nos 1429 et 1451, selon ce qui a été observé sur les monnaies précédentes frappées dans les villes phéniciennes, désignent probablement d’autres villes qui ont pris part au monnayage. ZK peut êlre expliqué de Scythopolis, voy. ne 1464, la lettre punique aleph d’Asdod ou d’Achsib, voy. ne 1471. Il n’est pas clair si la lettre placée devant la figure sur le statère ne 1459 est punique ou la lettre grecque X."8
76 Cfr encore Lindberg De numis pur. Sextorum p.15; Gesenius Scr. linguæque phœn. mon. tab. 35, et Mionn. I pl. XXI, 2 s., suppl. III pl. IF, 2 s.
77 Sur ces chiffres différents voy. Gesenius |. c. p.87, Judas 1. c. p. 85 et 89.
78 Les légendes puniques de monnaies d'Alexandre appartenant à Acé ont souvent été corrompues par les éditeurs, De ce nombre sont deux tétradrachmes dans Museo num, Lavy nos 1344 et 1345 dont les légendes sont gravées tav. [1,15 et16. Nous avons obtenu des empreintes de ces pièces qui se
Sycaminum. Scythopolis. Nos 1464-1465. 7
Ces tétradrachmes, qui ont l’un et l’autre ZY devant la figure, se ratlachent aux précédents par le monogramme 3K qui se trouve sur le no 1429 d’Acé, de même sous le siége de Jupiter, et ne se rencontre pas ailleurs sur les monnaies d’Alexandre. La fabrique convient aux pays syriens. L'association du nom d’Acé avec les initiales ZK et de celles-ci avec ZY engage à rapporter ces pièces aux villes de Scythopolis et de Sycaminum: Scythopolis (Betsan, Nysa) en Samarie était une ville considérable dans laquelle se réunissaient trois grandes routes, lPune venant du nord de Damas, lautre de l’est de. Bostra en Arabie, la troisième du midi de Jérusalem, et une quatrième roule la meltait encore en communication avec les villes d’Acé, de Sycaminum et de Stratonos Pyrgos; il devait ainsi se faire avec ces villes maritimes un commerce considérable en passant par Scythopolis, d’où il résulte que cette ville devait se trouver en alliance monétaire avec elles. II existe de Scythopolis des monnaies appartenant à l’époque impériale. Sycaminum (Svxawror Ÿ, Hépha) était situé entre Acé et Siratonos Pyrgos et connu pour sa pêche de pourpres. Nous ne déciderons pas si le monogramme sur le ne 1465, qui
trouvent dans la collection de Facadémie à Turin et nous nous sommes persuadé qu’elles n'offrent que le nom d’Acé avec les nombres d'années ajoutés, la première 26, la seconde 31. D’autres pièces appartenant à Até, avec des légendes puniques qui diffèrent de celles données sur les tables de cet ouvrage, se trouvent chez Mionn. suppl. IIT n° 185 pl. IT, 1, et chez Sestini Mus. Hederv. p. 127 no 98 (la légende no 145 doit sans doute être 146), cfr Wiczay [ tab. XI1,258. Mais les exemples assez fréquents de légendes puniques qui n’ont pas été bien comprises, même par des savants distingués du dernier temps (cfr p. 294-95), autorisent la défiance ; n'ayant trouvé les pièces citées dans aucune collection, nous n’avons cru devoir ni les faire graver sur les tables ni entrer dans aucune explication à leur égard.
79 No 1464. Gotha. 1465. Paris.
S0 Aussi nommé Sycaminos, Sycaminopolis, Sycammonpolis. Strabon XVI p. 758 ; Euseb. Onomast. (v. 1aged); Ptol. V, 15; Steph. Byz.; Plin. V, 17, etc.
ressemble à celui sur les deux nes suivants, indique une ville
ou un magistrat.
Stratonos Pyrgos. Ne 1466. 1
Ce télradrachme est de la même fabrique que le précédent et le suivant, et a le même monogramme, à ce qu’il semble, sous le siége de Jupiter; il y a donc lieu de regarder les initiales ZT, de même que les autres devant la figure sur ces pièces, comme celles du nom d'une ville, supposilion confirmée par le fait que les mêmes deux lettres se rencontrent sur des tétradrachmes ptoléméens. Elles désignent sans doute Xroczwvos Iveyoc, ville située sur la mer entre la précédente et la suivante, qui devint plus tard sous le nom de Cæsarea le siége des gouverneurs romains en Judée ct après la chute de Jérusalem la câpitale de toute la province. MM. le marquis de Lagoy et F. Lenormant ont aussi expliqué ZT sur les monnaies des Ptolémées comme indiquant cette ville. ®
Sozusa. Ne 1467. 5
ZQ écrit de la même manière se trouve sur les monnaies déjà trailées de Laodicée (no 1349), de Larisse (nos 13525.) et d’Aradus (ne 1363), sur lesquelles les initiales et monogrammes doivent sans doute être expliqués de noms de villes qui ont pris parl au monnayage. Le monogramme sous le siége est le. même que sur les deux nes précédents et la fabrique correspond à celle de ceux-ci. Il est donc vraisemblable que cette pièce ait été frappée à Sozusa (Swbovoa), ville située sur la côte # dans
81 No 1466. Vienne.
8% Voy. Revue numism. franç. 1854 p.169, ou en même temps l’auteur fait observer, que l'indication du nom de la ville avec omission de Héoyos s'accorde avec l'usage des Grecs et que la ville est aussi appelée Kawcdosua ZTotwvos.
88 No 1467. Gotha.
84 Steph. Byz., cfr M. de Fortia d'Urban Réc. des itinéraires anc. p. 455.
La
le voisinage de Joppé; la pièce suivante, no 1469, qui probablement est frappée à Joppé, a le même monogramme sous le siége. Z%3Q (Q placé au-dessus de Z) sur une monnaie de bronze ploléméenne a aussi été expliqué de cette ville par M. F. Lenormant. $
Joppé. Ne 1468-1469. 55
Les trois leltres sur le no 1468 1ON se trouvent unies d’une manière semblable (seulement en écriture rétrograde) sur un tétradrachme de Ptolémée Soter que M. F. Lenormant avec raison à attribué à Joppé®}. La fabrique est la même que celle des tétradrachmes précédents. Le no 1469 sé rattache par’ le monogramme sous le siége aux villes voisines de Joppé que nous venons de nommer; sur les monnaies frappées à Aradus (no 1367) et à Sidon (no 1408-9) nous avons trouvé une lettre . étrangère qui, à ce qu’il semble, est le jod punique et désigne la ville de Joppé; il est donc probable que le ioita, qui sur celte pièce est placé seul ‘dans la partie supérieure sous le siége, soit de même l’initiale de Joppé.® IL existe üne monnaie autonome à la légende IOFH *, ce qui prouve que celte ville a eu un atelier monétaire.
85 Voy. Revue numism. franç. 1854 p. 170 note, où l’auteur donne plusieurs renseignements sur la ville de Sozusa.
86 No 1468. Vienne, Berlin, Copenhague. 1469. Paris, Copenhague.
87 Et à cause de la fabrique et parce que les mêmes trois lettres, quoique rangées d’une autre manière, sont sur d’autres pièces associées avec un monogramme qui probablement est celui de Gaza. Voy. Revue num. fr. 1854 p. 166. :
S8 On pourrait aussi penser à Jamnia, ville considérable, surtout à une époque postérieure, sur la route entre Joppé et Asdod. Mais comme le sofa sans doute indique la même ville que le jod punique sur les monnaies frappées à Aradus et à Sidon, par conséquent une ville qui a frappé monnaie en commun avec les villes phéniciennes, Joppé, ville maritime et commerciale, convient mieux que Jamnia qui était assez éloignée de la mer.
8 Mionn. V p. 499 no 68, ; 20 *
Azotus.(?) ‘No 1471. Ÿ
Un aleph punique se trouve. aussi sur les monnaies d’Alexandre frappées à Aradus (no 1367) et à Acé (ne 1451), et dans ce qui précède nous avons fait observer qu'il y a lieu d'expliquer les lettres puniques isolées comme désignant des villes. Ici on ne saurait penser à Aradus, car l’aleph se lrouve sur le no 1367 ensemble avec le monogramme de celle ville, non plus à Ascalon, cette ville sur les monnaies d'Alexandre étant indiquée par AZ (voy. les nes suiv.); mais le lieu d’émission peut être Achsib (SK, "Exdinra), ville marilime entre Acé ét Tyr, ou plutôt la ville considérable d'Asdod (SK, *AGoroc) sur la route de Joppé à Ascalon avec un port sur Ja
mer °!,
Ascalon. Philadelphia. Nos 1472-1481. *