Æ. 4-3. Tête imberbe entourée d’un bandeau (comme sur
le no 14). HR. OIAITTOY Cavalier au galop, nu (comme sur les nes 2 et 14). *
23. Æ. 4-3. Tête imberbe entourée dun bandeau et ayant une pelite corne au-dessus du front (comme sur le ne 15). Fr. Même légende et même type que sur le R. précédent. ® 24. Æ, 2-14. Tête d'Hercule (comme sur les nes 3 s. et 9s.). ‘E. Même légende. Massue.
Les suivantes monnaies en bronze peuvent encore avoir élé frappées sous Philippe IT. | 25. Æ. 41. Tête imberbe entourée d’un bandeau (comme sur le n°22). K. Même légende. Jeune cavalier s’avançant lentement, la main dr. élevée (comme sur le no 9). *#
26. Æ. 3. Même tête. K. Même légende. Cheval libre courant. *
27. Æ,. 3-24. Tête d’'Hercule (comme sur le no 24). K. Même légende. Cavalier au galop (comme sur le no 22). * 28. Æ. 2-11, Même tête. K. Même légende. Foudre. *
23 Sur les imitations barbares des monnaies en argent de Philippe IT, voy. $ 4. La pièce qu’on trouve figurée chez Pellerin Rois pl I et dans Numism. des rois gr. pl. XIF, 17 parmi les monnaies de Philippe If est sans doute fabriquée chez un peuple gaulois, efr la pièce barbare sans nom qui est citée chez Mionnet S. I p. 178 n°234 ct chez Duchalais Descr. des méd. gaul. de la bibl. roy. p. 318 no 751.
24-25 [] en est de même des têtes sur ces pièces que de celles sur les dioboles nos {4 et 15, voy. notes 13-14.
%6 Avec le foudre et d’autres signes, dans le musée brit. et aill.
27 Dans le cab. roy. de Copenhague. Sestini Mus. Hederv. I p. 135 n° 48-49. Avec différents signes.
28 Avec les signes: foudre, fer de lance, massue. Sestini Descr. num. vet, p. 135 no 39, Mus. Hederv. I p.136 n°57. Mionn. I p. 587 n°917; S. IT p, 235 n° 498 et p. 238 no 530. Museo Lavy n° 1448.
29 A Munich, dans le musée brit. (publiée dans Museum Payne Knight p.57 B 2,
Ces monnaies sont indiquées d’après leur grandeur conformément à la mesure de Mionnel, non daprès leur poids comme les monnaies d’or el d'argent; cfr. les monnaies d’Alexandre p.2 nole 7.
Dans les têtes qu'offre le droit des monnaies que nous venons de décrire on a souvent, surlout avant le commencement de ce siècle, voulu voir le portrait de Philippe. ® Aujourd’hui on peut regarder comme généralement reconnu, qu’aucun portrait de roi ne se trouve sur les monnaies avant Alexandre le Grand, et que les têtes sur les monnaies de Philippe Il représentent des divinités et des héros adorés en Macédoine ct par Philippe en particulier.
Il n’y à aucune raison de douter que ce ne soit Apollon dont la tête laurée est figurée sur les statères, le :L de statère et le diobole ne 16.%! Ce dieu fut adoré en Macédoine sous le surnom d’Ichnéen, de la ville d’Ichné dans le district de Boltiée où il avait un oracle. * Dans le sud-est de la
où le nom est à tort cité comme celui de Pyrrhus) ct dans la coll. de Leake (publiée dans Num. hell. p. 9 sous Philippe I). Sestini Descr. num. vet. p. 135 n° 37, Mus. Hedervar. p. 136 n° 60. Mionn. S. HT p. 256 neo 679 (sous Philippe V). — Dans la Numism. des rois gr. pl. XIT, 18, p. 20 on trouve citée parmi Îles monnaies de Philippe Il une pièce de bronze qui d'après la légende (B)A æ doit appartenir à Philippe V. : 30 C'était tantôt la tête d'Apallon sur les statères (voy. Beger Thes. Palat. p. 115, Thes. Brandenb, p. 233, Wachter Archäol. num. p. 53), tantôt la tête ceinte du bandeau sur les pièces de bronze (voy. Thes. Palat. et Thes. Brandenb, I. c.), tantôt la tête d'Hercule (voy. Spanheim De præst. et usu num. ant. I p.381 et 386, Wilde Selecta num. p. 7-8), qui fut regardée comme celle de Philippe IT. Dans le dernier temps on trouve dans Museum Payne Kaight (p. 75 A 1, 4,17; p.76E 1, F1) la remarque, que c’est peut-être le portrait de Philippe qui se trouve sur le droit des statères et des dioboles, ou habilu et persona Jovis sur les didrachmes. | M. W. M. Leake (Numism. hell. p. 3) suppose que cette tête soit celle d’Hercule, parce que sur quelques exemplaires les traits, selon lui, ressemblent au jeune Hercule. Ê #? Hésychius, Suidas; Stephanus Byz. s. v. Iyvaios. Hérod. VII, 123. Le culte d’Apollon avait de la liaison avec celui des Muses en Piérie et tiraib
Thrace et dans la péninsule chalcidique, que Philippe réunit au royaume macédonien peu de temps après son avénement, Apollon était la divinité adorée par préférence. # La tête d'Apollon et ses symboles, la cithare et le trépied, qui sont les types prédominants sur les autonomes frappées avant Philippe et au commencement de son règne à Botliée, à Olynthe, dans les villes de la ligue chalcidique, à Acanthe, à Amphipolis, à Philippes et ailleurs, prouvent l'importance et l'étendue du culte d’Apollon dans ces pays. La têle entourée d’un bandeau sur les dioboles et les pièces en bronze peut aussi quelquefois être regardée comme ceile d’Apollon (voy. plus bas p. 342). Il s’accorde avec l’usage macédonien # que le cheveux sur ces têtes sont coupés courls et ne pendent pas sur la nuque conformément à la représentalion ordinaire d’Apollon.
Hercule, dont la tête est appliquée sur les petites pièces d'or, d'argent et de bronze, et Jupiter, dont la tête se trouve sur les didrachmes, étaient, comme nous l’avons relevé en
probablement son origine du Pythium olympique. Cfr 0. Müller Dorier I p.202.
33 Les villes les plus importantes de la Chalcidique étaient des colonies d'Eubée, surtout de Chalcis, et Apollon était en général regardé comme fondateur (’4oynyérns) et dieu tutélaire des colonies chalcidiennes.
84 M. Cavedoni est d'opinion que la tête d’Apollon sur les statères a rapport à Ja gloire que Philippe. s'acquit en faisant la guerre sacrée aux Phocidiens. Spicilegio p. 54 note 65: La testa laureata d'Apollo parmi si debba riferire al vanto della querra sacra contra à Focesi. Mais la fabrication des statères a probablement déjà commencé vers la fin de l’an 356 ou en 355, puisqu'il est rapporté que Philippe fit mettre sur ses monnaies (les statères dont il s’agit) le char de course en commémoration de la victoire aux jeux olympiques dont il reçut la nouvelle le jour même de la naissance d'Alexandre (Plutarque Alex. chap. 3 et 4, cfr Justin XIT, 16), par conséquent plusieurs années avant qu'ilse fit le défenseur du dieu delphien dans la guerre contre les Phocidiens. Tout ce qu’on peut concéder à cet égard, c'est que la violation du temple de Delphes par les Phocidiens, commise peu de temps avant, peut avoir été une raison de plus pour que Philippe ait placé l'image d’Apollon sur sa monnaie d’or.
35 Strabon p. 327 $ 14.
traitant des monnaies d'Alexandre (p. 10-11), les divinités na-
tionales des Macédoniens en général et adorées par les rois de Macédoine en particulier. %
Diane, dont la tête se rencontre sur un des dioboles, fut surtout adorée à Amphipolis sous le surnom de Tauropolos * et se voit souvent figurée sur les monnaies de cette ville #.
Quant aux têtes jeunes de caractère différent ayant les. cheveux entourés d’un bandeau, qui sont figurées sur les pelites pièces d'argent et sur les pièces en bronze, on en trouve de pareilles sur les monnaies des rois précédents, ainsi sur celles d’Archelaüs I, d’Aëropus, de Pausanias et d’Amyntas IT. Aucun attribut n'étant ajouté, il est difficile de les déterminer; nous y voyons probablement tantôt Apollon (voy. ci-
dessus), tantôt quelque héros national, comme Téménus ou Caranus.
La tête cornue sur les dioboles et sur les pièces de bronze doit probablement s'expliquer du dieu de fleuve Strymon. Ce dieu était un objet du culte à Amphipolis, située à peu de distance de l’embouchure du fleuve dans la mer, et y avait un
La tête de Jupiter offre de la ressemblance avec celle du Jupiter Olympien sur les pièces d'argent éléennes frappées à Olympie, ayant un aigle sur le R., et sur les tétradrachmes arcadiens qui ont sur le R. Pan assis sur Olympe. Nous avons fait observer p.11 (notes 4-6) que Philippe célébrait des jeux olympiques à Dium et prenait part aux grands jeux à Olympie.
Diodore XVIII, 4 Tite-Live XLIV, 44. Cfr Sestini Lett. num. di contin. II lett. 1.
38 Soit comme déesse de la lune, soit comme déesse de la chasse, en buste avec les mêmes attributs que sur le diobole (voy. Mionn. I p. 464 nos 127- 132, S. III p. 22 nos 153-162),
Cfr Cadalvène Recueil de méd. gr. p. 100; Numism, des rois gr. p. 33; Pinder Num. ant.ined,p.23. Ces têtes, ainsi que celle dont nous allons parler, ont été regardées par Eckhel, Sestini, et d’après eux par d’autres auteurs, - comme offrant le portrait de Philippe IT; Visconti les a prises pour celle de Philippe IV ; voy. sur ce sujet le $ suiv. p. 353. M. Leake, dans son ouvrage allégué (Numism. hell. p. 3), les regarde toutes comme des têtes d’'Herculé, même la suivante (with a spike or thorn in front).
os ne
ce D
sanctuaire conjointement avec Apollon. # C’est sans doute la tête jeune de ce dieu qui assez souvent et de différentes manières est figurée sur les monnaies d’Amphipolis. On la voit les cheveux ceints d’un bandeau et quelquefois avec de courtes cornes sur les petites pièces d'argent qui ont au K&. un poisson, et sur les petites pièces de bronze offrant au . un flambeau de course “, toutes les deux espèces, d’après le style, de la période précédant Philippe Il; ensuite on la trouve ornée de jonc et ayant des cornes plus longues sur les pièces de bronze plus grandes qui portent au K. un dauphin # ou un trident %, appartenant à la fin de la période des rois .ou au commencement de la période romaine. Sur une monnaie postérieure d’Amphipolis ce dieu est représenté en pied, ayant le nom ZTPYMON ajouté. La tête sur les monnaies de Philippe offre une grande ressemblance avec celle sur les pièces que nous venons de nommer en premier lieu. Le bandeau qui entoure les cheveux est tantôt étroit, tantôt large; on trouve aussi la têle ceinte de deux cordons ou, ce qui-est plus pro-
40 Bæœckh C. Inscr. n° 2008.
41 Les dieux des fleuves, comme on le sait, furent souvent représentés comme de jeunes hommes cornus; sous cette forme on trouve Acragas, Gélas, Hipparis, Amenanos, Hypsas, Sélinos, ou en pied ou en buste, sur les monnaies des villes en Sicile situées sur ces fleuves, chacun avec le nom ajouté; ils ont souvent les cheveux ceints d’un bandeau.
42 Mionn. no 104, S. nos 118 et 124-27, où la tête est appelée à tort celle d'Agnon ou d’Apollon.
43 Mionn. nos 125-26, S. nos 152 et 164, appelée fête radiée.
44 Mionn. no 142, S. no 151, C'est la même tête qui se trouve sur les pièces de bronze absolument pareilles de la même période avec la légende MA- KEAONQN, voy. Mionn. I p. 454 nos 30-32, S. IT p. 4 nos 23-25 où la tête est à tort nommée tête de Pan ou de Cérès. — Nous avons examiné avec soin un nombre considérable des monnaies en question, et sur plusieurs exemplaires bien conservés nous avons distinctement reconnu la corne et la couronne de jonc.
45 Sestini Descr. num. vet. p. 90 no 41, cfr Mionn, $. no 190. Un y voit le dicu assis sur un rocher, un roseau dans l’une main, un trident dans l’autre. Aussi sur une monnaie frappée à Pautalia on trouve le dieu Strymon, voy. Mionn, no 238.
bable, de deux roseaux; un exemplaire distinct d’une telle pièce est figuré sur la table XXII no 23.
Sur le revers des monnaies de Philippe plusieurs types sont empruntés aux jeux publics, ce qui fait différer ces monnaies de celles des rois précédents. Philippe célébrait des jeux olympiques. à Dium 7 et prenait part aux grands jeux olympiques à Elis où ses envoyés gagnaient le prix; Plutarque raconte qu'il faisait représenter sur les monnaies les victoires remportées par ses chars à Olympie. C’est donc le char à deux chevaux (ovrægic) dans la course des grands jeux olympiques . qui est figuré sur le statère ordinaire. * La personne qui tient le fouet peut le plus souvent être regardée comme le conducteur ordinaire vêtu de sa longue robe *’; mais quelquefois cette figure semble être celle d’une femme et doit alors être prise pour la personnification de la ville natale ou de la patrie du vainqueur, rendue célèbre par la victoire olympique. ‘! Sur les monnaies d'argent nos 7, 10-11 et 17-18 on voit un
16 Du cabinet royal de Copenhague. Sur quelques exemplaires les roseaux semblent entrelacés sur le front de manière qu'ils s’élèvent en pointe et que la tête paraît sans cornes.
47 Voy. Les monnaies d'Alexandre p. 11 note 4.
38 Alexander c. 4: r@s êv Olvurig vixas Tür Goutrwr lyyapétrwvy tois vouicuaor.. C'est ainsi qu'avant ce temps Anaxilaüs, tyran de Rhégium, avait fait placer sur ses monnaies un char attelé de mules (celui qui se voit sur les anciens tétradrachmes de Rhégium), parce qu’un tel lui avait procuré Ja victoire dans les jeux olympiques. Pollux V, 12, %5.
49 D’après Justin XIT, 16, Philippe aurait remporté la victoire à Olympie par les quadriges. Phailippus ...nuntium duarum victoriarum accepit... allerius, certaminis Olympici, in quod quadriqgarum currus miserat. 11 ne faut cependant guère ici appuyer sur le mot quadrigæ, puisqu'il semble être question de la victoire que, d’après Plutarque, Philippe célébra par l'empreinte de sa monnaie, et qu’il n'existe point de monnaies offrant des quadriges qui puissent être attribuées à Philippe I. Quant au char attelé d'un seul cheval qui se voit sur les monnaies barbarisantes de Philippe, voy. ci-dessous 4.
50 Ævgis. Suidas, Photion s. v. Le conducteur barbu, vêtu du chiton qui va
jusqu'aux pieds, est bien connu par les peintures des vases grecs.
Sur les monnaies siciliennes, p. e. sur celles de Messana, on voit assez sou-.
vent sur le char de course une figure féminine comme personnification de
cheval de course (xélms) qui a remporté la victoire, probablement aussi dans les jeux olympiques. ? Le cavalier (xs- Aqribwr) est un garçon nu, la téle ceinte d’un bandeau de vicloire *; il tient une palme ou une branche d’olivier ® et fait quelquefois de l’autre main un geste de salut. Il faut se l’imaginer représenté en retournant après avoir reçu le prix de la main du juge, ou dans la procession solennelle (our?) qui eut lieu à la fin de tous les jeux.
Le cavalier sur le statère no 2, sur les monnaies d’argent nos 9, 13-16, et sur les monnaies de bronze nos 22, 23, 25 et 27 est tantôt un jeune homme tantôt un garçon, ordinairement nu, quelquefois habillé et coiffé de la kausia 6, mais sans aucun insigne de victoire. Il n’y est donc sans doute représenté
la ville (ou comme nymphe locale). Cfr Cavedoni dans Bulletino dell inst. archeol. di Roma 1837 p. 155 note, et dans Spicilegio num. p. 54.
52 Cfr notes 36, 48et53-55, Plutarque dans Alexandre ch. 8 dit que Philippe devint vainqueur dans les jeux olympiques frnœ zélpn et qu'il en reçut la nouvelle le jour même de la naissance d'Alexandre. Cependant comme il est rapporté chap. 4 (voy. p. 344 note 48) que Philippe avait vaincu à Olympie dans la course des chars, ce qui est corroboré par le type des statères, et comme Justin (1. c. note 49) dit que la victoire dont la nouvelle arriva au jour “de la naissance d'Alexandre avait été remportée par des chars, il est douteux s’il faut supposer que Philippe ait été vainqueur en même temps dans la course des chevaux, ou si dans le premier passage chez Plutarque la relation est incorrecte.
58 Sur les courses de chevaux montés par des garçons dans les jeux olympiques, voy. Krause Gymn. und Agonistik der Hell. I p. 585 note 4.
54 La tête de l'Olympionique fut ceinte d’un bandeau de laine (uiro®, tœvia) avant d’être ornée “de la couronne d'olivier sauvage (xoniros) qui était proprement le prix de la victoire. Cfr Krause Olympia p. 162. A cause de la petitesse de la figure et de l’exécution moins soignée on ne saurait décider si Ja tête du garçon est aussi ornée de la couronne.
55 Le vainqueur dans les jeux olympiques recevait ordinairement de la main du juge une palme qu'il portait dans la maïn droite. La branche que tient le garçon est sur quelques exemplaires une palme, mais le plus souvent elle semble être une branche d'olivier. Elle est donc mise dans la main du garçon pour le désigner comme vainqueur dans les jeux olympiques, pour lesquels la couronne était faite des branches de l’olivier sacré (£laia xa1lségavos) dans le bocage près d’Olympie. Cfr Krause Olympia p.157 s.
56 Cfr Sestini Mus. Hederv. I p. 134 n°278.
qu'un exercice d’équitation qui se rapporte non seulement aux courses publiques, mais aussi à la cavalerie militaire par laquelle les Macédoniens se distinguëèrent. Le cavalier sur les nos 8 et 12 qui porte la kausia et la chlamyde macédoniennes doit peut-être s'expliquer d’accord avec le -cavalier sur les anciennes monnaies de Macédoine, qui est habillé de la même manière, souvent portant deux lances à la main, et qui sans doute n’a aucune autre signification que celle d’un cavalier macédonien dans son coslume national. Mais le cavalier sur les nos 8 et 12 diffère pourtant de ceux sur les anciennes monnaies. Comme on le voit par des exemplaires distincts, il est barbu, au lieu que les autres sont en général imberbes, et le geste qu’il fait de la main droite, tandis que le cheval s’avance au pas, fait penser à un chef d'armée ou à un prince qui dans une procession solennelle salue le peuple ou lui promet la paix et la sécurité. Lorsqu'on considère les monnaies de la période romaine, sur lesquelles l'empereur est figuré d’une manière, pareille, souvent avec la légende Adventus Aug., on ne trouvera pas invraisemblable que ce soit le roi qui est représenté sur ces monnaies. ® |
Le cheval sur le ne 26, qui se trouve aussi sur les monnaies des anciens rois de Macédoine, s’explique par ce qui précède.’ La partie antérieure et la tête de cheval sur
57 Cfr Thucyd. II, 100; Xenoph. Hell. V,2,41. Ainsi l’on trouve aussi divers exercices de cavaliers représentés sur les monnaies ‘de Tarente dont la cavalerie était célèbre dans l'antiquité.
58 La kausia fut aussi portée par les rois macédoniens, voy, les passages des anciens auteurs cités par Eckhel, Doctr. n. v. I p,126. Sur l’usage de porter la barbe du temps de Philippe, voy. ibid. p. 85-86.
59 Le rapport qui a lieu entre les types sur le &. des monnaies de Philippe, où le cheval est prédominant, et l’étymologie du nom de ilunnos n'est guère accidentel. Ces types étant en partie introduits par Philippe, et les Grecs, comme on le sait, ayant un certain penchant pour les allusions des noms, ce dont les monnaies fournissent des exemples évidents, il n’est pas invraisemblable que l’allusion au nom de Philippe ait été pour quelque chose
les oboles nes 19 et 20 peuvent être regardées comme une réduction du type des monnaies d’argent de plus grand module, comme dans plusieurs pays grecs il était d'usage d'employer sur la pelite monnaie une partie du type de la grande ou même de le diviser tout simplement en deux, pour indiquer la valeur par la représentation même. ®
Le lion à mi-corps (sur le n°3), qui se trouve aussi sur les monnaies des rois précédents 6, peut être mis en rapport avec Hercule dont la tête se trouve sur le droit et peut se référer à son combat avec le lion de Némée. * Comme cependant parmi les types des monnaies macédoniennes on voil aussi un lion déchirant un taureau ® et que, d’après les auteurs grecs, il se trouvait alors des lions en Macédoine *, il y a plus de raison d’en dériver l’origine de ce type. ®
dans le choix des types. Cfr Wilde Sel. num. p. 8, Cavedoni Spicilegio
num.p.94
Ainsi l’on trouve sur les petites pièces en argent de Pharsale une tête de
cheval, sur celles de Cranium en Céphalénie la tête ou le pied d'un bélier,
sur celles de Géla une roue, tandis que-sur les monnaies de plus grand module on voit un cavalier, un bélier, un char de course, cfr les monnaies d'Alexandre p. 211 note13. Sur des drachmes de villes thessaliennes le dompteur de taureau est représenté avec la moitié du taureau, sur des
drachmes de Corcyre la moitié de la vache et les deux quarts du carré di-
visé en quatre etc.
Aux noms d’Aëropus et de Pausanias, et sans nom.
Ce combat est figuré sur une monnaie de Lycceius, roi voisin de Péonie.
Sur les didrachmes d’'Acanthe et sur d'autres sans nom (cfr p. 107 note 6 sur
les types communs macédoniens); sur les trioboles correspondants ce com-
bat est réduit à un lion à mi-corps (cfr note 60).
64 Suivant Hérodote (VII, 126) et Aristote (De animal. VI, 28, 1, et VIIT, 27, 6) il y avait des lions entre les fleuves de Nestus et d’Achéloüs, mais non ailleurs dans les pays européens. Dans la marche de Xerxès à travers la Macédoine les chameaux qui portaient les provisions de l’armée furent attaqués par des lions. Hérod. VIT, 125.
65 Le lion est ainsi employé pour caractériser le pays, de même que les autres bêtes sauvages figurées sur les monnaies des rois précédents, comme la partie antérieure du sanglier (sur des pièces en bronze d'AmyntasIl, à Munich), celle du taureau sauvage à longues cornes (cfr Hérod. VIT, 126) et du loup dévorant sa proie (qui diffère du loup sur les monnaies d’Argos,
La massue et l’arc associés sont les symboles d'Hercule qui ne se trouvent que sur les monnaies qui ont sa tête au droit, les quarts de statère et les petites pièces. de bronze.
Le foudre, la massue, le trident, le canthare et la jambe de bouc, qui se trouvent sur les & de statère, doivent, à ce qu’il semble, s’expliquer comme types des villes dans lesquelles les monnaies sont frappées. Les trois derniers de ces symboles ne sont en aucun rapport avec les types sur les autres monnaies de Philippe ni sur celles des rois précédents; mais tous les cinq symboles se rencontrent comme signes de villes sur les monnaies de Philippe, et en général on ne trouve point d’autres signes ajoutés sur ces pièces. Par cette raison sur les planches (XXIV-XXVI) les £ de statère sont rangés ensemble avec les autres monnaies qui ont pour signe le symbole correspondant. La massue sur l’obole no 21 doit probablement être expliquée de la même manière, puisque le monogramme ajouté semble désigner le nom de la ville. ® Mais le foudre sur le 4 de stalère, et le même symbole ainsi que la massue sur les petites monnaies de bronze peuvent aussi être comptés au nombre des types de Philippe, comme sur ces monnaies on voit divers signes de villes ajoutés, et qu’ils sont les symboles des dieux auxquels sont empruntés les types sur les monnaies d'un plus grand module.
Le titre BAZIAEYZ ne se trouve pas ajouté au nom de Philippe sur ses monnaies. Commé Philippe avait le titre de roi aussi bien que ses prédécesseurs en Macédoine, comme il se donnait ce titre lui-même et qu’il en fut appelé par ses contemporains 67; le motif de l’omission du titre sur les mon-
pays originaire des rois de Macédoine). Sur plusieurs monnaies des rois précédents on voit aussi le lion déchirant une proie. Le-cavalier et le cheval comme types nationaux s'accordent avec cette explication. Les autres types sur les monnaies de Philippe sont, comme la plupart des types monétaires grecs, d’une signification hiératique.
66 Voy. Héraclée Sintique no 775. 67 Cfr Eckhel Doctr. n, v. IT p. 91.
naies doit sans doutc être cherché dans le désir de ne pas offenser les villes libres de la Grèce auxquelles ce litre était odieux. %
Quant à la fabrique on peut remarquer une différence qui regarde les espèces, et d’après celle-ci diviser les monnaies en deux classes. A la première peuvent étre rapportés la plupart des didrachmes et des autres pièces d’argent qui s’y rattachent par le type du [Hÿ. (nes 10-12 et 18); ces monnaies sont d’un travail lourd ou grossier qui approche souvent du rude. La seconde classe comprend les pièces d’or, les autres pièces d’argent et celles de bronze; dans l’exéculion de ces monnaies on remarque en général plus d’élegance ou plus de légèreté qui souvent devient superficielle. Cette différence de la fabrique des espèces se laisse dériver du temps différent auquel il faut supposer que leur fabrication ait été entreprise. On ne peut avoir commencé de frapper le statère ordinaire avant la fin de l’an 356, le char y ayant été placé à l'occasion de la victoire de Philippe dans les jeux olympiques, dont la nouvelle arriva le jour où naquit Alexandre. ® Aucune aulre monnaie d’or n’a probablement été frappée auparavant, comme il n’y avait que peu de temps que Philippe était entré en possession des mines d’or pangéennes dont il semble avoir employé le métal pour ses slalères; il n'existait point d’or dans la Macédoine même, et ce métal n'avait pas été monnayé par les rois précédents. Mais il est probable que les didrachmes avec les autres espèces d’argent correspondantes datent déjà de l’avénement de Philippe. (Ces monnaies offrent le caractère de la fabrique ancienne et se raltachent par celleci aux monnaies des rois précédents; le choix des lypes, la tête de Jupiter et le cavalier de course, fut améné par les jeux olympiques à Dium, déjà instilués par Archélaüs, et par
68 Cfr Eckhel Doctr. n. v. Il p. 93.
69 Plutarque Alexandre ch. 3, cfr Justin XI, 16.
l’ancien sancluaire de Jupiter à Pella dont Philippe fit le siége du gouvernement, tandis que la têle d’Hercule fut empruntée aux monnaies déjà circulantes. Les mines d'argent à l’ouest du Strymon (dans les montagnes de Bertiscos) étaient probablement déjà dans la possession de Philippe au commencement de son règne, En supposant que la fabrication ‘de ces monnaies ait commencé plusieurs années avant celle des autres, que depuis ce temps elies aient été seules en cours ct suffisamment répandues, on s'explique que plus lard leur fabrique n’ait pas été accommodée à celle des autres, un. embellissement de l’empreinte ayant pu préjudicier au cours favorable dont elles jouissaient. 1
Raisons pour atiribuer les monnaies précédentes à Philippe IL.
On ne peut révoquer en doute que le statère n°1 ne soit de Philippe IL Les anciens auteurs attestent que la Macédoine, pays pauvre avant Philippe, fut enrichie d’or sous ce roi, non seulement par le bulin qu’il fit dans les villes grecques {, mais encore par les mines d’or qu’il faisait exploiter en Thessalie? et.en Thrace, surtout celles des montagnes panoéennes. Diodore rapporte que du produit de ces mines Philippe fit frapper une monnaie d’or qui eut son nom°, et Plularque raconte que Philippe fit représenter sur ses monnaies les victoires remporlées par les courses des chars à Olympie.4 Le
7 C’est probablement par cette même raison que les tétradrachmes athéniens
conservaient pendant des siècles la même empreinte plate et médiocre.
Athen. Deipnos. VI, 19. Cfr d’ailleurs Eckhel Doctr. n. v. If p; 89 s.
Justin VII, 3.
Hist. XVI, 8: vouuoua yovoodr x0yas T0 noocuyopevIèr an Éxsivov qu-
linneov.
4 Voy. p.344 note 48. Il n’existe point d'autre monnaie au nom de Philippe sur laquelie un char de course soit représenté.